RENCONTRES ET CONFÉRENCES SEPTEMBRE – DÉCEMBRE 2016

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Septembre : 

Samedi 10 septembre – Groupe de discussion : Les mères toxiques – 15h-18h – Boulogne Billancourt
27 – 29 septembre : Cycle de conférences à la Réunion 

Le Tampon : mardi 27 septembre, campus sud de l’université amphi Olympe de Gouges : La violence psychologique : un processus de destruction intime et indicible

Saint-Paul : mercredi 28 septembre, village Corail de saint-gilles : Les enfants victimes de violence psychologique : quelle prévention, quel avenir ?

Saint-Denis : jeudi 29 septembre, campus nord de l’université amphi Lacaussade : Victimes de violence psychologique : rompre le lien et se reconstruire


Horaires : 18 h 15 min – 20 h 00 min
Contact : Les amis de la Réunion

 

Octobre : 

Samedi 15 octobre : groupe de discussion : Comprendre la violence psychologique
15h – 18h – Boulogne Billancourt
Informations et inscription : associationcvp@gmail.com

 

Novembre : 

Mercredi 2 Novembre : Rencontre Petit-déjeuner : La justice
9h – 12h – Boulogne Billancourt
Informations et inscription : associationcvp@gmail.com

Samedi 19 novembre : groupe de discussion : Les parents toxiques
15h – 18h – Boulogne Billancourt
Informations et inscription : associationcvp@gmail.com

Vendredi 25 Novembre, Conférence à Issy Les Moulineaux, à 20H : l’emprise, y résister, et s’en libérer.
Conférence à l’occasion de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes, la mairie de Issy les Moulineaux organise une journée : Bien dans sa tête, bien dans son corps.
Espace Andrée Chedid, 60, rue Général Leclerc  92130 Issy-Les-Moulineaux   Métro: Mairie d’Issy, ligne 12

 

Décembre : 

Samedi 10 décembre : groupe de discussion : Les adultes infantilisés
15h – 18h – Boulogne Billancourt
Informations et inscription : associationcvp@gmail.com

 

GROUPE DE DISCUSSION : LA RECONSTRUCTION – COMPTE-RENDU

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Hier, samedi 5 décembre, le groupe de discussion CVP s’est réuni autour du thème : La reconstruction.
Un groupe où nous nous sommes retrouvés très nombreux – et à tous, un grand merci pour votre confiance et votre présence. Pour les partages aussi, avec, toujours, ces émotions qui sont autorisées, ces expériences qui se rencontrent, ces regards bienveillants. En voici un bref compte-rendu.

Nous avons commencé le groupe avec la projection de la bande-annonce du film Sous la peau, réalisé par Katia Scarton-Kim et Nadia Jandeau. Ce film – fiction met en scène 5 sœurs qui se retrouvent le jour de l’anniversaire de leur mère. Chacune, à sa manière, a connu la maltraitance maternelle. Chacune en porte encore des cicatrices et des blessures cachées, tues ou inavouées.

Un film aussi dur que juste, intime et pudique, où la souffrance et la maltraitances s’invitent, se racontent, sans jamais se justifier.

Katia Scarton-Kim, présente lors de notre groupe de discussion, a raconté l’origine de ce film : l’envie, le besoin de comprendre ces maltraitances familiales qui apparaissent parfois dans les faits divers, mais qui le plus souvent sont cachées et tues ; et qui, invisibles détruisent une famille, parfois sur plusieurs générations.

Le film SOUS LA PEAU sera projeté au cinéma le St André des Arts, à Paris à partir du 6 janvier 2016.

Semaine du 6 au 13 janvier : tous les jours à 13h, sauf le mardi
Semaine du 20 au 27 janvier : les MARDI, à 13h

Les projections seront suivies d’un débat.

Le 8 janvier et le 26 janvier, ces débats seront animés par Anne-Laure Buffet

Le groupe s’est poursuivi sur ce thème : la reconstruction. Reconstruction, pour certains renaissance, pour sortir de ce schéma dépersonnalisant de l’emprise. Renaissance car une victime objetisée cherche à retrouver sa personnalité, son identité, son humanité. Renaissance également puisqu’il faut accoucher de soi, se mettre au monde, naître à nouveau, là où la violence était destinée à tuer, que ce soit psychiquement et/ou physiquement.

Et cette reconstruction, ou cette renaissance, n’est pas possible sans qu’une démarche se mette en place, celle de dire Stop, celle de dire non à ces violences, celle de les fuir. Fuir, non par lâcheté, mais par courage, par envie de vivre. Fuir avec un instinct de survie. Parfois, pour certains, sans savoir où aller, en abandonnant tout, maison, famille, profession… « Je suis partie sans rien et sans savoir où j’allais, mais je suis partie, j’ai réussi à partir ! »

Fuir ne suffit pas. Il faut accepter une autre facette qui compose la violence : accepter la guerre dans laquelle l’agresseur fait entrer. Car il s’agit bien d’une guerre, et elle se mène d’autant plus facilement qu’aucune victime ne souhaite, ne cherche le conflit. Pourtant c’est une guerre bien réelle avec un seul objectif : la mise à mort, la disparition de la victime. Nier cette guerre, c’est encore nier l’emprise, c’est nier la manipulation, c’est nier la dangerosité de l’agresseur. Etre dans cette guerre, c’est chercher les armes, les armes adéquates pour répondre aux attaques de l’agresseur. C’est être « guerrier(e) », terme cité hier par une participante du groupe : « Je suis devenue une guerrière ».

C’est comprendre aussi l’importance du temps. Le temps nécessaire pour faire son deuil d’un amour qui n’a jamais existé. Le temps nécessaire pour se retrouver, se reconstruire, renaître. Pour apprendre comment se comporter face à la violence et face à l’agresseur. Pour mettre en place un schéma protecteur, des limites, un « territoire » propre à soi, individuel, qui appartient pleinement à chaque victime, dont elle est à la fois maître et responsable.

C’est accepter également le temps de la justice qui n’est pas celui des hommes. Une procédure est à la fois longue et couteuse. Durant tout le temps de cette procédure, rester concentré(e) sur la décision à venir est un nouveau frein, un nouvel empêchement. C’est un temps qu’il faut essayer de mettre à profit. C’est un temps qui peut devenir un allié, un atout, lorsqu’il n’est pas vu comme un ennemi.

Chaque jour, chaque heure est un défi à relever. Et chaque défi relevé devient une petite victoire. Ce sont ces victoires qu’il faut savoir observer et plus encore, dont il faut savoir se réjouir. Les personnes victimes de violences psychologiques doivent avoir de la compassion, pour elles-mêmes. Les pas se font lentement, petit à petit. Et les rechutes sont possibles. Sortir de l’emprise est long et douloureux. Partir ne suffit pas. On ne construit rien rapidement, rien de stable. On ne met rien au monde facilement. Mais lorsque la naissance a lieu, on se réjouit, et l’on observe cette vie avec une fierté sereine et légitime.

Il faut enfin accepter le temps de la société, le temps des tiers, le temps des autres. Ceux qui sont indirectement manipulés, dans l’entourage, sans pouvoir comprendre, sans avoir de faculté de recul. Ceux qui s’éloignent, tournent le dos, ou se taisent, témoins muets et aveuglés des violences vécues. La douleur qui vient lorsque la victime ne peut pas parler, n’est pas entendue, est – souvent – incomprise, est une nouvelle souffrance, vécue comme une injustice. On l’appelle la double peine. Double peine car la victime se trouve à nouveau jugée, à nouveau accusée, à nouveau condamnée, souvent abandonnée, pour des faits, des comportements, des pensées qu’elle n’a jamais commis, jamais actés, jamais eues.

Pour tout cela, il faut pouvoir dire. Pourvoir raconter, avant même de pouvoir être entendu(e). Il faut se croire – ce qui est si difficile lorsque l’emprise ne sème que le doute et le brouillard. Il faut utiliser les mots, les mots justes, objectivement. Il faut savoir laisser sa pudeur et ses émotions de côté, le temps de dire, pour être écouté(e) et compris(e), pour pouvoir être défendu(e).

Ecrire… un exercice souvent difficile mais très utile pour retrouver son identité, pour expulser ce qui fait souffrir, pour avoir les paroles adéquates. Un exercice qui peut être fait seul(e), ou accompagné(e).

Lors du groupe, Dominique Giudicelli, biographe et thérapeute, a présenté les ateliers d’écriture qu’elle proposera bientôt, afin d’accompagner dans ce travail d’écriture. Les informations concernant ces ateliers vous seront communiquées prochainement.

La parole est essentielle, elle est libératrice et salvatrice. Elle est ce dont chacun(e) est privé(e). Et c’est à chacun(e) de se l’approprier à nouveau.

Le prochain groupe de parole aura lieu le samedi 9 janvier. Son thème : l’aliénation parentale – lorsque le parent est nié, rejeté, par ses enfants manipulés par un conjoint malveillant. Comment se met-elle en place, quels sont ses effets, quelles sont ses conséquences, comment la combattre ?

A nouveau, un grand merci à toutes et tous. Un grand bravo pour cette volonté de vivre librement. A tous, du courage, de la volonté, de la force, et de l’amour retrouvé de vous-même.

Pour finir ce petit compte-rendu, le texte de Rudyard Kipling « If »… pour parler à chaque enfant resté caché, brisé, interdit d’être en l’adulte victime de violence psychologique.

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être que penseur ;

Si tu sais être dur, sans jamais être en rage,
Si tu sais être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral et pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois les Dieux la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme mon fils !

Rudyard Kipling

SUITE AUX ATTENTATS DU 13 NOVEMBRE 2015

Suite aux dramatiques événements de vendredi dernier, le petit-déjeuner rencontre du 2 décembre change de thème. 

Nous nous retrouverons pour échanger sur les angoisses, peurs, terreurs individuelles qui naissent, se réveillent où se développent avec ces attentats. 

PETIT-DÉJEUNER RENCONTRE 

CONFIRMATION D’INSCRIPTION PETIT DÉJEUNER
(bulletin à télécharger)


Une autre date pour cette rencontre initialement prévue sur la place du nouveau compagnon sera proposée en janvier.

Merci si vous le souhaitez de confirmer votre inscription par mail : ASSOCIATIONCVP@GMAIL.COM
 
Bien cordialement, bon courage et amitiés à tous. 
Anne-Laure Buffet

L’HÉSITATION QUI EMPÊCHE

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Vous lui avez posé une question. Plusieurs fois. Vous l’avez appelé(e) ; vous avez laissé des messages. Vous lui avez envoyé des SMS. Vous avez écrit des mails.
Vous n’avez toujours pas de réponse.
Pourtant, la question devient urgente. Il vous faut prendre une décision.
Vous n’osez pas insister, une fois de plus.
Vous finissez par craquer. « Bon, alors ? Tu réponds quoi ?  » Ce message, vous l’écrivez cent fois. Vous ne l’envoyez jamais. Vous attendez. Vous passez par différents états. L’impatience ; la colère ; le doute ; l’hésitation. Y-a-t-il si grande urgence finalement, pour se décider, sur ce point, précisément ? Peut-être vous a t’il (elle) déjà répondu, mais vous avez oublié. Vous fouillez votre mémoire. Vous relisez vos messages. Vous ne trouvez rien. Vous êtes exaspéré(e). Vous avez envie de taper dans un mur. De lui taper sur la tête. De vous mettre à pleurer.

La nuit, vous tergiversez.

Lui avez-vous formulé correctement votre demande ? N’êtes-vous pas trop insistant(e), et devant tant d’insistance, il (elle) préfère ne pas répondre car il (elle) est lassé(e) ? Cette décision, ne pouvez-vous pas la prendre seul(e) ?

Vous demandez conseil. À des amis. Chaque avis est différent. « Allez, demande-lui encore, tu ne peux pas rester comme ça… » , « Laisse tomber, tu sais bien que c’est comme d’habitude, il (elle) ne te répondra pas… » , « Fais comme tu veux, montre-lui que tu peux décider sans lui (elle)… ».
Vous êtes encore plus perdu(e).

Vous contactez un avocat. C’est votre première consultation. Le coût de la réponse est entre 150 et 300 €. Au mieux, ce spécialiste écrira un joli courrier, à votre place, en votre nom. Et vous tremblez encore. Un courrier d’avocat. Voilà qui est une agression, pour lui (elle). Comment va t-il (elle) le prendre ? Qu’allez-vous encore entendre ?
Au pire, vous aurez un avis, au téléphone. « Calmez-vous. Faites comme bon vous semble. Vous pourrez toujours revenir sur vos pas, en expliquant qu’il fallait décider mais que malgré vos demandes vous n’aviez pas de réponse… »

Le (la) manipulateur pervers narcissique a ce talent. Il vous plonge dans le silence et l’hésitation. Vous n’êtes plus capable de discerner ce qu’il vous revient naturellement de faire, de ce qui doit être décidé, à deux. Vous ne contrôlez rien. Vous êtes sous sa coupe.

Il le sait, et il en profite. Il veut vous obliger à accepter ce que LUI décide. Ce que LUI considère comme devant être fait. Il vous mène par le bout du nez. Vous n’arrivez pas à réagir… C’est son objectif. Il le fait d’autant mieux que le terrain est propice. Vous êtes fragilisé(e). Il jouera sur votre corde sensible.  Vous serez contraint(e) d’attendre quand il s’agira des enfants. D’un déménagement. De toute décision engageant votre avenir.
Quoi que vous fassiez, il vous le reprochera. Vous ne faites rien ? Cela prouve bien qu’il a raison, vous êtes incapable. Vous décidez sans lui : comme à votre habitude, vous le dénigrez, vous lui manquez de respect, vous êtes égoïste et calculateur(trice).

C’est à cela qu’il faut vous préparer. Aux reproches. Aux accusations. Au dénigrement.
Respirez. Soufflez. Videz du mieux possible votre cerveau de son image. Il (elle) vous a réduit à l’état d’enfant. On vous demande de décider en adulte. Prenez une feuille, un crayon. Écrivez clairement la question qui se pose. Écrivez tout aussi clairement ce que vous feriez si vous étiez TOTALEMENT seul(e) à décider.
Soufflez encore.
Relisez-vous.
Ce que vous avez écrit, est-ce VRAIMENT ce que vous voulez ?

Et agissez. Vous allez le faire en hésitant encore. C’est normal. Il faut du temps pour apprendre à grandir, pour couper le cordon. Pour se libérer d’une personnalité toxique. Personne n’est en droit de vous le reprocher. Mais c’est un premier pas. Les autres suivront. Chaque jour, vous serez un peu plus fort(e).
Même si vous chutez encore, vous êtes sur la bonne voie.

Enfin, quand il (elle) vous accusera, quand il (elle) vous montrera du doigt en disant qu’à nouveau, vous avez agi seul(e) et contre lui (elle), avalez un bon bol d’air. Et, le plus calmement, le plus doucement possible, répondez-lui : « Devant ton silence, il a fallu que je décide. C’est ainsi. C’est ton opinion si tu penses que c’est contre toi. Tu peux avoir cette opinion. Moi, je sais que j’ai agi dans notre intérêt à tous. »

Et si, après cela, vous craquez, vous pleurez, est-ce grave ? Êtes-vous faible ? Non. Vous êtes humain(e), et ça, il (elle) n’a pas pu vous le retirer.

©Anne-Laure Buffet

L’ÉCOUTE ET LA PAROLE, AVANT TOUT

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Elle a beaucoup changé, on ne la voit plus… 

Il manque de caractère, il dit « amen » à tout ce que dit sa femme…

Elle est trop timide, on ne l’entend jamais…

C’est facile pour elle, elle ne travaille pas, elle n’a rien à faire, sauf se plaindre…

Il bosse comme un dingue, il va finir par y laisser sa peau…

Elle ne se rend pas compte de la chance qu’elle a…

Ces réflexions anodines, vous les avez sans doute déjà entendues, à propos d’un de vos proches. Peut-être même vous êtes vous fait la remarque que, dans votre entourage, untel ou unetelle n’est plus celui ou celle que vous connaissiez.

Les raisons de changer au cours d’une vie sont multiples. Et, heureusement, ne sont pas toutes la cause d’un manipulateur, d’une destruction latente, d’un harcèlement invisible aux yeux des autres.
Mais différents facteurs permettent de se poser la question : y a-t-il un risque pour votre proche, pour celui dont vous parlez, qu’il soit, lui aussi, victime ?

On ne peut pas poser de diagnostic clair et formel en quelques minutes. Cependant il est du devoir de tous d’aller plus loin qu’une simple remarque lorsque la question se pose.
Quel est profondément le caractère de la personne dont on parle ? Est-elle d’un naturel réservé ou plutôt expansif ? Avait-elle beaucoup d’amis, avant ? Etait-elle sociable, aimable ? Que savez-vous de son conjoint, de ses parents, avant que l’éloignement ne se fasse sentir ? À quelle(s) occasion(s) vous arrive-t-il encore de la voir, de lui parler ? Est-elle hésitante dans ses réponses, dans ses attitudes à votre égard ?
Avec quel autre de ses proches pourriez-vous en parler ? À quel degré se situe votre inquiétude, et depuis combien de temps ?

Êtes-vous prêt à l’aider ?

Il n’est jamais trop tard pour agir. Il n’est jamais trop tard pour intervenir.
Presque jamais trop tard.
Le pervers narcissique peut mener sa proie à tomber gravement malade. Parfois, elle en meurt. On en parle encore, après… Elle n’allait pas bien depuis quelques temps, on ne la voyait plus, que c’est triste, si jeune !

Quand la question se pose, quand le doute surgit, il FAUT se poser la question. Quitte à se faire répondre que tout va bien. Quitte à entendre que l’on s’inquiète pour rien. Il faut le faire, avant de regretter.

Si, autour de vous, vous sentez une personne en souffrance, si votre inquiétude devient récurrente, parlez-lui. Informez-vous, pour mieux l’informer. Les victimes ont souvent peur d’entendre la vérité. Mais l’isolement et le silence peut les tuer.

DITES NON AUX CHRYSANTHÈMES

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Il a encore frappé. Cette fois, ce n’est pas la table qui a pris. Les verres sont intacts. Les assiettes ne sont pas brisées. Seule sa chaise a bougé. Et puis, cette main qui se lève, et s’abat. Sur vous. Votre visage.
Vous reculez. Surprise. Stupeur. Peur. Douleur. Dégoût. Honte.
Honte, car incapacité à réagir.
Vous étiez certaine que ça n’arriverait jamais.

Les mots, les regards, vous pensiez pouvoir les encaisser. Vous vous pensiez épargnée du reste. De cette violence que vous voyez dans les feuilletons, ou dans les films que vous pouvez encore – parfois – regarder. Vous n’imaginiez pas finir en faits divers. Vous en devenez un, sans avoir rien fait pour. Vous vous dites que les paroles ne sont rien. Vous ne comprenez pas la portée de ces coups. Vous ne les ressentez pas. Pourtant, votre cerveau, votre âme, votre coeur souffrent à chaque fois.

Il va y avoir ce bleu sur votre joue, sur votre pommette, à dissimuler. Il va y avoir la douleur qui résonne dans la tempe. Longtemps. Vous n’avez plus mal, mais vous la sentez encore. Il va y avoir les tremblements, à chaque fois qu’il vous adressera la parole. Il va y avoir l’incapacité à parler. Les sons se bloquent dans votre gorge et vous étranglent. Vous étouffez.
Vous ne savez pas à qui parler. Vous ne savez pas si vous devez en parler. Vous ne savez pas que faire. Si vous portez plainte, vous craigniez sa réaction. Si vous vous taisez, vous redoutez qu’il recommence.

Rassurez-vous. Tous les MPN ne deviennent pas violents, physiquement.
Inquiétez-vous. Ils peuvent le devenir.
Rassurez-vous. Vous pouvez agir.
Inquiétez-vous. Vous devez agir.
Rassurez-vous. Ils ont souvent peur des traces qu’ils laissent ; une voix n’en laisse pas. Un coup, toujours.
Inquiétez-vous. Vous êtes déjà battu(e). Même si vous ne sentez pas les claques, votre corps les reçoit, votre cerveau les entend.

Les femmes aussi peuvent devenir violentes. La violence est asexuée. Elle s’empare d’un esprit pour en soumettre un autre. Pour laminer. Pour détruire.

Vous avez droit à d’autres fleurs qu’aux chrysanthèmes. Faites-vous aider, avant. Et pour commencer, parlez.

 

©Anne-Laure Buffet

L’AIDE AUX VICTIMES DE PERVERS NARCISSIQUES ET DE MANIPULATEURS

La victime d’un pervers narcissique, lorsqu’elle comprend ce qu’elle vit, subit, endure, ressent en même temps de la honte. Comment a-t-elle pu se laisser faire, se laisser détruire ainsi ?

Il n’y a aucune honte à avoir. Il y a  à aller de l’avant.

C’est une étape longue, difficile, car outre la prise de conscience, elle implique bien sûr la volonté de s’en sortir, mais aussi le courage d’aller de l’avant.

Attention : la victime n’est pas lâche. La victime ne manque pas de courage car elle a supporté, et supporté plus que de raison. Mais elle est arrivée à un tel épuisement qu’elle ne trouve plus, en elle, les forces et les ressources suffisantes pour s’en sortir seule.

Être entouré(e), être accompagné(e) est indispensable.

Certaines victimes vont se tourner vers des amis, vars la famille, si elles ne sont pas trop isolées. D’autres vont aller consulter un thérapeute, ou un coach, un guide, qui va leur permettre de trouver des réponses, des solutions, des chemins à suivre pour quitter le PN, et pour se reconstruire.
Elles vont avoir de nombreuses étapes à franchir. Les franchir à deux permet que l’action soit plus rapide, plus efficace. Et les victimes se sentent plus légitimes à demander que leurs droits, et leur vie tout simplement, soit respectée, car elles ont déjà reçues une écoute bienveillante, attentive et expérimentée.

Pour plus d’informations, merci de remplir le questionnaire ci-dessous :