CONFERENCE :LES ENFANTS VICTIMES : QUELLE PRÉVENTION, QUEL AVENIR ?

Ce soir, conférence à St Gilles, sur la maltraitance faite aux enfants, ses conséquences, sa prévention, et l’accompagnement des victimes.
Après les plus de 150 personnes venues hier au Tampon, autant ce soir pour écouter la conférence. Dans le public, des parents, des enfants devenus adultes ayant connu cette violence, des professionnels du soin, des représentants d’associations, dont l’UFR (Union des Femmes Réunionnaises), des étudiants en psychologie…
Violence psychologique, physique, sexuelle, affective, conflit de loyauté, déni parental, harcèlement scolaire, responsabilité et devoirs des adultes et des parents… Autant de sujets abordés pendant la conférence et les échanges qui ont suivi.
J’ai vu un public attentif, inquiet, soucieux de comprendre et de mettre en place des changements et des solutions. J’ai entendu des parents capables de se remettre en cause, inquiets de leurs comportements, soucieux de la construction de leurs enfants.
Et un pavé jeté dans la mare sous forme de constat : cette « noble » institution qu’est l’éducation nationale ne bouge pas, n’accompagne ni ne forme ses enseignants, ne reçoit pas les demandes ou ne les comprend pas, ne propose pas de formations, et se montre souvent complice d’une violence intrafamiliale, là où certains enseignants, inquiets pour les élèves dont ils ont la charge et conscients de leurs responsabilités, organisent et proposent des solutions et un soutien, sans l’encouragement de l’administration, parfois en agissant contre les décisions de leur direction.
Il y a fort à faire. Il faut retrousser ses manches. Et il faut croire qu’un jour un changement se fera. L’immobilisme actuel est au détriment des enfants, et crée une nouvelle violence…

LIRE LES NOTES DE CETTE CONFÉRENCE

Pour compléter cette note, cet article paru hier 27 septembre : Des parents publient le journal intime de leur fille qui s’est tuée. 

La dernière conférence de ce cycle sera donnée demain, Jeudi 29 septembre : au campus du Moufia
18h15 : conférence à l’amphi Cadet campus du Moufia Saint-Denis : « Victimes de violence psychologique : rompre le lien et se reconstruire ».

INCESTE ET INCESTUEL – NOTE SUITE AU GROUPE DE DISCUSSION DU 5 MARS 2016

Samedi 5 mars, un groupe de discussion s’est réuni autour d’un thème particulièrement douloureux, et intime : l’incestuel et l’inceste.

 

Ce groupe s’est réuni en présence de Sophie Chauveau, écrivain, auteur de « La fabrique des pervers », à paraître fin avril chez Gallimard. Sophie Chauveau est venue présenter son livre, « autobiographie » familiale relatant l’histoire de sa famille, l’histoire des prédateurs sexuels de sa famille imposant l’inceste sur cinq générations. C’est avec pudeur et chaleur qu’elle livre sa vérité, son histoire, les souffrances de son enfance, son amnésie traumatique, sa compréhension de l’inceste vécu et sa rupture familiale.

 

L’inceste, sujet encore très tabou pour tout ce qu’il comporte de destruction et de violence sexuelle, ne peut cependant être passé sous silence. L’ignorer, c’est ignorer encore les victimes de cette violence particulière infligée par un parent à son enfant. L’ignorer, c’est refuser d’entendre celles et ceux qui en ont été victimes, et qui le demeurent, même à l’âge adulte. L’ignorer, c’est admettre a contrario qu’un parent puisse s’octroyer tous les droits sur son enfant, toutes les possessions et toutes les cruautés.

L’inceste est défini par la loi – modifiée en 2010 pour « élargir le champ des possibles coupables » à toute personne ayant de fait ou de droit un rapport d’autorité à l’enfant au sein de la famille, incluant les frères et sœurs, les cousins, les conjoints suite à une nouvelle union. Jusqu’en 2010, l’inceste ne tombait pas sous le coup de la loi (loi de 1998) : c’est l’abus sexuel sur mineur, (aggravé si l’abuseur a une position parentale, éducative : père, beau-père, père adoptif, tuteur, éducateur…) qui était répréhensible et condamnable. (L’inceste entre adultes consentants n’est pas illégal…). Depuis, la loi du 8 février 2010 punissant spécifiquement l’inceste commis sur les mineurs, qui était jusqu’ici considéré comme une circonstance aggravante des crimes et délits sexuels, a été votée. Ce texte prévoit l’inscription de la notion d’inceste dans le code pénal et dispose que les viols et agressions sont qualifiés d’incestueux lorsqu’ils sont commis « au sein de la famille sur la personne d’un mineur par un ascendant, un frère, une sœur ou par toute autre personne, y compris s’il s’agit d’un concubin d’un membre de la famille, ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait ».

Si la loi condamne l’inceste, elle limite sa pénalisation dans le temps, puisque ce crime reste prescriptible ; et la prescription est de 20 ans une fois la majorité atteinte. Ce qui signifie que passé 38 ans, aucune plainte ne peut plus être déposée contre l’agresseur. Or, la fracture psychique et l’horreur vécue par les victimes causent souvent, avec le trauma, une amnésie. Et c’est souvent bien longtemps après, … bien après 38 ans…, que la mémoire se réveille, autorisant la victime à dire. A dire. Mais plus à dénoncer. Car, au regard de la loi, il est trop tard pour le faire…

Lire la suite de la note

 

©Anne-Laure Buffet
Victimes de violences psychologiques, de la résistance à la reconstruction

DATES MARS – AVRIL 2016

10294478_10152419810359932_2191841927051574617_n
MARS : 
Jeudi 17 mars, Salon du livre, Porte de Versailles, signature de 19h à 21h, stand Le Passeur (H66) – Je serai ravie de vous y rencontrer et d’échanger avec vous.
– Le jeudi 24 mars sera à Fribourg, et pour vous rencontrer, à l’Auberge des quatre vents ( merci de prendre rendez-vous : associationcvp@gmail.com)
AVRIL : 
 
Samedi 9 avril, groupe de discussion de 15h à 18h, sur le thème : Ces mots qui font mal
Mercredi 13 avril, petit-déjeuner de 9h à 11h : La relation incestuelle
Samedi 30 avril : groupe de discussion de 15h à 18h : La prise de conscience et la rupture
Pour les groupes de discussion et le petit-déjeuner : informations et inscription : associationcvp@gmail.com

SUITE AU GROUPE DE PAROLE DU 15 MARS DERNIER

Suite au groupe de parole qui s’est réuni le 15 mars dernier, vous trouverez ci-dessous en version PDF la note rédigée relative à ce groupe;

Le prochain groupe de parole aura lieu le samedi 12 avril. 

Pour plus d’informations : associationcvp@gmail.com

NOTE : GROUPE DE PAROLE DU 15 MARS 2014

 

Cette note porte principalement sur les comportements et les risques incestuels dans la construction de la personnalité de l’enfant.

COMPTE-RENDU DU GROUPE DE PAROLE DU 11 JANVIER 2014

Je tiens tout d’abord à remercier les participants à ce groupe de parole pour leur présence, leur écoute, leurs partages ; pour les moments difficiles, mais aussi pour les sourires qui ont ponctué l’après-midi. Pour leur générosité ; et surtout, pour leur combativité et leur envie d’avancer en comprenant et en surmontant des souffrances vécues.

Les groupes de parole ont entre autres pour objectif de sortir de l’isolement dans lequel plonge la relation toxique, que ce soit avec un conjoint ou un parent. La démarche consistant à s’informer, à prendre contact, puis à venir participer est loin d’être banale.
La victime, en souffrance, se sent le plus souvent « différente », incomprise. Elle culpabilise en ayant peur d’envahir ses proches, de ne pas être crue, de ne pas être acceptée. Elle même a souvent du mal à mettre des mots sur ses ressentis.

Comme le dit une victime : « Cet isolement, ça fait très longtemps que plus ou moins consciemment j’essaie de le briser, en recherchant à quelle catégorie, définition, trauma, identité, voire pathologie, je peux bien me rattacher… Quel peut bien être mon problème en somme… Au moins, j’ai vu que ne serait-ce que ce sentiment d’isolement et de culpabilité de sa propre souffrance peut être partagé avec d’autres personnes.»

Ce groupe a réuni des «anciens », et de nouveaux participants. L’une des forces de ce groupe est de permettre à tous d’y participer, homme et femme, jeune ou moins jeune, victime encore sous emprise ou sortie de cette emprise mais encore en plein questionnement. Le point commun à tous est la volonté d’avancer malgré la relation vécue, de comprendre, de s’exprimer, et de trouver des réponses.

Une remarque, avant de démarrer ce compte-rendu : il y est question d’enfants. Il faut entendre par « enfant » celui qui a un âge d’enfant. Mais aussi de manière plus générale, tout enfant, c’est à dire tout être humain, quel que soit son âge, dans sa relation avec son parent. La prise de conscience et son expression se manifestent le plus souvent à partir de l’adolescence. La mise en place d’une démarche pour mettre un terme à une relation avec un parent toxique n’est souvent possible qu’à l’âge adulte. C’est pourtant bien un enfant qui va l’entreprendre…

Le thème du groupe du 11 janvier était : Parents toxiques – Enfants en souffrance. Parmi les participants, certains sont parents, conjoints ou anciens conjoints de personnalités toxiques ; d’autres sont enfants de ces personnalités. Chacun arrive avec sa propre expérience, son vécu, sa compréhension vis-à-vis d’une histoire personnelle et familiale.

 

Pour lire la suite de cette note en PDF : 

GROUPE DE PAROLE DU 11 JANVIER 2014