LE FONCTIONNEMENT DES GROUPES DE PAROLE

Moment de verbalisation, d’écoute et de partage, les groupes de paroles, animés par des professionnels de la relation d’aide et des professionnels du droit, permettent aux victimes de violences psychologiques, de harcèlement moral dans la vie privée et dans la vie professionnelle :

  • D’exprimer et de partager leur souffrance
  • D’avoir des éclairages psychologiques et juridiques
  • De s’informer sur les différentes solutions afin de se reconstruire
  • D’être orientées individuellement en fonction de leurs besoins vers des personnes

Référents :

Chaque groupe de parole est accompagné d’un ou plusieurs professionnels référents présents selon leurs disponibilités, capables de répondre aux questions et animer les séances.

Le groupe de parole n’est pas une thérapie, il n’y a pas de prise  en charge individuelle mais les animateurs donnent des pistes et des orientations pour permettre à chaque victime de réinvestir son histoire pour avancer.

Confidentialité :

Chaque participant s’engage à ne pas divulguer à des tiers les noms, propos, coordonnées échangés lors du groupe de parole, sauf acceptation expresse.

Respect :

Chaque participant s’engage à respecter la parole de l’autre, son témoignage et ses souffrances.

Chaque participant s’engage à ne pas monopoliser la parole pour permettre à chacun de s’exprimer dans un esprit de compréhension mutuelle et de confiance.

Tout participant pour la première fois pourra, s’il le souhaite, prendre la parole.

Les personnes qui encadrent le groupe le font bénévolement, parce qu’elles souhaitent faire bénéficier le groupe de leur expérience.

associationcvp@gmail.com

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MAIS UN JOUR OU L’AUTRE IL VOUS REMERCIERA D’AVOIR RÉTABLI « SA » VÉRITÉ

Le témoignage d’une enfant devenue adulte. Aux parents inquiets, en souffrance pour leurs enfants, un vécu et un avis qui éclairent. 

Même si vous pensez que dire la vérité sur l’autre parent va blesser l’enfant, que cela sera pour lui trop douloureux, je pense qu’il est pourtant nécessaire de le faire. L’enfant sait, même s’il ne vous le montre peut-être pas, au fond de lui, il sait les défaillances de l’autre parent. Il a vu, il a entendu, et si ce n’est pas le cas, il a RESSENTI.
Ne pas lui dire ne fait qu’engendrer de la souffrance, amplifier l’incompréhension de cet autre parent qu’il aime mais dont il ne comprend pas toujours les réactions, les propos à votre égard. Il entend sûrement des horreurs sur vous, mais pour ne pas vous blesser, il préfèrera se taire et ne pas vous en parler, au grand risque d’intégrer que ces faits sont la réalité. Vous ne voulez pas le blesser, et inversement, mais au final, c’est tous deux qui souffrez. Et l’autre parent s’en sort plutôt bien, en formatant un « petit lui ».

Je sais de quoi je parle, je l’ai vécu, j’ai été la victime d’un parent toxique. Ma chance a été qu’on me l’a expliqué tôt, et très vite, j’ai intégré le fait que j’avais un « bon » père, et le « mauvais » dont je devais à tout prix prendre mes distances, et prendre le meilleur. Cela a été dur (et ça l’est encore) d’accepter le fait qu’il soit malade, j’ai énormément souffert à entendre toutes les absurdités qu’il disait sur ma mère, et j’étais même prête à les croire (pourtant je ne restais que 2h chez lui, une fois par semaine, je vous laisse imaginer les dégâts d’un week end entier). Mais heureusement je pouvais en parler à ma mère qui rétablissait sa vérité, LA vérité.

A ce jour, j’entends votre peur à vous, parents, de dire à votre enfant que son autre parent est malade, mais je ne peux qu’insister, au vu de mon vécu, sur la nécessité de le faire. Bien sûr en s’adaptant à l’âge de votre enfant, et en ayant un discours le moins négatif possible, car il ne faut pas oublier que cette personne (bien qu’inhumaine à vos yeux), reste un parent pour lui, et auprès de laquelle il espère trouver de l’amour. Cela sera douloureux pour votre enfant, il se peut qu’il vous en veuille, qu’il vous accuse de mentir, tellement cette vérité est difficile à accepter, mais un jour ou l’autre, il vous remerciera d’avoir rétabli la vérité, « SA » vérité de vie. Il pourra alors faire ses choix en ayant tous les éléments de son histoire, et non pas en essayant de rassembler des morceaux de non-dits, mensonges. Vous ne pouvez pas, pour son bien-être, le laisser croire aux propos de l’autre parent, par RESPECT pour vous-même, et par RESPECT pour lui. Il a le DROIT à la vérité. Il a le DROIT d’être protégé de l’autre parent. Et cela passe par vous.

Votre enfant sait intérieurement que quelque chose cloche, mais si personne ne lui dit, avec les mots adaptés, comment peut-il se construire une vie d’adulte structurée? Comment se construire lorsque son vécu se base sur des ressentis qu’il ne peut expliquer? Et lorsque son vécu se base sur des mensonges concernant ses parents et donc lui?

Votre DEVOIR de parent est de le protéger, et si vous ne pouvez aller contre des décisions de justice, vous lui devez au moins la vérité. Et c’est énorme.

Courage…

L’ESPT ET LE SYNDROME D’ÉVITEMENT

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ESPT. État de stress post traumatique. Une des conséquences pour les victimes d’avoir vécu en étant soumises à un comportement toxique. L’état de stress post traumatique, connu pour les victimes d’attentats, de guerre, de prises d’otages, de catastrophes naturelles, aériennes… commence à être pris en compte pour les victimes de personnalités toxiques et de pervers narcissiques.

L’État de stress post-traumatique (ÉSPT) est un trouble anxieux se caractérisant principalement par le développement de symptômes spécifiques faisant suite à l’exposition à un événement particulièrement stressant ou à un événement traumatique extrême qui a impliqué la mort, une menace de mort, des blessures graves et/ou une menace à l’intégrité physique de la personne et/ou à celle d’autrui.

L’état de stress post traumatique, en fait, c’est l’impossibilité de contrôler des sentiments, des comportements, des réactions. C’est ce que provoque, entre autres, la « mauvaise madeleine ». Les victimes souffrant d’ESPT sont en souffrance. Elles peuvent être victimes pour avoir directement vécu le trauma ou pour en avoir été témoin.

Niveaux d’état de stress post traumatique ESPT aigu = symptômes persistant moins de 3 mois ESPT chronique = symptôme persistant 3 mois et plus ESPT avec survenue différée = au moins 6 mois se sont écoulés entre l’événement traumatique et le début des symptômes .

Noter que les symptômes et l’importance relative de la reviviscence ou réexpérience (revivre l’événement traumatisant), de l’évitement, de l’hyperactivité neurologique et de la détresse peuvent varier dans le temps. La durée des symptômes est variable avec une guérison complète survenant en trois mois dans environ la moitié des cas alors que de nombreuses autres personnes ont des symptômes qui persistent plus de douze mois après le traumatisme, voir même, durant plusieurs années. Tant et aussi longtemps que la personne ne prendra pas la décision de se prendre charge et aller consulter pour recevoir l’aide nécessaire à son rétablissement.

Le syndrome d’évitement est consécutif de l’ESPT. Syndrome d’évitement : Comportement qui consiste à éviter la confrontation avec l’objet, la situation, la personne ou l’animal phobogène, la simple anticipation déclenchant une réaction anxieuse importante.

Ces comportements, qui font partie intégrante de la névrose phobique, peuvent devenir très invalidants, le patient refusant de sortir de chez lui de peur d’être confronté à sa phobie. Ils permettent de lutter contre l’angoisse, mais celle-ci est susceptible de réapparaitre à la simple idée d’avoir à affronter la situation phobogène. À un degré moindre, chez les personnalités anxieuses ou évitantes (dites classiquement phobiques), l’évitement de toute relation propre à impliquer des engagements d’ordre affectif, sexuel ou agressif, se traduit par des comportements de timidité, d’inhibition et de trac. Un traitement psychothérapique est indiqué.

Le syndrome d’évitement constitue une sorte de « zapping » des pensées, images, sensations et des situations rappelant ou symbolisant les circonstances du traumatisme initial. Parfois, le traumatisé lutte contre le sommeil pour éviter les cauchemars. Cela peut devenir un réel handicap social Les conduites d’évitement ne sont pas des phobies, car là aussi il s’agit d’éviter une situation bien précise en rapport avec un événement récent bien identifié. (1) La conduite d’évitement dissimule souvent le refus du conflit, fréquent pour les victimes souffrant d’ESPT.

Pour exemple, ces témoignages :  » Je sursaute pour un rien, je suis très solitaire, souvent sur mes gardes, je suis toujours très anxieuse, j’évite d’aller faire mes courses aux heures de pointe, je n’ai pas de vie sociale ou si peu… »  » Je pleure pour un rien, j’ai peur d’aller me coucher, je suis comme une enfant, il me faut de la lumière. Et un doudou… »  » Dès que l’on me fait une remarque, je la prends comme un reproche, je me renferme et ne sais jamais quoi dire ou comment réagir… »  » Je ne supporte pas qu’on me demande mon avis. Il va être jugé ; je vais être jugée. »

Pour les personnes qui n’ont pas été soumises à un trauma, il est difficile de comprendre l’ESPT. Pourquoi un évènement anodin, pourquoi quelque chose d’aussi simple que d’aller ou acheter du pain ou répondre au téléphone, entraîne des blocages, de l’anxiété, cette « paralysie » du mouvement et de la pensée ? Les victimes, confrontées au trauma puis à la souffrance, sont en plus exposées au jugement extérieur et aux difficultés à se faire entendre et comprendre. Déjà confrontées à l’isolement, elles s’enferment de plus en plus sans savoir comment se sortir de cette impasse complète.

Guérir de l’ESPT est heureusement possible, en se faisant accompagner par des thérapies adaptées et des professionnels formés à la victimologie ou / et à la souffrance des victimes. Il faut en premier lieu identifier le trauma. Or le trauma tel qu’exprimé par la victime ne sera pas toujours le trauma ayant causé l’ESPT. Identifier la cause permet d’évaluer la conséquence. Pour pouvoir identifier cette cause et de ce fait travailler en thérapie sur le comportement d’évitement et le trouble anxieux, il est indispensable que la victime se sente en confiance, écoutée et comprise, sans jugement extérieur. « Le travail que j’ai fait avec vous m’a aussi beaucoup aidée ces derniers temps, peut-être parce que vous vous êtes spécialisée dans le suivi des victimes et il me semble (mais je demande rarement à un psychanalyste son CV… ) que c’est la formation qui manque souvent aux psy traditionnels qui ne sont pas des « victimologues »… »

 annelaurebuffet@gmail.com

(1) Institut de Victimologie

©Anne-Laure Buffet

L’AMOUR, APRÈS…

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Vous avez compris. Vous avez réagi. Vous avez mis fin à une relation toxique. Vous avez quitté votre conjoint. Vous êtes prêt(e) à entamer une nouvelle vie, et vous espérez que dans cette nouvelle vie, l’amour y aura encore de la place.

Vous faites une rencontre. Vous vous sentez prêt(e) à cette rencontre.

Vous voulez faire confiance. Vous vous sentez prêt(e) à faire confiance.

Vous vous faites aider par un thérapeute, vous parlez avec votre famille, vos amis.

Vous ne voyez pas les ombres qui rôdent.

Mettre fin à une relation toxique, ce n’est pas uniquement dire « stop ». Ce n’est pas quitter la personne, matériellement, prendre « ses cliques et ses claques », et pouvoir dire haut et fort que cette personnalité toxique peut aller se faire pendre ailleurs, que vous avez compris compris et que vous êtes prêt(e) à passer à autre chose.

C’est avant tout avoir fait un travail de deuil complet de ce qu’a été cette relation, de ce qu’elle a entraîné. Il faut retrouver confiance en soi. Il faut consolider cette confiance en soi, la rendre effective, la valoriser. C’est une dépense d’énergie à fournir régulièrement, indispensable pour franchir un cap.

C’est également un travail de renoncement. La personnalité toxique a mis sous emprise entre autres grâce à la critique et au dénigrement. Lorsque la victime se « réveille », elle comprend que tout ce qu’elle a entendu était destiné à l’écraser, mais est FAUX. Il lui vient alors un besoin humain, mais vain, de se justifier. De conserver un lien dangereux avec la personnalité toxique, pour prouver qu’elle n’est pas la pauvre petite chose que le « bourreau » a laissé entendre.

C’est encore se méfier de ses propres interprétations, de ses assimilations. Il faut se séparer d’un prisme dangereux, celui qui fait analyser la nouvelle personne rencontrée au travers du filtre morbide qu’a laissé l’histoire passée. Ce n’est pas parce qu’une réaction, un mot, un geste, pris seul, peut faire sursauter ou frémir, qu’il faut s’en tenir là. C’est l’ensemble du comportement, de l’attitude qui est à prendre en compte, à considérer.

C’est aussi se débarrasser de sa culpabilité. Vais-je savoir aimer encore ? Est-ce que je donne assez ? Est-ce que je donne trop ? Je connais – enfin – mes limites, suis-je en droit de demander qu’elles soient respectées, et comment puis-je le faire ?

Il est tout à fait possible, heureusement, de démarrer une nouvelle histoire après une personnalité toxique. Mais il ne faut jamais oublier que c’est, justement, une nouvelle histoire. Et que, comme pour chaque histoire, il faut se montrer serein. Sans refuser le fait qu’avoir eu une personnalité toxique dans sa vie est un traumatisme, et qu’on ne guérit pas d’un tel traumatisme en lui appliquant un mauvais pansement. Une nouvelle histoire, une nouvelle vie, ne peut être le pansement qui va soigner. C’est une chance.

Le traumatisme quant à lui, s’il n’est pas pris en charge, demeure. Et petit à petit, va gangréner ce qui peut être beau.

©Anne-Laure Buffet

Victimes de violences psychologiques – de la résistance à la reconstruction

LES 20 DEMANDES D’UN ENFANT DE PARENTS SÉPARÉS – CONSTAT

Cet article : LES 20 DEMANDES D’UN ENFANT DE PARENTS SÉPARÉS, a été vu au 9/05/2013, 34.531 fois sur le blog.
Nos amis canadiens sont les premiers à le lire et le relayer.
Je les en remercie.

Il reste évident que la souffrance des enfants est tout aussi inévitable qu’impossible à qualifier et quantifier. Que, malgré toutes les actions et le mobilisations, il reste difficile, et difficile est un piètre mot, de les entendre. D’obtenir qu’ils soient entendus. Compris. Écoutés.

Au-delà de la lecture, bien des actions restent à mener, et c’est à chacun, chaque jour, de relever ses manches.

COUPÉ EN DEUX – TÉMOIGNAGE

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Il y a deux jours, je postais cet article : « COUPÉ EN DEUX« .
Le sujet de cet article est la déchirure, le conflit interne, la lente destruction mentale, que vit un enfant emporté dans la tourmente d’un conflit entre ses deux parents – un parent manipulateur et un parent victime. Conflit dont il devient l’objet sans le vouloir et sans pouvoir s’y opposer.
Certains enfants tombent alors dans un piège encore plus fort : le SAP, notion fortement contestée (comme le montre cet article de décembre 2012 publié sur Mediapart) mais bien réelle, quelle que soit le nom qu’on lui donne.

Suite à l’article « Coupé en deux », plusieurs commentaires, sur le blog ou par mail, dont celui ci-dessous.

Et qui confirme la nécessité de protéger les victimes, et les enfants. Car, SAP, ou nom qu’on veut lui donner, ils n’en sortent jamais indemnes.

Remarquable description du conflit de loyauté (dans le meilleur des cas), pouvant trop facilement mener au SAP – malheureusement – lorsqu’un des parent est PN.

J’ai eu la chance immense de tomber sur une JAF qui partageait cette intelligence avec Salomon. Elle a très vite compris où était l’intérêt des enfants.
Depuis, je ne dis pas que la vie est cependant facile. Malgré le SAP développé par ma fille, je crois encore qu’elle s’en sortira. En tout cas la fratrie l’aidera lorsqu’elle sortira de l’emprise et réalisera le gouffre où elle se débat aujourd’hui. C’est mon énergie qui s’investit dans ce combat aux accents amers et frustrants. Ses frères sont horrifiés autant par les nombreuses attitudes et leurs suites que par le fait qu’elle utilise la boîte à outils de sa mère, de leur mère.
Je crois que dans leur liberté, ils gardent toute latitude et se forment peu à peu leur propre jugement. C’est là que se trouve leur issue. Le chemin de la liberté passe par leur rapport à la responsabilité. En plein SAP, ma fille rejette toute responsabilité. Je pense que ce critère est essentiel, car en refusant d’assumer quoi que ce soit elle joue le jeu du parent PN, telle une munition dans l’arme du prédateur impuissant et morbide.