NOUVELLE PARUTION : JE T’APPELAIS « MAMAN CHÉRIE »

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Emma passe chacune de ses grandes vacances chez ses grands-parents. Chaque été, elle écrit à sa maman. Dans cette correspondance d’enfant qui va durer plus de douze ans, Emma va manifester son amour, son admiration, sa confiance, son désir de plaire, son besoin d’être aimée, sa volonté de grandir, son envie d’être. Elle va découvrir l’incompréhension, le doute, la critique, l’autorité incontournable, le rejet.
Entre amour et emprise, manipulation et culpabilité, Emma essaie de grandir et d’affronter sa réalité. 

Fiction sous forme épistolaire, avec la voix candide et simple de l’enfance, Je t’appelais « Maman Chérie » décrit l’évolution psychologique d’une enfant sous emprise d’un parent toxique, relation où vont alterner, au gré des envies et des besoins de ce parent, le chantage, l’humiliation, le dénigrement, le mépris.
Peut-on aimer un tel parent ? Peut-on s’en détacher ? Que se passe-t-il lorsque l’enfant comprend la relation qui lui est « proposée » ? À quel moment commence la maltraitance ?… Autant de questions soulevées dans ce texte court, tour à tour tendre, naïf, cynique, émouvant, et avant tout porteur d’une attente légitime et perpétuelle, celle d’un enfant envers son parent.

JE T’APPELAIS « MAMAN CHÉRIE », disponible uniquement sur Kindle

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Je t’appelais « Maman Chérie » (3)

« Je t’appelais Maman chérie » est une fiction sous forme épistolaire, retraçant la relation d’une fille à sa mère. Entre amour et emprise, manipulation et culpabilité, Emma essaie de grandir et d’affronter sa réalité. 

À paraître prochainement en format numérique.

Extrait 3 :

 

Ta lettre arrivée ce matin m’a plongée dans une infinite tristesse. J’ai honte, si honte de moi… Je me sens tellement coupable depuis que je t’ai lue… Comment peux-tu te demander si je passe aussi des bons moments avec toi ? Comment peux-tu te poser la question ou imaginer le contraire ? Qu’est-ce que j’ai dit ou fait, maman, qui te laisse croire ça ? C’est évident que tous les moments passés avec toi sont merveilleux. Et je n’oublie pas tes mises en garde ; je sais faire attention à ce que papi me dit, surtout lorsqu’il grogne. Mais je t’assure qu’avec moi il est si gentil, je ne pense vraiment pas qu’il fasse quoique ce soit contre toi.

Je comprends bien que tu redoutes d’aller seule chez le médecin pour tes migraines, et je sais qu’elles te fatiguent beaucoup. Peut-être que Daniel peut y aller avec toi ? Puisque maintenant il vit à la maison, il peut t’accompagner un soir, et ensuite vous rentrez ensemble. Ainsi tu ne seras pas seule, à attendre le médecin, ou à réfléchir sur ce qu’il a dit. Parfois, de plus, c’est tellement mieux d’être deux à entendre un diagnostic. Ça évite tant d’erreurs d’interprétations. Il faudrait toujours pouvoir avoir un autre regard sur ce que nous vivons, sur ce que nous entendons. Ce ne serait pas de la méfiance, ce serait s’empêcher de ne pas voir ou de ne pas comprendre.

LA BELLE AU BOIS DORMANT

Petite analogie, ou comment utiliser un conte de fées… pour ne pas rêver :

Vous connaissez l’histoire de la Belle au Bois dormant.

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Aurore, princesse bien-aimée de ses parents,  de la Cour et du royaume, se retrouve prise comme objet de la vengeance d’une sorcière qui n’avait pas été invitée à célébrer sa naissance. Celle-ci jette un sort à un fuseau, auquel la princesse va se piquer. Elle s’endort pour cent ans, tout comme le château et ses habitants ; jusqu’au jour où un prince redécouvre le château, se fraye un passage à travers la végétation qui le recouvre, et, en embrassant la princesse, la réveille – ou la ramène à la vie, selon les interprétations – ainsi que tous les habitants du château.

Alors, imaginez un instant…

La personnalité toxique est cette vieille sorcière. Jalouse, folle de rage de ne pas avoir pu participer et jouir des dons reçus par un(e) autre, elle cherche à attirer cet(te) personne à elle, à le (la) séduire, pour mieux le (la) posséder, et lui prendre ce qu’elle n’a pas (si on pense au conte : les dons reçus des fées par la princesse à son baptême).
La séduction se fait de diverses manières. Si on repense au dessin animé de Walt Disney, il suffit de se souvenir de la musique ainsi que des lumières qui changent lorsque la jeune Aurore va grimper les marches de l’escalier jusqu’au fuseau ensorcelé.
En se piquant, Aurore cède à la séduction ; attirée malgré elle, elle ne peut résister. Elle devient alors le jouet de la sorcière.
Or, la sorcière, en endormant Aurore, et le royaume, ne reçoit pas pour autant les dons qu’elle convoite ; elle les a « simplement » endormis, donc tenus à l’écart, pour qu’ils ne lui fassent pas d’ombre.

La victime d’une personnalité toxique, ou si l’on n’utilise le terme de « victime », pour le moins la personne sous emprise d’une personnalité toxique, est endormie : elle ne se rend pas compte qu’elle disparaît peu à peu, qu’elle s’évapore au contact de la personnalité toxique. Son entourage (dans le conte, le château et ses habitants) n’en est pas non plus conscient. Lui aussi est endormi, sous le « charme » ou plutôt le sort jeté par la personnalité toxique.

C’est le plus souvent un élément extérieur, un fait ou une personne objective (le prince), qui vont provoquer une réaction, et permettre à la personne sous emprise de se réveiller.

Bien sûr l’analogie est facile.
Mais les contes de fées, rappelez-vous, sont comme des paraboles ou des métaphores. Ils sont fait pour enseigner.

Et si l’on revient au dessin animé, lorsque la sorcière devient dragon avant d’être abattue par le prince, sa colère destructrice, prête à tout enflammer, à tout perdre, plutôt que de renoncer, peut bien s’apparenter à ce que met en place une personnalité toxique qui sent sa « proie » lui échapper.

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LA COLÈRE – BARBARA

Tu bouges, tu bouges
Je ne bougerai pas, j’attends
Et rouge, et rouge
Une flamme s’en va, dansant
Et soudent, c’est la terre
Qui s’ouvre, qui s’ouvre
Vocifère ta colère
Qui claque, éclate
Tu bouges, tu bouges
Moi je ne bouge pas, j’attends

 

Tu tonnes, résonnes
Le bruit de tes cris maintenant
Tu casses, agaces
Le temps a suspendu son temps
Tu armes tes armes,
Tu guettes mes larmes
Et je reste de glace
Méfiante, prudente
Tes armes, tes drames
Ne m’alarmeront pas, j’attends

 

Et je guette, je guette
Je vais saisir entre mes dents
Je guette, je guette
L’instant où tu vas, pantelant ,
Reprendre ton souffle, ton souffle
Qui s’essouffle, s’essouffle
Ça ne tardera pas, attends

 

Alors, alors
Démente mais lente ,
Je me déplace lentement
Mes hanches balancent
J’ai un couteau entre mes dents
Ma bouche, si douce,
Crache le feu et les serpents,
La folie, la furie
Je hurle vengeance
Je n’épargnerai rien, attends

 

La terre, la terre
S’ouvre, s’ouvre
C’est fini, c’est fini
Je ne veux plus de nous, va-t’en
Va-t’en, va-t’en…

 
Une deuxième version a été enregistrée en 1972.
Le deuxième couplet devient :

Tu rages, orages,
Je te regarde et je t’attends
Tourmente, tourmente,
Ta colère va grandissant
Géante, violente,
Ta furie dévaste le temps
Tu armes tes armes
Et guettes mes larmes,
Injuries, incendies,
Je ne bougerai pas, j’attends

Le quatrième couplet :

Alors, alors,
Je bouge, je bouge,
Je me déplace lentement
Et rouge, et rouge,
Une flamme s’en va, dansant
Et soudain c’est l’enfer

 

 

 

Je t’appelais « Maman chérie » (2)

« Je t’appelais Maman chérie » est une fiction sous forme épistolaire, retraçant la relation d’une fille à sa mère. Entre amour et emprise, manipulation et culpabilité, Emma essaie de grandir et d’affronter sa réalité. 

 

Mamie m’a acheté un beau foulard pour m’attacher les cheveux, elle m’a dit que maintenant qu’ils poussent, ce serait plus joli, et que tu te coiffais comme ça à treize ans. Le foulard est bleu avec des fleurs, ça fait vraiment joli avec la robe bleue, meme si elle est trop petite, mais bon comme tu l’as acheté l’année dernière ça va encore. Mamie m’a dit que je devenais une vraie jeune fille et même elle a demandé si t’es contente que je grandis mais j’ai dis que je sais pas des fois tu dis que je suis une grande perche avec des boutons alors mamie elle a fait la grimace, mais elle a plus rien dit. Et ensuite on a fait gateau parce que elle dit qu’il faut manger quand on grandit. Et puis elle a dit que je suis un trésor. C’est gentil et ça me fait plaisir surtout que j’ai de la peine si je les dérange. Alors je me dis qu’un trésor ça ne dérange pas ; et ça me fait aller mieux.

Texte intégral à paraître, en format numérique, prochainement.

Je t’appelais Maman chérie

« Je t’appelais Maman chérie » est une fiction sous forme épistolaire, retraçant la relation d’une fille à sa mère. Entre amour et emprise, manipulation et culpabilité, Emma essaie de grandir et d’affronter sa réalité. 

Maman que j’aime

Je regarde tous les jours dans la boîte aux lettres pour voir si tu as écris et aujourd’hui c’est une très jolie journée parce que tu m’as envoyé une jolie carte avec Titi. Il me fait beaucoup rire parce qu’il fait tout le temps des farces et j’aime beaucoup aussi faire des farces alors papi a dit qu’il va m’appeler Titi.

Mamie va bien et elle est gentille avec moi, et papi aussi. Et comme tu me l’as dit je fais ce que je peux pour les aider et apprendre à m’occuper d’une maison. Mais là les vacances avec eux maintenant ça dure un peu longtemps, et toi tu me manques beaucoup et j’aimerai te faire des gros calins quand on va se voir.

Je dis rien parce que tu m’as dit que c’est eux qui veulent que je passe le mois de juillet chez eux. Ca me fait plaisir mais sans te voir c’est quand même long, parfois je sais pas quoi faire. Et alors je me dis que tu dois être triste aussi si tu es obligée de m’envoyer chez papi et mamie. Je comprends pas pourquoi tu es obligée. Mais tu me dis qu’il faut pas te dire non alors tu dois pas dire non aussi à tes parents, je crois que c’est ça.

L’année prochaine j’espère que tu pourras venir me chercher plus vite.

Je sais que tu es là dans cinq jours.

Je te fais des gros gros bisous ma maman chérie. Emma

JE T’APPELAIS MAMAN CHÉRIE, disponible en version numérique ou livre broché, uniquement sur Amazon

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MORT VIVANTE – EXTRAIT 7 (Fiction, à paraître)

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Tu ne me fais plus peur.
Terminé. Basta. Fini.

Tu ne me fais plus peur ;  tu devrais commencer à avoir peur. Ce que tu as fait naître en moi ? La honte. L’angoisse, qui fige le cerveau et paralyse chaque membre, qui fait écumer et pleurer. Qui nous fait ombre de nous-même, ombre de rien.
Puis, la culpabilité. Et le doute, le doute insidieux. Il rentre sous la peau, comme ces vermines qui pondent et font grouiller leurs oeufs sous l’épiderme. Quand on le découvre, il est trop tard. Il ne reste qu’à inciser, profondément, la chair ; voir couler la plaie déchirée et le pus qui s’en échappe. L’infection est latente. La vermine pond autant qu’elle peut, aussi souvent qu’elle peut. Partout où elle peut. C’est la gangrène, c’est le corps qui hurle de douleur, se tord, se brise. C’est une blessure coulante, purulente ; c’est la mort qui s’installe à petits feux.

Tu es cette vermine, et tu as voulu ronger chaque partie de mon corps, chaque instant de mon âme. Mes émotions, mes sentiments, mes envies, mes désirs, mes joies, mes secrets, mes confiances, mes réussites… Tout est devenu poussière entre tes mains; Tu les as serrées l’une contre l’autre si fort que tu as tout broyé. Tu as fait en sorte qu’il ne reste rien de moi.

Alors, tu t’es mis à jouer.
Chat monstrueux, chat aux dents de vampire et aux griffes acérées, chat bavant, chat miteux mais enflé de suffisance et de cruauté, tu m’as donné des coups de pattes, m’assenant ce que tu as fait passé auprès de tous, de tous ceux qui t’entendaient, pour la Vérité. Tu as fait de moi un portrait si laid, si immonde, que j’en vomissais en te lisant, en découvrant chaque jour un peu plus à quel point tu me trainais dans la boue. Dans ta boue, sale cochon que tu es.
Chaque fois je relevais la tête ; et face à mon visage se dressait celui de la Justice, habillée de noir et les yeux bandés, les oreilles bouchées, refusant d’entendre l’appel étouffé d’une femme brisée, d’une mère écrasée. Chaque fois je dressais le poing, mais chaque fois moins fort, perdant mes forces. Lentement. Comme celui qui s’endort avant de cesser de respirer. Moi, je n’avais pas cette tranquillité ; tu ne me laissais pas dormir.
J’y ai laissé ma santé.

J’y ai laissé mon temps. Et si je n’avais perdu que mon temps…

Toujours sans rien dire ; plus personne n’écoutait.

Je t’ai presque cru. Tu as presque gagné.

Puis, il y a eu ce jour, où tu es allé trop loin. Ce jour, je ne sais plus lequel. J’ai ouvert les yeux. Mes mains n’ont pas tremblé. Je me tenais droite. Je me suis relevée.

Vas-y, crache encore, bave encore, hurle encore, pleure encore. Tu ne cesseras jamais.
Mais je m’en fous. Tu ne me fais plus peur.

C’est à mon tour de parler. C’est à ton tour de trembler.

©Anne-Laure Buffet

annelaurebuffet@gmail.com