LE BESOIN DE RECONNAISSANCE

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La prise de conscience, pour les victimes, implique de nombreuses conséquences et ressentis.
La culpabilité, la honte, la peur, le constat d’un isolement, la nécessité de faire prendre en charge des troubles physiques, le besoin d’agir en justice, de se défendre et de se protéger, font partie de ces conséquences.
Que ce soit en thérapie, devant des professionnels, au moment de porter plainte, en présentant le dossier à un avocat, en se présentant devant le juge, la victime formule toujours la même demande, directement ou indirectement, consciemment ou inconsciemment : être reconnue comme telle. Entendre le mot VICTIME. Sentir que son vécu, son histoire, sont entendues, comprises. Elle demande à recevoir non pas une médaille, ni même de la compassion, mais une reconnaissance.

Privée de son statut d’humain par le / la MPN, par la personnalité toxique, privée de sa capacité de penser, d’agir, de raisonner, d’être, elle attend que lui soit restitué ce qu’elle est vraiment, ce que le toxique a voulu faire disparaître.

Entendre : « Vous êtes victime d’une personnalité toxique, vous avez été mise sous emprise, il / elle vous a nuit, vous a détruit, vous a fait du tort », c’est entendre que son vécu compte, pour ce qu’il est. Qu’une nouvelle fois elle n’est pas dénigrée déconsidérée, mal jugée.

S’il n’est par la suite pas question de demeurer dans ce statut de victime, s’il faut mettre en place un accompagnement, retrouver l’usage de la parole, se mettre à dire, ainsi qu’à comprendre ce qui a autorisé le toxique à agir de la sorte, il est indispensable pour une victime de sentir la compréhension, ce qui est tout à fait différent de la pitié, dans le regard et l’écoute de son / ses interlocuteur(s).

Imaginez le – presque – pire : vous devez être amputé d’une jambe. Vous êtes physiquement handicapé, d’un handicap visible. Vous vous retrouvé dans un groupe de personnes valides. L’une d’entre elles, face à vous, va vous proposer un sprint. Au mieux, vous vous direz qu’il est distrait. Au pire, vous allez pensez que c’est un sombre idiot, si ce n’est plus, et vous ne lui adresserez plus jamais la parole.

La victime de violences psychologiques est ainsi. Sauf que son handicap est invisible aux yeux des autres.
Alors, une fois sortie de l’emprise, elle veut parler. Elle veut comprendre ce qu’elle a vécu, tout comme elle veut être comprise.
Malheureusement le manque de formations et d’informations empêchent très – trop – souvent cette écoute et cette compréhension.

C’est alors la double peine qui s’applique pour la victime : dénigrée, malmenée, détruite par la personnalité toxique, elle se retrouve rejetée, incomprise, malmenée.

Quand je les reçois en consultation, la première phrase que j’entends est : « Vous n’allez pas me croire. »
Je les crois. Je crois même lorsqu’elles racontent le pire. Je sais que c’est vrai.

« Vous êtes une victime. Vous l’avez été. Maintenant, vous allez vivre. »

Anne-Laure Buffet
annelaurebuffet@gmail.com

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5 réflexions sur “LE BESOIN DE RECONNAISSANCE

  1. Bonsoir,

    Comment peut on faire quand on est victime de violence moral et que la personne toxique retourne ça contre vous en déposant plainte au tribunal?
    Comment prouvez au tribunal que c’est vous la victime et non elle?

    Isa

  2. Merci de mettre des mots sur ce terrible sentiment… Je me sens toujours sous le coup d’une double injustice, et je ne peux pas m’expliquer pourquoi, mais votre mot « malmené, jugé, ..; » c’est exactement la raison pour laquelle je n’ai jamais parlé avant mes 40 ans de ce que je vivais avec ma mère, qui est si « gentille » pour moi… J’en ai perdu tous mes cheveux, mais si je peux avoir des contacts avec elle … où je lui signale ce qui m’a blessée, ce qui était injuste, sans rien revendiquer de sa part, à quoi elle répond invariablement :  » je ne m’en souviens pas, je ne me rendais pas compte » , je ne peux toujours pas passer sur son manque de reconnaissance de sa responsabilité, sur les comportements injustes qu’elle continue à me faire subir. Et si elle peut avoir oublié ses méchancetés passées, je suis incapable de lui formuler les injustices actuelles qu’elle me fait toujours subir, même si c’est clair dans ma tête … Je hais cette impotence chez moi, même si je peux encaisser les commentaires bien pensants à propos de notre relation si distante « Mais c’est ta maman » ou pire « Une maman, on n’en a qu’une! » …

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