CONFERENCE : LA VIOLENCE PSYCHOLOGIQUE, UN PROCESSUS DE DESTRUCTION INDICIBLE ET INTIME

C’était donc aujourd’hui et c’est à la 10eme minute. Une interview avant la première des trois conférences données à la Réunion.
Demain à St Gilles, au Village Corail à 18h15, pour parler des violences faites aux enfants, de la prévention, et des moyens d’action; Et jeudi à St Denis, à 18h15, à l’université (amphi Cadet), pour évoquer la prise de conscience et la reconstruction.
Et la conférence de ce soir mardi 27 septembre était : Violence psychologique, une processus de destruction indicible et intime. Plus de 150 personnes dans l’amphi, un public attentif, de nombreuses questions. Et la chance d’échanger directement, de faire des rencontres… et même avec des lecteurs de ce site, qui encouragent le travail de CVP.
Merci à eux, et merci à tous ceux qui sont venus assister à cette conférence.

Pour en retrouver les grandes lignes  :

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LA VIOLENCE ECONOMIQUE

arrêt maladie,gestion de la sécurité sociale

La violence psychologique s’accompagne très souvent de violence économique. Le bourreau va s’employer à couper les vivres de la victime, à la déposséder, à l’obliger à des dépenses considérables et des investissements disproportionnés. Il va exercer un chantage à l’argent, tenir les cordons de la bourse comme on tient une laisse, tirant dessus régulièrement pour mieux retenir sa proie. Et il ne supporte pas de devoir quoi que ce soit, à qui que ce soit – que lui soit condamné à payer, il en perd tout contrôle et cherche encore plus à détruire. Il ira jusqu’à renoncer à ses enfants plutôt que de verser un centime, si cela lui est possible.
Et c’est à la victime de régler tous les frais.
L’addition est extrêmement lourde.

La société, qui n’entend pas, n’accompagne pas, ne prend pas en charge ces victimes ou ne propose que peu d’aides, devient complice par défaut des bourreaux. Elle peut bien souvent et par refus de voir, d’entendre et de s’impliquer, aggraver des situations déjà dramatiques.
Les victimes se retrouvent perdues, sans savoir à qui s’adresser. On leur conseille de lancer une procédure. Mais une procédure coûte cher. Très cher. Et dure très longtemps. Qui va payer, pendant combien de temps, et comment ? 2000, 3000, 10.000 €, parfois bien plus. Il faut hypothéquer sa maison, vendre sa voiture, prendre plusieurs « petits boulots », courir, toujours plus, pratiquer le système solidaire encore mal encouragé – et souvent mal connu ou mal perçu.
On dit à ces victimes de se faire aider. Par qui ? A quel prix ? Et dans combien de temps ?
On leur conseille de (re)trouver un emploi. On leur dit RSA, CMU, CAF. On les abreuve d’informations incomplètes.
Et elles se retrouvent à nouveau blâmées, jugées comme « incapables de s’en sortir ».
Il est urgent que la société se réveille. Il est urgent d’aider ces victimes de terrorisme « ordinaire » et à huis-clos, de les considérer réellement comme des victimes, de mettre en place un moyen de les indemniser.
Comme pour la prise en charge des arrêts maladie suite à un burn out / dépression dû au harcèlement au travail, comme pour les victimes de terrorisme, qui peuvent être indemnisées par le FGTI, il faudrait inventer une indemnisation pour ces victimes de violence psychologique dans la sphère privée.

C’est la démarche de l’association CVP de contribuer à faire reconnaître et admettre cette urgence sociale et économique.

Si vous souhaitez adresser un témoignage : associationcvp@gmail.com

La violence sociale prend également un aspect économique. Beaucoup de victimes se retrouvent sans emploi, sans revenu. Ou elles travaillent avec leur bourreau, pour leur bourreau. Sans être déclarées. Sans reconnaissance sociale et fiscale, sans déclaration à fournir, alors qu’il va leur être demandé un salaire, des revenus, des cautions bancaires… Dépendantes financièrement de leur persécuteur, elles n’ont pas la possibilité de quitter le logement familial. Ce logement peut également être un bien commun, mais elles savent qu’elles vont devoir se battre juridiquement pour obtenir la part qui leur revient. Isolées, elles n’ont pas toujours la possibilité de se réfugier dans leur famille ou chez des amis. Si elles le font, c’est pour un temps très court. Déjà contraintes par la peur de partir, elles se sentent d’autant plus prisonnières qu’elles n’ont pas les moyens de partir.

Il s’agit de femmes, mais aussi d’hommes qui ont perdu leur emploi, qui travaillent en collaboration avec leur épouse, qui se retrouvent écrasés. Qui ont fait confiance, qui ont cru en l’amour que semblait leur donner leur compagne. Biens immobiliers communs, parts de sociétés… Ils ont investi l’argent qu’ils avaient et se retrouvent coincés dans des imbrogliolos bancaires et financiers. Ces victimes restent pour les enfants. Pour ne pas définitivement tout perdre.

Il s’agit encore d’enfants, la plupart du temps adolescents, jeunes adultes, étudiants, qui n’ont pas les moyens de se loger, de régler le coût de leurs études, de leur quotidien. Qui restent sous l’emprise d’un père – ou d’une mère – manipulateur, en espérant que « ça va s’arranger » quand ils auront enfin un travail. Un travail qui ne leur plaira pas, s’ils en trouvent un, mais qu’ils accepteront pour un salaire aussi maigre soit-il, pour fuir.

Il s’agit enfin de ces enfants devenus adultes, encore pris dans un schéma violent où se mêlent culpabilité face à un parent âgé et honte d’une enfance maltraitante, et se retrouvent spoliés, déshérités.

Extrait de Victimes de violences psychologiques : de la résistance à la reconstruction – Anne-Laure Buffet – Le Passeur éditeur

REVIVRE AVEC L’ÉCRIT

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Quand la souffrance, la peur, la honte nous étouffent et interdisent toute joie de vivre, écrire aide à nous libérer de l’oppression.
Quand les mots et les gestes qu’on reçoit nous abîment et cherchent à nous anéantir, écrire aide à nous reconstruire et à  affirmer notre identité.
Quand notre vie semble figée dans une répétition de douleur et d’angoisse, écrire aide à nous remettre en marche et retrouver espoir en l’avenir.

L’atelier « L’écrit libérateur » est fait pour cela : aider à se libérer de la peur et du doute, renouer avec soi-même et entamer une transformation qui redonne des couleurs à l’avenir.

“Écrire est un acte présent qui utilise le passé pour se projeter dans le futur”

Dans le cadre rassurant d’un groupe respectueux et sans jugement, l’atelier se déroule sur 10 séances hebdomadaires,progressives et adaptées à son objectif.
L’atelier n’a rien de scolaire. Les textes ne sont ni notés ni corrigés.
Malgré des bienfaits certains, l’atelier n’a pas de vocation thérapeutique. C’est un espace d’expression et de liberté.

CONTACT : Dominique Giudicelli – 06 13 05 22 48
ou par mail

http://www.des-travaux-et-des-jours.com

UN MOIS DE JANVIER 2016 ET DE NOUVELLES RENCONTRES À VENIR

L’année 2015 touche à sa fin. Pour certains, elle fut lourde de procédures, de nouvelles difficultés, de violences diverses, de tristesses et d’angoisses. Pour d’autres ce fut l’année de la prise de conscience, de la compréhension, du passage à l’acte, du changement, de la séparation. Pour d’autres encore, les combats qui ne cessent jamais, qui semblent sans fin, et sans justice, sans reconnaissance, sans changement.
Pour tous, c’est une année de plus qui se termine, et une autre qui va bientôt commencer, avec son lot de nouveaux espoirs, de nouvelles énergies, de nouvelles craintes aussi.
Une nouvelle année au cours de laquelle CVP va essayer de vous accompagner au mieux, sachant qu’il n’est pas possible malheureusement de répondre à toutes vos demandes d’aides et de soutiens.

Dès le mois de janvier, divers rendez-vous sont proposés :

  • Les 8, 15 et 26 janvier, des débats animés par Anne-Laure Buffet sur la maltraitante familiale et maternelle sont prévus au cinéma le St André des Arts, après la projection du film Sous la peau, réalisé par Katia Scarton-Kim et Nadia Jandeau. Le film est un huis-clos entre 5 soeurs, victimes de maltraitance maternelle, se retrouvant pour l’anniversaire de leur mère, anniversaire qui va donner lieu à un drame.
    La projection du film est à 13h, et les débats suivront le film.
  • Le samedi 9 janvier, un groupe de discussion autour du thème « L’enfant et l’aliénation parentale » se réunit à Boulogne Billancourt à 15h. Informations et inscription : associationcvp@gmail.com. N’hésitez pas si vous souhaitez nous rejoindre à vous inscrire rapidement, le groupe étant presque au complet. 
  • Le mardi 19 janvier, une formation est proposée sur le thème : Confiance en soi – Estime de soi – Amour de soi, à Boulogne Billancourt, de 14h à 18h. Informations et inscription : associationcvp@gmail.com. (Attention, la même formation est prévue le 12 janvier mais est déjà complète et fermée aux inscriptions)
  • Le mercredi 27 janvier, une rencontre petit-déjeuner sur le thème « Oser parler » est prévue de 9h à 11h à Boulogne Billancourt. Informations et inscription : associationcvp@gmail.com

Enfin, la sortie du livre de Anne-Laure Buffet,  « Victimes de violences psychologiques – de la résistance à la reconstruction » est prévue le 14 janvier 2016, aux éditions le Passeur.

Elles sont épuisées, dans l’incompréhension, détruites. Ombres d’elles-mêmes, partagées entre la culpabilité, la honte, la peur, le doute, elles sont convaincues de n’être plus rien, de n’avoir jamais été qui que ce soit. Elles disent avoir perdu l’espoir, le courage et la foi. « Elles », ce sont les victimes de violences psychologiques. Enfants, adultes, conjoint(e)s, les victimes n’ont ni âge, ni sexe. Trop souvent, la violence psychologique demeure incomprise, voire réfutée, et la
plupart des auteurs s’interrogent sur les pervers narcissiques en occultant leurs victimes. Dans ce livre, Anne-Laure Buffet leur donne la parole. Elle expose les processus conduisant à devenir une proie et propose un questionnaire inédit pour repérer l’emprise d’une personnalité toxique. Elle montre, à l’aide d’exemples cliniques concrets, les lourdes conséquences psychiques induites par la violence. Enfin, elle offre des clefs pour aider les victimes à se reconstruire et vivre pleinement.
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Nous vous souhaitons une bonne fin 2015 à tous, beaucoup de forces et de nouvelles énergies, de partages et de nouvelles rencontres.

Anne-Laure Buffet – Présidente de CVP – Contre la Violence Psychologique

ANNA – COURT MÉTRAGE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

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Réalisé à l’initiative de la MIPROF (Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains) en 2013 par Johanna Bedeau et Laurent Benaïm, avec Aurélia Petit et Marc Citti , ce court-métrage, d’une durée totale de 15 minutes, se découpe en 3 parties illustrant successivement :

– les mécanismes de la violence ;
– le repérage ;
– la prise en charge des femmes victimes de violences.

ANNA MIPROF

NI MARQUE NI SIGNE, RIEN QUE LA LIBERTÉ

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Etre victime de violence psychologique, connaître les souffrances dues à cette violence, sentir les blessures et les cicatrices qui s’impriment dans la peau, sous la peau, dans l’invisible de la chair et du cerveau, est intime. Et destructeur.
Chaque victime a sa propre histoire, même si toutes ces histoires se ressemblent. Chaque victime mène son propre combat, vit sa propre reconstruction, part à la rencontre d’elle-même. Elle doit se libérer de ses chaînes, casser les murs d’une prison, rompre avec le silence. Mise sous dépendance – sous emprise – pendant des années, parfois pendant une vie, elle doit autoriser une personne avant tout à la croire : elle-même, et trouver sa propre voie, et sa propre voix, pour combattre le bourreau et mettre un terme à l’enfermement.
Elle doit apprendre, accepter, vivre SA liberté. Elle doit la ressentir. Physiquement. Il s’agit de respirer, d’utiliser son corps, son esprit, sa pensée, en toute INDÉPENDANCE. LIBREMENT. Il s’agit d’être SOI.
Il faut aller à la rencontre de cet inconnu, soi-même. Cette rencontre, aussi belle que difficile à faire, peut être aidée par un professionnel. Il est souvent nécessaire de faire appel à un tiers, pour comprendre des schémas destructeurs, pour admettre l’emprise, pour décider d’en finir. Pour s’accepter. Pour s’aimer. Mais aussi pour devenir un adulte responsable, pour se reconnaître des valeurs, des capacités, des compétences. Or, tant qu’une victime est sous emprise, de qui que ce soit, elle est retenue à son état d’enfant.

Les professionnels, tous les professionnels engagés auprès des victimes, devraient agir en ce sens. Ils ont un rôle essentiel tout autant que transitoire. Ils sont un passage, un relai entre un avant mortifère et un après plus serein, et personnel. Et il ne faut pas oublier que la place de l’accompagnant est difficile : porteur d’espoirs, à l’écoute, soutien dans un combat terriblement compliqué, difficile et douloureux, il n’est pas la pour fournir des armes à la victime, il est là pour l’aider à trouver les armes qui lui conviennent. Il n’est pas là pour lui indiquer qui elle doit être, il est là pour lui permettre de découvrir qui elle est. Il ne peut avoir un rôle de maître à penser, de « gourou », de chef de file d’un mouvement qui pourrait se soulever pour aller dans une seule direction, vouée à la gloire de ce faux héros. Le danger est immense pour les victimes : cherchant à se libérer d’une emprise, elles restent dépendantes, d’un nouveau bourreau, d’un usurpateur, d’un escroc qui abuse de leurs faiblesses, de leur fragilité, de leur vulnérabilité. Il est essentiel, fondamental, que la victime se sente ELLE, et ne se retrouve en rien invitée, conduite à adopter un mode de pensée, un fonctionnement, un comportement, et ne serait-ce qu’un signe qui la rattache désormais à son nouveau chef. Il est tout aussi fondamental que le professionnel possède une réelle éthique, qu’il soit capable de s’adapter à chaque personne qu’il va accompagner dans sa reconstruction, qu’il l’autorise à être libre, qu’il ne lui fasse porter aucune marque, aucune attache créatrice de dépendance.

Chaque professionnel qui respecte cette éthique, cette déontologie, ne peut que se réjouir pour une ancienne victime de la voir devenir une personne libre, vivante, à part entière. Il doit à cette ancienne victime un immense respect pour la confiance qui lui a été accordée. Il ne doit en attendre qu’une reconnaissance raisonnable – avoir su écouter et comprendre. Il ne doit se voir que comme un « passeur » – et pour ma part, je me sens parfois presque sage-femme, voyant naître au monde une personnalité qui avait été étouffée.
Et comme un passeur, il laisse la personne suivre son chemin, prendre son envol, et ne doit jamais la marquer d’un signe quelconque, comme on marque du bétail, comme on bague des pigeons-voyageurs afin que, toujours, ils reviennent là d’où ils sont partis, sans jamais être libres de vivre – libres, justement.

©Anne-Laure Buffet
associationcvp@gmail.com

SE PRÉSENTER EN JUSTICE – FORMATION

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Une victime de violences psychologiques a un lourd combat à mener, face à un être particulièrement procédurier, et qui s’engage dans ce qui devient une guerre avec un plaisir machiavélique.
Vite désarmée, apeurée, ne connaissant que peu ses droits, ne sachant ni que dire, ni que faire, ni comment préparer ses enfants et les protéger, la victime se retrouve vite à terre.

Comment se préparer ? Que dire ? Quels argumets, quelle posture avoir ? En quoi consistent les diverses expertises possible, la médiation, l’AEMO…

Cette formation qui se déroulera à Boulogne le 10 novembre de 14h à 18h est destinée à vous apporter des réponses, à vous préparer psychologiquement, à vous aider à construire un dossier, afin de faire reculer vos craintes et vous armer au mieux devant la justice.

INFORMATIONS ET INSCRIPTION : associationcvp@gmail.com

ET SUR FACEBOOK : CVP – FORMATION