AGIR POUR LES PERSONNES VICTIMES DE VIOLENCE PSYCHOLOGIQUE

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La violence psychologique est totalement destructrice pour la personne mise sous emprise et la subissant au quotidien.

D’une part, cette violence, insidieuse, quotidienne, répétitive, ne s’accompagne pas toujours de faits. Les personnes ayant subi une telle forme de violence le disent elles-même : « J’aurai préféré être frappé(e), au moins une blessure ça cicatrise. Et ça se voit. On sait pourquoi on a mal. Et on peut être cru. » Dans la violence psychologique, les coups sont portés, mais ce sont des coups verbaux. Des insinuations, des dénigrements, des mises à l’écart, des critiques et des reproches constants. L’humiliation, qui prend différentes formes, ne cesse jamais. La personne est alors conditionnée.

Enfant, elle ne peut imaginer que les relations familiales, que le parent, puisse être autrement. Elle intègre ce fonctionnement comme étant normal, ou pour le moins, celui auquel elle a droit, celui qu’elle mérite. L’enfant n’est pas en capacité de distinguer le bien du mal, le normal de l’anormal.
Adulte, la personne qui se retrouve sous emprise ne peut le saisir tout de suite. Séduite par des paroles et des comportements toxiques, elle reçoit dans un premier temps beaucoup d’attention, de présence, qu’elle prend et confond avec de l’amour. tant que l’agresseur, le « bourreau », est en phase de séduction, rien dans son attitude ou dans ses paroles ne mettra explicitement celle qu’il a choisie comme victime en danger. Bien au contraire, les témoignages montrent à quel point cette période a pu être idyllique, rassurante, apaisante.
Ce qui peut surprendre est cette réflexion qui revient bien souvent « Dès le début j’ai senti que quelque chose ne collait pas ; mais j’ai pensé que c’était moi qui était trop prudent… et je me suis laissé(e) faire, je me suis laissé(e) avoir. »

Peu à peu le comportement de la personnalité toxique évolue. Viennent les reproches, la surveillance, le questionnement, la remise en cause. La personne qui subit ces agissements s’isolent, se dévalue, perd confiance en elle. Parler lui semble interdit, agir est presque impossible, se rebeller est honteux et impensable.

Les évolutions législatives, les écrits de nombreux spécialistes, les formations – encore trop peu nombreuses – de quelques professionnels, l’information médiatisée, permettent d’alerter, de prendre en compte, cette violence psychologique.
Encore trop mal et trop peu.
Si les personnes qui se sont retrouvées victimes commencent à parler et à agir, à se défendre, à combattre cette violence, elles sont encore minoritaires.
Et doivent faire face à un parcours long et difficile. Sur ce parcours, de manière non exhaustive et dans le désordre, nous retrouverons les étapes suivantes :
– trouver un espace de parole pour se reconstruire et être accompagné(e)
– mettre à distance, fuir, couper les ponts avec la personnalité toxique
– porter plainte, dénoncer les actes de maltraitance et de malveillance
– sortir de l’isolement, reprendre confiance en soi, renouer des liens sociaux, amicaux, professionnels
– assurer matériellement un quotidien, lorsqu’il est classique que le « toxique », calculateur, obsédé par l’argent, prenne, spolie, triche, dupe, escroque
– protéger les enfants de comportements destructeurs, de conflits de loyauté, d’une mise en danger dont ils vont être les victimes collatérales puis directes
– affronter le regard des incrédules, des juges – ceux des tribunaux, et pire encore, ceux qui se croient à même de juger
– …

Chaque action à mener est douloureuse. Une fois que la personne réduite à l’état de victime en prend conscience, elle ressent doublement cette souffrance : celle qu’elle a vécu, et celle qu’elle va devoir vivre encore pour être reconnue comme ayant subi la violence psychologique, et ayant des droits à être défendue.
La personne a peur.
Elle n’ose pas.

C’est pourtant dès la prise de conscience qu’il faut encourager ces personnes à agir. À dénoncer une situation, à revendiquer des droits, à se battre.
C’est aux professionnels, dès cette minute, d’entendre les victimes et de leur proposer un accompagnement le plus complet possible. Juridique, et psychologique. Pour la meilleure défense des droits, pour la meilleure reconstruction de la personne. Pour lui permettre de croire en l’avenir, de le préparer, et de le vivre.

Au sein de l’association CVP, nous proposons cet espace de parole indispensable pour les personnes victimes de violences psychologiques. Nous orientons vers des professionnels de la prise en charge thérapeutique.

Nous prenons en compte la personne en tant que personne, et non en tant que dossier.
Chacun mérite écoute, temps, et soutien et défense.

Anne-Laure Buffet
06 65 14 97 33
Présidente de l’association CVP – Contre la Violence Psychologique   associationcvp@gmail.com

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9 réflexions sur “AGIR POUR LES PERSONNES VICTIMES DE VIOLENCE PSYCHOLOGIQUE

  1. je n’arrive pas à faire tous ce que vous préconisez , je suis trop seule et trop amoureuse de lui qui pourtant me trompe et me jette dehors de temps en temps … j ‘ai juste envie de mourir !

  2. Bonjour Maryline,
    Si j’ose…, prenez du temps, du temps pour vous.
    Un moment seule, sans stress, sans pression. Je connais malheureusement que trop bien le sens et le poids de vos paroles.
    La prochaine fois qu’il vous jète dehors comme vous dites prenez cette aubaine et votre courage à deux mains et fuyez, fuyez loin. Si vous avez des enfants, prenez-les sous le bras et partez le plus loin possible, sans jamais vous retourner!
    Peut-être que le soutien d’un professionnel vous aidera à vous sentir moins seule et à comprendre et accepter le VRAI fonctionnement d’une personne toxique.
    Je vous envoie mes meilleures pensées et beaucoup de courage.
    Après la tempête, le beau temps

    • Bonjour, je sais a quel point il est difficile de partir avec ses enfants dans les bras en laissant tout derrière soi et sans soutien et les gens qui ne comprennent pas vos actes.la peur de ne pas savoir ou dormir ….mais vous avez toujours une personne qui peut vous aider soit dans vos connaissances, entourage, famille amis association, mairie, assistante sociale……c est difficile mais la seule solution pour se sortir de cet enfer alors courage, partez et ne vous retourner pas!

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  5. Ma sœur a porté plainte mais il ne la jamais vraiment battu, elle s’est enfuie avec ses deux enfants, et a trouvé refuge dans un foyer, c’était il y a un mois, et je viens d’apprendre qu’elle est retournée hier vivre avec lui, que puis-je faire, je sais qu’elle est en danger, il finira par la tuer, ou elle se suicider.

  6. J’ai souvent employé ce terme.. « J’aurai préféré être frappée, au moins une blessure ça cicatrise., mais surtout ça se voit. On sait pourquoi on a mal. Et on peut être cru. » Et on aurait eu une preuve pour agir et pas croire que c’est de notre faute. Et la deuxième phrase est « Dès le début j’ai senti que quelque chose ne collait pas ; mais j’ai pensé que c’était une faille dont j’étais capable par amour de dépasser… et je me suis laissée faire, je me suis laissée avoir., je me suis laissée emprisonnée ».

  7. Pingback: Les dégâts de la violence psychologique – Entre Nous

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