TROUBLES PSYCHOTRAUMATIQUES CHEZ L’ENFANT

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L’ESPT (Etat de Stress Post Traumatique), chez l’enfant comme chez l’adulte, est une « réponse différée ou prolongée à une situation ou à un évènement stressant exceptionnellement menaçant ou catastrophique et qui provoqueraient des symptômes de détresse évidents chez la plupart des individus », selon la CIM-10 (classification internationale des maladies).
Chez l’enfant, les caractéristiques sont propres : syndrome intrusif qui se manifeste par des activités ludiques répétitives ou par des mises en actes agressives vous sexuelles lors desquelles ils remettent en scène le ou les évènements traumatiques.
Au-delà de trois mois, l’ESPT est dit »chronique ».
Le diagnostic se heurte parfois aux conduites d’évitement : l’enfant submergé par ses affects émotionnels se dissocie ou se tait.

Les troubles psychodramatiques chez l’enfant sont aussi fréquents que l’est la maltraitance infantile. Ils se manifestent plus par des comorbidités et des troubles complexes de la gestion des émotions, comme le « trouble de développement traumatique », que par un classique ESPT.

À long terme, selon la recherche scientifique, les troubles psychodramatiques sont corrélés avec les états limites ou borderlines.

Les conséquences sociales, particulièrement lourdes en termes de conséquences personnelles et sociales, constituent un problème de santé publique largement sous estimé en raison du déni de la maltraitance et de ses conséquences.

Les troubles dissociatifs peuvent devenir un mode de défense habituellement utilisé contre les intrusions psychotraumatiques pour éviter les phénomènes de reviviscence anxieuse : ils sont des états de conscience modifiée se manifestant par des pseudo-absences, des troubles dysmnésiques (trouble de la mémoire, amnésie partielle), des comportements automatiques, des symptômes de dépersonnalisation ou de déréalisation.
Certaines tentatives de suicide, actes d’automutilation, conduites auto-agressives, comportements sexuels à risque, conduites addictives sont destinées à déconnecter le cortex frontal (1) du système émotionnel limbique. Ceci permet de créer un état d’anesthésie émotionnelle procurant un soulagement transitoire, aggravant encore davantage les délabrements narcissiques de l’enfant ou de l’adolescent.

In Violence et famille, ed.Dunod

(1) cortex frontal : regroupe l’ensemble de fonctions motrices, exécutives et cognitives supérieures, telles que la mémoire de travail, le raisonnement, la planification de tâches… Il est de manière générale très sollicité et utilisé pour structurer des processus cognitifs complexes, comme coordonner une série d’actions exécutées en vue d’un objectif.

UN MOIS DE FÉVRIER POUR LES ENFANTS

337231Crédit Photo Lewis Hine

Enfants de parents toxiques, enfants encore dans cette enfance malmenée, maltraitée, ou enfants devenus adultes, chargés d’un poids paralysant, consciemment ou inconsciemment… 

Ces enfants qui connaissent ou ont connu la maltraitance, physique, psychologique, sexuelle, ces enfants qui ont parfois connu une trop grande bienveillance, les protégeant de tout danger, les empêchant de se méfier, les obligeant au don et à la soumission, ces enfants qui sont interdits de devenir adultes, de passer de l’autre côté du miroir et de « comprendre », seront au coeur de la réflexion de CVP au cours du mois de février.

Les articles sur ce blog traiteront sous divers angles de ce sujet douloureux. Ces enfants qui n’osent dire, murés dans le silence que la famille et la société imposent ; ces enfants qui courbent le dos sous le poids des injonctions et des reproches ; ces enfants témoins d’une violence insidieuse ou manifeste ; ces enfants qui mettent encore de la couleur dans leurs dessins… mais quels dessins ? Ces enfants qui rêvent encore, sans pouvoir dire leurs rêves, et qui un jour n’en ont plus. Ces enfants objets du conflit de loyauté, obligés à détester un parent. Ces enfants à qui ont fait taire la vérité.

Ces enfants aussi qui grandissent, qui osent dire, qui osent résister, qui osent s’opposer. Ceux qui pardonnent et ceux qui ne le peuvent pas. Ceux qui oublient et ceux qui n’oublieront jamais. Ceux qui reproduisent, et ceux qui créent.
Ces enfants qui guérissent de leur enfance (1), ou qui la soignent ; ces enfants résilients qui transcendent leur souffrance (2). Ces enfants, toujours, dont la mémoire s’est effacée (amnésie post traumatique), et qui la remettent en lumière.

Ces enfants qui, tous, cherchent la même chose : vivre.

Le 21 février, le groupe de parole CVP aura pour sujet principal les enfants : Parents toxiques – Enfants maltraités, déni parental et conflit de loyauté.

Le 25 février, l’atelier portera sur la relation Parents – Enfants face à la manipulation et au conflit de loyauté : (Ré)Apprendre à communiquer avec ses enfants.

(Plus d’informations pour les groupes de parole et les ateliers : associationcvp@gmail.com)

J’interviendrai également sur Radio Fréquence Evasion avec pour thème de cette intervention les Parents toxiques.

Ci-dessous, une liste bien loin d’être exhaustive de quelques ouvrages abordant ce thème :

C’est pour ton bien, Alice Miller, ed. Aubier – Les racines de la violence dans l’éducation de l’enfant – « L’opinion publique est loin d’avoir pris conscience que ce qui arrivait à l’enfant dans les premières années de sa vie se répercutait inévitablement sur l’ensemble de la société… »

Le livre noir des violences sexuelles, Muriel Salmona, ed. Dunod

– Enfants de manipulateurs, Christel Petitcollin, ed. Guy Trédaniel – « le parent manipulateur est un usurpateur. Il ne développera jamais les compétences parentales indispensables pour que l’enfant se construise »

Et quelques fictions :

Jeremy est maltraité, coll. Ainsi va la vie (pour expliquer la maltraitance aux enfants)

Le petit vélo blanc, Cécile B., ed. Calmant-Lévy – « …personne n’a décrypté les dessins que Cécile a fait à l’école quelques mois plus tard, ces dessins qui criaient  » o scour… »

Ne dis rien à personne, suivi de Ils ont laissé papa revenir, Toni Maguire, ed. Le livre de poche

Au pays des kangourous, Gilles Paris, ed. Don Quichotte

Je t’appelais Maman chérie, Anne-Laure Buffet, ebook

Anne-Laure Buffet
associationcvp@gmail.com

(1) Guérir de son enfance, Jacques Lecomte, ed.Odile Jacob
(2) Les vilains petits canards, Boris Cyrulnik, ed. Odile Jacob

VIOLENCE ET SECRETS DE FAMILLE : UN RÉCIT ACTUEL

Les secrets de famille ressemblent à un jeu dont le sens est absent. Une pièce importante manque dans un puzzle, qui ne peut être valablement reconstitué sans elle. Ce lien absent est difficile à retrouver, car sa redécouverte activerait la désillusion, l’angoisse ou provoquerait une dépression. Il  se peut aussi que l’entourage ait si bien caché la vérité que c’est le hasard qui apporte l’information décisive qui donnera un sens à l’ensemble de l’histoire.

Cette situation correspond souvent à des scénarios dans lesquels une famille, ou un groupe, a falsifié un évènement qui demeure d’autant plus actif qu’il reste caché. Ce peut être une adoption, un enfant adultérin, un suicide masqué en accident ou transformée en mort naturelle, un crime, une faillite ou des violences sexuelles oubliées, niées ou jamais dites.

Il est plus facile au thérapeute qui analyse à froid le scénario d’imaginer qu’une vérité masquée fait fonctionner l’histoire tout comme au cinéma. Toutefois, c’est la mémoire, ou le travail du patient sur son histoire, ou l’affrontement d’une vérité désagréable qui apportera la clé de l’énigme. Il faut parfois plusieurs thérapies pour retrouver le maillon manquant de l’histoire.

 

Jean Cottraux, la Répétition des scénarios de vie, ed. Odile Jacob

PARTICIPER À UN GROUPE DE PAROLE

GROUPE DE PAROLE

Les groupes de parole sont des moment intenses, privilégiés, et avant tout, qui appartiennent à ceux qui y participent.

Ils ne sont pas réservés exclusivement aux victimes, ni aux femmes… La violence psychologique peut être vécue en témoin ; la violence psychologique peut être le fait d’une femme. D’un parent. D’un enfant. D’un proche.

Ils ne remplacent pas un accompagnement individuel, ils participent d’une autre démarche : venir échanger, partager sur un thème bien précis, être à la rencontre d’autres personnes ayant vécu une expérience, une histoire similaire. Ils permettent de sortir de l’isolement, du silence, ils activent la prise de conscience.

La prise de conscience peut être déclenchée par la parole d’un ou d’une autre participant(e). Des moments très forts en émotions et en compréhension sont vécus, et exprimés dans le silence ou par la parole, entre larmes et sourires. Il n’y a jamais obligation de parler ; la seule demande est de respecter la parole de l’autre et son ressenti. Pas de jugements mais des interrogations permettant de mettre en lumière des zones d’incompréhension. Chacun(e) y vient à son rythme, en fonction de ses possibilités. Enfin, la confidentialité est un élément clé de ces groupes. Ce qui se dit appartient au groupe et ne doit pas en sortir.

Au-delà de ces groupes, des liens se tissent. Venir en anonyme, puis reprendre sa route un peu moins seul(e), fait aussi partie de la démarche accompagnant la prise de conscience.

« … je suis en échange avec xxx  et yyy….
J’ai aussi reçu un mail très chouette de zzz
Merci pour votre énergie »

« Je n’ose pas encore participer, mais les groupes de parole me sont utiles. J’y apprends beaucoup et comprends mieux son comportement et le mien… »

« Ainsi, je ne suis pas seul… »

Les groupes de parole CVP ont lieu à Boulogne Billancourt, et à Reims. CVP souhaite en organiser dans d’autres villes en 2014 afin d’élargir la possibilité de « parler » aux victimes désireuses d’être entendues. Ils sont animés par une professionnelle de l’accompagnement, ainsi que par d’autres professionnels (avocats, juristes, psychologues, psychométricienne…) selon les groupes.

Leur fonctionnement est permis par les adhésions et les cotisations reçues par CVP. Merci à vous de nous soutenir afin de pouvoir continuer à assurer le bon fonctionnement de ces groupes.

Le programme des groupes de parole se retrouve sur le blog. Vous pouvez aussi nous le demander à : associationcvp@gmail.com

VERS UNE MEILLEURE APPLICATION DE LA LOI ?

Violences contre les femmes: « Il ne faut pas attendre que la victime se suicide »

Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, appelle dans un documentaire à une application plus systématique de la loi qui punit le harcèlement dans le couple. Un pas de plus dans la dénonciation des pervers narcissiques. 

Najat Vaullaud-Belkacem ouvre même la voie à une future révision de la loi, comme cela s’est produit pour le harcèlement sexuel. « Aujourd’hui, les textes sont peut-être insuffisamment précis et il faudra peut-être revenir sur ce sujet », affirme-t-elle. Selon nos informations, rien n’est prévu cependant sur ce thème dans la loi cadre destinée à mieux protéger les femmes de leurs conjoints violents qui devrait être présentée en conseil des ministres d’ici la fin du mois de mai.

 

 

VOIR L’ARTICLE COMPLET DE L’EXPRESS