C’EST PAS MOI, C’EST L’AUTRE

Ville-Andersson3

La perversion narcissique est une déviance, et non une pathologie.

Ainsi que le dit Jean-Charles Bouchoux en parlant du pervers narcissique, « il ne connaît ni souffrance, ni remords. Il n’est pas malade. Rapidement, c’est son entourage qui devient malade ». Le narcissisme est censé apaiser et protéger le pervers. Il développe une tendance à la mythomanie et à la paranoïa, un pouvoir de conviction et un acharnement s’apparentant au jusqu’au-boutisme.
Il se présente comme victime, martyr de la personne que, justement, il cherche à éliminer. Et l’élimination est sur toutes les scènes, sociale, personnelle, familiale, professionnelle…

Sa confusion entre lui et l’autre lui fait incorporer les qualités qu’il peut trouver chez l’autre. Son « soi » grandiose est conforté ; son « moi » déstructuré compense ses faiblesses. Son arme principale ? La séduction.

Il est porteur d’un poison inodore, incolore. Il n’en est même pas conscient ; il se dédouane par projection sur l’autre. Échappant ainsi à toute souffrance, il ne se remet pas en question. En revanche, il cherche en permanence chez « l’autre », considéré comme ennemi, les causes de son malaise – mal-être. « L’autre » devient son miroir. Le PN y voit son reflet qu’il veut détruire ; et en cherchant à le détruire, il détruit « l’autre ».
« Le pervers, par ses actes, sème une confusion telle que sa victime, bien souvent, ne peut plus agir intelligemment. Injonctions paradoxales, agressions violentes, dévalorisation puis séduction ne permettent plus à la victime de pouvoir réagir sainement. La paradoxalité est telle que la victime ne sait plus si elle doit croire ce que lui indiquent ses sens, ce qu’elle voit ou ce qu’elle entend. Toute logique devient caduque. »

Le pervers narcissique pratique la confusion des limites entre soi et l’autre. Il incorpore les qualités de l’autre, les attribue à son soi grandiose, pour pallier à sa faiblesse du Moi. Ces qualités appropriées, il les dénie à leur véritable possesseur. La séduction est un aspect crucial de cette stratégie. (Hubert Houdoy). Le PN s’appuie sur l’instinct protecteur qui lui est proposé. Il incorpore, pour mieux détruire.

Il utilise tous les stratagèmes possibles pour atteindre son objectif, quitte à déployer une énergie démesurée, à transgresser les terres de sa victime, à spolier ses jardins secrets, à semer les graines de la discorde, de la suspicion dans son entourage, à pratiquer la politique de la terre brûlée, pour sortir indemne et victorieux. (Martiale O’Brien)

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Une réflexion sur “C’EST PAS MOI, C’EST L’AUTRE

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