NE PAS CONFONDRE !

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Depuis l’existence de ce blog, et suite à nos nombreuses lectures, aux commentaires, ici, ou sur la page Facebook, ou encore, ailleurs sur Internet, il semble qu’il y ait confusion, généralisation. 

Nous connaissons tous des parents dont les enfants sont forcément les premiers de la classe. Forcément, champion de tennis ou grand musicien. Artistes en herbe mais talentueux, ayant appris à lire seuls à 4 ans. Les tests de Q.I. sont pléthore ; un enfant « classique », à la scolarité « classique », parfois mauvais élève (est-ce possible ? quel drame dans une famille !) entraîne pitié et condescendance, comme s’il était atteint d’une maladie incurable.

De la même manière, il devient « normal » d’avoir dans son entourage, dans sa famille, un bipolaire, un dépressif, un parano, un « dingo ». Depuis que le sujet des pervers narcissiques est connu du grand public, ou en tout cas depuis que la presse devient prolixe sur le sujet, il semble que chacun ait « son » manipulateur, « son » pervers narcissique.

Comme déjà dit sur le blog : attention aux assimilations ! 

On répertorie à environ 2% de la population les pervers narcissiques. Bien sûr, ce chiffre semble déjà très élevé et peut faire peur. La vulgarisation des critères de Isabelle Nazare-Aga (30 critères) permet une première approche, une meilleure compréhension, un certain déchiffrage. Mais il ne faut pas s’y fier à 100 %.
Il faut aussi consulter des spécialistes. Il faut aller plus loin dans l’étude. Trop nombreux sont ceux qui lisent ces critères comme ils feraient un test dans un magazine féminin. (D’ailleurs, à quand le test Elle ou Marie-Claire « Et vous, vivez-vous avec un pervers narcissique ?)

Ces critères sont des indices. Ils ne se suffisent pas à eux-même. La parole, l’approfondissement par le questionnement, l’écoute, permettent d’aller plus loin. Et sont nécessaires.

On peut connaître une personne au caractère particulièrement difficile. Exigeant, macho, indifférent parfois, distant quand on a besoin d’écoute. Tous NE SONT PAS des pervers narcissiques.

La perversion narcissique est une pathologie. Grave; Dangereuse. Destructrice. Parfois mortelle pour les victimes, et pour le bourreau lui-même, lorsque la victime n’en peut plus, craque, passe à l’acte.

Pour sortir de l’emprise, il faut du temps, beaucoup, parfois des années. Car il faut d’abord la comprendre.

Pour ceux qui essaient de visualiser : imaginez un corps dont on aurait retiré le cerveau, la pensée, l’âme. Il ne reste que l’enveloppe charnelle, vivante, car elle se refuse à disparaître totalement.

Une fois sorti de l’emprise, il faut tout autant de temps pour se reconstruire. C’est un champ de ruines que laisse un PN derrière lui.

Aussi, avant de qualifier quelqu’un de PN, il faut en être certain. En soi, lui attribuer une perversité narcissique ne rendra pas le « coupable » plus mauvais, ou plus susceptible de compassion. La « victime » n’en ira pas mieux pour autant, tant qu’elle n’agira pas, aussi difficile que ce soit.

Et je vois mal la fierté à avoir en disant « moi aussi, je vis avec un PN ».
Vivre avec un PN, c’est déjà être condamné. C’est un drame. Alors, qualifions quand c’est vrai, vérifié, certain. Mais pas à la légère. Chaque terme à une raison d’être, respectons-les.

Anne-Laure Buffet

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4 réflexions sur “NE PAS CONFONDRE !

  1. Pingback: MAUVAISE QUALIFICATION – MAUVAISE INTERPRÉTATION | Combattre le Harcèlement moral et la Perversion Narcissique

  2. Pingback: Fred et Marie | TousPourUn

  3. tout ce que vous dîtes me semble juste et prudent. il faut ajouter peut être la notion de
    perversion ordinaire. Il y a en effet beaucoup de gens qui manipulent et qui rendent la vie
    tres difficile à leur famille sans être des PN à proprement parlé. dans ces cas là detecter
    la manipulation est tres difficile et l’entourage souffre beaucoup même s’il est possible
    d’avoir un semblant de vie sociale. Il y a bien des degrés dans la violence Psychologique mais
    cela reste toujours une grande souffrance.

  4. Cette confusion,que vous exprimez et analysez si bien,me semble être devenu désormais un recul pour les victimes de pn. Le passage de la méconnaissance de cette pathologie à une vulgarisation extrême fut très rapide.Le temps obscur de l’ignorance ajoutait une souffrance ultime à la plaie ouverte de l’emprise.Mais le temps de « moi-aussi!moi-aussi!moi-aussi!Je l’ai lu!Je l’ai lu!Je l’ai lu! Je suis victime!Je suis victime! Je suis victime! » ajoute un combat psycho-social dans la prise de conscience de l’emprise et le combat personnel à venir,à mener.Ainsi certains des premiers interlocuteurs auxquels les victimes de pn osent exprimer leurs douleurs,leur désarroi savent maintenant qu’existe la pathologie de ce bourreau mais tant de personnes « se réclament » de ce statut de victime particulière…Le risque est alors de ne pas être reconnu,d’être banalisé,de faire partie d’une foule nouvelle. De demeurer sous emprise,sans appui efficace. Les premiers interlocuteurs dont je parle sont multiples: médecin traitant,ami(e),travailleur social,etc…Nous sommes tous acteurs de la parole que nous transmettons.
    Les tests à consommer avec modération….

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