GROUPE DE DISCUSSION : LA RECONSTRUCTION – COMPTE-RENDU

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Hier, samedi 5 décembre, le groupe de discussion CVP s’est réuni autour du thème : La reconstruction.
Un groupe où nous nous sommes retrouvés très nombreux – et à tous, un grand merci pour votre confiance et votre présence. Pour les partages aussi, avec, toujours, ces émotions qui sont autorisées, ces expériences qui se rencontrent, ces regards bienveillants. En voici un bref compte-rendu.

Nous avons commencé le groupe avec la projection de la bande-annonce du film Sous la peau, réalisé par Katia Scarton-Kim et Nadia Jandeau. Ce film – fiction met en scène 5 sœurs qui se retrouvent le jour de l’anniversaire de leur mère. Chacune, à sa manière, a connu la maltraitance maternelle. Chacune en porte encore des cicatrices et des blessures cachées, tues ou inavouées.

Un film aussi dur que juste, intime et pudique, où la souffrance et la maltraitances s’invitent, se racontent, sans jamais se justifier.

Katia Scarton-Kim, présente lors de notre groupe de discussion, a raconté l’origine de ce film : l’envie, le besoin de comprendre ces maltraitances familiales qui apparaissent parfois dans les faits divers, mais qui le plus souvent sont cachées et tues ; et qui, invisibles détruisent une famille, parfois sur plusieurs générations.

Le film SOUS LA PEAU sera projeté au cinéma le St André des Arts, à Paris à partir du 6 janvier 2016.

Semaine du 6 au 13 janvier : tous les jours à 13h, sauf le mardi
Semaine du 20 au 27 janvier : les MARDI, à 13h

Les projections seront suivies d’un débat.

Le 8 janvier et le 26 janvier, ces débats seront animés par Anne-Laure Buffet

Le groupe s’est poursuivi sur ce thème : la reconstruction. Reconstruction, pour certains renaissance, pour sortir de ce schéma dépersonnalisant de l’emprise. Renaissance car une victime objetisée cherche à retrouver sa personnalité, son identité, son humanité. Renaissance également puisqu’il faut accoucher de soi, se mettre au monde, naître à nouveau, là où la violence était destinée à tuer, que ce soit psychiquement et/ou physiquement.

Et cette reconstruction, ou cette renaissance, n’est pas possible sans qu’une démarche se mette en place, celle de dire Stop, celle de dire non à ces violences, celle de les fuir. Fuir, non par lâcheté, mais par courage, par envie de vivre. Fuir avec un instinct de survie. Parfois, pour certains, sans savoir où aller, en abandonnant tout, maison, famille, profession… « Je suis partie sans rien et sans savoir où j’allais, mais je suis partie, j’ai réussi à partir ! »

Fuir ne suffit pas. Il faut accepter une autre facette qui compose la violence : accepter la guerre dans laquelle l’agresseur fait entrer. Car il s’agit bien d’une guerre, et elle se mène d’autant plus facilement qu’aucune victime ne souhaite, ne cherche le conflit. Pourtant c’est une guerre bien réelle avec un seul objectif : la mise à mort, la disparition de la victime. Nier cette guerre, c’est encore nier l’emprise, c’est nier la manipulation, c’est nier la dangerosité de l’agresseur. Etre dans cette guerre, c’est chercher les armes, les armes adéquates pour répondre aux attaques de l’agresseur. C’est être « guerrier(e) », terme cité hier par une participante du groupe : « Je suis devenue une guerrière ».

C’est comprendre aussi l’importance du temps. Le temps nécessaire pour faire son deuil d’un amour qui n’a jamais existé. Le temps nécessaire pour se retrouver, se reconstruire, renaître. Pour apprendre comment se comporter face à la violence et face à l’agresseur. Pour mettre en place un schéma protecteur, des limites, un « territoire » propre à soi, individuel, qui appartient pleinement à chaque victime, dont elle est à la fois maître et responsable.

C’est accepter également le temps de la justice qui n’est pas celui des hommes. Une procédure est à la fois longue et couteuse. Durant tout le temps de cette procédure, rester concentré(e) sur la décision à venir est un nouveau frein, un nouvel empêchement. C’est un temps qu’il faut essayer de mettre à profit. C’est un temps qui peut devenir un allié, un atout, lorsqu’il n’est pas vu comme un ennemi.

Chaque jour, chaque heure est un défi à relever. Et chaque défi relevé devient une petite victoire. Ce sont ces victoires qu’il faut savoir observer et plus encore, dont il faut savoir se réjouir. Les personnes victimes de violences psychologiques doivent avoir de la compassion, pour elles-mêmes. Les pas se font lentement, petit à petit. Et les rechutes sont possibles. Sortir de l’emprise est long et douloureux. Partir ne suffit pas. On ne construit rien rapidement, rien de stable. On ne met rien au monde facilement. Mais lorsque la naissance a lieu, on se réjouit, et l’on observe cette vie avec une fierté sereine et légitime.

Il faut enfin accepter le temps de la société, le temps des tiers, le temps des autres. Ceux qui sont indirectement manipulés, dans l’entourage, sans pouvoir comprendre, sans avoir de faculté de recul. Ceux qui s’éloignent, tournent le dos, ou se taisent, témoins muets et aveuglés des violences vécues. La douleur qui vient lorsque la victime ne peut pas parler, n’est pas entendue, est – souvent – incomprise, est une nouvelle souffrance, vécue comme une injustice. On l’appelle la double peine. Double peine car la victime se trouve à nouveau jugée, à nouveau accusée, à nouveau condamnée, souvent abandonnée, pour des faits, des comportements, des pensées qu’elle n’a jamais commis, jamais actés, jamais eues.

Pour tout cela, il faut pouvoir dire. Pourvoir raconter, avant même de pouvoir être entendu(e). Il faut se croire – ce qui est si difficile lorsque l’emprise ne sème que le doute et le brouillard. Il faut utiliser les mots, les mots justes, objectivement. Il faut savoir laisser sa pudeur et ses émotions de côté, le temps de dire, pour être écouté(e) et compris(e), pour pouvoir être défendu(e).

Ecrire… un exercice souvent difficile mais très utile pour retrouver son identité, pour expulser ce qui fait souffrir, pour avoir les paroles adéquates. Un exercice qui peut être fait seul(e), ou accompagné(e).

Lors du groupe, Dominique Giudicelli, biographe et thérapeute, a présenté les ateliers d’écriture qu’elle proposera bientôt, afin d’accompagner dans ce travail d’écriture. Les informations concernant ces ateliers vous seront communiquées prochainement.

La parole est essentielle, elle est libératrice et salvatrice. Elle est ce dont chacun(e) est privé(e). Et c’est à chacun(e) de se l’approprier à nouveau.

Le prochain groupe de parole aura lieu le samedi 9 janvier. Son thème : l’aliénation parentale – lorsque le parent est nié, rejeté, par ses enfants manipulés par un conjoint malveillant. Comment se met-elle en place, quels sont ses effets, quelles sont ses conséquences, comment la combattre ?

A nouveau, un grand merci à toutes et tous. Un grand bravo pour cette volonté de vivre librement. A tous, du courage, de la volonté, de la force, et de l’amour retrouvé de vous-même.

Pour finir ce petit compte-rendu, le texte de Rudyard Kipling « If »… pour parler à chaque enfant resté caché, brisé, interdit d’être en l’adulte victime de violence psychologique.

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être que penseur ;

Si tu sais être dur, sans jamais être en rage,
Si tu sais être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral et pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois les Dieux la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme mon fils !

Rudyard Kipling

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UN TRAVAIL D’ARCHIVISTE

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« Comment prouver la violence ? Comment prouver le harcèlement ? Depuis que nous sommes séparés, il ne répond à rien, il ne dit rien… je ne sais plus quoi faire. »

Une procédure, que ce soit une procédure de divorce, ou autre, face à une personnalité toxique, est toujours très complexe. Elle implique pour la victime de prendre conscience de ce qui va lui peser terriblement : les délais de la Justice. Si la victime est dans l’urgence de vois son dossier traité, la Justice n’a pas la même urgence ni le même intérêt. La Justice prend son temps, parce qu’elle est débordée, parce qu’elle a trop d’affaires à régler. Parce que les toxiques jouent sur les délais, obtiennent des reports, fournissent leurs pièces au dernier moment, invoquent un incident, demandent des expertises, des contre expertises, des médiations. Parce qu’ils font traîner, et que la Justice se doit de respecter toutes les demandes. Même celles qui sont iniques pour la victime. Car la Justice se veut juste. Et se vouloir juste lui ordonne d’entendre complètement les deux parties.

Aussi, pendant toute la durée de la procédure, la victime va être conditionnée par ces moments où l’avocat ne répond pas ou plus, ces moments où elle attend, ces moments où les reports d’audience détruisent les espoirs. Les victimes constituent un dossier, le trouve bien léger, car elles ne savent quoi donner comme pièces, se concentrent sur tout ce qu’elles ne peuvent pas fournir, ont sous les yeux tout ce qui leur est reproché, et n’arrivent pas à distinguer l’essentiel, l’utile et le superficiel.

C’est pour cette raison que bon nombre de victimes ne prennent pas le temps de conserver les messages reçus, ou encore d’en envoyer. Par peur des réponses qu’elles auront, ou n’auront pas. Parce qu’on leur a dit : « fuyez, et ne cherchez aucun contact ». Par honte et culpabilité, se sentant encore coupables de ce qu’elles ne sont pas, n’ont pas dit, n’ont pas fait. Elles pensent : « encore un message que je vais envoyer, parce qu’il faut prendre une décision pour les enfants, parce qu’il faut que je sache ce qui se passe. Et encore une fois, j’aurai des insultes, mais rien de concret…. s’il me répond. ».
Or, rien de concret est un élément important. Lorsqu’il se répète, il sert à démontrer la mauvaise foi ou la volonté de nuire de la personnalité toxique. Or, encore, le silence est tout autant un élément probant de la violence psychologique. Lorsqu’il s’agit de prendre une décision, par exemple concernant les enfants, pour l’école, pour un médecin, pour l’organisation des vacances… et que la victime n’obtient jamais de réponse, là encore, ce peut être utilisé en justice pour montrer la volonté de nuire en laissant dans le flou et l’interrogation.

Il ne s’agit pas d’un élément, d’un fait qui se produit une seule fois. Il s’agit de leur répétition. Il s’agit encore de tout conserver, les messages envoyés, et ceux reçus. Il s’agit de faire un travail de secrétariat. Un travail long, pesant, psychologiquement couteux. Car il implique que la victime se replonge régulièrement dans ce qu’elle a déjà entendu, lu, et reçu. Il s’agit encore de se faire, à ce moment-là, accompagner, pour acquérir des réflexes. Pour structurer des messages brefs, concis, sans justification, allant droit au but, demandant une réponse tout aussi claire et précise. Il s’agit de fonctionner par dossiers. C’est terrible pour la victime ; sa vie déjà détruite se retrouve classée et archivée, prête à être à nouveau scrutée, dépouillée par des avocats, pour en sortir des éléments probants. Mais c’est essentiel.

Une telle procédure devient une occupation à – quasi – temps plein. C’est un nouvel enfermement pour la victime. C’est celui qui va lui rendre sa liberté. Pour sortir de la violence, il faut malheureusement se faire violence, et en supporter encore. C’est un bouclier très lourd à porter, mais bien réel.

Il ne faut pas oublier que la personnalité toxique, de son côté, agit sans aucun scrupule. Que tout ce qui lui est dit, lui est écrit, elle le garde. Elle le classe. Et elle compte bien s’en resservir un jour, hors contexte.

Les victimes qui osent demander de l’aide pour apprendre à constituer ce dossier qui pourra les aider, les victimes qui apprennent à affronter tant la cruauté de la personnalité toxique que leurs peurs, afin d’accumuler les éléments nécessaires pour leur procédure, les victimes qui réussissent à supporter les délais de procédure pour en faire une arme de défense contre la personnalité toxique ont bien plus de chance d’être enfin entendues.

 

 

TOUTES LES DATES DE RENCONTRES À PARTIR DE SEPTEMBRE 2015

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Sortir de l’emprise est un long processus au cours duquel il est nécessaire d’être accompagné individuellement, mais aussi de se sentir « porté », aidé, compris, entendu par un groupe. 

Dans ce cadre, CVP propose différents types de rencontres tout au long de l’année scolaire 2015 – 2016.
Un certain nombre de dates sont déjà indiquées ci-dessous.
Pour toute information : associationcvp@gmail.com

 

LES GROUPES DE DISCUSSION : 

Les groupes de discussion se réunissent le samedi, une fois par mois, à Boulogne Billancourt.

Ils s’adressent à un public de 15 personnes maximum.

Il est possible de venir à un seul groupe ou de s’inscrire pour plusieurs groupes.

L’accueil est à 14h45, le groupe commence à 15h et se finit aux alentours de 18h.

  1. – Samedi 12 septembre : Qu’est-ce qu’une victime de violence ?
  2. – Samedi 10 octobre : Les enfants victimes de violence psychologique
  3. – Samedi 7 novembre : La victime face aux tiers
  4. – Samedi 5 décembre : Et après : la reconstruction
  5. – Samedi 9 janvier : Les enfants et l’aliénation parentale
  6. – Samedi 6 février : L’enfant parentalisé
  7. – Samedi 5 mars : Inceste, incestuel, dénégation des genres et des générations
  8. – Samedi 9 avril : Ces mots qui font mal
  9. – Samedi 30 avril : La prise de conscience et la rupture
  10. – Samedi 28 mai : Deuil, acceptation, pardon : de quoi est-on capable ?
  11. – Samedi 25 juin : Être soi

 

LES FORMATIONS : 

Les formations se déroulent sur une après-midi, le mardi, une fois par mois, de 14h à 18h, à Boulogne Billancourt.
Elles sont animées par un ou plusieurs intervenants selon les thèmes proposés. Les intervenants seront indiqués au fur et à mesure des formations.

Elles accueillent 10 personnes maximum
Elles fonctionnent en deux temps :

  • une mini conférence sur le sujet proposé
  • un atelier composé d’exercices pratiques, jeux de rôle, mises en situation… afin de repartir avec des réponses et des clés personnelles et individualisées
  1. – mardi 22 septembre : Confiance en soi, Estime de soi, Amour de soi – 1ère session (seule formation à se décomposer en deux temps – il est préférable de s’inscrire aux deux, mais l’inscription à une seule après-midi est possible)
  2. – mardi 13 octobre : Confiance en soi, Estime de soi, Amour de soi – 2eme session
  3. – mardi 10 novembre : Se présenter devant la justice
  4. – mardi 8 décembre : Trouver / Retrouver une identité
  5. – mardi 12 janvier & mardi 19 janvier : Confiance en soi, Estime de soi, Amour de soi – 1ère et 2eme sessions
  6. – mardi 9 février : Communiquer avec l’autre
  7. – mardi 1er mars : Communiquer avec ses enfants
  8. – mardi 5 avril : Avoir un nouveau compagnon
  9. – mardi 3 mai : Le langage paradoxal et La contre manipulation
  10. – mardi 7 juin : Être face aux tiers

 

Des rencontres sous forme de PETITS-DÉJEUNERS seront également proposées cette année.

Elles vont réunir 10 personne maximum et auront le lieu le mercredi matin, de 9h à 11h, une fois par mois. Elles se dérouleront sous forme de débat – réflexion, autour d’un thème proposé.

  1. – mercredi 23 septembre : « C’est ma faute »
  2. – mercredi 21 octobre :  » Mon enfant est manipulé »
  3. – mercredi 11 novembre :  » Peut-on pardonner ? « 
  4. – mercredi 2 décembre :  » La place du nouveau compagnon »
  5. – mercredi 27 janvier :  » Oser parler »
  6. – mercredi 17 février :  » Être victime en entreprise »
  7. – mercredi 9 mars :  » Être devant la justice »
  8. – mercredi 13 avril :  » La relation incestuelle »
  9. – mercredi 11 mai : « Victime de mes parents »
  10. – mercredi 15 juin : « Et après, vivre »

 

DES JOURNÉES consacrées à la violence psychologique et à ses conséquences vous sont également proposées.

Ces journées s’adressent à un public de 20 personnes maximum.

Elles se décomposent en trois temps :

  • une conférence sur la violence psychologique
  • un débat concernant les conséquences sur les enfants
  • un atelier – mise en situation et cas pratiques, pour comprendre et se renforcer

Enfin, des après-midi conférence / débat seront proposées aux professionnels de la santé et du droit. Les dates seront bientôt indiquées.

Elles ont lieu à Boulogne, de 9h30 à 12h, et de 14h à 18h.

Trois dates pour ces journées : mardi 17 novembre, mardi 22 mars et mardi 31 mai.

 

Que ce soit pour les groupes de discussion, les formations, les petits-déjeuners ou les journées, vous pouvez demander informations, inscriptions et tarifs auprès de : associationcvp@gmail.com
(Informations et inscriptions uniquement par mail)
Anne-Laure Buffet – Coach et formatrice – Présidente de l’association CVP

associationcvp@gmail.com

annelaurebuffet@gmail.com

skype : annelaurebuffet1

 

COMBATTANT ET NON VICTIME

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Combattantes. C’est ainsi que j’appelle les personnes qui ont connu l’emprise. Qui me consultent et que j’accompagne dans leur travail de reconstruction.

Combattantes et non victimes. Pourquoi ? Parce que marquer du sceau de « victimes » ces personnes, c’est leur retirer leur personnalité propre, leur individualité. C’est les réduire une fois de plus à un état, une catégorie ou une classification. Objetisées par la personnalité toxique et son comportement destructeur, elles ne savent plus, elles ne se croient plus autorisées à être vues comme des individus à part entière, doués d’émotions, de sentiments, d’intelligence. En parler comme de « victimes », c’est considérer – et leur faire croire – qu’elles l’étaient avant cette vie intoxiquée, qu’elles le sont, et qu’elles le resteront.

– C’est une victime de …

Je refuse cette affirmation. Untel ou unetelle n’est pas une victime. C’est une personne entrée en résistance, malgré elle, par nécessité, pour survivre. Même lorsque ses forces sont réduites à leur plus simple expression, même épuisée, elle reste une personne, et c’est ainsi qu’il faut la voir et non derrière ce rideau de fumée opaque « victime ». C’est une personne malmenée, maltraitée, dénigrée. Mais c’est une personne. Elle était – est –  proie, elle est devenue combattante, et elle se bat pour sa libération.

Il s’agit en effet de libération. Les comportements toxiques isolent, emprisonnent, enferment. Les barreaux sont invisibles et le geôlier est enjôleur pour celles et ceux qui ne veulent ou ne peuvent le voir autrement. Mais la proie, choisie par son bourreau, est bien en cage. Elle est otage. Pousser la porte de sa prison invisible, en scier les barreaux, vouloir la dénoncer, la met en danger. Danger psychologique et physique.

Avant d’agir, la proie, enfermée, va devoir être prudente. Elle va devoir apprendre sa prison. En connaître les murs, chaque pierre, chaque interstice, chaque lézarde. Elle va devoir apprendre à se l’approprier et s’y reconnaître. Foncer tel un bélier contre la porte ne sert à rien si ce n’est à se faire encore plus mal. Guettant les instants pendant lesquels le geôlier perd en surveillance est indispensable. Apprendre son langage et s’y adapter, pour faire diminuer sa vigilance, est vital – et, s’il s’agit ici de contre manipulation, elle ne rend pas destructeur à son tour. Elle est protectrice.

L’otage va devoir également chercher l’aide à l’extérieur de la prison. A l’extérieur se trouve toujours une, des personnes bienveillantes, compétentes, professionnelles, qui vont pouvoir lui répondre, l’entendre, et l’aider.
Et dans le combat contre la destruction psychologique, il s’agit de soutiens amicaux. Mais aussi juridiques, et psychologiques. La proie va devoir s’entourer des bonnes personnes. Elle va devoir apprendre à nouveau la confiance.

Enfin, elle va devoir apprendre le temps. La précipitation est un piège. Comprendre que les barreaux qui se dressent autour d’elles sont solides, terribles, et détruisent est une chose. Mais il ne faut pas s’accrocher aux barreaux et les secouer. L’otage va y perdre ses forces. Et les barreaux ne cèdent pas ; bien au contraire le geôlier va les renforcer.
En revanche, en s’accordant le temps d’apprendre cette geôle, en se renforçant avec l’aide de soutiens extérieurs, la proie, entrée en résistance, se prépare à son évasion et sa libération.

Pour cette personne devenue otage, il en est ainsi. Lorsqu’elle prend conscience de ce qu’elle vit, de ce à quoi elle est soumise, elle se retrouve en urgence, urgence de s’en sortir. Et l’urgence ne peut que lui faire du tort. En revanche, en écoutant les conseils et en suivant les recommandations de professionnels compétents, elle va développer une stratégie. Et cette stratégie sera libératrice.
Parfois les proies sont si épuisées qu’elles ne se sentent plus la force de combattre.
Il n’est jamais trop tard. Jamais. Tant que l’on est encore vivant.

 

©Anne-Laure Buffet

CES PETITS SIGNES QUI VALENT TELLEMENT

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La personnalité toxique impose. Une vie. Des croyances. Des comportements. Un mode de pensée.
Ainsi que des peurs, des angoisses, des doutes, des gestes déplacés, de nervosité, d’agacement, de colère.
Elle observe. Elle sait exactement comment vous allez réagir, et à quel moment. Elle a mis en place un système de boutons sur lesquels elle appuie et qui vous télécommande. Tel silence entrainera ceci ou cela comme conséquences, telle parole provoquera tel état chez vous…

Chacune de vos réactions est comme de la nourriture supplémentaire que vous offrez à ce prédateur (prédatrice). Comme un chat avec une souris, il va jouer avec vous jusqu’à l’obtenir, jusqu’à vous pousser à bout. Et lorsqu’il aura obtenu le résultat escompté, il aura alors tout loisir pour s’en servir contre vous.

Tu vois… tu ne sais pas te contrôler… 
Pour réagir ainsi, tu dois être malade…
On ne peut décidément rien te dire, tu ne comprends rien…
Pourquoi tu pleures ainsi ? C’est la vérité qui te fait peur ? …

En revanche ce que la personnalité toxique ne comprend pas, ne supporte pas, c’est que ses attaques, ses accusations, ses critiques, restent sans réaction et sans réponse de votre part. 

Quand on ne vit plus avec la personnalité toxique, lui offrir le plus possible le mur du silence s’apprend, se met en place, et permet de créer et de conserver une distance protectrice pour la victime… et destructrice cette fois pour la personnalité toxique qui ne sait plus sur lequel de ses fameux boutons appuyer pour vous faire réagir.

Quand la vie est commune, c’est en apprenant à se montrer le plus neutre et le plus froid possible que l’on provoque chez la personnalité toxique un doute immense : y-a-t’il encore emprise ? Bien sûr, elle va tout faire pour maintenir cette emprise. Il faut lutter chaque jour, et en premier lieu avec soi-même, pour conserver le cap et sa ligne de conduite.

Quelques petits gestes et attitudes qui déstabilisent une personnalité toxique :

– Croiser les bras quand elle s’adresse à vous. Cette attitude presque professorale, tout autant que protectrice, l’agace sans que cela puisse vous êtes reproché. Vous croisez les bras ? Oui… vous détestez avoir les bras ballants quand on vous parle

– Regardez-le (la) quand il (elle) vous parle. Non pas dans les yeux, mais entre les deux yeux. La personnalité toxique (comme n’importe quel interlocuteur) aura le sentiment que vous la regardez dans les yeux. Vous, vous ne verrez pas son regard, mais vous donnerez le sentiment de ne pas vous en détourner.

– Soyez le plus bref(ve) possible dans vos réponses. Un « oui » ou un « non » sont suffisants. Si la personnalité toxique vous demande de développer vos propos, contentez-vous de lui dire que vous avez déjà répondu.

Ces petites attitudes vont peu à peu devenir automatiques. Et vous redonner confiance en vous, puisque l’ascendant de la personnalité toxique va être affaibli.

©ALB

RÉAGIR QUAND ON EST UN PARENT ALIÉNÉ

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Selon Warshak (psychologue et chercheur américain, spécialisé dans les conséquences d’un divorce conflictuel, et dans l’aliénation parentale), le parent aliéné doit prendre conscience de sa part de responsabilité dans le phénomène du SAP (non pas tant au niveau de son apparition mais au niveau de son maintien). Un chapitre entier de son ouvrage décrit une série d’actions à entreprendre pour le parent aliéné (mais ne concerne que les cas où le contact est toujours maintenu) :

Empathie 
Quand l’enfant exprime des sentiments négatifs à propos du parent aliéné, celui-ci doit les entendre ; bien que ces sentiments aient été influencés par le parent aliénant, ils sont néanmoins bien réels. Le parent aliéné doit accepter la réalité de l’enfant avant de vouloir la modifier, faute de quoi l’enfant a l’impression de ne pas être pris au sérieux.

Communication indirecte 
Les enfants et les adolescents parlent difficilement de leurs craintes et de leurs peurs. Quand les adultes essaient de les aider, ils éludent la conversation. Le parent aliéné doit donc rendre cette expression plus confortable par une communication indirecte.

Écoute provoquée 
Il s’agit de laisser « accidentellement » l’enfant écouter une conversation qui le concerne. N’ayant aucune chance de corriger les distorsions de l’enfant de manière directe, le parent aliéné fait passer un message qu’il veut que l’enfant entende via une conversation « privée » (par exemple au téléphone). Le message ne doit jamais être centré sur la colère ressentie envers le parent aliénant.

« Deux pas déplacés » 
L’enfant aliéné n’a pas conscience d’être influencé. Il est par ailleurs vivement déconseillé d’exprimer à l’enfant qu’il a fait l’objet d’une manipulation (ceci équivaut à lui dire que ses propres sentiments et pensées ne lui appartiennent pas). Le parent aliéné peut, au lieu de cela, approcher le problème en abordant un thème général tournant autour de l’influence. L’enfant ne peut éventuellement accepter l’idée d’une manipulation le concernant que s’il a préalablement intégré l’idée que tout individu est susceptible de tomber sous une influence.

Tiers 
L’enfant n’accorde aucun crédit à la parole du parent aliéné. Il est utile de faire intervenir des tiers (respectés par l’enfant) : amis, professeurs, etc. De nouveau, ce tiers doit être capable d’entendre l’enfant, avant de le confronter trop vite à sa réalité falsifiée.

« Battre le fer tant qu’il est chaud » 
Il est préférable d’aborder des sujets délicats avec l’enfant lorsque celui-ci est d’humeur réceptive. Si l’enfant s’amuse avec le parent aliéné, il est moins à même de rejeter ce qu’il lui dit.

Ponts 
En s’entourant d’individus le traitant avec respect, le parent aliéné permet à l’enfant de se rendre compte que l’opinion du parent aliénant (à l’égard du parent aliéné) n’est pas partagée par le reste du monde.

Expériences correctrices 
Le SAP peut être renversé par des expériences chaleureuses entre le parent aliéné et l’enfant. Les activités préconisées font intervenir l’interaction directe (par exemple, de la cuisine). Le parent aliéné ne doit pas s’attendre à ce que l’enfant participe volontairement à l’activité ; aussi, lui dira-t-il qu’il a besoin d’une aide. Durant l’activité, le parent aliéné doit focaliser son attention sur le plaisir de l’échange relationnel. De manière générale, plutôt que d’adresser à l’enfant une critique directe sur ses distorsions, le parent aliéné montre de manière indirecte qu’il n’est pas le mauvais parent qu’imagine son enfant.

Mémorisation du positif 
Le parent aliéné peut focaliser l’attention de l’enfant sur l’amusement qu’il vit sur le moment. Une autre manière de mémoriser l’expérience positive est d’utiliser les photos et la vidéo. Néanmoins, il ne s’agit pas de « prêcher », d’exagérer.

Remémoration 
Se rappeler les bons moments passés autrefois ensemble constitue une puissante expérience liante. Encore une fois, cette méthode ne doit pas être employée brusquement ; à cet égard l’usage de tiers peut être utile (par exemple montrer des photos à un tiers en présence de l’enfant).

Isolements dans la fratrie 
Combattre un PAS est plus accessible avec un enfant seul que face à un groupe de frères et sœurs. Un enfant se conforme à ses frères et sœurs. A l’inverse, il est plus difficile pour un enfant d’être rejetant s’il est placé dans un milieu où personne ne partage sa position. Il ne s’agit pas de créer un conflit entre les enfants ni de demander à l’enfant « conquis » de convertir les autres enfants à sa nouvelle position. Le parent peut discuter de la possibilité qu’aura l’enfant de subir la désapprobation à son retour chez le parent aliénant.

Apprentissage de la neutralité 
Le parent aliéné doit tenter d’inculquer à l’enfant qu’il a le droit d’avoir une relation saine avec ses deux parents (sans prendre parti pour l’un aux dépens de l’autre).

Religiosité revisitée 
Si la technique de religiosité a été utilisée pour manipuler l’enfant, le parent aliéné peut s’en défendre en utilisant la même « arme ». Par exemple dans le christianisme, un des dix commandements est « Honore ton père et ta mère » ; le mensonge est un péché, … Dans le judaïsme, La Lashon Hara (« mauvaise langue ») considère qu’un discours médisant est pire qu’un vol (un objet volé peut être restitué, tandis qu’une parole malveillante ne peut être annulée).

Acceptation du désaccord 
Lorsque l’enfant détient un point de vue négativiste (et probablement faussé) à l’égard du parent aliéné, l’argumentation (voire la confrontation) n’a pas de prise. Le parent aliéné ne doit pas essayer de convaincre l’enfant qu’il a tort (notamment dans le cas d’allégations d’abus sexuel) ; le mieux est d’exprimer à l’enfant le droit à chacun d’avoir sa vision des faits, et de ne plus se concentrer sur ce désaccord insoluble.

Imperfection humaine 
L’enfant doit être aidé dans la compréhension du fait que les deux parents ont chacun leurs points positifs et leurs faiblesses (plutôt qu’un vilain parent versus un héros), et qu’il est normal d’avoir des sentiments mélangés (positifs et négatifs) envers les personnes que l’on aime.

Pensée indépendante 
Il arrive à l’enfant de rapporter les dires du parent aliénant au parent aliéné. La réponse « Ce n’est pas vrai » est inefficace (car elle disqualifie le discours du parent préféré aux yeux de l’enfant). Par contre :  « Qu’est-ce que toi tu penses ? » amène l’enfant à penser par lui-même.

Media 
Certaines histoires développées dans les films peuvent faire passer un message à l’enfant. Par exemple, dans Hook, le capitaine Crochet tente de détourner un enfant de son père. Après la vision du film, une discussion ne doit pas être entamée d’emblée, le film pourra par contre être pris comme exemple dans des conversations futures.

Meilleur parentage 
Le parent aliéné peut être à tel point obnubilé par les attitudes néfastes du parent aliénant, qu’il en oublie ses propres contributions au phénomène. Des parents autocentrés ou rigides doivent apprendre les centres d’intérêt et les besoins de l’enfant. Il se peut également que le parent aliéné soit trop rude, en attende trop de l’enfant, lui accorde peu d’attention ou fasse preuve de manque de patience.

Évitement des erreurs communes 
La faute générale typique du parent aliéné est de rester passif. Il ne doit pas espérer que l’enfant se dégagera seul de l’aliénation. Ceci dit, la possibilité de contact avec l’enfant ne suffit pas à elle seule, la façon dont le parent aliéné va se comporter est primordiale. Voici les erreurs à éviter :
– L’enfant aliéné dit généralement beaucoup de méchancetés. « Se battre » avec l’enfant ne résout 
pas le problème. De plus, toute agression servira d’argument au parent aliénant. 
– Certains parents « contre-rejettent » leurs enfants, espérant un revirement de situation de leur part. 
– Les sermons font rarement effet sur les sentiments négatifs. 
– Ne pas accorder de crédit aux sentiments de l’enfant (« Tu ne me détestes pas vraiment ») pousse 
l’enfant à croire qu’il n’est pas entendu ni compris. 
– Si l’enfant rapporte au parent aliéné des propos provenant du parent aliénant, le parent aliéné peut 
interpréter ce fait directement comme étant de l’aliénation. Or, il se peut que l’enfant relate ces 
propos car cela le met mal à l’aise. Il faut alors montrer à quel point il doit être difficile pour lui 
d’entendre de telles choses. 
– Quand le parent aliéné dénigre le parent aliénant (par surenchère), cela ne produit rien d’autre 
qu’une bonne raison pour l’enfant de désaimer ce parent (aliéné). Au contraire, passer à côté de ce 
genre d’interventions permet à l’enfant de connaître un lieu à l’écart des hostilités (par opposition au 
lieu de vie du parent aliénant). 

Selon Stuart-Mills , le parent aliéné ne doit pas s’attendre à ce que ses enfants respectent son autorité. Car les enfants aliénés ont perdu tout sens de la discipline et de l’autorité. L’auteur préconise la catharsis. Lorsque les enfants insultent ou violentent le parent aliéné, la réaction spontanée de ce dernier est de vouloir les forcer à arrêter. Or, l’expression des affects négatifs est un besoin pour ces enfants. Il est nécessaire de permettre des moments de catharsis, même s’il paraissent contre-intuitifs sur le moment.

D’après Major, les parents qui ont combattu avec succès le SAP sont ceux qui:
– ont fait des efforts dans l’amélioration de leur parentage,
– ont contrôlé leurs émotions sans jamais user des représailles,
– ont songé à renoncer mais ne l’ont jamais fait,
– ont pris un avocat de la famille ayant de l’expérience avec le SAP,
– se sont moins concentrés sur les douleurs subies que sur les actions à mettre en place (ils ont évité
le profil de victime),
– ont tenu un journal contenant les évènements clés,
– ont toujours téléphoné, sont toujours venus chercher les enfants, mêmes lorsque ceux-ci montraient
de la réticence,
– se sont focalisés sur l’amusement avec l’enfant sans leur faire partager leurs peines ou parler
négativement de l’autre parent,
– n’ont jamais violé les décisions judiciaires, et ont toujours payé les pensions alimentaires à temps.

Ressource pour cet article : Le Syndrome d’Aliénation Parentale, par Didier Erwoine

SAVOIR MANIPULER LE MANIPULATEUR

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Quand on parle de contre-manipulation, il s’agit le plus souvent de se servir de la technique dite « du brouillard ». Cette technique utilise des modes de communication floue et superficielle, et consiste à ne pas s’engager. Elle est largement utilisée par le manipulateur lui-même. Elle l’est aussi par les personnes « indifférentes » à la manipulation. Sans vraiment s’en rendre compte, les « indifférents » utilisent cette technique intuitivement.

La contre-manipulation, cependant, nous permet d’élargir le champ de nos possibilités au-delà de la technique du brouillard. Contre-manipuler consiste à s’adapter à chaque instant au manipulateur pour s’en protéger. Certains moments sont propices à une réponse humoristique, d’autres à une réponse ironique, ou encore à une réponse ferme de refus et non plus à une réponse vague ou brumeuse. Il nous faut alors être vigilant, car cette démarche n’est pas naturelle pour la plupart d’entre nous et demande de gros efforts au système nerveux. Vous l’aurez compris, la contre-manipulation est le plus souvent verbale.

Les personnalités toxiques n’ont jamais appris la manipulation dans les livres.
De même, nombreux sont ceux qui savent contre manipuler sans avoir acquis la technique, sans avoir suivi de formation pour cela; ils l’ont acquise spontanément très jeunes ou par expérience au cours des années (à cause de la présence de manipulateurs dans leur entourage). Dans les deux cas, leur attitude et formes de réponses sont identiques.
Contre-manipuler est une technique. Votre but sera de répondre comme si vous étiez indifférent. Faites en sorte qu’il le perçoive ainsi. Le manipulateur joue avec les mots et l’ambiguïté de leur sens. Il a confiance en leur pouvoir. Utilisez les mots et vous serez sur le même terrain.
Les mots justes ne venant pas spontanément dans le contexte d’une communication aussi détournée, il est bon de reconnaître d’avance ceux que vous pouvez exploiter.
L’évaluation de vos efforts en contre-manipulation ne se fait pas au coup par coup. Ce n’est pas parce qu’il a eu le dernier mot ou qu’il semble persuadé qu’il a raison, malgré vos réponses logiques et détachées, que cela ne marche pas ! Les résultats de vos nouvelles attitudes seront visibles au bout de quelques mois seulement. Il est donc primordial de ne pas baisser les bras au bout de deux semaines sous prétexte que le manipulateur continue de tenter auprès de vous ce qu’il a toujours réussi à faire.

Des expressions répertoriées sont des réponses de protection contre des situations ou remarques manipulatrices.

– C’est votre opinion

– Vous (on) pouvez (peut) le penser (le « on » est toujours préférable car il ne peut jamais être considéré comme agressif)

– Vous (on) pouvez (peut) le croire

– C’est ton (votre) interprétation

– Vous (on) pouvez (peut) le voir sous cet angle

– Vous le voyez (prenez) comme vous voulez

– Vous avez le droit de le penser

– Je peux vous dire oui si c’est ce que vous voulez entendre

– Si vous le dites (le pensez)

– C’est une façon de voir

– Oh! On parle souvent de choses que l’on ne connaît pas… (le manipulateur va s’interroger sur l’éventuelle présence d’un sous-entendu.)

– Vous ne voyez qu’une partie des choses, c’est normal

– Quand on ne sait pas, on peut toujours se l’imaginer

– J’ai une opinion différente, mais c’est possible

– C’est vrai (c’est exact…) : une telle réponse met fin à la discussion

– C’est exact

– N’est-ce pas ?

– Cela peut arriver

– Je n’ai pas le don de voyant (ironie)

– Il faut savoir l’être parfois

-Et encore, vous ne savez pas tout (attention : le manipulateur est alors amené à vous demander si VOUS, vous savez autre chose)

– J’ai dû prendre modèle sur quelqu’un  (réponse possible : que sous-entends-tu ? qui est ce quelqu’un ? )

– Cela m’amuse de faire comme tout le monde justement

– Tout le monde le sait

– Cela dépend

-Ce n’est pas moi qui en parle apparemment

-C’est trop facile

-Me dire cela à moi

– Cela ne prend pas à tous les coups

– Chacun ses goûts

– Il en faut de tous les goûts

– Moi j’aime c’est le principal, non?

– L’habit ne fait pas le moine

– Mais je suis bien dans ma peau

– Tout dépend de qui le porte

– C’est vrai que cela ne vous irait pas

– J’aime l’originalité

– Et oui! Je ne fais rien comme tout le monde

– Cela fait mon charme

– Mes amis (mon conjoint) m’aiment ainsi

– Nul n’est parfait n’est-ce pas !

– À chacun son style

– Oh! C’est aimable comme réflexion !

– Ne vous inquiétez pas pour moi

– Les conseils sont toujours utiles

– L’avenir nous le dira

– Qui vivra… verra

– Cela sert parfois

– À chacun ses expériences

– Qui ne tente à rien n’a rien

– Oui, je n’y avais pas songé

– Merci de me le dire

–  Certes

– Je n’en doute pas

– Ah bon…

– Tout à fait

– Souvent, effectivement

– Certainement

– J’espère bien

– Tant pis

– C’est dommage

–  On ne peut pas toujours avoir tort

– « On », c’est vous ?

– Nous ne connaissons pas les mêmes « on »

– Croyez-vous ?

En bref, faites en sorte que votre comportement soit celui d’un indifférent. Le contrôle de soi est nécessaire et ces consignes représentent des balises à tout débordement d’émotions négatives pour vous.

©ALB