RENDONS JUSTICE À JACQUELINE SAUVAGE – PÉTITION

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Jugée pour le meurtre de son mari Norbert Marot, qui la battait et violait leurs enfants Jacqueline Sauvage a été condamnée à 10 ans de prison ferme par la cour d’assises du Loiret. L’avocate générale n’ayant pas retenu la préméditation. Ce procès a été marqué par les témoignages bouleversants de ses filles, qui ont raconté à tour de rôle les années de violences conjugales subies par leur mère, mais aussi les viols dont elles ont été victimes. Des faits atroces qui ont poussé certaines personnes a dénoncé la sévérité du verdict.

Le témoignage de Jacqueline Sauvage

Jacqueline Sauvage a raconté cette journée devant la Cour. Le matin, elle travaille dans le bureau de sa maison. Elle déjeune ensuite avec son mari et, fatiguée à cause des cachets qu’elle prend, elle part s’allonger (elle aurait ainsi dormi cinq heures). C’est alors qu’elle est réveillée par son mari.  » Il m’a tiré par les cheveux, m’a dit va faire le manger, il m’a poussée ». Elle explique que cela l’a mise hors d’elle et qu’elle n’a pu se contrôler. Elle prend le fusil. « Il y avait toujours des cartouches. J’ai pris le fusil derrière la porte, j’ai armé« . Elle explique avoir ensuite perdu le contrôle d’elle-même et avoir fait feu sur son mari : « j »ai explosé. Je me suis rendu compte de mon geste ensuite, et  j’ai appelé le 18. Je n’étais plus moi même. Il m’avait ouvert la lèvre une nouvelle fois « .

UNE PÉTITION SOUTENANT L’APPEL DE JACQUELINE SAUVAGE, APPEL QUI AURA LIEU EN DÉCEMBRE À BLOIS, DOIT ÊTRE SIGNÉE, AFIN DE CONTRIBUER NON SEULEMENT AU SOUTIEN DE CETTE VICTIME ET DE SA FAMILLE, MAIS DE MANIÈRE PLUS GÉNÉRALE, AFIN DE CONTRIBUER À LA RECONNAISSANCE DES VIOLENCES CONJUGALES.

SIGNER LA PÉTITION

L’EMPRISE, LE FILM – REPLAY

Hier, la diffusion du film L’emprise par TF1 a réuni plus de 8 millions de téléspectateurs.
Pour celles et ceux qui souhaitent le voir ou le revoir :

LE REPLAY

Pour une discussion – débat entamée hier sur Facebook, pour y participer et la continuer :

L’EMPRISE
DISCUSSION – DÉBAT

L’EMPRISE – TÉLÉFILM

DEMAIN LUNDI 26 JANVIER
TF1 diffuse à 20H55 un téléfilm réalisé par Claude-Michel Rome : « L’emprise ». 

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Durant la diffusion du téléfilm et jusqu’à 23h30, nous pourrons échanger en direct et en privé afin de préserver l’anonymat de chacun : Anne-Laure Buffet, contact sur Facebook 

L’emprise est l’histoire vraie d’Alexandra Guillemin, née Lange. Alexandra a été mariée pendant 14 ans, et victime de la violence de son mari pendant 14 ans.
En 2009 à Douai, elle poignarde son mari lors d’une dispute conjugale.

LA BANDE ANNONCE DU TÉLÉFILM

Renvoyée devant les assises, elle a été acquittée.

Des documents à voir :

LE PROCÈS D’ALEXANDRA LANGE

ALEXANDRA LANGE, FEMME BATTUE, interview sur BFM TV

 

À lire  : le réquisitoire du procureur Frémiot, qui a permis l’acquittement d’Alexandra Lange :

Alexandra Guillemin, nous avions rendez-vous. C’est un rendez-vous inexorable, qui guette toutes les victimes de violences conjugales. Ce procès vous dépasse parce que derrière vous, il y a toutes ces femmes qui vivent la même chose que vous. Qui guettent les ombres de la nuit, le bruit des pas qui leur fait comprendre que c’est l’heure où le danger rentre à la maison. Les enfants qui filent dans la chambre et la mère qui va dans la cuisine, qui fait comme si tout était normal et qui sait que tout à l’heure, la violence explosera.

Elles sont toutes sœurs, ces femmes que personne ne regarde, que personne n’écoute. Parce que, comme on l’a entendu tout au long de cette audience, lorsque la porte est fermée, on ne sait pas ce qui se passe derrière. Mais la vraie question, c’est de savoir si l’on a envie de savoir ce qui se passe. Si l’on a envie d’écouter le bruit des meubles que l’on renverse, des coups qui font mal, des claques qui sonnent et des enfants qui pleurent.

Ici, dans les cours d’assises, on connaît bien les auteurs des violences conjugales. De leurs victimes, on n’a le plus souvent qu’une image, celle d’un corps de femme sur une table d’autopsie. Aujourd’hui, dans cette affaire, nous sommes au pied du mur, nous allons devoir décider.

Mon devoir est de rappeler que l’on n’a pas le droit de tuer. Mais je ne peux pas parler de ce geste homicide sans évoquer ces mots des enfants : « Papa est mort, on ne sera plus frappés ». «Papa, il était méchant ». « Avec nous, il se comportait mal, mais c’était rien comparé à ce qu’il faisait à maman ».

On n’a pas le droit de tuer, mais on n’a pas le droit de violer non plus. D’emprisonner une femme et des enfants dans un caveau de souffrances et de douleur.

Je sais la question que vous vous posez. « Mais pourquoi Alexandra Guillemin n’est-elle pas partie avec ses enfants sous le bras ? » Cette question est celle d’hommes et de femmes de l’extérieur, qui regardent une situation qu’ils ne comprennent pas et qui se disent « Mais moi, je serais parti ! ». En êtes-vous si sûr ?

Ce que vivent ces femmes, ce qu’a vécu Alexandra Guillemin, c’est la terreur, l’angoisse, le pouvoir de quelqu’un qui vous coupe le souffle, vous enlève tout courage. C’est sortir faire les courses pendant cinq minutes parce que celui qui vous envoie a calculé exactement le temps qu’il vous faut pour aller lui acheter ses bouteilles de bière. Et c’est à cette femme là que l’on voudrait demander pourquoi elle est restée ?

Mais c’est la guerre que vous avez vécu, Madame, la guerre dans votre corps, dans votre cœur!

Et vous, les jurés, vous ne pouvez pas la juger sans savoir les blessures béantes qu’elle a en elle. C’est cela être juge, c’est être capable de se mettre à la place des autres.

Alexandra Guillemin, il suffit de l’écouter, de la regarder. De voir son visage ravagé. Mais un visage qui change dès qu’elle parle de ses enfants. On a beaucoup dit d’elle qu’elle était « passive ». Mais c’est une combattante, cette femme! Ses enfants, elle leur a tenu la tête hors de l’eau, hors du gouffre. Il n’y a pas beaucoup d’amour dans ce dossier, mais il y a le sien pour ses enfants, et ça suffit à tout transfigurer. Ils ont 13, 11, 8 et 6 ans aujourd’hui, ils vous aiment, ils seront votre revanche.

Nous, la question que nous devons nous poser, c’est : « de quoi êtes-vous responsable, Alexandra Guillemin ? » Quelle serait la crédibilité, la légitimité de l’avocat de la société qui viendrait vous demander la condamnation d’une accusée, s’il oubliait que la société n’a pas su la protéger ?

Alors, je vais parler de légitime défense. Est-ce qu’au moment des faits, Alexandra Guillemin a pu penser qu’elle était en danger de mort ? Est-ce qu’en fonction de tout ce qu’elle a vécu, subi, elle a pu imaginer que ce soir là, Marcelino allait la tuer ? Mais bien sûr ! Cela fait des années que ça dure. Alexandra a toujours été seule. Aujourd’hui, je ne veux pas la laisser seule.”

Et il a conclu  ce bien curieux, mais si humain, si courageux, réquisitoire, par ces mots encore plus curieux dans la bouche d’un procureur, mais tellement humains, tellement courageux :

C’est l’avocat de la société qui vous le dit : vous n’avez rien à faire dans une cour d’assises, Madame.

Acquittez-la !

 

Et le livre – témoignage d’Alexandra Lange :  Acquittée

Anne-Laure Buffet

annelaurebuffet@gmail.com

 

 

LA NOTION TROP COMPLAISANTE DE « LITIGE D’ORDRE FAMILIAL »

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Attendu que : « Il s’agit d’un litige d’ordre familial, il n’apparait par conséquent pas inéquitable de laisser à charge de chacune des parties les sommes exposées et non comprises dans les dépens ».

Litige d’ordre familial… Certes. Il s’agit d’un couple qui n’est plus. De deux personnes qui se sont aimées… Ou plus exactement d’une personne qui a aimé. Et d’une autre qui a manoeuvré. Il s’agit d’enfants. De vies à faire, à construire. De relations où la raison ne peut exister.

Il s’agit de bien plus. Il s’agit d’êtres humains qui peu à peu perdent leur substance, leur énergie, leur savoir. Outre la confiance en soi qui, si un jour a été présente, est ravagée. Outre le temps perdu à se défendre ou à se protéger. Outre les combats à mener dans une société où pour vivre, tout est lié à des notions et des ratios économiques. Tu gagnes ta vie, t’es quelqu’un, sinon, tu peux crever… et c’est ce à quoi mènent les pervers narcissiques. À crever. Quand il n’y a plus d’amour, plus d’espoir, plus de travail, plus d’argent, plus d’envie, plus d’attente ; lorsque chaque porte poussée pour recevoir laide qu’on peut espérer, d’un médecin, d’un encadrement, de la justice, lorsque lesdites portent vous sont claquées au nez, vers qui peut-on se tourner ?

Lorsque des enfants en viennent à abandonner leurs études, à sombrer dans la délinquance ou la dépression ; lorsqu’ils rejettent le parent déjà victime de la manipulation ;

Lorsque le miroir ne renvoie comme simple image que celle d’une coquille vide, sans aucun intérêt ni avenir ;

Il n’est plus question de litige d’ordre familial. Il est question de juger des actes conscients ayant un seul objectif : détruire un être humain.
Calomnier, diffamer, critiquer, mettre à l’écart, nuire délibérément, atteindre à la santé psychologique, et physique, de l’autre, n’est pas de l’ordre du litige familial. Atteindre à la vie d’autrui, parent, enfant, frère, soeur, voisin, collègue, subordonné, est criminel.

Mais la justice ne le voit pas, ou rarement. Elle ne l’entend pas, ou si peu. Elle condamne par défaut et sans prononcer de peines réelles.
La justice se retranche, pour ne pas avoir à trancher, derrière la notion si complaisante de « litige d’ordre familial ».

J’ai volontairement retiré sa majuscule à la justice. Je n’en attends plus grand chose, et j’en attends tout : une réaction. Des décisions. Des actes et des jugements.
En restant aussi neutre, la justice participe du crime, et s’en lave les mains. Elle a fait son travail. Elle a appliqué la loi. Elle n’ira pas plus loin et se dédouanera en prétextant qu’elle a peur de se tromper et de condamner un innocent.

La justice collabore à cette forme d’assassinat humain et le fera tant qu’elle refusera de s’imposer, et de s’opposer.

HARCELÉ À PERDRE LA RAISON, OU LA TERRIBLE SOUFFRANCE DU JARDINIER

C’est un documentaire glaçant. Harcelé à en perdre la raison, le dernier film de Daniel Kupferstein (ACT Média Diffusion), raconte l’histoire de Jean-Michel Rieux, employé municipal à Béziers (Hérault). Victime de harcèlement moral au travail, il entame une descente aux enfers qui s’achève dans la folie et par un drame mortel.

Il est rare de voir un documentaire avec autant d’émotion. « Harcelé à perdre la raison » dévoile la descente aux enfers de Jean-Michel Rieux, jardinier municipal, rendu fou de désespoir par le harcèlement de ses supérieurs hiérarchiques et de quelques collègues. Il tuera sa femme et ses deux enfants en 2003, et se pendra dans sa cellule quelques jours plus tard.

Chronique du fascisme ordinaire

{…} Or le climat y est délétère, pour lui même comme pour ses collègues soumis à la bêtise humaine la plus noire, au racisme, au fascisme ordinaire. Jean-Michel Rieux affronte seul les moqueries incessantes vis à vis d’un handicapé qu’il est de bon ton de relayer si l’on ne veut pas d’ennuis. Il ne rit pas non plus de la plaisanterie quotidienne exigeant que l’un d’eux, le plus faible, toujours le même,  baisse son pantalon pour vérifier « qu’il en a ». Lui même fait l’objet d’attaques racistes car sa femme est d’origine algérienne. Un tract placardé pendant trois semaines dans le vestiaire des espaces verts, inaccessible car mis sous clé, instaure un nouveau permis de conduire : « si vous écrasez un Arabe : + 2 points, le couple : + 3 points, la femme avec la poussette : +… ». Alertée par Jean-Michel Rieux, le médecin du travail, Marie-Hélène Delhon, peine à recopier cette infamie et cherche à rencontrer le chef de service sur le champ. Peine perdue, il est absent.{…)

 Marie-Hélène Delhon, médecin du travail, a suivi cette affaire de bout en bout. Elle en a écrit un livre, témoignage essentiel.

Voir également l’article complet de Françoise Degert. 

Le site dédié au combat des parents de J.Michel pour faire reconnaître son harcèlement moral au travail : affairerieux

Le film sera diffusé  :

– Mardi 7 mai à 20H30, au cinéma Le Méliès 12, rue Denis Papin à Port de Bouc (13)

– Samedi 25 mai à 15 h 30, à la Bibliothèque Kateb Yacine 202 Grand Place à Grenoble (38)

– Lundi 27 mai à 18H (à confirmer), Salle Rabelais 27 Boulevard Sarrail à Montpellier (34)

– Jeudi 13 juin à 20h30, dans le cadre des jeudis de Chroma, au cinéma Le Royal 409 avenue Felix Geneslay Le Mans (72)

On peut également se procurer le DVD, 15 € + frais de port, en le commandant par mail 

à Daniel Kupferstein :  danielkup@hotmail.fr

Pour le livre, 20€,  écrire à Marie-Hélène Delhon :docteurmhdelhon@laposte.net