LE SYNDROME DE PETER PAN

« Je ne veux pas devenir un homme … jamais, dit-il avec passion. Je veux rester pour toujours un petit garçon et m’amuser. Alors, je me suis sauvé à Kensington Gardens et j’ai vécu longtemps avec les fées. »

Peter Pan – James Matthew Barrie

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Peter Pan. Un conte soi-disant destinés aux enfants, mais pas qu’aux enfants. Un conte dont Walt Disney s’est emparé, pour le vider en partie de sa substance. La mort, bien présente dans le récit de J.M. Barrie, n’apparaît que peu. Comme celle que Peter Pan donne aux enfants perdus lorsqu’ils décident de grandir ; celle de Crochet et du crocodile dont l’apparition est plus grotesque qu’effrayante ; celle de la jeunesse qui est vouée, en principe, non à disparaître mais à construire une personnalité.

Peter s’obstine à rester un enfant pour toujours afin d’échapper aux devoirs et obligations du vieillissement. Il se mure alors dans un monde imaginaire qui est la représentation du monde de l’enfance.

La psychanalyste Kathleen Kelley-Laîné (1) éclaire l’histoire de J.M. Barrie sous l’angle de l’absence d’une mère endeuillée et donne à Peter le visage d’un enfant perdu c’est à dire abandonné ou mort, dans tous les cas, maltraité par des parents négligents.

Peter Pan souffrirait dès lors de « confusions handicapantes » dont l’une d’elles serait le fait que Peter agit tel un adolescent et se dit être « un garçon qui refuse de grandir ».

Régis Loisel (2), décèle la cruauté d’un monde enfantin car il n’y a pas de concept du Bien ou du Mal. Il n’y a pas de culpabilité, ni d’embarrassants souvenirs et encore moins de compassion et reconnaissance. Ce monde est « juste une société enfantine qui instaure des lois sans principe. Ici nous pouvons voir les dédales des passages sombres de l’enfance. Donc Régis Loisel nous dévoile les restrictions de ce monde enfantin par leurs sentiments égocentriques. Pour autant, cette bande-dessinée ne peut être considérée comme un préquelle du Peter Pan de J.M. Barrie.

Le terme « handicapant » est bien loin d’être exagéré. Peter Pan souffre de handicaps. Cet enfermement dans le monde de l’enfance lui permet ainsi d’éviter toutes les responsabilités inhérentes au monde de l’adulte.

Par analogie, le syndrome de Peter Pan désigne les enfants angoissés par l’idée de grandir et surtout les adultes qui ne se sentent pas à l’aise dans le monde des adultes. Il a été défini pour la première fois en 1983 par le psychanalyste Dan Kiley (3). Bien loin d’une psycho-pathologie ou d’une maladie, le syndrome de Peter Pan est une tendance de certains individus, « hommes de par leur âge, et enfants par leurs actes ».

Un enfant dans un corps d’adulte, voilà qui pourrait résumer le syndrome de Peter Pan. Autrement dit: la personne, de sexe masculin, passe directement de l’enfance à l’âge adulte, sans franchir les étapes qui jalonnent l’adolescence et permettent d’acquérir la maturité.

Il s’agit d’un ensemble de symptômes, plus ou moins intenses. Le plus souvent, le syndrome de Peter Pan se dévoile au début de l’âge adulte, quand l’individu est confronté à ses premières responsabilités. Les « Peter Pan » sont souvent décrits comme immatures, égocentriques et parfois manipulateurs. Ils sont toujours dans le déni, et rejettent avec virulence toute forme de critique. En listant rapidement ces symptômes au nombre de 7, on trouve :

  • L’incapacité d’exprimer les émotions telles qu’elles sont ressenties, car les «Peter Pan» ne savent pas ce qu’ils ressentent.
  • La procrastination, qui consiste à remettre au plus tard possible les tâches à accomplir.
  • La difficulté à se faire de vrais amis, malgré le grand désir d’appartenir à un groupe et l’angoisse de la solitude.
  • Le recours aux faux-fuyants pour ne pas avoir à admettre sa responsabilité («ce n’est pas ma faute!»). Ce comportement peut aboutir à la consommation de drogues pour tenter de faire disparaître les problèmes.
  • Un sentiment de colère et de culpabilité envers la mère. La personne «atteinte» du syndrome de Peter Pan voudrait se libérer de l’influence de celle-ci, mais culpabilise en le faisant. Les plus jeunes essaient d’apitoyer leur mère pour obtenir de l’argent.
  • Un désir d’être proche du père tout en ayant le sentiment que ce père ne pourra jamais offrir son approbation. Lorsqu’ils sont plus âgés, de 30 à 40 ans, les «Peter Pan» admirent leur père et n’admettent pas qu’il commette des fautes ou ait des limites.
  • De fréquents problèmes avec les femmes. Le «Peter Pan» peut cacher sa peur d’être rejeté et sa sensibilité derrière un masque cruel. Il ne supporte pas les femmes indépendantes, il a besoin de pouvoir protéger une femme dépendante. L’impuissance sociale se retrouve sur le plan sexuel.

Mais attention : un Peter Pan réunit plus ou moins ces symptômes, ou ne les laisse apparaître qu’en cas de nécessité. Par exemple, son rapport aux femmes et sa sexualité varient selon ses attentes, ses besoins, et même le moment. Sexualité et tendresse peuvent se confondre et il va donner dans une relation sexuelle presque mécanique, libératrice pour lui, ce qu’il ne peut donner autrement. Et si le risque de perdre une femme-mère se présente, il reprendra avec celle-ci un rôle séducteur, tout en cherchant ailleurs à conforter son image virile et puissante.

Confusions, mauvaise répartition des rôles, déni, cruauté vis-vis de ceux qui ne veulent plus être enfant, narcissisme et égoïsme, possessivité exagérée de ceux qui l’entourent, l’aiment, ou le protègent, exigences insatisfaites et permanentes. Moqueur, ironique, tout à tour joyeux ou méchant, il se moque de ce qui ne le concerne pas directement, rejette la responsabilité sur les autres, se précipite en sauveur tout en exigeant une reconnaissance et une soumission totales. À la fin de l’histoire, il finit par oublier ses anciens amis (et ennemis), et les anciennes aventures qu’il a vécues sont perpétuellement remplacées par de nouvelles. Tout, à part lui, est interchangeable ; il va chercher les enfants génération après génération et oublie à chaque fois les précédents. « Ainsi, les enfants, dès qu’une nouveauté les sollicite, sont-ils toujours prêts à abandonner aussitôt ceux qu’ils aiment le plus. »

Bien qu’ils soient prompts à blâmer les autres, il demeure extrêmement sensible au rejet. Reprocher ? Oui. Subir le reproche ? Non. Il a toujours une bonne excuse, une bonne raison. Et la tête penchée, œil de cocker en coin, il interdit toute contre argumentation le temps d’expliquer pourquoi il fut si cruel. Pause. Rémission. Et il recommence.

De fait il va avoir tendance à pousser les limites au-delà du raisonnable afin de « tester » cet amour. Ce besoin est tel qu’il ressent beaucoup de vide sauf quand il est entouré et au centre de l’attention.

Il pense que l’amour d’une compagne doit être comme un amour maternel inconditionnel et positif. C’est une pensée inconsciente et dont il se cache. Peter Pan mais dans un corps d’adulte, il retient les codes nécessaires et utiles qui trompent le monde, son monde, et lui avant tout. Mais livré à lui-même, il oublie tout, et les codes en premier lieu. S’il vous plait, merci ? Du superfétatoire sous-entendu et qui ne mérite pas d’être dit, puisque forcément son interlocuteur doit savoir qu’il le pense. En revanche, flatterie, amabilité, sourire et plaisanterie font de lui un homme à l’apparence sociable et conviviale. Plus les années passent et plus la culpabilité est grandissante, celle de n’avoir « rien fait » de sa vie pendant de nombreuses années, celle de dépendre des autres, d’une autre, généralement une femme, la Wendy du conte qui se voit alors attribuée un rôle de mère. Rôle qu’elle supportera à son corps défendant, ou non. Il y a alors interaction de deux personnalités.

Cette solitude et cette souffrance peuvent conduire à une dépendance alcoolique ou toxicologique. Il y a toujours une quête d’un absolu que lui seul peut déterminer, et qui varie selon les époques, les périodes, les nécessités. Il peut aller jusqu’à l’abandon total de toute responsabilité, s’en remettant complètement à cette Wendy qui lui tient lieu de mère. Comme un enfant de 4 ans, il se mettra dans des colères insupportables lorsqu’il n’obtiendra pas satisfaction, mais sa peur du rejet le conduira à se montrer, par la suite, doublement gentil – comme l’enfant de 4 ans, toujours, qui après avoir dit à sa mère « je ne t’aime plus » va lui dessiner un joli paysage et un cœur en espérant recevoir un baiser. « D’après l’opinion générale, Peter se conduisait pour l’instant d’une façon correcte uniquement pour endormir les soupçons de Wendy, mais on sentait qu’il ne tarderait pas à changer d’attitude, dès que serait prêt le nouveau costume que la fillette lui taillait contre son gré dans les plus méchants habits de Crochet. »

Il est très difficile de guérir du syndrome de Peter Pan, car il s’agit d’un cercle vicieux. « Bas les pattes, madame! Personne ne va m’attraper et faire de moi un adulte. » L’incompréhension du monde des adultes pousse la personne à s’isoler dans un monde d’abstraction, ce qui renforce encore le décalage et fait monter l’angoisse. Les personnes atteintes sont tellement dans le déni de leur problème qu’elles ne voient pas la nécessité de se prendre en charge. Seule la souffrance va pousser le malade à faire un travail sur lui-même, volontairement. Un travail long et difficile dans tous les cas, mais qui en vaut largement la peine

Face au syndrome de Peter Pan, Dan Kiley, suivi par le psychologue Jaime Lira, développe le syndrome de Wendy.

Le syndrome de Wendy se manifeste par une nécessité absolue de satisfaire les autres, et plus particulièrement en couple. La femme qui connaitra ce syndrome va surinvestir son rôle. Plus maternante que femme, elle sera séduite par le côté joueur, innocent, léger, de son compagnon, et prendra à sa charge toutes les responsabilités. Lorsqu’il faudra le confronter à la réalité, elle se heurtera à un mur, et continuera ce qu’elle faisait auparavant, cherchant à dédouaner son compagnon ou espérant un « mieux », toujours promis. « C’est la coutume, le soir, chez toutes les bonnes mères, une fois leurs petits endormis, d’aller fureter dans leurs esprits et d’y faire du rangement pour le lendemain matin, remettant à leurs places respectives les innombrables choses et notions qui se sont égaillées, égarées durant la journée. Si vous pouviez rester éveillés (ce qui, bien sûr, est impossible), vous surprendriez votre propre mère se livrant à cette activité et vous l’observeriez avec le plus vif intérêt. C’est un peu comme mettre de l’ordre dans un tiroir. Vous la verriez à genoux, je suppose, pensée, souriante, sur tout ce que vous recelez, se demandant où diable vous avez pris cette idée, allant de surprise en surprise — pas toujours agréable — pressant ceci contre sa joue qui lui paraît aussi doux qu’un chaton, rejetant en hâte cela hors de ça vue.

Quand vous vous réveillez le matin, le mal et les passions mauvaises avec lesquels vous vous êtes endormis au lit ont été pliés avec soin et relégués au fond de votre esprits ; et par dessus, bien aérées, sont étalées vos plus jolies pensées, prêtes à vous servir. »

Les comparaisons ou analogies au syndrome de Wendy seraient le parent qui a fait le travail de l’enfant, accompagne dans tous les projets, a pour objectifs de faciliter toujours la vie. Ou un membre d’un couple qui assume ou se voit contraint d’assumer sans s’opposer toutes les fonctions et décisions. La personne, en raison de sa crainte de rejet ou d’abandon, cherche trop à satisfaire.

Dans le conte Peter Pan, il ne faut pas oublier le rôle de la fée Clochette. « Clochette n’était pas totalement mauvaise ou, plutôt, elle était totalement mauvaise à ce moment-là tandis qu’à d’autres, elle était entièrement bonne. Les fées doivent être une chose ou l’autre: elles sont si petites qu’elles ne peuvent malheureusement héberger qu’un sentiment à la fois. »

Fée que Peter Pan recherche, dont il a besoin même à son corps défendant, qui lui permet de chasser ses angoisses et ses peurs. Elle est à la fois son tuteur, son ange gardien, et son contrôle. Et d’ailleurs, elle n’hésite pas à se fâcher (ce que Walt Disney transforme en bouderies), à s’éloigner pendant un temps, à le quitter. Peter Pan ne le supporte pas, il se désespère, ressent le rejet, se met en colère. Et lui fait payer. Très cher. Ce qui l’arrête ? Si Clochette plie. Sinon, il fuit, drapé dans sa superbe enfantine.

L’accumulation et la tentation modernes de « créer » des syndromes n’a pas épargné Clochette. La psychanalyste Sylvie Tenenbaum dans « Le syndrome de la fée Clochette » décrit ce syndrome et les femmes qui en seraient atteintes ou porteuses. « Clochette » est brillante, travailleuse, perfectionniste, enjôleuse, romantique parfois. Mais cette séductrice, experte en manipulation, n’est jamais satisfaite de ses conquêtes. En réalité, à force d’exigences forcément déçues, elle est tout le temps en proie à une colère intérieure qu’elle doit s’employer à cacher. Elle sait si bien « jeter de la poudre » aux yeux. C’est une fée, ne l’oublions pas !

Ainsi, nous nous retrouvons avec un adulte-enfant-tyran, une femme-mère-dépendante et une autre autoritaire-manipulatrice-possessive. Terrible trio, ou double duo, toujours dévastateur. Je ne positionne pas ainsi Clochette, dans cet article. Clochette assume le rôle de mère. Elle surveille, protège, met en garde, contrôle, punit. Elle n’est pas la maman que Wendy doit être. Selon Kathleen Kelley-Laîné : « Comme toutes les autres fées, Clochette symbolise la mère morte, celle qui ne vous quitte jamais car elle est toujours auprès de vous par son esprit. C’est ce qu’on dit. Clochette est ainsi : elle est l’ange gardien de Peter ; c’est elle qui trouve son ombre, et dans votre histoire, elle le découvre et le ramène sur l’île du Jamais-Jamais. D’une certaine manière, c’est elle qui met au monde Peter Pan. Elle est jalouse des autres femmes qui s’approchent de son Peter, comme le font les mères…« 

Elle a donc bien le rôle de mère – à la nuance près que dans le conte, elle ne veut pas voir son enfant, Peter Pan, s’envoler.
Mais dans la vie ? Dans la vie, elle sera celle qui succombera – elle aussi – au charme de Peter Pan. Tout en sentant qu’elle peut imposer une forme d’autorité bienveillante. Reste à savoir ce que son Peter Pan décidera. Grandir – souffrir pour grandir et renoncer à son pays imaginaire. Ou la rejeter, et conserver ce qu’il connaît le mieux : l’immaturité souvent cruelle.

©Anne-Laure Buffet

  • Peter Pan ou l’enfant triste – K. Kelley-Laine, Calmann-Levy
  • Peter Pan, bande dessinée, 6 volumes, Vents d’Ouest – Régis Loisel
  • «Le syndrome de Peter Pan – Ces hommes qui ont refusé de grandir» ; Dan Killey – Odile Jacob
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PERVERS NARCISSIQUE : UN MYTHE À DÉCONSTRUIRE PRUDEMMENT

Non, on ne peut pas tout dire.

Surtout, on ne peut pas le dire n’importe comment.

Et sans doute vais-je encore me fâcher avec certain(e)s. Mais la question n’est pas de savoir à combien on plait, ni même de plaire. La question est de dire réellement ce qui doit être dit.

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Hier, je vois passer cet article : « Pour en finir avec le “mythe“ du pervers narcissique. » Voilà un titre qui me plaît. Car en effet, autour de cette notion de pervers narcissique aujourd’hui diffusée très largement se retrouvent des confusions, des amalgames, des abus de langage et de compréhension très dangereux. Le danger est pour les personnes victimes des comportements déviants et mortifères de ces pervers narcissiques. A trop user du terme, on ne sait plus qui est qui. Et il existerait aujourd’hui presqu’autant de pervers narcissiques que de tristes sires ou de capricieuses tendance méchantes.

Le « pervers narcissique » est partout. Il fait la Une des hebdomadaires, remplit les reportages télé de seconde partie de soirée, investit des blogs, des forums, les réseaux sociaux. Unetelle sait qu’elle a un « PN » dans sa vie parce qu’il n’est vraiment pas gentil son compagnon. Une autre redoute d’en avoir rencontré un parce que pour le moment, Monsieur se montre très aimable, ce qui laisse à penser qu’un jour il ne le sera plus. Une troisième est formelle : depuis quelques semaines, Monsieur rentre plus tard du travail, a critiqué deux fois son dîner, s’est énervé et a fait une remarque désobligeante, a ignoré sa nouvelle coupe de cheveux. Il s’est dévoilé : c’est un pervers narcissique ! Mais grâce à ses lectures, elle est informée. Effrayée également, et elle court derrière les conseils pour savoir tout ce qu’elle ne doit plus ni dire ni faire ni penser de peur de se mettre en danger.

Mais elles ont un pervers narcissique dans leur vie, c’est une évidence. Et parfois, il est terrible de voir apparaître en filigrane une étrange fierté à avoir, elles aussi, un monstre quotidien.

Aussi, pour en revenir à cet article, j’étais assez heureuse de lire que d’autres comme moi pensent qu’il faut cesser de voir et mettre du PN partout. Car, c’est vrai, on lit ou entend de plus en plus : « mon PN », « c’est un PN », « PN a fait… ». Avec un risque énorme et qui ne devrait pas passer inaperçu : même si la perversion narcissique n’est pas reconnue comme une maladie ou un trouble mental au sens du DSM, il n’en demeure pas moins que c’est une forme de diagnostic, qui pourrait s’apparenter si le terme est mal ou faussement utilisé à de l’injure ou de la calomnie.

Et je pensais lire qu’il est préférable de s’intéresser aux personnes qui se montrent en souffrance.

Mais ce ne fut pas le cas.

Alors, et au risque de me fâcher avec l’auteur de l’article, je souhaite rappeler certains points.

D’une part ce qui amène à dire que « c’est un PN » est un ensemble de comportements récurrents qui suivent un schéma et un processus bien défini et qui ont pour intention de chosifier la personne qui en devient victime. Ces comportements relèvent du harcèlement, du dénigrement, du mépris, de la manipulation mentale, de l’abus de langage, de l’irrespect, tout autant que de la séduction et de l’amabilité. Ils alternent sans cesse et sans raison, sont toujours en décalage avec les faits, induisant le trouble et la confusion. Ils s’installent dans le temps, laissant la victime de plus en plus inerte. Ils se nourrissent de paradoxes, et émanent d’une personnalité qui utilise un ensemble complet d’artifices et de masques. Caméléon, acteur, vampire, séducteur, Dr Jekyll et Mr Hyde, imperturbable, simulant parfaitement toutes les émotions, sauf une : la colère, qui explose dès que sa soif de pouvoir n’est plus satisfaite. En quête perpétuelle de puissance qu’il ne peut jamais combler, le pervers narcissique manie la violence psychologique avec un talent à nul autre pareil. Peu à peu sa victime est dépossédée de tout, intellectuellement, affectivement, psychiquement, sexuellement, économiquement. Elle n’est plus maître de rien, ne décide plus rien, ne sait plus rien. Elle se retrouve dans une totale dépendance, une complète soumission, et l’on parle alors d’emprise.

D’autre part, et contrairement à ce que l’article laisse supposer, le pervers narcissique n’est pas forcément un homme. Il peut également être une femme. Ce n’est pas le sexe qui fait le monstre, ce sont ses comportements. N’en déplaise à certains qui il y a peu encore ont jugé bon de m’attaquer en disant que mes propos nuisent aux femmes et au combat féministe, je profite de cet article pour dire et affirmer une fois de plus que la perversion narcissique peut être le fait d’une femme. Et ceux à qui cela déplaît peuvent encore m’attaquer, ça m’est bien égal. Je persiste et signe.

Aussi, écrire un article permettant de croire, puisqu’il est adressé à des femmes, que seuls les hommes – certains hommes – pourraient être « PN », est une erreur, ou pour le moins contient une terrible omission.

De plus, il y a dans cet article un passage qui me déplaît: « aujourd’hui nous voulons vibrer, nous voulons du bad boy, nous voulons un mec tatoué, nous voulons un mec qui a du caractère, qui nous met la fessée lors de nos ébats. Mais en même temps, nous voulons qu’il nous comprenne, qu’il obéisse à nos moindres caprices, qu’il nous offre des fleurs, qu’il s’engage. » Je ne le crois pas, et surtout je ne crois pas aux généralités, de toute sorte. Je trouve ces termes exagérés, disproportionnés, et hors contexte. Bref, je les trouve inappropriés s’il s’agit de mettre à mal ce mythe du pervers narcissique.

Parce que, et ainsi que, cette fois avec raison, l’auteur le dit plus loin dans l’article : « Un pn vous détruit, vous isole, vous réduit au néant. Vous devenez une entité, une morte vivante, l’ombre de vous même. Il vous vide de toutes substances. Un pervers narcissique n’est autre qu’un sociopathe, ah là ça fait un peu plus peur non ? Mais vivre avec un pn n’a rien d’amusant ni de divertissant. » Même si je ne suis pas d’accord avec certains mots ou formules, il n’en est pas moins certain que vivre avec un individu aux comportements pervers narcissiques est mortel, psychiquement, parfois physiquement. Une personne qui en est victime n’a plus l’envie et l’énergie pour en parler, tout simplement parce qu’elle n’en a pas conscience et n’a pas le droit ni la possibilité d’en avoir conscience.

Il faut cependant reconnaître une chose : les réseaux sociaux sont utiles et mal utilisés. Utiles, car ils peuvent être la première étape pour sortir de l’isolement. Aussi écrire qu’une victime se retrouve incapable de parler, ou de lire quoi que ce soit, est faux. C’est aujourd’hui souvent le premier pas vers une forme de libération, de prise de conscience. Sur un forum, sur un groupe, elle va trouver un mot, une aide, une écoute, ce qu’elle a complètement perdu. Elle va s’y accrocher comme un noyé à sa bouée et va chercher un peu plus. Elle va hésiter, va avoir peur d’être découverte par son agresseur, va faire un pas en arrière, couper le contact, puis le reprendre. Et les réseaux sociaux et toute la médiatisation autour de la perversion narcissique ont eu cela de bon qu’ils ont permis à beaucoup de comprendre, de faire des démarches et de s’en sortir.

Mal utilisés, parce qu’ils manquent souvent de modérateur, laissant effectivement la porte ouverte aux abus, aux mauvaises interprétations, aux conclusions trop rapides.

S’y retrouvent alors des personnes victimes de la violence psychologique exercée par un-e manipulateur-trice pervers-e narcissique et d’autres qui partagent leur vie avec un-e individu au caractère fort, désagréable, difficile et auquel ils ne savent pas s’opposer, par manque de confiance en eux. Les uns et les autres sont invités à résister, à se battre, à aller en justice, à protéger les enfants, à porter plainte, à agir. Les premiers à le faire sont les moins en souffrance. Les autres, mis à terre par cette violence psychologique récurrente, ont besoin de temps. Un temps qui dure parfois des années. Ils ont besoin d’une réelle écoute et d’un réel soutien, et Internet est alors insuffisant. Ils ont besoin d’un accompagnement complet et d’une présence empathique. Ils ont besoin d’interlocuteurs parfaitement informés et formés, car c’est à tous niveaux qu’ils devront être aidés et entendus.

Oui, c’est une évidence et c’est indispensable de le rappeler, le terme trop vulgarisé de pervers narcissique, dit « PN », mérite un certain nombre de rappels. Après la mode, car il s’agissait bien de mode, des bipolaires qui foisonnaient autant que les cailloux du chemin, après celle des enfants hyperactifs ou précoces qui remplissaient les salles de classe et les cours de récré (nourrissant souvent l’ego de leurs parents sans le savoir), on en est à celle du pervers narcissique. Et vouloir arrêter cette mode pour prendre réellement en considération la perversion narcissique et également pour la laisser à ce qu’elle doit être est indispensable.

Mais il faut le faire avec je crois plus de distance qu’il n’y en a dans cet article. Ainsi, écrire ou laisser entendre que certaines « fanfaronnent » parce qu’elles pensent vivre avec un PN, et le disent, est un jugement hors de propos. Si elles le font, c’est sans doute parce qu’elles souffrent de quelque chose – quoi, je n’en sais rien. Mais elles sont en difficulté, et il faut entendre cette difficulté. Et cette phrase me frappe, dans l’article : (vous) « chouinez comme une enfant à qui son jouet ne répond plus ! ». Car c’est alors faire des femmes qui disent être avec un pervers narcissique ce qu’exactement elles reprochent à l’autre ; c’est leur attribuer un comportement infantile et culpabilisant pour celui qui l’observe. Et c’est entre autres ce comportement qui constitue la personnalité perverse narcissique : la capacité à « chouiner », à avoir des larmes de crocodiles, à culpabiliser l’autre tout en en faisant un objet.

Aussi, j’étais contente de voir que le pervers narcissique, ou plus exactement l’utilisation abusive du terme, à ses détracteurs et ses opposants. Je regrette la fausse légèreté du ton et le manque d’informations. Je comprends la colère de l’auteur qui, elle-même victime, veut remettre certaines choses à leur juste place et ne plus lire de débordements. Mais son propos gagnerait en justesse s’il se départissait de cette colère.

Comme elle, je peux dire : « Non, mesdames, vous n’êtes pas toutes victimes d’un « PN » parce que les journaux féminins en remplissent leurs pages. » Mais j’ajouterai : « Oui, messieurs, vous pouvez être concernés et vous avez le droit de le dire. Et oui, mesdames, et messieurs, si ces articles vous intriguent, s’ils font naître un doute, s’ils génèrent un malaise, alors allez plus loin dans vos recherches, informez-vous au-delà de vos lectures. Car vos doutes doivent être dissipés, quelle qu’en soit la raison. »

©Anne-Laure Buffet
annelaurebuffet@gmail.com

AUX AVOCATS, AU SERMENT, À L’ENGAGEMENT

labalancedelajustice

Il y a un an j’écrivais sur ce blog ce texte : Mesdames et messieurs les avocats.
Je l’écrivais pour tenter de dire à ces représentants et défenseurs de la Loi, de la Justice et de ce que certains appellent encore la Morale que la défense d’une victime de violence psychologique équivaut à une guerre, un combat à mort, auquel il faut être prêt. Que ce combat se fera entre mensonges, diffamations, manipulations, faux pleurs, vraies calomnies, au profit d’une seule personne : la personnalité toxique. (Mais, je m’interroge : peut-on qualifier de « personne » un être toxique ?).
C’est un combat dont on connaît le commencement, jamais la durée, jamais l’issue. Il demande d’être aussi patient que stratège, aussi précis que technique. Rien, aucune parcelle de la vie de votre client(e) ne doit vous échapper. Et il ne s’agit pas d’inquisition.
Il s’agit de remplir pleinement votre serment, celui de défendre la personne qui vous amène son dossier.

Qui est cette personne ? Qui est cette victime de violence psychologique ? Que demande t’elle, qu’attend t’elle de vous ? Elle pousse la porte de votre bureau, et se sent déjà coupable. Vos codes de droit civil ou de droit pénal l’effraient. Elle se croit condamnée, là où elle a déjà été accusée par son bourreau. Elle se croit incapable de dire son dossier, son affaire, sa situation. Elle pense qu’elle ne sera pas entendue. Et le plus souvent, malheureusement, elle ne l’est pas. Elle espère que vous aurez les mots, les gestes et les regards qui vont la rassurer, elle, qui vont lui donner un peu de force, mais surtout, qui feront cesser toutes ces violences et qui vont permettre de faire entendre à la Cour son histoire, sa souffrance, et défendre ses droits.
Cette victime, elle a si peur, si honte, qu’elle ne sait pas quoi dire, elle ne sait jamais commencer son histoire.

Face à elle, assis(e) à son bureau, vous. Vous , le « Maître » que la profession vous attribue lorsque vous passez le barreau, la respectabilité, la notoriété parfois, l’image du savoir, éventuellement du pouvoir. Et déjà, voilà la victime à nouveau en posture de soumission. Car vous savez, pas elle.

Mais que savez-vous ? Ce qui est inscrit dans les codes, qu’elle ignore, que le plus souvent elle ne comprend pas. Et que vous ne lui expliquez pas – pour quelle raison ? Est-ce si difficile de dire ses droits à son client ? Est-ce pour vous une perte de temps, ou à distinguer de votre engagement ?
Que savez-vous encore ? Les règles de procédure ? Mais comment la victime peut-elle les connaître ? Comment peut-elle savoir ce qu’attend le civil, le pénal, et le temps exigé, et les contraintes, et la notion de plainte, de requête, ce qu’elles impliquent, ce qu’elles exigent des plaignants ? Comment peut-elle comprendre le principe même de juridiction s’il ne lui est expliqué ? Est-ce à cette victime, désespérée, effrayée, de continuer de chercher, d’essayer de comprendre, de vous orienter, pour pouvoir être correctement défendue ? Ne pourriez-vous pas prendre le temps d’expliquer ce fameux temps de la justice, bien loin du temps des hommes, temps dans lequel se diluent les espoirs et les dernières énergies de femmes et d’hommes déjà étranglés par leur quotidien ?

Oui, que savez-vous d’elles, de ces victimes au passé chargé de soumission et d’emprise ? Comment pensez-vous les défendre, si ce n’est en vous investissant vous aussi sur leurs dossiers, à leurs côtés ? En remontant chronologiquement le temps, l’histoire, les  faits, pour décortiquer et mettre en lumière cette emprise ? Avez-vous si peur de vous engager ? Etes-vous si pressés ? Pensez-vous que le silence est un atout, un gage de crédibilité ? Pensez-vous perdre du temps à préparer la défense ? Pensez-vous que votre considération est suffisante ? Pensez-vous même réellement les considérer ? Comprenez-vous pleinement ce dont elles souffrent ?
Savez-vous qu’à défaut d’être psychologues, il vous faudra faire preuve de psychologie, d’empathie, de compassion ?
Comprenez-vous les conséquences matérielles, financières, pour vos client(e)s, lorsque vous assénez des honoraires inexpliqués, aux montants exorbitants, avant même d’avoir commencé à préparer le dossier ?

Que la victime de violence psychologique soit un homme ou une femme, lorsqu’elle pousse la porte de votre cabinet, la tête basse, fatiguée, terrorisée, elle est à bout de forces après avoir résisté pendant des mois, parfois des années. Elle arrive et cherche un peu d’espoir, un peu d’écoute, un peu de réponse. Elle ne veut pas être trompée par un beau discours. Elle veut entendre des vérités. Elle veut savoir qui elle est, et elle veut que ce soit dit, devant un juge, et devant son bourreau. Elle n’a pas besoin d’effets de manches ou de longs discours savants. Elle a besoin que la main protectrice à défaut d’être amie se tende vers elle.
Elle a besoin de savoir que ce qu’elle va dépenser – parfois, souvent même – le peu qu’il lui reste, sera dépensé pour elle, pour SA cause. Elle a besoin d’être impliquée dans la préparation de SON dossier ; elle a besoin de comprendre comment va se dérouler SA procédure ; elle a besoin d’être rassurée, de se dire qu’elle a fait le bon choix, avec vous pour la défendre, et avant tout, en décidant d’agir. Elle ne veut plus être un jouet. Elle ne veut plus être manipulée – même pour son bien. Elle doit être impliquée complètement, pour ne pas avoir le sentiment d’être laissée une fois de plus sur le bord du chemin.
Cette victime entre en guerre et compte sur vous.
Cette victime est terrorisée d’entrer en guerre mais sent qu’elle ne peut pas faire autrement.
Cette victime a besoin de vous.
Pleinement.

C’est un lourd et difficile, lent et sinueux combat que celui d’accompagner et de soutenir une victime de violence psychologique.
Alors, mesdames, messieurs les avocats, personne ne vous blâmera de trouver ce combat inhumain. Et parfois, d’y renoncer avant même de le commencer. Mais ne vous engagez pas légèrement.
Vous ne recevez pas des dossiers.
Vous recevez des humains, des victimes, des blessés, des mutilés de guerre, des accidentés par la vie.
Vous recevez des pères, des mères, qui n’ont plus rien à perdre, qui cherchent à sauver leurs enfants.
Vous recevez des personnes.

Un jour, vous pourriez avoir besoin, vous aussi, d’être défendu(e)s.
Ce jour-là, en poussant la porte d’un confrère, vous ne serez pas avocat. Vous serez victime. A votre tour vous aurez à dire, à raconter, à espérer, à soupirer, à craindre et à prier.

Pour vos client(e)s, mesdames et messieurs les avocats, ne l’oubliez pas… Car si ce n’est toi, c’est donc ton frère qui, un jour, pourrait se retrouver plus bas que terre. Ce jour-là, vous n’attendrez qu’une chose : une juste et pleine défense.

Anne-Laure Buffet
annelaurebuffet@gmail.com

PARTICIPER À UN GROUPE DE PAROLE

GROUPE DE PAROLE

Les groupes de parole sont des moment intenses, privilégiés, et avant tout, qui appartiennent à ceux qui y participent.

Ils ne sont pas réservés exclusivement aux victimes, ni aux femmes… La violence psychologique peut être vécue en témoin ; la violence psychologique peut être le fait d’une femme. D’un parent. D’un enfant. D’un proche.

Ils ne remplacent pas un accompagnement individuel, ils participent d’une autre démarche : venir échanger, partager sur un thème bien précis, être à la rencontre d’autres personnes ayant vécu une expérience, une histoire similaire. Ils permettent de sortir de l’isolement, du silence, ils activent la prise de conscience.

La prise de conscience peut être déclenchée par la parole d’un ou d’une autre participant(e). Des moments très forts en émotions et en compréhension sont vécus, et exprimés dans le silence ou par la parole, entre larmes et sourires. Il n’y a jamais obligation de parler ; la seule demande est de respecter la parole de l’autre et son ressenti. Pas de jugements mais des interrogations permettant de mettre en lumière des zones d’incompréhension. Chacun(e) y vient à son rythme, en fonction de ses possibilités. Enfin, la confidentialité est un élément clé de ces groupes. Ce qui se dit appartient au groupe et ne doit pas en sortir.

Au-delà de ces groupes, des liens se tissent. Venir en anonyme, puis reprendre sa route un peu moins seul(e), fait aussi partie de la démarche accompagnant la prise de conscience.

« … je suis en échange avec xxx  et yyy….
J’ai aussi reçu un mail très chouette de zzz
Merci pour votre énergie »

« Je n’ose pas encore participer, mais les groupes de parole me sont utiles. J’y apprends beaucoup et comprends mieux son comportement et le mien… »

« Ainsi, je ne suis pas seul… »

Les groupes de parole CVP ont lieu à Boulogne Billancourt, et à Reims. CVP souhaite en organiser dans d’autres villes en 2014 afin d’élargir la possibilité de « parler » aux victimes désireuses d’être entendues. Ils sont animés par une professionnelle de l’accompagnement, ainsi que par d’autres professionnels (avocats, juristes, psychologues, psychométricienne…) selon les groupes.

Leur fonctionnement est permis par les adhésions et les cotisations reçues par CVP. Merci à vous de nous soutenir afin de pouvoir continuer à assurer le bon fonctionnement de ces groupes.

Le programme des groupes de parole se retrouve sur le blog. Vous pouvez aussi nous le demander à : associationcvp@gmail.com

PORTE OUVERTE AU HARCÈLEMENT

Lulu : l’application où les filles notent les mecs

 

Cette nouvelle application, pour l’instant indisponible en France, permet aux femmes hétérosexuelles de publier des photos de garçons ainsi que plusieurs caractéristiques en commentaires afin de les faire évaluer par le reste de la communauté, exclusivement féminine. Pour s’assurer que les utilisatrices ne soient bien que des femmes, l’application exige ainsi une identification par son compte Facebook.

LIRE L’ARTICLE ENTIER SUR TOMSGUIDE.FR

On connaît les risques de ces sites proposant aux ados des « formules toutes faites » à partager entre eux, formules comportant des messages injurieux, discriminant, diffamatoires, attaquant tant le physique que le mental de celui ou celle qui les reçoivent.
On en connaît les conséquences : les réseaux sociaux à commencer par Facebook regorgent de pages où la malveillance fait un sombre concours à la méchanceté. Confronté(e) à son écran, le (la) jeune n’a plus de moyens de se défendre. Elle devient cible, proie, victime.
On sait jusqu’où cela mène : dépressions, anxiété, phobies, anorexies, boulimies, troubles du comportements, troubles scolaires, suicides.

Le site ask.fm est particulièrement montré du doigt. (article de DirectMatin du 7 août 2013)

Que penser alors de cette nouvelle application, Lulu, qui n’est pas encore – heureusement ! – arrivée en France (mais pour combien de temps ?) et qui autorise ouvertement la critique. Les femmes l’utilisent pour poster (sous couvert d’anonymat) des photos d’hommes.
Le Journal des femmes, qui, lui entre autres, met en garde contre l’utilisation de cette application, en parle ainsi dans le chapeau de son article : « C’est l’appli du moment qui fait tourner les têtes et crée la polémique. Votre ex embrassait mal mais faisait bien la cuisine ? Vous pouvez lui donner une note et recommander, ou non, le mâle à vos amies… »

Pour une analyse plus complète de cette application, CVP vous invite à lire l’article de David Courbet, paru dans Le plus, le 1er décembre 2013.

Ce qui est évident, c’est que la prolifération de ces sites, applications… n’est ni plus ni moins qu’une incitation au harcèlement, au voyeurisme, à la dénonciation, à la mise à mal de tout respect de l’autre. De tout respect que l’on se doit à l’autre.

Que diraient les créatrices, américaines, de cette application, si elles se retrouvaient propulsées au premier rang des réseaux sociaux, dans un contexte équivalent, et jugée par tous et toutes, exposées aux yeux de tous et toutes, et aux pensées, cruelles, qui les accompagnent ?

 

TÉMOIGNAGE (EN ANGLAIS) – HARCÈLEMENT ET VIOLENCE – QUAND LA VICTIME EST UN HOMME

This is written to help third parties assess what needs to be decided to ensure my children’s wellbeing. I solemnly declare to speak of the truth and only in the interest of my three children.

“DSM IV Diagnostic checklist testing revealed several indicators of domestic abuse related to emotional, verbal, and physical abuse from his wife. He does not engage in any communication with her now except for necessary reasons due to his fear of escalation of discussions into arguments.

He relates having distressing recollection of events, distress on exposure of cues that resemble any aspect of the trauma, avoidance and numbing in terms of efforts to avoid activities, places or people that arouse recollections of the trauma. Diminished interest or participation in significant activities and selective amnesia is also being experienced”

After receiving this assessment and corroborating it with my own observations, that of my friends and my family, I overcame the shame, accepted its conclusion and entered personal therapy. I also realised that I was not able to cope with the constant fear of domestic abuse. Most importantly, I came to the conclusion that it is impossible to ensure my children’s future wellbeing without first removing them from witnessing this abusive situation.  It is my belief that I will be able to protect my children from a potentially abusive mother if I retained at least partial custody and parental authority, for obvious reasons. It is also my belief, that unless my access to the children is specified in an enforceable legal document, my wife will try to alienate me from my children or use her power to continue her abuse on me.

This document describes 45 cases of domestic abuse perpetrated by my wife since 2002. This is written from notes I took as a personal journal and from memories. When there were witnesses to an event, I have asked them to write their own recollection of the events and these witness statements are attached in appendix. When there is material corroborating the events, like emails, I have also attached them in appendix. Some events were witnessed only by me and my wife, or by my children who are still too young to recount what they saw, or my wife’s family, i.e. her sister and her mother, that I have not contacted to produce this document.  Also, my wife has confessed most of these events during “anger management” therapy and marriage counselling September 11 to beginning of 2012. Although counselling was protected by a confidentiality agreement, I will not hesitate to invoke the interests of my children to subpoena the counsellor if my minimum concerns for the security of my children are not addressed.

Chronology of events (numbered paragraphs are specific events or description of behaviour, non-numbered paragraphs are relationship milestones to help with the chronology of events)

First meeting in late 2001 in (…) to November 2002

  1. At the beginning of our relationship in late 2001, I noticed that she could become very assertive when in disagreement about things fairly mundane (like movie critics or politics). What seemed abnormal given my past experience at the time was her recourse to frequent false parallels to unrelated personal situation and ad hominem attack on character. At the time, I assume I was expressing opinions perhaps too insensitively and let it pass.
  2. During dinner, reception, or outings with friends, she frequently gazed angrily at me if she didn’t like my humour or the anecdotes I was sharing, and would take me aside at the first opportunity, to express loud and angry disapproval of my conduct.  Her behaviour was manipulative and had some effect on me. I became socially inhibited in her presence.

From our moving in together in November 2002 to our departure to our wedding in November 2003

  1. The more troublesome events started after we moved together in November 2002. Soon after moving in, more tension appeared. In my experience, there is a period of adjustment to a new domestic situation. However, when we had our first serious conversation on the necessary adjustments, I realised that if I recognised a wrong, she wouldn’t reciprocate and would rather escalate the matter. If I offered compromise, she would refuse it wanting “full apology” but no apology was ever enough.  The discussion, led in that manner, had no end. More concerning still, it seemed that the longer the discussion lasted, the more animated and the more vindictive she become. When short of arguments, she would attack my character and ultimately use insults. She would call me a “fool”, an “idiot”, “stupid”, and a “loser”. This is the first (verbal) abuse I remember experiencing. After a few hours, I asked her to let me go to sleep; it was late into the night. However, she came back several times that night, turning on the lights, waking me up, and wanting to continue the argument. I find depriving someone of sleep to be violent and it shocked me then and struck me as unacceptable lack of respect and denial of basic human dignity. It reached a point where she seemed “beside herself”, “enraged”.
    1. Nothing in my my previous (…) years prepared me for this so I was shaken, but determined in letting her know this behaviour was not appropriate. The next morning, she was remorseful and asked for forgiveness. I assumed this would not repeat.
    2. However, the same thing, with very little change happened a few more times in the first year after moving together. I don’t recall exactly when physical abuse started but in one particular occasion, when she had reached her “rage” stage, she threw punches at me. She showed remorse afterwards. After the event in which she physically attacked me, she promised on my insistence to seek professional help.
    3. I also noticed during the first months of living together that she would often yell at her mother angrily over the phone. I tried asking her to speak respectfully to her mother, but she dismissed it on the basis that I did not understand her culture. I remember strongly disagreeing and not accepting that one can talk to her mother that way and refusing to accept this as a cultural feature, but I did not confront my wife anymore on this topic. I became more convince that she needed help.
      1. I strongly suggested to my wife that she should seek professional help from the very beginning of the physical abuse. After we began to discuss more fully her childhood and her relationship with her father, I began to doubt whether she was responsible for her condition and thought it was my duty to try to support her, while at the same time refusing to accept violence as appropriate response to anything I did.  I became more resolved in convincing her to seek help.
      2. After a few months, I met her sister for the first time as she visited us from (…). A few minutes after she arrived, as (…) was preparing to go out with us, her sister and I decided to go to the corner’s coffee shop to continue our first conversation and acquaintance. We were not gone for more than 15 minutes. When we returned a few minutes later, (…) was in her worst state of rage. She accused her sister of trying to seduce me and called her “a slut” in her loudest shriek and in a sort of uncontrollable rage. At that point in time, I had known her sister for less than an hour. Her sister, although visibly distressed, was able to calm her down. I observed that her sister was acting as if she was used to this event (acting very much like a big sister calming a baby sister down).
      3. I came to (…) for the first time around Christmas 2002. I had met her parents in (…) in the summer of 2002. On January 1st, we had to sneak out, unbeknownst to her father, to visit her aunt and uncle as, I was told, her father had forbidden them to have any connection with that entire side of the family for a number of years. He had banned my wife’s sister for a period as well for not following this order (she was still “banned” when I first visited, but it ended shortly after that). I fell absolute revulsion by such an unnatural diktat but did not feel it was in my place yet to talk to her father. Although this is not directly related to my purpose, I feel it is important to write what she or her sister told me about their family history. This is hearsay, so others should correct and complete as I feel this is key to explaining my wife’s violent behaviour:
        1. Her father has physically abused his wife. In one instance at the beginning of their marriage, she sought refuge in her family (her brothers and sisters), hence the ban of that family. In another instance, she was injured and flew from the house, so he locked himself in with his daughters, telling his wife to come back or forego of her children.  My mother-in-law confided to me directly that she had been subject of violent abuse both as a child and as a wife when I complained to her of my predicament in August 2012.
        2. Her father physically and verbally abused her older sister, but I believed he never or only rarely abused my wife
        3. This is secret and not to be spoken of to anyone.
        4. (…) always had and keeps full admiration for her father and I have never heard her condemn her father for his violent behaviour in any way, but heard her often find excuses to explain it (notably to be found in his own childhood).

After being appraised of this situation, I tried again, and a number of times over the years after that, and with different tactics, to bring my wife in front of professional help, which she promised me to do several times in 2002 and 2003 before we got married.  She has always evaded it and eventually, after our marriage, denied she had any behavioural issues and accused me (and also her mother and sister) to be the cause of her anger.

From our wedding to our move to Paris

We got married officially in November 2003 and had a religious ceremony and reception in (…) in January 2004.

  1. The behaviour described in 3 to 5 repeated themselves periodically in 2003 and until July 2004 with little variation and at periodic intervals. In particular, she took the habit of waking me up to abuse me, she yelled insults, and she threw punches at me.

Our move to Paris in July 2004 to birth of twins in June 2006

In July 2004, we moved to Paris. I had this opportunity which she encouraged me to grab and I thought the change could do her good; I felt confident as I know the city well. Our professional careers, after a period of adaptation for my wife, took off around that period to culminate, in my case, at the end of 2008.

  1. As we had discussed when we moved, my job involved a lot of travelling (and would be almost continuously from then to the spring of 2009).  (…) became unhappy with the move to Paris. The arguments as described in 3 and 4 became more frequent, but with the notable change that she stopped apologizing afterwards and instead accusing me of provoking her.  We were not intimate anymore, or very rarely. I had learned a coping mechanism which was to flee the scene of the argument before it turned too violent. Also, I became better at predicting her temper flares and generally “walked on eggs” whenever around her.
  2. I have a god-daughter in Paris; she was about 6 years old at the time. One day, we took her and her younger sister to the circus. As they were playfully arguing about whom would hold my hand or sit on my shoulder, (…) got angry at them. Later on she confided to me that she taught “my god-daughter was trying to steal me from her”. She then developed a dislike for the mother of these two girls, which I have known as the wife of my lifelong friend since 1993. She disliked, as she put it, the fact that “she ran everything”. I found all this strange and totally unwarranted. Unfortunately, as a result, I saw these friends less often and mainly in (…)’s absence.
    1. This pattern of arbitrary disrespect or dismissal of my friends and family, especially the women, and very often complaining that “they ran everything”, were to repeat later, as will be read in what follows. At first, my reaction was to distance myself from my friends. I later became aware that I was being manipulated into a state of relative social isolation and tried to stop it but was not always successful. I also began to draw with apprehension stronger parallels between the behaviour of my wife and that of her father. I still felt my responsibility was to support her and try to get her help.
    2. During another visit in (…), around December of 2005, a family reunion was organised at my in-laws house (I believe it was our nephew’s birthday). I went for a job interview before the reception and said I would come back by taxi. There was a misunderstanding and my wife came to pick me up, but we missed each other. I arrived home 15 minutes earlier than her. In the living room, in front of the guests that had already arrived, she copiously showered me with insults yelled at the top of her lungs and she was visibly losing control of herself. This was humiliating. I walked up to her mother and told her: “I don’t feel welcome in this house anymore. Can I please leave?” Her mother refused.  I stayed expecting the matter to be discussed openly later but it never was.

During the fall of 2005, when we still lived in (…), we were both assigned to the same long-term project in the US. We moved our home temporarily at my parents in (…). From November 2005 to May 2006, we travelled in the US, separately, from Monday to Thursday, and met back at my parents’ on Thursday evening till Monday morning.

  1. Arguments similar to #3 became more frequent, but there was less verbal or physical abuse as we were in my parent’s house and she remained discreet enough that my parents never suspected it. I was too ashamed, and still hoping for her to get help, to discuss this with anyone else, even my parents.
  2. My wife had already offered me to divorce a few times at that point, when she was enraged, but would feign to have forgotten about it days later or unilaterally declared it did not matter. In the fall of 2005, I felt incapable of helping my wife anymore and it was my turn to suggest we divorced. She refused and expressed extreme sadness. I asked her again to seek help for her violent behaviour; she did not follow through. About 2 months later, my wife discovered she was pregnant.

 

From the pregnancy of the twins, December 2005, to our move back to (…) in January 2007

We went back to Paris in May 2006. She was admitted to the maternity in her 7th month. Twins were born June 26 two months prematurely and stayed in intensive care for two months until the end of August. We decided we needed to go back to (…) to raise the babies but to first go to my parents from October 19th to December 23rd 2006 to benefit from their help and experience; we also hired a nanny. I took a few weeks of parental leave, and after that did not travel and worked light hours until the end of October. I bought an apartment in (…) , near my wife’s workplace, naming my wife as the sole owner and we planned to move-in January 2007 after a short trip to (…). From the time the twins came to my parents (October 19 2006) to this day, we continuously had a full-time nanny in our employment to help with our children.

  1. We had planned for her sister, my sister and her mother to relay to help us in Paris until we moved. At the last minute, she told my sister to cancel her trip, for no apparent reason. I was embarrassed at the disrespect showed to my sister’s time, money, and feeling. I had never noticed before but realised she had developed an aversion to my sister, for no apparent reason other than my sister liking to spend time with me. I worried more of my growing isolation from my friends and family.
  2. On October 19 2006, the day of our departure from Paris, as I’m moving our belongings to a moving van, she started an argument. The twins were resting on a bed. In her rage, she threw a shoe at me, over the bed, and just above the twins’ heads. I ducked and the shoe smashed and broke a lamp. This was the first time that my wife was to display violent behaviour in the presence of our children. It was also the first time she used an object to attack me as she had always used only her fists before.

From January 2007 to the end of 2009 and our move to (…) (December 2009)

Her father had been very sick for a few years and during a visit in January 2007 was admitted to the hospital and died a few days later.

  1. In the Winter 2007, she became vindictive with respect to parenting. We had disagreement on parenting style. In a manner similar to all previous arguments, she tried to underscore how imprudent my approaches were, implying in advance I was responsible for any type of sickness or accidents that could occur. For example, waking up at 4AM on a cold morning, I had put the cover on the twins up to the chests. She woke up a few minutes later, and since she disapproved of the use of a cover, took pictures and sent one to my family over email, in which she accused me of being an irresponsible father. I had never discussed these issues with my family before and this was a wake-up call to them. I began to speak more openly of the matter in my family, which provided me with some relief. (…) sent several similar emails to my family over the years. This particular email, the first, struck everyone for its outrageousness. I have attached two witness statements of recipients of this email that attest that the text accused me of negligence that could have killed my daughter and that the picture attached was 138_3871. There is also in appendix similar emails that were sent to my family over the years.
    1. One can see from the order of the full set of pictures she took, which unbeknownst to her was downloaded to the family computer automatically later on and assigned number based on chronology of snapshots (see appendix), that the picture is a setup. She likely has moved the cover over the head of the baby to get the picture she wanted. I remember pulling the cover only to the low chest area 30 to 90 minutes before these pictures were taken and do not believe that a baby can move the cover this much when obviously in a deep sleep phase (see the clinch fists of the baby)
    2. (…) sent several similar emails to my family over the years. This particular email, the first, struck everyone for its outrageousness, but unfortunately has been lost by all recipients. I have attached in appendix similar emails that were sent to my family over the years.
    3. My wife uses exaggerations to paint other people’s action in a bad light, to shame them, in order to get the upper hand on them. For example, coming back from the doctor, she once exaggerated that the doctor had said our  son was “delayed” to make me feel guilty, but when I talked to the doctor he said my son was normal and not to be concerned. She told me once the doctor had said that we had neglected our older daughter’s condition which turned out to be untrue after I checked with the doctor. Another example is to say that the twins’ teacher said their behaviour was “out of control” which once I checked with the teacher turned out to be “lovely and gentle” behaviour
    4. She complained about the live-in nanny not doing enough work. Over the 2007 to 2012 period, we had about 10 different nannies or tutor staying in our employment. Out of those, 7 reported to me having verbal altercation with my wife. (…) have accepted to describe these altercations (see below). (…) has formally complained in an email attached, The others have not yet been contacted.
    5. In February 2007, while driving for week-end activities, she disagrees with the itinerary. She asked to be left on the curb. There is a lot of traffic on the particular road so I do not stop right away. She grabs the stick shift and tries to pull it in park while we’re advancing. The twins were in the car.
    6. In spring 2007, my wife expressed that she would now refuse intimacy with me, that I could not satisfy her need, and that she dreamt of a lover.
    7. In Spring 2007, the arguments she would start periodically turned more violent. She started to use objects to hit me. In one occasion, she smashed a pint of milk on my back, close enough to the twins that milk was spilt on them.
    8. She also started to attempt to destroy my personal property. In one occasion, she threw my work laptop computer across the room and on the wall. Same with my work phone.
    9. She also started to complain about our financial arrangements. She raided our joint accounts to put in her personal accounts. This confused me as I had put her name down as the sole owner of the apartment unit we occupied and which basically represented almost all our net worth at the time, but I was liable for the mortgage. I had difficulties to cope. I did not feel safe and was anxious about the well-being of my children. I felt uncertain about my parental rights in case of divorce and worried about leaving the twins to a mentally-ill mother. I continued to push my wife to seek professional help.
    10. In the fall of 2008, my sister visited us in (…) with my nephew who was then about 6 years old. On Sunday and the last day of their otherwise merry visit, my wife erupted with anger and yelled at my sister and nephew because they prevented her from doing some important shopping (winter clothing for the children). That was untrue as I had planned the entire weekend myself to maximise the time the cousins spent together. She showed disrespect to my sister and used abusive language in front of my 6 years old nephew and my own children. A few weeks later during Christmas, she apologised to my nephew but never spoke again to my sister; she often tells me all the ill she thinks of my sister. As I write this today, her vendetta remains unexplainable to me. My sister’s recollection of the event is in appendix.
    11. After the financial crisis, at the end of 2008, it became clear that my professional project, started in 2003, was going to fail. The announcement of a non-promotion shortly before Christmas was the confirmation and a disappointment given we had put almost 5 years of very hard work into it. When I went back home to announce the decision, my wife told me she wanted a divorce. She did not follow through, as repeatedly happen before and afterwards. We decided to seek our first marriage counselling – one of my objective was that this would lead to her getting personal therapy.

We decided to sell our apartment in early 2009 and we moved in a rented house in March 2009.  Selling this apartment was huge relief as I was able to split our net worth equally between us at that time, and tried to keep it this way ever since, despite my (…) frequent raiding of our various joint accounts.

  1. Unfortunately, our marriage counselling did not help. I saw first hand that it is hard to be taken seriously in my situation. I met the counsellor once before the first joint session to ask her, beg her really as I was desperate, to help my wife seek help. At the first joint session, the counsellor raised that point to say “all husbands come here to tell me to do something with their wife because she’s crazy”. This was a traumatic experience for me. I realised soon the joint therapy wouldn’t work either  as (…) easily eluded any difficult questions from the counsellor, raised anecdotal evidence inconsistent with the topic at hand, and generally tried to paint the picture of an uncaring husband, which excused her behaviour. I understand this is the typical behaviour of domestic abusers. We abandoned these sessions. I was hoping these to be a first step toward making her start therapy, but it had the reverse impact. She grew comfort from it. I developed a sense of hopelessness.

I learned around March 2009 she was pregnant with our youngest daughter, due end of September.  I suppose the counsellor asked us to be intimate, but I remember being intimate with my wife only once between Spring 2007 and March 2009.

  1. In April 2009, (…) verbally abused our nanny who decided to leave us. When asked what she had been told later that day, (…) shook her head in disbelief and simply told me “she couldn’t speak about it”.
  2. On an early Monday morning of April 2009, around 4am, (…) woke me up, as was often the case when her temper flared up, to have an argument.  I avoided the argument as was my habit at that time and decided to leave early for the airport where I had a scheduled flight. She went to the kitchen to get a long and thick kitchen knife, and came back pointing it at me, menacing, and staring angrily. I observed by her demeanour and from previous experience that she was not in full control of herself.  I retreated, grabbed my suitcase, which I always left in the doorway for fear of these situations, and went outside. From the sidewalk, I called her sister and told her what just happened. I asked her to call her to calm her down. I told her I did not know what she would do next with this knife. This traumatic episode left lasting scar on me. After I left, she turned the knife on an Australian aboriginal painting that was hanging above our bed and that had been given to us by my brother, destroyed it to pieces and hid it in the basement, where I later found it. A picture of that painting is in Appendix.

After this event, I was never able to sleep comfortably near her and took to sleep in a separate bed or on a couch, on my back, every time I could. With my wife pregnant with another daughter to be borne into an unhappy home and whom I could not consciously abandon, I decided radical steps were necessary. I quit my job, and found a new one in (…). I had promised my wife we would go live in (…) some day and I was hoping it would do her good, calm her down, and maybe I could once again suggest strongly that she sought psychological help.  We planned to move after the baby was born.

  1. On October 2 2009, as we’re leaving as a family from the hospital with our newborn daughter,  in the maternity ward, she yells  at the nurse that I was a neglectful father and accused me of wanting to expose the baby to the cold. A recurring exaggeration she has made over the years. This was patently to humiliate me and was done right in front of the twins and the public in the hospital.

From December 2009 to today

Unfortunately, my wife’s behaviour became increasingly erratic and unapologetic after we moved to (…). I started to take more detailed notes of her behaviour (starting just after #29).

  1. In March 2010, my friends (a couple with two young boys) came to visit. On April 2 2010, (…) became angry at our nanny. She yelled at her abusively. I spoke to (…) to explain that my wife had a temper and she needed to give her time to calm down. (…) learned that I had spoken to her in this way and she became angry and yelled at me in front of my friends. They were disturbed, concerned for their children, and decided to leave for the hotel.

The woman in this couple is a general practitioner in medicine and specialises in helping victims of domestic abuse. After she pressed me, I admitted to some of the above, including that I did not feel safe after the knife threats in #27. She explained to me this was domestic abuse. She explained the so-called “cycle of domestic abuse”. I recognised this was an accurate description of my wife’s behaviour.  I did not invite my friends to visit anymore as she has repeatedly used their presence to humiliate or hurt me. I grew more isolated from friends and family.

  1. It was in the spring of 2010, that my wife became again unhappy with our split of our family economics. She therefore raided our joint accounts again, left me to pay for overdraft on these joint accounts repeatedly, and confiscated my joint account bank card, claiming this account was all hers.
  2. During the Summer of 2010, (…) who had been a live-in nanny for us in (…) came to (…) to tutor the twins in French for 6 weeks. On August 6 2010, she came to me shaken and in tears and told me that (…) had verbally abused her. She was very emotional. Fortunately, her scheduled departure was the next day and she kept quiet until her departure. Her witness statement of this event is in appendix.
  3. On September 14 2010, she entered a room where I was playing with the twins, quite animated, and called me in her loudest voice: a “cunt”,  a “fool”, and alluded to “buttfucking my hockey friends”, in front of the twins who were then 4 years old.
  4. Later that same month, she comes in the room where I am playing with the twins, turns around, bends over, and pointing at her behind,  yells profanities incoherently (I could not entirely understand what she said)
  5. On November 23 2010, she woke me up in the middle of the night to ask me to do various unnecessary chores. I refused and took my son, who was sleeping in our bed, in another bedroom to put him back to sleep. She turned the light on in that room and made sure we could not fall back to sleep. I asked her to leave the room, she refused, and eventually I pushed her out of the doorframe so I could close the door, she then punched me several times and used fool language.
  6. On Sunday December 12, 2010, coming back with her mother from church, she yells at her mother, me and my son because her lunch is not served fast enough.
  7. On Sunday December 19 2010, coming back from church, she yells at me and hits me with  a cardbox in front of the children and her mother because the children did not put the first puzzle in the box before starting a new one.
  8. On March 7th 2011, in the middle of the night, she insists I must give powder milk instead of plain milk to our youngest daughter, then age 18 months, who was in my arms. When I start heating up milk in the microwave, she hits me twice violently on the neck from behind with an unknown object.
  9. Later in March 2011, she hid my car key and let me looked for it for hours to prevent me from leaving to work. She tried to camouflage this as me losing the key but she was caught trying to hid the key, and later admitted she had taken them.  This had lasting effect on me as I became paranoid about leaving my keys and phone out of my pockets and suspect the worst whenever I can’t find them.
  10. During a visit of her sister to the island in the Spring of 2011, her mother, her sister and herself went to visit family. When they came back, her mother and sister looked distressed. Her sister explained to me that my wife became angry that her mother spoke too long to her family and had driven recklessly fast on the way back. They plead with her to slow down but she did not listen. Her mother was so scared that she accidentally urinated  in the car.
    1. When in a state of rage which happened periodically since I have known her, I have observed that my wife will drive recklessly and is a danger to herself and other users of the road (see #18 for example)
    2. July 23rd, 2011. She verbally abuses the tutor of the twins. The tutor is shaken and leaves for one my colleague’s house, who was her friend. In the hours that follow, my wife’s anger escalates. I stay with the children and try to avoid her as much as possible. She eventually grabs a large bottle of rhum and drinks more than half the content, although she rarely consumes alcohol. The large volume of alcohol in her small frame leaves her in a drunken stupor for about 2 days and she must consult a doctor for a bloodshot eye and a large skin rash. In the days that follow, I try to put myself between her and the children; not wanting them to be exposed to their mother in her state of alcohol stupor and uncontrollable rage. Nevertheless, she makes frequent irruption in the room we’re staying in and insults me with profane language accompanied by lewd gestures (with strong sexual connotations) in front of the children. Please see the tutor’s witness statement in the appendix.
    3. On the evening of August 24th, at my parents’ home in (…), 4 days before the scheduled end of our vacation, on my sister’s birthday which we were about to celebrate, and 3 days before a large family reunion planned for my mother’s birthday where we would be meeting with my extended family, (…) asked to go to the restaurant but only the 5 of us. I accepted, seeing her temper rising and on the verge of collapsing. I tried during dinner to calm her down. On our way back, she suggests we could watch a movie on her iPad. which I declined. She then becomes extremely agitated. She shouts at me angrily. She grabs her crouch and yells loudly :”I’m a woman”. All of this in the car with the three children. She then asks that I drive her to a nearby hotel. I do so and drive back to my parents with the children. The next morning, she phones to ask that I bring her the children.  When I arrive, I want to drop the kids and leave, fearing from similar situation in the past that her temper could rapidly deteriorates in my presence. I want to avoid further display of misbehaviour in front of the children. She asks me to stay to discuss. I offer to discuss but calmly without frightening the children. She then grabs our youngest daughter and threatens to go to New York with all three. I refuse – I think she is not in a normal state and I fear for my children’s safety. On my refusal she says: “you’re going down”. “I’ll use my father’s money to pay for the best lawyer”. She then makes more lewd sexual comments accompanied by obscene gestures. All this in front of all three children.  I’m growing more concerned about her mental state. I resolve to take the children back to my parents for their safety. I gesture toward my youngest daughter to hold her, she’s in my wife’s arm, she pushes me back and hits me several times with her fist on my head, my neck, and my back. I plea with her to calm down and, to help her do so, offer that we leave together immediately to her sister’s in (…) until the end of our vacations. We went back to my parents and assemble our luggage in a few minutes to take the next flight to (…).  (…) has admitted these events to our counsellors and during our first mediation session on August 23 2012. Our counsellor told her I would be justified to call the police if such a situation was to repeat.
    4. November 4 2011. There is an altercation between my wife and our landlady with respect to a leaky faucet and other maintenance issues. The landlady accuses my wife of “flewing off” at her (Please see, attached in appendix, an email exchanges between my wife and the landlady). The husband of the landlady asks to meet me. I arrive at their house to find the man visibly shaken with emotions. She asks to please allow him to break the lease as they were not able to cope with my wife’s behaviour. That evening, my wife offered the landlady to leave the house and let me and the children stay in the house (Please see attached Nov 3 2011 , 9h17PM email). She did not consult with me before sending this message. Once (…) got calmer, a few days later, the landlady offered to renew our lease on the condition that all communication would go through me.
    5. September 2011 to March 2012. Started second marriage counselling. This time, the counsellor shares my concerns over my wife personality, who consulted her first for her “anger management problems” and she adapts the therapy accordingly. I explained to the therapist that in my opinion my wife needed individual therapy. Although she agreed, she convinced me to also try couple therapy with her. During that therapy, she asks the counsellor to test me for an “Asperger syndrome”, although the counsellor cannot contain her laughter I accept to be tested.  This resulted in my psychological assessment that revealed PTSD due to domestic violence and profound unhappiness in my life. During that therapy, I am also made to express myself more and expose my fears and hopes in front of my wife. This is unbearable to my wife. She ends counselling at the beginning of 2012 asking for divorce in the middle of a session, yelling at me and the counsellor and slamming the door. Seeing my distress, the counsellor convinces me that there was help available and I started individual therapy with someone she recommended. See attached email exchange from the counsellor from March 17 2012.
    6. June 23rd 2012, I ask her for separation. She asks me to reconsider. Later that night, she wakes me up, and runs to grab my wallet and tries to destroy my bank card but I retrieve it before she does. Her behaviour grows erratic, oscillating from reconciliation to aggressive verbal outbursts, during the night which I decide to spend mostly outdoors. I phone my family in (…) to stay in alert. They advise to call the police, which I decline without first talking to a lawyer, and instead phone her sister who is flying in the next day for a scheduled vacation. Her sister comes the next afternoon and is able to calm her down, but later on that week tells me she disapproves of my behaviour and is “on her sister’s side”.

Comments on events post separation

  1. June25th to July 9th: I ask for a meeting to organize custody but she claims her lawyer or her has no time. She argues her mother is too sick (She was hospitalized July 10).
  2. July 9th 2012. I receive a letter from her lawyer accusing me of harassing her to obtain this meeting and bluntly stating there is no urgency for that meeting and advising me as to the discussion I should have with my children.
  3. July 12th 2012. I instruct my counsel to tell the other side that the meeting is urgent because of my wife’s violent behaviour.
  4. July 13th. I learn in the morning that my sister-in-law is flying back to (…) and coming back to our house the next day. My sister in law sends me incoherent emails during the morning, where among other things she tells me she has been contacting my parents (see email). Mid-morning my wife tells me I will have to take care of the children on Sunday afternoon, when as she knows I’m scheduled to depart for a business trip. I must make a rapid decision as the events unfold and decide to cancel a 4-day business trip planned a month ago. It becomes clear I cannot acquit myself of my professional duties  given the pressure exerted on me by my wife.
  5. July 14th to 16th. My sister-in-law is in our house again. I ask her to go stay in her mother’s house, which is empty, as her presence is unnecessary and inappropriate in the circumstances. She refuses. In the next three days, she makes various threats and strives to disrupt the family life with total disregard for the wellbeing of my children.
  6. July 16th in the morning. The two sisters, despite my insistence, insist in engaging into an aggressive discussion in front of my son. They make various threats, insult my recourse to personal therapy, and my parental skills. My sister-in-law tells me, apparently to hurt my feelings, that she has removed me from her will with respect to the custody of her children because of my so-called dangerous behaviour with children, which she doesn’t specify. They tell me that they warned their family about me (which is news to me as my wife and I had agreed to leave things confidential until we speak to the children).  They claim to have influence on the island and name (…), their aunt, has being willing to testify against me. 6 minutes of this conversation has been recorded by myself for my protection and is available.

LA HONTE DE L’HOMME BATTU

Les hommes battus réagissent toujours comme les femmes violentées.
Et l’on oublie trop souvent qu’ils sont nombreux. Et qu’ils vivent dans la honte. 

La publication du témoignage de deux hommes battus a provoqué de nombreux commentaires sur LEXPRESS.fr. À découvrir ici.