LE MANQUE EST LÉGITIME

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– Je ne sais pas. Peut-être que je me suis trompée…
– Je pleure tout le temps. Je me sens mal. Il me manque. Peut-être que j’exagère.
– Je ne veux plus parler d’elle. Si je dis que je la regrette, on me répond que je suis dingue ; que je n’ai qu’à y retourner, et que je ne vienne pas me plaindre…
– Personne ne me comprend. Je sais qui il est. Mais j’angoisse sans lui…

Angoisse. Anxiété. Peur. Culpabilité. Doute…
Il y a eu séparation. De votre fait. Un jour pas fait comme un autre, vous êtes parti(e). Vous avez pris vos cliques et vos claques, ou encore la poudre d’escampette… Appelons ça comme vous voulez. Vous êtes parti(e) parce que la situation n’était plus tolérable. Parce que vous vous sentiez en danger. Psychologique. Physique. Un danger parfois mortel. Les intentions suicidaires, les TS (tentatives de suicide), les maladies d’origine somatique, parfois invalidantes, sont la conséquence de ces mois, de ces années passés au contact d’une personne toxique.

– Mais je l’aimais… Et parfois tout allait bien…

Oui, parfois tout allait bien. Parfois. Le toxique séduit. Mais sous contrôle, et le fait au début sans contrainte. Sans violence; Il (elle) charme, promet, enjolive, flatte. Il (elle) endort la vigilance, imite vos qualités, s’appuie sur ce que vous détestez, le conflit, et fait en sorte de ne pas en provoquer. Il est si tendre, elle est si attentive... Bien sûr parfois il (elle) s’emballe, s’énerve… Mais tout le monde est ainsi, n’est-ce pas ?

Oui, tout le monde. Mais chez le toxique, le parfois devient souvent. La norme est dans le contrôle, et le sentiment de malaise qui en découle. Je ne sais pas comment expliquer, il n’y a rien de tangible, c’est un sentiment, c’était son regard, je savais que je ne devais pas aller plus loin, je préférais me taire…
Le toxique anesthésie, d’abord en douceur, puis de manière encore plus insidieuse, en laissant planer le doute du possible conflit si vous n’étiez pas d’accord avec lui. Et si vous n’êtes pas d’accord avec cette personne si parfaite, c’est que vous avez tort, il faut vous remettre à votre place. Vous gronder. Vous punir.

Un jour, le conflit est inévitable. Un jour qui peut être suivi de tant d’autres. Les critiques pleuvent. Le dénigrement suit, les moqueries, les accusations. La diffamation. Le geste brutal, le ton acerbe, le regard glaçant. La main qui se lève et retombe sur vous. Plusieurs fois.

Vous partez.

Et pourtant, quelques temps après, il (elle) vous manque. Vous ne pardonnez pas, mais vous cherchez à l’excuser. À justifier ses gestes. Ses paroles. En bon samaritain, vous voulez encore croire que le changement est possible. Il (elle) vous a appris à croire que vous avez tort. Et ce message contraignant vous poursuit, malgré la séparation, et la distance. Vous avez tort… alors vous regrettez. Vous occultez le pire, cherchant à sauver le meilleur. Vous hésitez… À vouloir recommencer, essayer, encore…

Vous entamez la période de deuil. La nécessité de l’acceptation d’une fin. D’une fin sans retour possible. L’obligation de mettre un terme à tout espoir – vous, l’optimiste le (la) bienveillant(e), vous devez vous interdire de l’être. C’est le deuil d’une histoire sentimentale dans laquelle vous avez été instrumentalisé(e), une histoire d’amour dans laquelle vous vous êtes investi(e), épuisé(e), sans partage.
Le deuil est angoissant, il plonge dans l’abîme, dans la réflexion, dans l’obligation d’être seul(e) avec soi. Il fait naître ou développe les doutes et la culpabilité. Il accroit la honte… Comment raconter tout cela, qui peut l’entendre, qui peut le comprendre ?

Le deuil est nécessaire. Il permet de mettre un terme complet au sentiment qui retient et excuse le toxique. Pas à ses actes, qui peuvent continuer. Mais au sentiment d’amour, d’affection, de dépendance.

Il faut accepter le deuil. Il faut admettre de passer par cette étape douloureuse. Le deuil permet d’avancer, de se reconstruire. Il n’excuse pas le toxique. Il est la conclusion de cette relation.

©Anne-Laure Buffet
annelaurebuffet@gmail.com

L’AMOUR, APRÈS…

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Vous avez compris. Vous avez réagi. Vous avez mis fin à une relation toxique. Vous avez quitté votre conjoint. Vous êtes prêt(e) à entamer une nouvelle vie, et vous espérez que dans cette nouvelle vie, l’amour y aura encore de la place.

Vous faites une rencontre. Vous vous sentez prêt(e) à cette rencontre.

Vous voulez faire confiance. Vous vous sentez prêt(e) à faire confiance.

Vous vous faites aider par un thérapeute, vous parlez avec votre famille, vos amis.

Vous ne voyez pas les ombres qui rôdent.

Mettre fin à une relation toxique, ce n’est pas uniquement dire « stop ». Ce n’est pas quitter la personne, matériellement, prendre « ses cliques et ses claques », et pouvoir dire haut et fort que cette personnalité toxique peut aller se faire pendre ailleurs, que vous avez compris compris et que vous êtes prêt(e) à passer à autre chose.

C’est avant tout avoir fait un travail de deuil complet de ce qu’a été cette relation, de ce qu’elle a entraîné. Il faut retrouver confiance en soi. Il faut consolider cette confiance en soi, la rendre effective, la valoriser. C’est une dépense d’énergie à fournir régulièrement, indispensable pour franchir un cap.

C’est également un travail de renoncement. La personnalité toxique a mis sous emprise entre autres grâce à la critique et au dénigrement. Lorsque la victime se « réveille », elle comprend que tout ce qu’elle a entendu était destiné à l’écraser, mais est FAUX. Il lui vient alors un besoin humain, mais vain, de se justifier. De conserver un lien dangereux avec la personnalité toxique, pour prouver qu’elle n’est pas la pauvre petite chose que le « bourreau » a laissé entendre.

C’est encore se méfier de ses propres interprétations, de ses assimilations. Il faut se séparer d’un prisme dangereux, celui qui fait analyser la nouvelle personne rencontrée au travers du filtre morbide qu’a laissé l’histoire passée. Ce n’est pas parce qu’une réaction, un mot, un geste, pris seul, peut faire sursauter ou frémir, qu’il faut s’en tenir là. C’est l’ensemble du comportement, de l’attitude qui est à prendre en compte, à considérer.

C’est aussi se débarrasser de sa culpabilité. Vais-je savoir aimer encore ? Est-ce que je donne assez ? Est-ce que je donne trop ? Je connais – enfin – mes limites, suis-je en droit de demander qu’elles soient respectées, et comment puis-je le faire ?

Il est tout à fait possible, heureusement, de démarrer une nouvelle histoire après une personnalité toxique. Mais il ne faut jamais oublier que c’est, justement, une nouvelle histoire. Et que, comme pour chaque histoire, il faut se montrer serein. Sans refuser le fait qu’avoir eu une personnalité toxique dans sa vie est un traumatisme, et qu’on ne guérit pas d’un tel traumatisme en lui appliquant un mauvais pansement. Une nouvelle histoire, une nouvelle vie, ne peut être le pansement qui va soigner. C’est une chance.

Le traumatisme quant à lui, s’il n’est pas pris en charge, demeure. Et petit à petit, va gangréner ce qui peut être beau.

©Anne-Laure Buffet

Victimes de violences psychologiques – de la résistance à la reconstruction

LA COLÈRE – BARBARA

Tu bouges, tu bouges
Je ne bougerai pas, j’attends
Et rouge, et rouge
Une flamme s’en va, dansant
Et soudent, c’est la terre
Qui s’ouvre, qui s’ouvre
Vocifère ta colère
Qui claque, éclate
Tu bouges, tu bouges
Moi je ne bouge pas, j’attends

 

Tu tonnes, résonnes
Le bruit de tes cris maintenant
Tu casses, agaces
Le temps a suspendu son temps
Tu armes tes armes,
Tu guettes mes larmes
Et je reste de glace
Méfiante, prudente
Tes armes, tes drames
Ne m’alarmeront pas, j’attends

 

Et je guette, je guette
Je vais saisir entre mes dents
Je guette, je guette
L’instant où tu vas, pantelant ,
Reprendre ton souffle, ton souffle
Qui s’essouffle, s’essouffle
Ça ne tardera pas, attends

 

Alors, alors
Démente mais lente ,
Je me déplace lentement
Mes hanches balancent
J’ai un couteau entre mes dents
Ma bouche, si douce,
Crache le feu et les serpents,
La folie, la furie
Je hurle vengeance
Je n’épargnerai rien, attends

 

La terre, la terre
S’ouvre, s’ouvre
C’est fini, c’est fini
Je ne veux plus de nous, va-t’en
Va-t’en, va-t’en…

 
Une deuxième version a été enregistrée en 1972.
Le deuxième couplet devient :

Tu rages, orages,
Je te regarde et je t’attends
Tourmente, tourmente,
Ta colère va grandissant
Géante, violente,
Ta furie dévaste le temps
Tu armes tes armes
Et guettes mes larmes,
Injuries, incendies,
Je ne bougerai pas, j’attends

Le quatrième couplet :

Alors, alors,
Je bouge, je bouge,
Je me déplace lentement
Et rouge, et rouge,
Une flamme s’en va, dansant
Et soudain c’est l’enfer

 

 

 

FAUTE N°2

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On a la conviction et l’ambition de pouvoir aider. On a la certitude que l’amour est plus fort que tout. On a la volonté de donner sans compter. On ne limite jamais nos efforts. On accepte toutes les concessions, tous les compromis. On se tait. Par amour. Par devoir. Par habitude. « On » n’est plus.

associationcvp@gmail.com

FAUTE N°1

On mise sur l’amour que le PN a pour ses enfants. On pense qu’eux, au moins eux, sont protégés. On accorde un crédit que le pervers narcissique ne mérite pas.
Il n’aime personne.
Il se sert. Il détruit. Puis il jette.