ATELIER D’ÉCRITURE

Un atelier d’écriture vous est proposé le samedi 8 février, à Boulogne Billancourt

Le travail sera axé autour de la communication, de la prise de parole interdite par une personnalité au comportement toxique.

Acquérir, posséder ou re-posséder le langage, l’expression de la pensée, investir un champ lexical, s’autoriser à dire, à exprimer des sentiments, à transmettre des faits, à relater une réalité…

Programme de la journée :

–       De 10h à 10h30 : Présentation de l’atelier, des consignes et des recommandations

–       10h30 – 13h : Parler de l’autre

Objectif : imaginer et écrire un texte court (portrait, fiction ou récit, descriptif, narratif, burlesque…) sur « l’autre »

–       13h – 13h45 : Pause déjeuner

–       13h45 – 16h : Parler de soi

Objectif : imaginer et écrire un texte court (portrait, fiction ou récit, descriptif, narratif, burlesque…) sur soi.

La forme utilisée sera différente de celle choisie pendant la matinée. Le champ lexical sera également différent.

–       16h : Pause

–       16h30 : Mise en commun et lecture des textes écrits dans la journée.

–       18h : Fin de l’atelier

Les inscriptions sont à faire auprès de CVP avant le 1er février (8 places pour ce groupe).

Tarif (déjeuner compris) :
80 € pour les non adhérents
65 € pour les adhérents

Renseignements et inscriptions : associationcvp@gmail.com

 

Les textes pourront par la suite et pour ceux qui le souhaitent être diffusés en PDF sur le blog cvpcontrelaviolencepsychologique.wordpress.com.

À terme, CVP souhaite pouvoir diffuser les textes produits pendant les ateliers d’écriture en format numérique et papier. Les auteurs des textes pourront conserver l’anonymat, choisir un pseudo…

L’objectif de CVP est de permettre, à travers ces ateliers d’écriture, de reprendre possession de son identité et de son vécu, tout autant que de faire partager des expériences et des témoignages, afin d’accompagner et de soutenir d’autres personnes soumises à la violence et la maltraitance psychologiques.

Informations et inscriptions pour les groupes de parole ou l’atelier d’écriture auprès de : associationcvp@gmail.com ou au 06.60.70.95.64

Publicités

CES PETITS SIGNES QUI VALENT TELLEMENT

523175_337909179631550_1035870538_n

La personnalité toxique impose. Une vie. Des croyances. Des comportements. Un mode de pensée.
Ainsi que des peurs, des angoisses, des doutes, des gestes déplacés, de nervosité, d’agacement, de colère.
Elle observe. Elle sait exactement comment vous allez réagir, et à quel moment. Elle a mis en place un système de boutons sur lesquels elle appuie et qui vous télécommande. Tel silence entrainera ceci ou cela comme conséquences, telle parole provoquera tel état chez vous…

Chacune de vos réactions est comme de la nourriture supplémentaire que vous offrez à ce prédateur (prédatrice). Comme un chat avec une souris, il va jouer avec vous jusqu’à l’obtenir, jusqu’à vous pousser à bout. Et lorsqu’il aura obtenu le résultat escompté, il aura alors tout loisir pour s’en servir contre vous.

Tu vois… tu ne sais pas te contrôler… 
Pour réagir ainsi, tu dois être malade…
On ne peut décidément rien te dire, tu ne comprends rien…
Pourquoi tu pleures ainsi ? C’est la vérité qui te fait peur ? …

En revanche ce que la personnalité toxique ne comprend pas, ne supporte pas, c’est que ses attaques, ses accusations, ses critiques, restent sans réaction et sans réponse de votre part. 

Quand on ne vit plus avec la personnalité toxique, lui offrir le plus possible le mur du silence s’apprend, se met en place, et permet de créer et de conserver une distance protectrice pour la victime… et destructrice cette fois pour la personnalité toxique qui ne sait plus sur lequel de ses fameux boutons appuyer pour vous faire réagir.

Quand la vie est commune, c’est en apprenant à se montrer le plus neutre et le plus froid possible que l’on provoque chez la personnalité toxique un doute immense : y-a-t’il encore emprise ? Bien sûr, elle va tout faire pour maintenir cette emprise. Il faut lutter chaque jour, et en premier lieu avec soi-même, pour conserver le cap et sa ligne de conduite.

Quelques petits gestes et attitudes qui déstabilisent une personnalité toxique :

– Croiser les bras quand elle s’adresse à vous. Cette attitude presque professorale, tout autant que protectrice, l’agace sans que cela puisse vous êtes reproché. Vous croisez les bras ? Oui… vous détestez avoir les bras ballants quand on vous parle

– Regardez-le (la) quand il (elle) vous parle. Non pas dans les yeux, mais entre les deux yeux. La personnalité toxique (comme n’importe quel interlocuteur) aura le sentiment que vous la regardez dans les yeux. Vous, vous ne verrez pas son regard, mais vous donnerez le sentiment de ne pas vous en détourner.

– Soyez le plus bref(ve) possible dans vos réponses. Un « oui » ou un « non » sont suffisants. Si la personnalité toxique vous demande de développer vos propos, contentez-vous de lui dire que vous avez déjà répondu.

Ces petites attitudes vont peu à peu devenir automatiques. Et vous redonner confiance en vous, puisque l’ascendant de la personnalité toxique va être affaibli.

©ALB

VAGUE ET FLOU

7213088b897de6616595d94f3cb3-post

Le flou, une arme que les manipulateurs maîtrisent ET utilisent.

Pourquoi les manipulateurs restent-ils dans le flou ?

Le flou présente 5 grands intérêts pour les manipulateurs :

  • En s’exprimant de façon floue, les manipulateurs laissent leur interlocuteur interpréter leurs propos. Ils peuvent donc changer d’avis plus facilement.
  • En restant flous, les manipulateurs ne s’engagent pas. Cela leur permet de se déresponsabiliser.
  • En étant flous, les manipulateurs se laissent une marge de manœuvre. Ils peuvent donc dissimuler leur jeu, et éviter que celui-ci ne soit découvert.
  • En étant volontairement incompréhensibles à travers un discours « cultivé », les manipulateurs se donnent de l’importance et du pouvoir.
  • Le flou provoque un mystère autour du manipulateur. Ce mystère peut parfois  séduire.

Comment les manipulateurs restent-ils dans le flou ?

Pour rester dans le flou, les manipulateurs utilisent plusieurs techniques. Par exemple :

  • Les manipulateurs ne terminent par leurs phrases. Ils  laissent interpréter leurs propos. De cette façon ils pourront toujours répondre « Je n’ai jamais dit cela. »
  • Les manipulateurs utilisent des formulations ou des mots ambiguës, qui peuvent avoir plusieurs sens.
  • Les manipulateurs utilisent un vocabulaire très spécifique. Ils le font exprès : leur but c’est précisément d’être incompréhensibles. Leurs interlocuteurs n’osent pas montrer leur embarras, de peur de dévoiler leur (soi-disant) ignorance. De cette façon, les manipulateurs se donnent de l’autorité.

Communiquer avec un manipulateur est donc une épreuve.

Dans une communication traditionnelle, le but est bien d’échanger des idées claires et précises. L’objectif de chacun, c’est de comprendre et de se faire comprendre.

MORT VIVANTE – EXTRAIT 2 – À PARAÎTRE

249191_167410550087067_2104926757_n

Je ne dois pas parler.
De toute façon, lorsque je parle, je me trompe à chaque fois.

Je lui fais honte.

Quand nous ne sommes pas seuls, il guette chacun de mes mots. Je le sais. Je vois le coin de son oeil loucher vers moi ; je le vois faire ce rictus qui veut tant dire, qui veut tout dire… « Surtout, tais-toi. Ça va t’éviter de raconter n’importe quoi. J’en ai assez de corriger tes gaffes. »

On s’adresse à moi. Il se fige, il se crispe, qu’il soit en train de parler à un autre, ou de se taire. Les secondes suivantes sont lourdes, comme du plomb qui se mettrait à couler dans mes veines. Je n’ose plus répondre, je n’ai pas de réponse, je bafouille, je bredouille. J’hésite. Je tremble. Je transpire. L’affreuse sueur qui coule par petites gouttes de ma nuque à mon dos. Mes aisselles se tâchent, l’auréole doit être visible de tous.

Son regard est insistant. « Ne dis rien, surtout, ne dis rien, tu sais bien que tu ne sais pas… ». Il n’a pas prononcé un son, mais les mots explosent devant mes yeux, comme un ordre. Comme un défi.
« Si tu parles, tu vas te ridiculiser. Ce n’est rien, tu es déjà ridicule. Tu vas me ridiculiser, également. Tu ne ferais pas ça, n’est-ce pas ? Tu ne ridiculiserais pas ton mari ? Ce serait stupide. Cruel. Dangereux. »

Pas besoin qu’il me parle. Je sais ce qu’il pense. Je sais ce qu’il veut hurler, mais qu’il retient, dans un sourire qu’il adresse à tous.

– Je ne sais pas.

Je devine le soupir qui glisse entre ses lèvres entrouvertes. Elle s’est tue. Elle passe pour une ignorante, pour une bécasse, il est bien à plaindre. Mais il préfère être plaint, à devoir supporter cette idiote, qu’être plaint de devoir rattraper une énième erreur.

Je ne fais que des erreurs.
Je ne sais pas.
Quand je parle, les mots se mélangent, les phrases n’ont plus de sens.
Je reste assise, là. Mon verre à la main. Un verre pas plus, un verre seulement, pour m’autoriser à me tenir bien. Un verre, sinon, que penserait-on ?
Je reste là.
Je le regarde parler.

Ne pas lui nuire. Ne rien faire, ne rien dire, contre lui.
J’ai de la chance. Il est brillant. Il parle pour moi, et même s’il ne dit pas ce que moi j’aurais dit, même s’il me prête des pensées que je n’ai pas, il me l’a montré. Lui sait s’exprimer.
J’ai de la chance. Et je m’en veux de ne pas être à sa hauteur.
Sans doute parce que je suis idiote.

Alors, je me tais.

©Anne-Laure Buffet