MARRE DES INTERPRÉTATIONS STUPIDES ET DESTRUCTRICES

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GLAMOUR, NOVEMBRE 2015.
ENQUÊTE : PERVERS NARCISSIQUE, FAUX MALADE OU VRAI SALAUD ?

Et là, la catastrophe. Une interview, pour autant qu’on puisse appeler cela une interview, d’un psychanalyste. François Perlmutter. Je ne le connais pas, certes. Mais à la lecture des quelques lignes en encadré, je n’ai aucune envie de le connaître.

Je ne revendique pas l’existence des pervers narcissiques. J’ai déjà écrit plusieurs fois qu’il ne fallait jamais abuser de ce terme. Jamais. Même si les médias le font. Parce que ça empêche les victimes de se positionner, d’être défendues, entendues. Parce que les tribunaux débordent de dossiers remplis de pervers narcissiques, vrais, faux, exagérés. Parce que tous les conflits de couples, tous les enfants abimés ne le sont pas par un pervers narcissique. Mais il existe, bel et bien. Des psychiatres, psychanalystes, des professionnels ont largement écrit sur le sujet, de Racamier à Hirigoyen. Ils ont fait un travail remarquable. Ils ont permis à de nombreuses victimes de comprendre, de travailler sur leur relation, sur elles. De s’en sortir et de se reconstruire.

Et puis, cet article. Qui lui aussi souligne certains abus du terme avec raison. Qui veut informer et mettre en garde. Jusqu’à cet encadré, cette interview. Que je ne vais pas reproduire en entier ici, bien qu’elle soit courte. Mais quelques lignes suffisent… Il y a cependant ceci que je retranscris :

« Dès qu’il croise une femme structurée, il se déballonne ou elle le quitte… Comme pour les femmes d’alcooliques ou d’hommes violents, on est dans une complémentarité névrotique.
– C’est-à-dire ?
– La fille qui aime un petit sadique tombe toujours sur le même profil d’homme et n’a pas réglé son enfance avec des parents réducteurs ou autoritaires. Elle répète inconsciemment sa maltraitance. Elle a souvent un profil d’hystérie victimaire : elle a besoin d’être victime pour exister et préfère se plaindre plutôt que de se demander pourquoi elle reproduit le scénario… »

Donc, à lire ce psy, que je dénonce ici comme injurieux vis-à-vis de victimes – et pas que de femmes, alors qu’il parle de « fille » de manière outrageante, les victimes, ces « filles » ne sont ni plus ni moins que des pauvres choses mal construites, sans réflexion, sans raisonnement, sans objectif si ce n’est celui de se faire plaindre aux yeux de tous, de se complaire dans une forme de souffrance, d’aller à la rencontre de celle-ci, de la réclamer et de s’en nourrir.
Dès lors, il leur interdit le droit à la compassion, à l’écoute, à la reconstruction. Il refuse d’entendre la réalité. En voit-il ? En écoute-t’il ? Des femmes, des hommes réduits à néant, bousillés, détruits, ayant perdus toute confiance en eux, tout repère, tout espoir ?
Oui, ces femmes, ces hommes, ont pu être maltraités enfants. Pas tous, loin de là.
Oui, ils constatent leur souffrance. Ils peuvent se dire victimes. De là à en conclure qu’ils en tirent une gloire, une fierté … Certainement pas.
Qu’il vienne à un groupe de parole de l’association. Qu’il se déplace à un petit-déjeuner; Qu’il participe, en auditeur, à une conférence de CVP. Ou de bien d’autres associations. Il risque d’avoir un choc, ce monsieur qui parle de « filles » comme de pauvres hystériques. Il rencontrera des êtres humains, dignes, respectables, respectueux, parfois silencieux, parfois dans le dialogue, l’échange. Il ne verra ni cris, ni pleurs hystériques, ni revendication au droit à être consolée parce-que-la vie-c’est-trop-dur.
Ces hommes et ces femmes cherchent justement à comprendre et à ne jamais reproduire, contrairement à ce qu’il sous-entend. Ces hommes et ces femmes sont avides de vivre, même s’ils ne s’en sentent pas la force. Ces hommes et ces femmes cherchent des réponses, mais surtout cherchent et veulent avancer. Ils ne se concentrent pas sur « qui est l’autre, le pervers narcissique », mais sur eux. Ils sont prêts à tout entendre, sauf le dénigrement, l’injure, le fait d’être à nouveau rabaissés, traités comme des ignorants, des inaptes, des incapables de vivre.

Il est scandaleux qu’en aussi peu de lignes les victimes se retrouvent à nouveau mises à terre.
Il est honteux que des « professionnels » tiennent de tels propos sans aucune distance.
Il est dangereux de les laisser faire sans s’opposer.
Je m’oppose à un tel dénigrement, un tel mépris. Je m’oppose à ceux que des victimes se voient ainsi bafouées. Je m’oppose à cette nouvelle violence psychologique, pour les victimes.
Et, pour reprendre le mot de Zola, j’accuse de nombreux « professionnels » de se faire de la pub, en réduisant en quelques lignes la victime à un être qui ne va pas chercher plus loin que le bout de son nez, et a trouvé, dans la souffrance, une raison de vivre.

©Anne-Laure Buffet
annelaurebuffet@gmail.com

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LOI N° 2014-873 DU 4 AOUT 2014 – VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

Divers articles de la loi n° 2014-873 du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes visent à protéger les femmes des violences.

La loi met en œuvre la convention du Conseil de l’Europe, dite Convention d’Istanbul. Ratifiée par la France, la convention rentrera en vigueur au 1er octobre 2014. Le texte s’articule également avec le 4ème plan de lutte contre les violences faites aux femmes.

Le renforcement de l’ordonnance de protection.

L’ordonnance de protection qui concerne les victimes de violences au sein du couple ou les personnes menacées de mariage forcé est renforcée. L’ordonnance permet à un juge d’expulser le conjoint violent du domicile conjugal, avant toute condamnation et en urgence. La durée maximale de cette ordonnance est allongée à 6 mois.

Maintien des victimes de violences conjugales dans le logement commun.

La loi prévoit le maintien des victimes de violences conjugales dans le logement commun, y compris pour les couples non-mariés.

La médiation pénale.

La médiation pénale ne sera possible que si la victime en fait la demande. Dans cette hypothèse, l’auteur des violences peut également faire l’objet d’un rappel à la loi.

Obligation du conjoint violent.

La justice pourra condamner le conjoint violent à suivre à ses frais un stage de responsabilisation, pour lutter contre la récidive.

La ligne d’écoute.

La ligne d’écoute 3919, numéro unique concernant les violences conjugales, le viol, les mutilations sexuelles ou le mariage forcé, est désormais gravé dans la loi. La plate forme téléphonique est accessible 7 jours sur 7 depuis tous les téléphones fixes et certains mobiles. Il est invisible sur les factures adressées par les opérateurs de téléphonie. Cette plateforme d’écoute anonyme est censée répondre à toutes les formes de violences (physiques, verbales ou psychologiques, agressions sexuelles et viols). Il s’agit de permettre aux femmes victimes de violences d’agir, grâce à une information appropriée sur les démarches à suivre et sur le rôle des intervenants sociaux.

Généralisation du téléphone grand danger.

Mais la loi va plus loin avec la généralisation du téléphone grand danger permettant la géolocalisation en cas de danger et l’intervention de la police. Ce dispositif peut être proposé à la victime pendant une durée renouvelable de six mois. Toutefois, pour en bénéficier, la loi précise que la victime doit y consentir expressément, avoir cesser de cohabiter avec son actuel ou ex-conjoint, concubin ou partenaire et ce dernier doit avoir fait l’objet d’une interdiction judiciaire d’entrer en contact avec elle dans le cadre d’une ordonnance de protection, d’une alternative aux poursuites, d’une composition pénale, d’un contrôle judiciaire, d’une assignation à résidence sous surveillance électronique, d’une condamnation, d’un aménagement de peine ou d’une mesure de sûreté.

Renforcement de la lutte contre toutes les formes de harcèlement.

Le harcèlement moral au sein du couple est mieux précisé et le harcèlement sexuel sera mieux sanctionné, à l’université et dans l’entreprise. De nouvelles incriminations sont créées pour sanctionner d’autres formes de harcèlement comme l’envoi réitéré de messages électroniques malveillants.

Autorité parentale.

Le juge pourra statuer sur les modalités d’exercice de l’autorité parentale « sans fixer la résidence des enfants au domicile de la partie défenderesse, ni ordonner une résidence en alternance ».

Politique de prévention du handicap.

Des dispositions concernent la prise en compte des violences faites aux femmes dans la politique de prévention du handicap par des actions de sensibilisation et de prévention.

 

QUI TÉMOIGNERA À MA PLACE SI JE NE LE FAIS PAS ?

Bonjour,

Je voulais juste vous envoyer un message de reconnaissance pour les comptes rendus (compte-rendus adressés suite aux groupes de parole). Cela fait beaucoup progresser et l’on se sent moins seul, même sans avoir pu y participer. C’est courageux de votre part je trouve. Bien sûr, tout est à lire avec grande prudence, et à cet égard, vous avez une rédaction juste : non édulcorée dans le politiquement correct / non dramatisée.

Les émotions, si nombreuses, parasites et difficiles à canaliser, vous en tenez compte, mais sans les nourrir: c’est libérateur! On se sent entendu et compris, mais pas identifié à sa souffrance.
Évidemment, tout cela est pour vous un pensum, mais pour moi une nouveauté!
Il y a des réflexions de bon sens et vous n’imaginez pas comme cela soulage! Par exemple sur le déni parental et les prétendus syndromes en vogue. Le bon sens n’est pas commun, pas forcément l’apanage des JAF non plus…

Quand on est enfermé dans la toile que l’autre a tissée pendant des années, une toile bien reluisante et d’apparence sociale irréprochable; qu’il faut lutter pour démontrer que tout ceci est du vent, que c’est vous qui avez joué le rôle de fusible pour que l’univers des enfants soit intact, qu’il faut se ravaler sa propre bêtise (vis à vis de soi, vis à vis de ceux à qui l’on veut démontrer tout cela) quand on prend conscience qu’avec cette stratégie, c’est VOUS-MêMES qui lui avez fourni les moyens de sa brillante et indémontable image!! Quelle crédibilité peut-on avoir quand on explique cela? Qui peut croire que vous avez sciemment choisi de vous écraser pendant des années, par amour au début (ou culpabilité d’ailleurs…), puis devoir conjugal, puis devoir familial, toujours dans l’espoir d’une prise de conscience, puis par protection, pour attendre ad minima que les enfants grandissent, et gagner ainsi en sécurité pour « après la séparation » (car plus ils sont grands, pense-t-on, plus ils seront capables de se défendre, d’alerter en cas de problème etc…).

Quand on est enfermé dans ce système, on a besoin de savoir que des gens comprennent de quoi l’on parle, que le bon sens existe et que c’est lui qui guide pour agir dans l’intérêt des enfants.

Et cela donne du courage, pour faire ce que l’on aurait dû faire des années avant : le laisser agir seul, même si l’on sait que les enfants en pâtiront, pour qu’enfin tout se voit! Ainsi, sacrifier des intérêts immédiats des enfants, pour obtenir une décision judiciaire qui impose un cadre (ma fille cadette a 8 ans, j’ai 10 ans à protéger!) que l’on a pas été soi-même capable de maintenir vaille que vaille, qui impose des limites à quelqu’un qui n’en connaît aucune, sauf celles imposées par l’image qu’il a de lui-même et qu’il veut étaler (car donner n’est pas un terme approprié). Un cadre qui impose des devoirs minimums de père, avant d’accorder aveuglement des droits. (Qui aujourd’hui dit que l’on doit être digne des droits que l’on prétend avoir? Qui comprend la subtilité entre dénier ses droits à un père et alerter sur son incapacité à les assumer vraiment?)

Bien sûr, je le précise, pour le moment, aucune violence physique n’a été mise en jeu. Je parle de protection psychologique pour mes enfants. La différence n’est pas dans la gravité des souffrances et des conséquences, mais dans le déploiement éminemment insidieux du mal dans le temps.
Le mal physique est soudain, même s’il est réitéré, descriptible car matérialisé, c’est un acte. Il peut être refoulé mais par nature, il est tout de même mémorisable (je ne sais trop comment exprimer cela sans caricaturer).
Le mal psychologique s’installe dans la durée, car il y a tout un travail de sape diffuse qui précède la mise à mort; il est extrêmement difficile à détecter, à décrire, à caractériser. On ne peut pas croire qu’on est dans le vrai en trouvant l’autre inhumain. On croit qu’on se trompe, qu’on est pas assez affectivement autonome etc… Et les paroles et les petits évènements ou non évènements souvent s’effacent de la mémoire. C’est une influence, un fléchissement insensible de la volonté et de la conscience. C’est comme une musique, morcelée note par note, dont on diffuse chaque note avec de longs silences, puis on commence à se dire que ces notes-là, on les a déjà entendues; au fil des années on finit par comprendre que c’est une partition, et quand on tente de se révolter la partition est jouée de plus en plus vite jusqu’à assourdir. (moralité : CVP devrait être sponsorisé par Quillès; un peu de sarcasme, c’est ma distance à moi…)

Ce n’est qu’une fois le fil complètement déroulé que j’ai obtenu la certitude (chancelante) que oui, c’était bien cela pendant toutes ces années, je n’avais pas fabulé, ce n’est pas moi qu’il fallait remettre en cause toujours et toujours (en tous cas pas de cette façon!)… Qu’il ne s’agissait pas d’un manque de compassion et de compréhension de ma part, il ne s’agissait pas de prendre de la distance entre gens rationnels, vis à vis de comportements, plus ou moins excusables, plus au moins « curables », mais que j’avais bien affaires à une structure, irrémédiable, inhumaine et qui me dépassait totalement. Car je lui avait donné toutes les clés pour me détruire et que, oui, il les avait sciemment utilisées (…ce que sans aucun doute ma névrose réclamait inconsciemment!! ça, je n’en ai pris conscience que très tard, trop tard).

Mais je n’arrive toujours pas à vraiment concevoir ce qu’est une personne sans affect, sans conscience morale de ce fait. C’est en réalisant que j’avais fini par être d’accord avec ma propre mise à mort, la tenant pour méritée et pour seule issue, et en constatant in extremis (l’intérêt des enfants joue indéniablement) que tout est totalement incohérent avec ce que je voulais au fond de moi (vivre et faire vivre), que j’ai accepté. Je ne voulais pas (j’étais empêchée?) accepter l’inacceptable: d’avoir raté ma vie et celle de mes filles. Il y a de l’orgueil là-dedans n’est-ce pas? Car personne ne m’a mis un fusil sur la tempe pour me marier avec ce type. C’est bien moi qui ai choisi de ne pas tout faire exploser. Je me sentais piégée, sincèrement, mais l’esclave choisit d’obéir… Ma vraie responsabilité et culpabilité était là, de m’être obstinée à croire que ce pouvait être remédié, ne pas avoir sorti la tête de l’eau en disant obstinément que je n’avais aucun point d’appui pour cela, vouloir à tout prix que ce mariage soit ce que je voulais qu’il soit, et que mon point d’appui, c’était mon mari, vouloir contre toute évidence que ce mari idéal soit ce type.

Il est difficile de faire le tri des solutions qu’on a rationnellement adoptées de celles influencées par un inconscient malade (car franchment pour tenir autant d’années avec un type pareil, il faut avoir de grosses failles…).
La lecture des comptes rendu aide énormément, par la diversité de points de vue et d’expériences, par la description du cheminement des participants. Ce partage, car là c’est du partage, aide énormément à une saine prise de distance, la plus objective possible, la plus déculpabilisée possible. C’est une petite bulle de bienveillance dans un univers de brutalité.

Je voulais juste vous dire merci et je vous ponds un roman! Mais c’est un témoignage du bien fondé de votre démarche. Bien sûr, vous ne l’auriez pas entamée, si vous n’en aviez été persuadé! Ce n’est pas de l’ordre de l’encouragement, ou alors en direction de gens comme moi. C’est bon en soi de dire les choses. Personne ne peut faire votre travail à votre place, mais qui témoignera à ma place si je ne le fais pas?

Merci.

Merci à vous pour ce témoignage…

©Anne-Laure Buffet

CE QUE DIT LA LOI

Les peines sont fonction de la gravité des faits. Elles peuvent aller d’une simple amende à des peines de prison ferme. Le conjoint coupable de violences peut par ailleurs être astreint à un suivi thérapeutique. Il faut savoir que la loi punit plus sévèrement le meurtre, le viol, les agressions sexuelles quand ils sont commis au sein d’un couple, même séparé.

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Le juge pénal peut prendre avant le procès et après le jugement pénal des mesures immédiates pour assurer la sécurité de la victime et le cas échéant celle des enfants en prononçant notamment :

  • La dissimulation de l’adresse de la victime peut être autorisée par le procureur de la république, dans le cadre d’une enquête pénale. Elle sera domiciliée au service de police ou de gendarmerie enquêteur.
  • L’éviction du domicile du conjoint violent
  • L’interdiction de rencontrer ou de s’approcher de la victime
  • L’interdiction pour l’auteur de fréquenter certains lieux
  • L’obligation d’un suivi thérapeutique pour l’auteur
  • Le placement en détention provisoire

AVANT UNE LETTRE OUVERTE

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Un enfant de 5 ans pris dans un divorce.
Un droit de visite dit « classique » : un week-end sur deux chez le père, et la moitié des vacances, le reste du temps chez la mère.

Une union qui s’était soldée par un divorce suite à des violences conjugales.

Un enfant qui, dès l’âge de trois ans, se plaint des comportements de son père. Qui les décrit, sans en comprendre la portée. Dont l’intégrité psychologique, physique, et sexuelle, est mise en jeu.
Des médecins qui constatent et font des attestations.
Une assistante sociale qui soutient l’enfant et atteste en sa faveur.

Les actes du père qui, loin de cesser, s’amplifient. L’enfant devient l’objet des « jeux » de son père.
Une mère qui veut protéger son enfant. Qui demande des visites médiatisées. L’idée n’est pas d’empêcher le père et l’enfant d’avoir un lien ; mais que ce lien ne mette pas en danger l’enfant, au moins physiquement, sexuellement.

Un enfant – toujours le même – qui décrit de façon précise ce qu’il vit. Qui le dessine. Le raconte.
Une demande d’audition de l’enfant qui n’a pas lieu.

Une enquête medico-psychologique de décidée, pendant laquelle l’enfant, malgré ses dires, malgré les nombreuses attestations, doit continuer à aller chez le père.

Une mère qui finit, par épuisement, par inquiétude, par désespoir, à se mettre hors la loi. Non représentation d’enfant pendant quelques mois. Qui dépose une plainte. Réponse du berger à la bergère : plainte du père pour NRE.

Un procureur qui, sans entendre l’enfant, classe sans suite la plainte de la mère, comme la plainte pour NRE.
Qui met la mère en garde à vue.
Qui souligne que l’enfant peut être placé.

Un enfant qui supplie. Qui dit « pleurer dans sa tête » quand il est chez son père, pour ne pas être puni.

Un juge qui condamne la mère. Qui rejette la demande de faire appel suite à la dernière décision, obligeant au respect du droit de garde. Qui condamne la mère aux dépens, pour une somme équivalente à trois fois son salaire.

Une justice qui prend le temps des procédures. Et des procédures qui s’installent dans le temps, n’offrant ni soutien, ni écoute, ni aide, ni protection.

Un enfant qui doit continuer à aller chez son père. Malgré ce qu’il dit. Malgré les constats médicaux d’un petit sexe tuméfié.

Faut-il que cette mère en vienne à la grève de la faim ? Lui faut-il sa propre grue, son monument pour grimper, et hurler pour être entendue ? Jusqu’où doit-elle se mettre en danger, jusqu’où son enfant doit-il être en danger, pour qu’un jour il soit protégé?

Quand le système juridique n’est plus là, démissionne ou est aveuglé, où est le respect du droit des enfants ? Où est la protection de l’enfant ?

Ce post n’est que l’extrait d’une lettre qui va être adressée à Madame la Ministre Najat Vallaud-Belkacem, à Madame Dominique Bertinotti, déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée de la Famille, à Madame Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, à Madame Christiane Taubira, garde des Sceaux, ainsi qu’aux instances et pouvoirs publics et médiatiques.
Il n’y a pas à mettre en cause un homme, ou une femme. Il y a urgence à faire évoluer un système qui déclare protéger les enfants et les livre en pâture à ceux, et celles, qui en abusent.

PAS DE TRÊVE DES CONFISEURS

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Dans la rue, les décorations de fin d’année ; les étoiles et les guirlandes, et les père Noël qui grimpent le long des façades.
Dans les vitrines, les jouets, les paquets, les papiers cadeaux et les rubans de couleur.
Et les voeux qui arrivent, par carte, par sms, par mail. Au téléphone.

« Joyeux Noël ! J’espère que cette année, vous pourrez enfin passez un bon Noël, de bonnes fêtes…. Nous pensons bien à vous ! »

Merci. Merci, oui, mais… Mais c’est sans compter,pour ceux qui souhaitent leurs meilleurs voeux, sincères, amicaux, affectueux, sans la résistance d’une personnalité toxique. Alors que chacun parle de la trêve des confiseurs, de la période des fêtes qui devrait apporter réconfort, soutien, amour… qui est souvent destinée à réunir, à rapprocher, la personnalité toxique use et abuse de cette période.

C’est sa semaine de garde ? Elle en profitera d’autant plus pour vous couper de tout contact avec vos enfants. Avec votre famille. Vous allez devoir agir en fonction d’elle, de ses décisions, de ses choix, de ses caprices, et de ses colères. Vous êtes réunis, vous avez prévu un repas de fête ? Elle critiquera, elle ne viendra pas à table, elle gâchera l’ambiance, elle quêtera le moindre petit détail qui ne lui convient pas pour vous le faire remarquer.

Vous avez l’espoir de vous reposer ? Elle aura besoin de vous, tout le temps, à chaque instant, puis vous fera remarquer votre fatigue, et votre incapacité à prendre sur vous, lorsque tout le monde essaie de se réjouir et d’oublier ses soucis.

Vous pensez être serein(e), avec vos enfants ? Elle vous glissera des messages vous obligeant à vous remettre en cause. Avez-vous bien fait attention à tout, et surtout à eux ? Et la culpabilité que la personnalité toxique fait naître, la crainte d’être à ses yeux, donc aux yeux de tous, un mauvais parent, remonte et ressurgit d’autant plus qu’en cette période de fête, cette période réservée aux enfants, il semble qu’aucune erreur ne soit permise.

Vous vous observez. Vous perdez en naturel. Vous redoutez Noël. La fin de l’année vous laisse un gout amer.

C’est normal. La personnalité toxique ne peut admettre que vous preniez du plaisir, le moindre plaisir, en quoi que ce soit; Incapable de se réjouir, incapable de ressentir une part de bonheur, elle s’emploie à détruire ce qui peut satisfaire sa « victime » et l’entourage de celle-ci.

La personnalité toxique abîme tout. C’est ce qui la contente. C’est ce qui la nourrit.

©Anne-Laure Buffet

TÉMOIGNAGE REÇU SUR LE BLOG – À LIRE

Violences conjugales : on fait quoi mis à part la pub à la télé ?
x octobre 20xx, 10:24
le xx septembre 20xx

Monsieur le Procureur de la République
près du Tribunal de Grande Instance de X

Monsieur le Procureur de la République,

J’ai l’honneur de vous exposer que le (…), j’ai déposé une plainte auprès de la Gendarmerie Mobile de X, contre mon époux, Monsieur X pour violences conjugales répétées. A ce jour, mon époux n’a toujours pas été entendu. Le (…), j’ai à nouveau déposé une plainte au commissariat de X, contre mon époux, pour dégradations volontaires sur mon véhicule et insultes à mon égard. A ce jour, je n’en sais toujours pas plus. On me conseille de me tenir éloignée de mon mari.
Mariée depuis le (…), j’ai subi des violences conjugales à plusieurs reprises et j’ai pardonné plusieurs fois par amour, convaincue que cet amour pourrait aider mon mari à prendre la décision de se soigner et à changer de comportement à l’égard des femmes.
Depuis des années, je m’investis pour le droit à la différence et le respect des êtres humains. Je n’ai aucun a priori vis-à-vis des personnes qui ont commis des délits par le passé car je reste convaincue, malgré tout, qu’un individu peut changer si il le souhaite vraiment. Mère de trois enfants, de mariages antérieurs, je les ai élevés dans le respect et l’acceptation des autres. Il m’a donc été très difficile d’admettre la situation à laquelle j’étais confrontée et qui m’isolait de jour en jour de mon entourage. Obligée de mentir sur les circonstances, lorsque mes proches remarquaient des séquelles de coups portés, pourtant dissimulés par les vêtements ou le maquillage, ce n’est qu’en (…) que j’ai  » craqué  » psychologiquement et que j’en ai parlé à mes enfants. Les coups portés étaient d’une telle violence que j’en garde encore des traces physiques sur le bas de la jambe gauche. Je suis allée chez mon médecin généraliste et j’ai fait constaté pour la première fois les violences physiques que j’avais subies. Et pourtant, là encore, j’ai pardonné. Mon mari avait juré devant mes enfants et ma meilleure amie, de se faire soigner, d’entreprendre une thérapie chez un psychiatre. Nous avons attendu, en vain. En (…), mon mari niant à nouveau son comportement agressif envers les femmes et refusant de se faire soigner, je lui ai signifié mon désir de divorcer et de quitter le domicile conjugal. Entre temps, ma fille qui vivait avec nous, ne supportant plus le comportement de mon mari, avait choisi d’être interne au Lycée X. Lorsque j’ai pris un appartement le (…) dans un petit village, ma fille est revenue vivre avec moi. Mon mari continuait à me téléphoner pour m’insulter et me dire que je ne l’avais jamais aimé alors que je continuais à souffrir car je vivais très mal cette situation sans issue : je l’aimais toujours mais ma vie était en danger à ses côtés. Pourtant, là encore j’ai accepté de reprendre la vie commune à condition qu’il vienne consulter avec moi un médecin psychologue, le Dr X, . Cette consultation n’a rien apporté de positif mais j’avais repris la vie commune et ma fille, âgée de xx ans à l’époque, était partie s’installer chez son frère aîné pour ne plus être témoin des crises de jalousie maladive qui pouvaient durer des nuits entières et qui l’empêchait, elle aussi, de vivre sereinement. Oui, même ça, je l’ai accepté par dépendance affective. J’étais incapable d’envisager ma vie sans mon mari et je savais que vu l’état psychologique dans lequel je me trouvais, ma fille serait beaucoup mieux avec son frère et son épouse, qu’au sein de notre foyer. Le Dr X m’avait avertie que si je reprenais la vie commune, je mettais à nouveau ma vie en danger mais comment envisager de vivre sans celui que j’aimais tant ? Croire, croire encore une fois que tout était possible, qu’il pouvait changer. Ne pas admettre l’échec, mettre tout en œuvre pour qu’il soit bien, pour que notre environnement soit favorable à sa guérison, accepter sa dépendance au jeu, assurer les finances du foyer, assumer tous les travaux relatifs à la rénovation de notre maison que nous avions achetée … et pourtant le (…), alors que sa maîtresse venait de lui laisser un message sur son portable (oublié sur la table du salon lorsqu’il était allé se coucher en m’insultant copieusement) il se réveillait subitement pendant que je parlais à cette dame en lui demandant ce qu’elle cherchait exactement. Je n’ai pas eu le temps de parler avec mon mari, il m’a arraché le téléphone des mains et j’ai subi sa fureur. J’ai reçu de nombreux coups sur le visage, j’ai eu la mâchoire démise, une balafre sous l’œil gauche, l’arrête du nez enfoncée, une plaque de cheveux arrachés et de multiples contusions sur le corps. Je ne dois la vie sauve qu’à la chaise qui a cédé sous moi alors qu’il m’étranglait et continuait à me secouer violemment. Je n’arrivais plus à respirer ni à remuer mes membres. J’ai bien cru que ma dernière heure était arrivée. J’ai alors vécu dans la peur et la honte, honte de l’amour que je lui vouais, honte d’être séparée de mes enfants, honte d’accepter d’être traitée comme une esclave. J’ai été battue, bafouée, humiliée, obligée à des pratiques sexuelles contre mon gré et je ne comprends pas aujourd’hui comment j’ai pu accepté tout cela.
Ce n’est qu’en (…), grâce au soutien psychologique de mes collègues à qui je me suis confiée et de la direction du collège où je travaille, que j’ai enfin compris que personne n’avait le droit de traiter un être humain de cette façon. J’ai enfin accepté l’idée que je ne comptais pas pour lui, que j’étais au même rang qu’un objet et qu’il s’était marié avec moi par intérêt financier. Je lui ai dit que plus jamais il ne lèverait la main sur moi et que j’avais fait constaté les coups chaque fois (ce n’était pas le cas). Je lui ai proposé un divorce à l’amiable car malgré tout je ne lui voulais aucun mal. Nous avons pris contact avec Maître X et j’ai accepté qu’il rachète le crédit de la maison pour qu’il puisse la garder. J’ai dû quitter le domicile conjugal le vendredi xx pour me réfugier dans une chambre de l’internat du collège. Ce jour-là en rentrant du travail, j’ai trouvé mon mari avec une amie et ils étaient en train de fouiller les papiers relatifs aux impôts et à la maison. Ayant commencé mon service plus tôt pour remplacer une collègue, j’étais rentrée plus tôt que d’habitude. J’ai été reçue par des insultes et j’ai constaté que mon mari était déjà fortement alcoolisé. Il est parti en proférant des menaces et je n’ai pas voulu encourir à nouveau le risque d’être violentée. Selon lui, je ne vaux rien, je suis une  » salope « , j’ai le  » feu au cul  » et je ne mérite qu’une chose c’est de  » crever « . Si je reste en Ardèche, je vais avoir des problèmes, dixit mon mari. Il m’avait prévenue que si je portais plainte pour violences conjugales et que par ce fait il ne puisse plus voir son fils, je ne serais plus là pour le voir. Récidiviste en matière de violences (sur son ex compagne et son père), il semblait conscient qu’il encourait à nouveau une peine de prison. Il m’a menacée de représailles si je continuais à voir sa mère qui a xx ans et dont je m’occupe régulièrement ainsi que son fils qui a x ans et auquel je me suis attachée. Bien que séparée de corps depuis le (…), je continue à recevoir régulièrement des menaces de mort par téléphone ou lorsque je me retrouve en sa présence forcée, ainsi que des insultes. Il a essayé de me sortir de chez ma belle-mère par la force et les menaces et il est parti lorsque ma belle-mère lui a dit qu’elle appelait les gendarmes. Ma belle-mère m’a accompagnée à la gendarmerie pour porter plainte car elle en a peur aussi. Il raconte partout qu’il a demandé le divorce parce qu’il a épousé une  » pute « . Il prétend que je couche et que je  » partouze  » avec mes employeurs, mes amis, les amis de mes enfants, et la liste est longue, même avec mon avocate. Je n’en peux plus d’être traitée de la sorte et je voudrais que tout cela cesse. J’ai démissionné de mon ancien emploi car il était persuadé que je couchais avec mon patron. Mon patron a constaté les coups que j’avais reçus. Avant de me marier, je n’ai jamais été informée du fait qu’il avait fait de la prison parce qu’il avait envoyé son père à l’hôpital ainsi que la mère de son fils alors qu’elle était enceinte de son propre fils. Je savais qu’il avait fait de la prison pour actes de violence mais sans plus. J’ai toujours été quelqu’un de confiant et je n’ai pas pour habitude de creuser dans le passé des autres. Je crois à l’instant présent et à l’avenir, c’est peut-être le plus grand tort que j’ai eu.
Maintenant mon mari refuse de racheter la maison alors qu’il y habite et que je continue de payer ma part du crédit. Il ne veut pas partir de la maison et m’a dit que je serai obligée de continuer à payer et qu’il ne souhaitait plus un divorce à l’amiable et qu’il allait tout faire pour que cela traîne pendant des années. Une femme, la même que celle que j’avais eu au téléphone, y loge régulièrement. J’ai dû faire appel à un autre avocat pour engager une procédure de divorce.
Samedi dernier , alors que je passais le week-end dans mon département d’origine avec une collègue de travail pour me changer les idées et ne pas le rencontrer, j’ai dû me rendre dans un garage après avoir constaté que le bruit que j’entendais dans une roue depuis quelques jours n’était pas un caillou mais une vice auto perceuse, vissée dans le profil du pneu avant gauche. Le garagiste était perplexe. Etrange coïncidence après avoir reçu des menaces de mort. Le pneu ne fuyait pas mais je risquais à tout moment qu’il explose. J’ai voulu faire une main courante contre X au commissariat de X mais on m’a dit que ce n’était pas possible et que j’avais sans aucun doute roulé sur la visse. Je suis donc repartie sans plus.
Mon employeur et mes collègues ainsi que mes enfants et mes amis pensent que je ferai mieux de quitter l’Ardèche car ils ont peur pour ma vie. J’ai pris contact avec le médecin de famille qui connaît mon mari depuis son enfance et son conseil a été de partir loin, que mon mari ne voulait pas se soigner et qu’il était dangereux. C’est lui qui avait constaté les coups reçus par la mère de son fils. J’ai également parlé avec le Dr X qui a reçu mon mari après qu’il ait frappé sur sa compagne et son père et là aussi le conseil a été de partir du département et de vous écrire pour vous informer des faits. Tous deux m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas venir témoigner de leur plein gré mais que le Tribunal pouvait demander la saisie des dossiers. Peu à peu les langues se délient et parlent à l’étrangère que je suis de choses que j’aurais du savoir avant mon mariage. J’espère que mon témoignage évitera à d’autres femmes de subir ce genre de sévices.
Je sais que la lecture de ma lettre sera fastidieuse et je vous prie de m’en excuser mais je n’ai aucun autre recours.

Je vous prie de croire, Monsieur le Procureur de la République, à l’expression de ma considération distinguée.

La plainte a été jugée et le récidiviste condamné à 8 mois de prison avec sursis … et à ce jour il tabasse et humilie une autre femme.