NARCISSIQUE OU BORDERLINE ?

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DÉFINIR LE TROUBLE BORDERLINE

Joel Paris, dans l’American Psychiatric Press définit ainsi le syndrome :

« Les relations avec autrui sont intenses mais orageuses et instables avec des difficultés de maintenir des liens intimes étroits. La personne peut manipuler autrui et a souvent de grandes difficultés de faire confiance à autrui. Il y a aussi une instabilité émotionnelle avec de sensibles et fréquents signes d’une dépression (empty lonely), d’irritabilité et d’anxiété. Il peut apparaître des conduites imprévisibles et impulsives impliquant des dépenses excessives, de la promiscuité, du jeu d’argent (gambling), abus de drogues ou d’alcool, vol à l’étalage, boulimie ou conduites dommageables pour soi-même comme par exemple des tentatives de suicide. On décèle encore des troubles de l’identité avec confusion et incertitudes à propos de l’identité (self-identify), la sexualité, les buts, et perspectives vitales, le choix d’une carrière, les amitiés ».


Alors, « Borderline » ou « pervers narcissique » ?

Ce que l’on appelle un « pervers narcissique » ou encore « narcissique à tendances perverses », désigne une personne (homme ou femme) à l’ego surdimensionné, qui est dans sa réalité et qui va chercher à utiliser les autres à ses fins propres et s’arranger pour se faire passer pour victime. Il maintient sa « victime » sous sa coupe pour son propre bénéfice.

Au regard de comportements de personnes souffrant d’un trouble borderline, certains pourraient se dire « mais alors les borderline sont des pervers narcissiques ! »

Nous parlerions alors de « borderline narcissiques »… mais les narcissiques « libres de faire leurs métiers de narcissiques » (non entravés), ne sont pas enclin à se faire du mal, renoncer à leur identité, à s’auto-mutiler, ou à faire des tentatives de suicide.

Comment distinguer ces deux types de personnalités ? Le « narcissique à tendances perverses », est convaincu de sa supériorité, il croit vraiment être ce qu’il montre alors que les « borderline » ne sont pas (peu) ce qu’ils montrent au reste du monde.

La première différence profonde entre les deux, c’est que le « narcissique à tendances perverses » ne souffre pas lorsqu’il est libre (il ne souffre que lorsqu’il est contraint, entravé ou quand il ouvre les yeux sur le fait « qu’un tel génie ne serait finalement qu’assez médiocre », etc.) alors que le « borderline » est, lui, en souffrance… 
D’une certaine manière on pourrait dire que le « borderline » est souffrance, au point même que les moments de bien être peuvent être vécus comme le prélude à la catastrophe suivante qui ne manquera pas de se produire tôt ou tard..

 

Modes de pensée du « narcissique »

Pour le narcissique, seul LUI compte. L’autre est soit quantité négligeable, soit outil, moyen, pour atteindre ses objectifs.
Son mode de pensée est concentré sur son ego et sur la supériorité définitive de celui-ci :

« Je suis génial, je suis fort, je suis au dessus du lot »

« L’autre ne peut pas ne pas m’aimer »

« Je vais me servir de l’autre pour obtenir ce que je veux, ce à quoi j’ai droit et je vais m’arranger pour que ma victime se sente coupable afin qu’elle ne m’en veuille pas et qu’elle n’ait aucun désir d’indépendance »

« Pourquoi aurais-je un problème de conscience, ce n’est quand même pas de ma faute si elle est à ce point stupide »

« Ma victime me remerciera pour ce que je fais pour elle, ce qui est normal étant donné que c’est vrai, sans moi elle ne serait rien, c’est un honneur que je lui fais »

« Quand il arrive un problème à un de mes proches, je suis triste. Mais en fait j’ai de la peine pour moi, pas pour lui » (processus généralement inconscient)

.Le « narcissique » a donc un unique objectif :  obtenir un bénéfice pour sa propre personne. Il n’a pas de problème de conscience, pas de remord, pas de scrupule, et pas même de compréhension de ce qui peut lui être reproché. Le doute, l’autocritique et les remises en question ne font pas partie de la pensée générale du « narcissique ».

 

Modes de pensée du « borderline »

Le « borderline » a un mode de fonctionnement qui échappe à sa conscience. Il peut aussi dans certaines circonstances donner le sentiment de nier l’autre. Mais dans ce mode d’action dit « borderline » l’autre n’existe pas, non pas parce qu’il est quantité négligeable ou parce qu’il serait « inférieur », mais parce que le problème n’est pas là.

« Je suis faible »

« Au fond de moi, je sais que je suis nul(le) même si j’ai une capacité à comprendre le monde que les autres n’ont pas ou peu ».

« Ma nullité est sur le constat de mes échecs et de mon incapacité au bonheur »

« L’autre ne peut pas m’aimer, s’il m’aime c’est qu’il se trompe »

« Je me trouve dans une situation émotionnelle ingérable… voire ‘mortelle’ de mon point de vue, il me faut donc absolument sortir de cette situation émotionnelle »

« Mon émotion décide alors pour moi de la façon dont je dois procéder et même si mon conscient sait que ce n’est pas la solution, je subis mon émotion »

« Je suis conscient de ce que j’ai fait. Je pense que c’était mal, et je suis ainsi face à un problème de conscience, de culpabilité qui à nouveau génère une émotion pouvant être insupportable, il me faut donc absolument sortir de cette situation »

« Si je ne peux pas trouver d’alternative pour sortir de cette panique émotionnelle, alors je tente de rendre totalement responsable l’autre de ce qui est arrivé, non pas parce que  je cherche à le rabaisser ou m’en servir mais parce que si ce n’est pas lui le responsable alors c’est moi et moi je ne pourrais pas me supporter en ayant agis ainsi »

« D’une certaine façon je reproche à l’autre de ne pas m’avoir empêché d’être moi-même. Il aurait dû me protéger malgré moi et m’empêcher de me mettre dans cette situation. S’il m’avait respecté et aimé, il ne m’aurait pas mis dans cette situation émotionnellement ingérable. C’est donc bien de sa faute si tout ceci est arrivé »

Le « borderline » a donc un objectif, échapper à l’émotion ressentie comme « mortelle ». Suite à un événement « faisant du mal à l’autre », il sera d’usage qu’il ait de gros problèmes de conscience, des remords, mais il devra à nouveau échapper à ce flux émotionnel (il pourra par exemple essayer de se suicider après son acte ou rendre l’autre responsable, non pas pour « l’utiliser » mais pour échapper à sa propre culpabilité)

Le doute, l’autocritique et la remise en question sont au coeur de la pensée générale du « borderline » même s’il peut se trouver dans l’impossibilité de l’avouer. (encore une fois car cela pourrait être générateur d’émotions ingérables)

 

Apparence et non réalité. Impulsivité et transgression réactionnelle dans le trouble borderline.

Pour résumer, on peut effectivement voir le « borderline » comme un « narcissique », un manipulateur, un pervers, un antisocial… C’est effectivement une façade que le borderline peut « montrer ».

« Montrer » car les personnes qui souffrent d’un trouble borderline sont exactement le contraire ! On ne peut donc pas raisonnablement traiter une personne de narcissique sous le seul prétexte qu’elle en présenterait l’apparence.

L’essence du trouble borderline est au niveau émotionnel. 
C’est l’émotion qui est alors génératrice de comportements d’apparence narcissique.

Une personne qui souffre d’un trouble borderline peut se droguer, faire de la boulimie, voler, blesser voire même tuer ou se tuer, ce qui est de l’ordre de la transgression. Mais cette transgression n’est pas l’objectif mais « accident de parcours ». 
L’objectif de l’impulsion est de résoudre un problème émotionnel. On peut qualifier alors la transgression de « dommage collatéral », ce qui n’a rien à voir avec une démarche profondément narcissique de négation de l’autre où l’objectif est alors son propre plaisir.

Voir l’article complet sur le site de l’AAPEL

 

SOIGNER OU FUIR

Si la perversion narcissique est une pathologie, une maladie, il semble évident que des soins peuvent être apportés au malade. C’est en tout cas la première pensée qui vient : « La médecine a fait de tels progrès, il y a bien un moyen pour enrayer la maladie… »

La victime qui a pris conscience de la pathologie de « son » pervers, encore sous son influence et son emprise, conserve de l’affection, de l’amour, ou encore de la compassion, de la pitié pour elle. Elle ne peut admettre qu’il soit impossible de faire quoi que ce soit, qu’aucun traitement n’existe, qu’aucune solution thérapeutique ne puisse être envisagée. Elle veut croire que le pervers va changer, ou conserver uniquement ce visage sympathique qui l’a séduite, et que des soins et une thérapie combinés vont permettre d’effacer l’aspect destructeur de sa personnalité.

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En matière de perversion narcissique, si le diagnostic est clairement posé, si les éléments se recoupent de telle manière qu’aucun dote ne soit permis, les victimes vont se renseigner, consulter, chercher des solutions.

Avant de parler de soins, il faut que la pathologie soit clairement définie.

On distingue trois pathologies différentes : le borderline, le bipolaire, le pervers narcissique.

D’autres articles sur le blog éclaireront sur la personnalité borderline et sur le bipolaire. Il n’est ici question que des soins.

Concernant les personnes bipolaires ou borderline, un traitement peut être préconisé : association de médicaments (souvent anti-dépresseurs) et une psychothérapie. ATTENTION ! Dans le cas des personnalités borderline, le malade remet souvent en cause le psychiatre ou psychologue.

Concernant les pervers narcissiques, La solution est de partir, sans laisser de coordonnées et couper tout contact, ou le maximum de contact possible, dans la mesure où il est toujours difficile de couper tout contact quand le PN est un conjoint ou ex-conjoint et qu’il y a des enfants.