LE « BON PARENT »

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Demandez à un enfant lequel de ses deux parents il préfère… Le choix est impossible.
Il se doit d’aimer autant son père que sa mère. Il se doit le respect. Il se doit de ne pas avoir de préférence.

Vient l’heure de la séparation. Dans un monde idéal, pour l’enfant, il pourrait voir autant l’un et l’autre de ses deux parents, à sa guise, et en fonction de son envie, de ses attentes, de son humeur.

Dans un monde un peu moins idéal, il doit se soumettre aux décisions d’adultes. Non seulement ceux dont il descend, mais également d’avocats, de juges, qui ne connaissent de son quotidien que les lignes écrites sur le dossier. Si les parents ont pu se mettre d’accord « dans l’intérêt de l’enfant », il n’est peut-être pas heureux de cet accord. Mais il le vit sans supporter un conflit. Si les parents ne sont pas d’accord, le juge tranche… et l’enfant supporte cette décision à laquelle il n’a pas pris part, et souvent sans pouvoir donner son avis. On sait que les enfants peuvent être entendus, la loi précisant que c’est à partir de l’âge du discernement. Encore faut-il pouvoir discerner si l’enfant est justement capable de discernement…

Dans un monde encore moins idéal, il devient l’objet d’une guerre. Les deux parents s’arrachent cet enfant qui devient autant sujet de discorde qu’une télévision, une pile d’assiettes ou une douzaine de verres. Sans y faire attention, pour pouvoir « l’avoir » avec eux, et qu’il ne soit pas « chez l’autre », ils vont se battre. Parfois, tous les moyens sont bons. Ils oublient seulement qu’en se jetant les assiettes à la tête, on les casse, mais que ce que l’on casse dans la tête d’un enfant ne se voit pas, et peut être bien long à réparer.

Dans le monde du pervers narcissique, l’enfant devient objet. Il est chosifié, comme l’est la victime du PN. Il est une arme, une source de conflit, de reproches, de critiques, de chantage. Tout ce que la victime entreprendra pour son enfant sera décortiqué, passé à la loupe, examiné au plus près. La moindre erreur, la plus petite faille, le premier rhume, la mauvaise note qui surgit du bulletin, et l’accablement recommence. L’enfant devient aussi victime que la victime elle-même. C’est un dommage collatéral inévitable.
Le pervers narcissique va le chosifier d’autant plus qu’il reportera toutes ses tentatives de séduction sur l’enfant. Blâmant encore et toujours l’autre parent, qui ne saura plus se comporter naturellement avec son enfant de peur du jugement inévitable, le PN va se montrer généreux, à l’écoute, attentionné avec sa progéniture. Aux yeux de tous, il passera alors pour le bon parent. Celui qui prend les décisions nécessaires et justes, celui qui sourit, celui qui organise, celui qui comprend… Pendant ce temps, la victime tentera de se débrouiller avec ses propres armes, cherchant à faire au mieux, n’osant pas, en faisant trop, attendant des réponses aux demandes qu’elle peut formuler – réponses qui viennent trop tard, ou jamais. Au mieux, elle sera vue comme une pauvre chose trop fragilisée par sa séparation. Au pire, elle fera l’objet des critiques de son entourage – et ce d’autant plus qu’elle sera souvent à l’initiative de la séparation. « Non seulement elle a eu ce qu’elle voulait, mais elle n’est même pas capable d’assumer ses gosses…! »

Et l’enfant devient une balle de tennis, renvoyée de l’un à l’autre de revers en smash. Comme une balle de tennis, il se déforme. Comme une balle de tennis, il prend des coups. Comme elle, il doit apprendre à rebondir, ou à s’écraser. Comme elle, il s’use. S’abîme.
Mais une balle de tennis, lorsqu’elle est trop usée, on peut la changer. Pas un enfant. Le PN s’en moque, tant que l’enfant nourrit son intérêt. 

©Anne-Laure Buffet

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3 réflexions sur “LE « BON PARENT »

  1. La lecture de cet article sur les PN parents me laisse perplexe. En effet , j’ai pu constater à de nombreuses reprises dans mon entourage que le parent qui se positionne comme une victime est souvent lui même le pervers… Celui ci taxe alors son ex compagnon de manipulation alors qu’il est incapable de se mettre lui même en cause … Charger l’autre parent permet à cette fausse victime de tenter de dissimuler ses propres travers . Soyons rassurés malgrè tout , ces fausses victimes de soit disant pervers narcissiques sont très reconnaissables …

    • C est même a cela qu on les reconnaît les pervers narcissiques, ils sont des victimes qui se plaignent au grand jour, il y a toujours des méchants qui lui en veulent et nous les vraies victimes, ne disons rien parce que nous , nous ignorons longtemps que nous sommes victimes.
      Et lorsque nous en prenons conscience nous avons tellement honte que parler n est pas notre première idée , nous ne le faisons que lorsque nous nous rendons compte que c est la seule façon de nous délivrer de ce mal qui nous ronge , l emprise
      Qui se venterait de faire partie d une secte, personne ! Nous , nous avons été le membre le plus actif de la secte de notre conjoint dans laquelle nos enfants sont souvent membres involontaires mais qui souvent choisissent le plus fort donc le manipulateur

  2. « nous ne le faisons que lorsque nous nous rendons compte que c est la seule façon de nous délivrer de ce mal qui nous ronge , l’ emprise »………… problème, lorsque 90% de la culpabilité nous a quitté, et l’ on commence à parler (ou se plaindre) le jeu de rôle s’ inverse pour le PN qui fonde alors sa victimisation passée………. un cycle infernal! une nasse, un piège qui se referme.

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