VOTRE REPUTATION EN APPLICATION(S)

Extrait du nouvel article paru sur le site Anne-Laure Buffet Accompagnements & Formations

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Tout commence entre Truman Show et Bienvenue à Gattaca. C’est beau, c’est propre, c’est frais, c’est pastel, c’est souriant, c’est chamallow et bubble gum. Et même si je trouve aux personnages croisés dès les deux premières minutes un comportement allant du niais au parfaitement ridicule (hormis un…), je regarde puisque je suis docile et qu’on m’a dit de regarder. L’héroïne de l’épisode, Lacie, vit dans un monde merveilleux. Pas de bruit, pas de cris, pas de dénigrement (…), pas de mauvais jugement (…), on s’aime, on s’apprécie, et on se le dit.

Non.
On se l’écrit.
Non non non.

On se note. On s’étoile. On se tient bien parce que si on ne le fait pas, on chute. Cette version policée du monde est aussi privative de liberté qu’angoissante pour l’authenticité de chacun.

Et ce n’est pas le Meilleur des mondes. Ce n’est pas un monde parfait. C’est  un monde, une société qui petit à petit vous dépersonnalise, vous oblige à vous conformer tel qu’il faut être et être vu(e) pour pouvoir y vivre. Sinon, vous êtes grillé. Désétoilé. Vous chutez. Vous n’êtes plus rien.

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©Anne-Laure Buffet

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LES DANGERS DU VIRTUEL (3) : L’OBSESSION

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Le monde virtuel rend dépendant. Les possibilités d’être en permanence relié, en communication, en interaction avec l’autre, sont multiples.
Simple constat : dans les transports en commun, au restaurant, dans les files d’attente, dans la rue à l’arrêt du bus, à la pause cigarette entre deux réunions, le premier réflexe est de regarder son téléphone. De vérifier ses mails.

Lorsque l’enjeu est relationnel, affectif, le réflexe est d’autant plus important. Celui ou celle qui cherche un lien, un réconfort, une présence, va vérifier aussi souvent que possible si « vous avez un nouveau message ». Celui, ou celle, qui se sert de ce biais pour capter une proie, va jouer du message, sur le fond, la forme, et dans la fréquence. Cet écran de fumée qu’est le virtuel devient pour la proie un cordon ombilical la reliant sans cesse à cette personne qu’elle ne connait pas, qu’elle croit connaître, dont elle se pense l’ami(e), l’amoureux(se), dont, bien vite, elle ne peut se passer. Ce qui compte n’est plus tant le contenu du message que la fréquence de celui-ci.

Inversement, la personnalité toxique va user de cette liberté, tout autant que cette dépendance, que crée Internet. « Je n’avais pas de réseau… J’étais pris en réunion… Je ne pouvais VRAIMENT pas te parler mais pourtant sois sûr(e) que je le VOULAIS… Tu me manques, j’aime tes mots, j’aime ton intelligence, j’aime notre relation, mais je ne peux pas me connecter en permanence… »

La proie, séduite, confiante, qui s’est livrée sur ses horaires, ses habitudes, ses goûts, ses désirs, comprend. La proie est toujours compréhensive. Patiente. Amicale. Si elle s’énerve, elle garde ses énervements pour elle, de peur de perdre le contact. Si elle a de la peine, elle le tait également. Ne pas se montrer dépendante, envahissante. Ne pas réclamer, ne pas pleurnicher.

L’inquiétude face au silence rend celui-ci d’autant plus angoissant. La colère ronge et paralyse. Chaque minute est employée à vérifier sa connection. À reposer le téléphone. À couper l’accès à tout réseau, puis à se reconnecter, au cas où…
Les heures au bureau, les dîners entre amis, les sorties au cinéma, au restaurant, les moments devant un film ou consacrés à la lecture, ne comptent plus. L’esprit est absorbé ailleurs. « Que fait-il (elle) ? Pense t’il (elle) à moi ? »
Tout perd en intérêt. Seul compte le message qui va arriver. C’est certain. Message qui aura été dosé. Bien souvent creux, ponctué d’un « Pardonne mon absence… Excuse-moi c’était compliqué d’envoyer un message mais je pensais à toi… »

Tout ressentiment est effacé chez la victime.
Elle existe à nouveau.
La personnalité toxique l’a rendue obsessionnelle. Elle n’existe plus autrement que virtuellement.
La victime commence à être dépersonnalisée.

 

 

@Anne-Laure Buffet

LES DANGERS DU VIRTUEL (2) : L’INTRUSION

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Il est bien loin le temps où chaque être humain n’était pas en permanence relié à l’autre.

Aujourd’hui, ordinateurs, tablettes, téléphones, montres pour certains, que sais-je encore, nous « permet » d’être en contact 24h/24 avec nos « amis ». Nos « contacts » Nos « relations ». Et le virtuel y a une bonne part. Entre les réseaux sociaux, les mails, les forums, les sites de rencontre divers et variés, le sentiment de solitude peut vite disparaitre, laissant la possibilité illusoire de pouvoir parler à quelqu’un, facilement.

Et plus la personne se sent seule, plus elle va chercher à se relier au monde. Sans le connaitre, sans le voir, sans échanges réels, sans la voix ou le regard, bien souvent. L’écrit prédomine.

La personnalité toxique fait partie de ces vampires du net qui vont y chasser leur proie. Sachant manier à merveille l’art de la séduction, elle aguiche, appâte, intrigue, puis retient. Le petit point vert de Facebook (Ah ! Il / elle est connecté(e)…) est entre autres l’ami, ou l’ennemi, de la victime. Lorsqu’il s’allume, le sourire revient. Il/ elle est là… le dialogue est possible. La future victime l’est déjà de cette connexion voulue ou repoussée par l’agresseur.

Trop heureuse de pourvoir échanger, elle va se livrer, se confier, se croyant protégée derrière son écran, imaginant que son interlocuteur ne devine rien d’elle sauf ce qu’elle en dit, pensant ne pas lui ouvrir grand la porte.
C’est FAUX.

La personnalité toxique décortique, analyse, déduit et comprend. Bientôt, elle sait où vous habitez, ce que vous mangez, à quelle heure vous vous levez, ce que vous faites en vous couchant, ce qui vous fait sourire ou pleurer, ce que vous ferez le week-end prochain. Elle connait le nom de vos amis, pose un jugement sur eux, selon ce que vous racontez, vous conseille, vous oriente et vous console.
Elle vous laisse des messages anodins. « Pas en ligne ? Dommage, j’avais envie de te parler… Pas là ? Tu me fais signe dès que tu te connectes ?… »
Elle vous rend dépendant de ces messages.
Parallèlement elle semble s’intéresser à vous. Elle vous parle de vous. De votre vie. Elle brode autour de ce que vous lui avez dit.

Vient parfois le jour où vous ne voulez plus lui parler, ou moins. Ou une petite remarque de sa part, une petite critique, tombent « J’ai attendu que tu te connectes, tu m’avais dit à minuit… tu aurais pu juste m’envoyer un message pour me dire que tu ne serais pas là ce soir… C’est pas grave, mais préviens-moi, je en savais pas si tu allais bien. Et si je devais m’inquiéter, je n’ai personne à joindre pour avoir de tes nouvelles… »
Vous êtes mal à l’aise, vous vous sentez coupable, vous êtes gêné(e), vous ne savez pas quoi dire.
Vous rappelez que tout de même, il s’agit de votre vie, vous êtes libre.

Alors l’agresseur continue… Il ne fallait pas dans ce cas lui parler autant. Il ne fallait pas le prendre pour un jouet. Il ne fallait pas s’en servir en bouche-trou.

Culpabilisation, quand tu nous tiens….

©Anne-Laure Buffet