NON AU « OUI, MAIS »

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Lors de rendez-vous individuels, j’entends souvent revenir cette phrase, alors que la discussion se porte sur les actes du manipulateur et sur ceux de sa victime : « Oui, mais… »

« Oui, mais je me demande quand même si j’ai bien compris. »
« Oui, mais je me demande ce que je peux faire pour lui/elle »
« Oui, mais peut-être peut-il/elle changer ? »
« Oui, mais il y a bien un espoir… »

Diantre, que le manipulateur est fort et tenace ! Le doute est ancré, installé, omniprésent. Et l’espoir mêlé de culpabilité s’est forgé insidieusement une place au fond de votre coeur ou de votre esprit, une place qu’il occupe sans vouloir en déguerpir. Vous êtes en état de siège. Et la guerre est interne. Vous avez compris. Vous savez ce que vous vivez. Vous avez parlé, lu, analysé.
Oui, mais… vous espérez encore.

C’est normal. La victime, homme ou femme, est de toute façon une personne bienveillante, à l’empathie évidente. Elle cherche à aider. Elle a besoin d’aider. Elle ne peut admettre la démission, elle le vit comme un échec, et comme une lâcheté. Il est difficile d’admettre qu’on ne peut changer personne, et qu’on ne peut aider personne contre sa volonté, sauf à couler avec cette personne.

La victime s’oublie. Elle n’arrive pas à se situer au coeur du débat, elle s’efface pour penser au manipulateur et en faire un enjeu… À défaut de pouvoir être heureuse avec lui/elle, la victime veut pouvoir se dire qu’elle a tout essayé pour l’aider.
Nouveau piège.
Il est impossible d’aider un manipulateur pervers narcissique. 
Comme le dit l’adage « On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif ». La seule personne qui puisse et doive être aidée, c’est la victime, justement. Tant que subsiste l’ombre d’un doute, le piège existe. Celui de vouloir replonger en espérant être secourable, en espérant avoir – enfin – le mot juste. La main tendue, cependant, même caressante, même aimante, ne peut que se faire mordre. Face à elle, la victime a un animal qui a la rage. Une rage qu’on ne peut guérir. Et il est prêt à tout pour inoculer sa maladie à sa proie.

Il faut bannir de tout discours, de toute réflexion, le « Oui, mais ».
Ne l’excusez pas. Ne cherchez pas une énième solution. Vous vous y épuisez. Et pendant ce temps-là, votre bourreau continue à se nourrir de vous.
Et il le fait avec plaisir.

©Anne-Laure Buffet

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3 réflexions sur “NON AU « OUI, MAIS »

  1. Que vos mots sont justes……….. J’ ai compris, tout, OUI MAIS Je ne suis pas parti (encore), prétextant une situation économique, bien réelle, car je ne peux racheter la maison à laquelle je tiens, en l’ état de la situation de ma société, et vendre la maison pour séparer les biens, impossible en ce moment sans en perdre la moitié de sa valeur.. Problème, en restant, et faisant comme bon me semble malgré ses représailles destructives, j’ ai comme la mauvaise impression de devenir son bourreau, maintenant, tant cette perte d’ emprise sur moi l’ a déstabilisé, et la rend malade. Son discours s’ est adapté……… à la différence que moi je n’ ai aucune agressivité, méchanceté à son encontre, que de l’ ignorance (dont elle se plaint), pour me sauver.

  2. Tout est vrai et même 1 an et demi après qu »il met  »mit à terre » et être parti pour une autre…. même après avoir analysé dans tous les sens cet union le  » oui-mais  » est encore-là. J’ai tout compris du processus mais devant la peine de mon fils, je suis désarmée. Il a des comportements, des agissements et/ou des paroles à l’endroit de mon fils qui lui font de la peine. Le voir ainsi frustré, déçu et peiné quand il revient et de savoir qu’il s’est retenu devant son père pour ne pas pleurer… que quand il arrive de son week-end, il a besoin de se libérer de cette surcharge émotionnelle, en pleurant. Et moi qui est en colère contre le père et tellement attristée devant la douleur qu’il cause à son fils. C’est incroyable.. et il a toujours toutes les meilleures excuses possibles pour s’en échapper.

    Et le oui-mais, qui n’est que rêves et illusions… j’aimerais dont qu’il se produise. Qu’il y ait un jour un déclic qui se passe dans sa tête, me titille encore… J’ai l’impression qu’avoir un enfant qui nous uni, rend tellement l’emprise quasi indéfaisable. J’ai beau faire le mur devant lui mais il a le don de me faire  »jumper » de rage quand mon fils me raconte sa fin de semaine.

    Merci et bravo d’offrir ce site aux gens
    qui ont besoin d’informations pour le
    savoir et le comprendre ce qui ce passe
    dans leur vie,

    Chantale

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