L’INALIÉNABLE

epouvantail

Un témoignage reçu sous forme de fiction.
Merci à elle.

« Un jour de février, d’elle, il ne resta rien. Juste une femme en apparence, une coquille vide.

L’ayant dévorée toute entière, il la chassa de leur maison, il lui interdit les lieux où ils avaient vécu ensemble, il traça d’elle, à leur amis communs, un portrait tel qu’ils lui fermèrent leur porte.

Et parce qu’il ne la voulait plus, elle disparut. Elle devint comme une usine désaffectée, les mécanismes appris tournaient encore mais produisaient à vide ; s’accumulaient les gestes inutiles : les gestes d’amour sans amour, les draps changés pour personne, les légumes épluchés pour personne et les terribles chariots de supermarché où se perd la nourriture des solitaires : une soupe en sachet, trois tranches de de jambon sous cellophane, une pomme…

A trop disparaître, l’on meurt. Il y eût donc tout un hiver où elle fut morte.

Mais au printemps suivant, arrivant de très loin, envoyé par l’enfant magique qu’elle était avant de la connaître, revint timidement le désir d’écrire. Revenant à la vie, elle fut d’abord une main, une main qui traçait des mots, des mots qui se firent chair et qui peu à peu la remplirent. Redevenue dense, compacte et neuve comme un nouveau-né, elle recommença à rire.

De cette graine d’elle qu’il n’avait pu détruire parce qu’il ne l’avait pas trouvée, naquit tout un monde qu’il ne pouvait appréhender : bien plus haut que lui, hors d’atteinte…

Alors, au milieu du jardin suspendu qu’elle avait fait éclore, elle fit de lui un épouvantail dont les oiseaux se moquent. »

A.M L

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J’AI OUVERT LA BOITE DE PANDORE

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Si j’avais été présente le jour de la découverte du corps de mon père j’aurais demandé à ce qu’une autopsie soit pratiquée mais je n’étais pas sur place et avec le recul je ne sais même pas si j’aurais eu la présence d’esprit de la demander ni même si elle aurait été pratiquée.

 

J’ai des doutes sur les circonstances de la mort de mon père et même si je suis consciente que les doutes ne constituent pas des preuves, ni mon intime conviction; pas même les faits qui me troublent. Je ne veux pas disparaître sans avoir confié mon témoignage.

 

La violence morale est une maltraitante psychologique qui ne laisse aucune trace mais elle peut entraîner des troubles graves et pour en avoir été victime lors de la succession de mon père j’ai la conviction profonde que mon frère a usé et abusé de la confiance de l’entourage de mon père (famille et amis)  afin de l’isoler et de le laisser mourir à petit feu. Il avait besoin d’argent.

 

J’ai appris par l’intermédiaire de la banque dans laquelle nous devions ouvrir un compte en indivision que mon frère était interdit bancaire sans autre précision car seule la justice pourrait me dire à combien s’élevait cette dette. J’étais déboussolée quand seulement quelques heures après l’annonce du décès, mon frère m’a demandé une procuration pour s’occuper seul de la succession mais j’en ai compris la raison bien plus tard lorsque nous avons été face à face. J’ai découvert la personnalité de mon frère en étant confronté à lui pendant les mois qu’ont duré cette succession. Je ne savais pas avant d’être confronté à mon frère qui il était vraiment et pourquoi sinon jamais je n’aurai accepté de le laisser seul auprès de mon père malade et dépressif.

 

Mon frère et moi n’avons jamais eu d’atomes crochus, chacun a fait sa vie de son côté. Avant le décès de notre père nous n’avions quasiment aucun contact. Nous sommes proches en âge mais avons été élevé dans des univers sensorielles différents. Paradoxalement malgré mon éloignement géographique j’étais plus proche de notre père que ne l’était mon frère. Lorsque ma mère a quitté mon père pour aller vivre avec un autre homme, mon père qui venait juste d’être grand père pour la première fois et qui regrettait d’avoir été un père plutôt absent a tenté de se rapprocher de ses enfants pour rattraper le temps perdu. J’ai été la seule à ne pas choisir entre mon père et ma mère. Mes parents se disputaient beaucoup et j’ai été comme on dit un enfant « tampon ». Ma mère m’utilisait, alternant le chaud et le froid, exerçant sur moi une violence morale insidieuse et efficace. J’ai fini par me nier totalement et être exactement ce qu’elle voulait que je sois. Soumise et inexistante. Comme elle préférait mon frère j’ai tout fait pour ressembler à un garçon. J’ai bloqué mon développement de femme et suis restée très longtemps androgyne.

 

Mon frère et mon père ne se sont jamais entendus et lorsque ma mère a quitté mon père  mon frère a choisi de le dénigrer. Il disait qu’il n’avait été qu’un géniteur et ne se parlaient quasiment plus. Mon frère a eu très vite besoin d’argent. Il vivait au dessus de ses moyens. Ma mère lui a donné ce qu’elle avait pour qu’il conserve son train de vie et qu’il préserve les apparences. Quand la source s’est tarie, il n’a plus eu d’autre choix que de se rapprocher de notre père qui a très mal pris ce rapprochement intéressé plus de dix ans après la séparation de nos parents. Mon père va obliger mon frère à signer une reconnaissance de dettes afin que je ne sois pas lésée. Cette reconnaissance de dettes ne sera jamais acceptée par mon frère qui prendra ses distances à nouveau avec lui après avoir encaissé l’argent.

 

Quelques années plus tard, la situation de mon frère ne s’est pas arrangé et mon père fait une grave chute dans les escaliers de sa résidence et se retrouve à l’hôpital avec six cotes cassées et un traumatisme crânien. Mon frère était venu le voir le jour même de sa chute pour « discuter ».

 

Malgré le divorce, ma mère gardait une emprise sur mon père. J’ai trouvé des lettres qui prouve sa jalousie maladive.Elle écrit souvent qu’elle ne supporte pas de le savoir avec une autre femme et conseille à mon père de séparer sa vie privée de sa vie avec moi afin dit elle de protéger ma « santé » fragile.

 

Lorsque mon père est tombé dans les escaliers elle sortait de l’hôpital et je devais aller chez elle pour m’occuper d’elle. Quand je lui ai dit mon souhait d’aller voir notre père cela faisait déjà plusieurs jours que j’étais chez elle et elle a essayé de me l’interdire prétextant que mon frère était aussi capable que moi et que nous n’avions pas besoin d’être deux etc…Ma mère s’est mise dans une rage folle lorsqu’elle a appris que la compagne de mon père avec laquelle il avait des hauts et des bas, était auprès de lui. Elle disait que cette femme était auprès de lui pour nous prendre notre héritage…
J’étais hors de moi d’entendre de tels propos de la part de ma mère et nous nous sommes disputées. Je lui ai fait fait comprendre que la vie sentimentale de son ex mari ne la regardait pas ni moi ni elle et qu’il avait le droit d’être heureux peu importait le père qu’il avait été pour nous ou le mari qu’il avait été pour elle.

Jamais je n’avais osé tenir de tels propos à ma mère mais à ce moment là j’avais 40 ans, une vie amoureuse épanouie, un enfant, et le fait d’être mère avait comblé un vide affectif. Avec les années j’avais gagné en maturité et aussi en confiance.

 

Comme mon frère et ma mère échangeaient des informations sur la santé de notre père sans me tenir au courant cela me mettait en colère et très rapidement mon frère et ma mère m’ont jugée parano, jalouse et hystérique. J’avais déjà entendu ses termes lorsque j’étais plus jeune quand je me plaignais de ne pas être élevée de la même manière que mon frère. Nous avons eu un père démissionnaire. Ma mère était omnipotente. Alors qu’elle ne fixait aucune limite à mon frère et le mettait sur un piédestal elle se montrait autoritaire et cassante avec moi.
J’ai souffert de ne pas avoir de relations avec mon frère et j’ai tout fait pour être aimée de ma mère sans jamais y parvenir. La présence de mon père me sécurisait, il est arrivé que je somatise en son absence, lorsque j’avais peur d’être abandonnée ou lorsque ma mère me faisait peur.

J’exprimais ces peurs en dehors du cercle familial.

 

Je me suis construite en dehors de ma famille, être mère m’a apporté beaucoup au plan psychologique même si le départ du père de mon fils après 10 ans de vie commune a été un choc, j’ai surmonté l’épreuve et j’en suis sortie grandie.

 

J’ai compris depuis le décès de mon père que ma mère n’était pas seulement jalouse des femmes de mon père mais aussi de moi. Elle a tout fait pour m’empêcher d’aller voir mon père et l’argument le plus percutant c’était de me dire qu’il fallait que je donne une chance à mon père et mon frère de se réconcilier. Quelle soeur et/ou fille normalement constituée pourrait empêcher un fils et un père de se réconcilier ?.

 

Pendant des mois, j’ai accepté de me plier à cette volonté et je m’en suis rendue malade. J’étais montée voir mon père à l’hôpital et, apprenant qu’il irait en cure, j’étais un peu rassurée. Il avait également ses soeurs, des amis je n’aurai pas pu croire que mon frère serait seul à rendre visite à mon père pendant trois mois. Je ne l’ai su qu’après son décès qui s’est produit la semaine précédent mon arrivée prévue chez lui…

 

Lors d’une conversation mon père m’avait dit que mon frère refusait de lui rendre le double de ses clefs et je trouvais cela anormal, je voulais y voir plus clair et j’étais déterminée à y aller avec ou sans l’avis favorable de ma mère ou de mon frère. Bien sûr l’argument a été de dire que comme il était « responsable » de mon père il fallait que mon frère puisse ouvrir l’appartement en cas de soucis seulement mon père a été trouvé mort deux jours après son décès présumé et mon frère n’a pas voulu se déplacer quand le gardien l’a informé que les volets n’étaient pas remontés. Des informations mises bout à bout, l’emprise exercée par mon frère sur l’entourage, le soutien de ma mère à distance et le fait que mon frère ait menti pour pouvoir mieux se débarrasser de la compagne de mon père qui était la seule à se méfier tout comme moi de la position de « sauveur de situation » prise par mon frère. De nombreuses personnes qui souhaitait le voir à l’hôpital se sont vu refouler par mon frère.

 

Mon père était dépressif depuis qu’il était à la retraite, je n’ai eu vraiment conscience de la gravité de son addiction à l’alcool que lors de son hospitalisation. Sa mort prématurée est pour moi le résultat d’un isolement psychologique,physique et de violences morales.

 

Mon frère a utilisé contre moi les mécanismes pervers narcissiques c’est ce qui me permet de dire qu’il a pu sans remord laisser mon père mourir par haine et par besoin d’argent. J’ai appris plus récemment qu’il n’a pas hésité à envoyer certains de mes mails à mon fils avec lequel il n’avait eu jusque là aucun contact régulier puisque je n’avais moi même aucun contact régulier avec lui. Mon frère a divisé pour mieux régner. J’ai cru perdre la confiance de mon fils alors que nous n’avons jamais eu aucune difficulté à nous comprendre et à nous entendre. Si je n’avais pas eu auprès de moi une femme qui me connaît depuis l’enfance à qui j’ai pu confier mes doutes et partager mes informations et découvertes au fur et à mesure du temps depuis l’annonce de la mort de mon père et tout au long de la succession, j’aurais pu perdre la raison.

Les violences morales sont quasiment impossibles à contrer parce qu’elles sont parfois déguisées.

 

Lors de la succession, j’ai compris assez rapidement que les conversations orales ne menaient à rien et nos confrontations juste tous les deux me mettait dans un état de stress insupportable. J’ai exigé les échanges mails et demandé à mon époux de m’accompagner au cas où je devais le revoir.

 

Je me suis renseignée sur ce « profil psychologique » et j’ai compris que tous les ingrédients étaient réunis pour qu’il en soit victime. Mon frère n’avait que ma mère ; moi je me suis construite avec d’autres référents maternels ; c’est je crois ce qui m’a sauvé. Construire ma propre famille m’a aidé à me réconcilier avec mon passé. Mon frère n’a pas eu d’enfant et vit avec une femme avec laquelle il n’est pas engagé (pas de pacs, ni mariage) Le comportement de ma mère après le décès de mon père, sa position vis à vis de moi,  son discours et son attitude m’ont tellement révoltée que j’ai décidé de rompre également mes relations avec elle pour me protéger.

 

Lorsque mon père est mort et que j’ai commencé à poser des questions et à m’interroger sur le rôle joué par ma mère et mon frère dans ce drame à huis clos, on m’a qualifié de folle. Lorsque je me suis sentie exclue de la famille, cela a entraîné un traumatisme. Le deuxième choc psychologique après l’annonce du décès.

 

Mon frère a réuni pas loin d’une centaine de personnes à l’enterrement de notre père. Pour l’occasion il avait même préparé un discours mais en face de moi il n’a fait que le dénigrer et il a tenu les mêmes propos à mon fils. En dehors il est aimable,serviable peut même jouer les victimes mais en privée il peut se montrer d’une grande perversité et faire peur. Il a agit comme si je n’existais pas et les gens de la résidence se sont étonnés de me voir seulement pour les obsèques de mon père et non pendant les mois qui ont précédé son décès. Il a fallu que j’explique moi même la situation pour qu’ils me regardent autrement et même en leur expliquant je ne suis pas sûre d’avoir été crue.

 

Si notre père avait souffert d’un cancer, tout le monde aurait trouvé normal de venir le voir mais comme notre père s’isolait lui même à cause de la honte et de la culpabilité qu’il éprouvait vis-à-vis de lui même, il a été facile pour mon frère de l’isoler encore plus et de faire semblant de prendre soin de lui tout en assurant à l’entourage qui le contactait que tout était sous contrôle et qu’il « gérait » la situation.

 

Une seule personne a essayé de se mettre entre notre père et son fils et mon frère l’a fait partir en faisant en sorte qu’elle soit rejetée par la famille. Mon père était désorienté et ne savait plus à quel saint se vouer.Je crois qu’il a fini par ne plus faire confiance à personne.

 

J’ai ouvert la boite de pandore, découvert avec effrois la vrai personnalité de ma mère et de mon frère. Cette mère dont j’ai compris qu’elle me maltraitait psychologiquement parce que j’étais une fille mais aussi parce qu’elle était jalouse de moi et de la relation que j’avais réussi à établir avec mon père et qui en plus m’utilisait pour ne pas que le lien soit rompu entre eux deux. Paradoxalement si le décès de mon père m’a beaucoup affecté ce sont les violences morales exercées conjointement par mon frère et ma mère qui auraient pu me faire perdre la raison. J’ai choisi de rompre les relations de manière définitives avec ce couple toxique. Je sais que mon frère est victime de cette mère trop aimante et omnipotente mais aujourd’hui je le considère comme un bourreau tout comme elle.
Ma mère a projeté sur moi ses propres défauts pendant plus de 30 ans, jalousie maladive, hystérie sont des termes qui s’appliquaient à elle et non à moi. Mon frère a projeté ses propres défauts sur mon père qui n’était pas fin psychologue et n’était plus en état de se défendre et se réfugiait probablement dans l’alcool et dans le déni pour échapper à une réalité trop dure. La mort de mon père m’a ouvert les yeux sur un huis clos sordide. J’ai aujourd’hui toutes les pièces du puzzle et j’essaye de me reconstruire. A la mort de mon père ma mère ne m’a pas serré dans ses bras en voyant mes lunettes noires elle m’a dit en souriant « tu es venue incognito? » puis elle s’est penchée plus bas a tiré mon collant en me reprochant de n’avoir pas mis un collant plus fin « avec la chaleur qu’il fait ». Quand j’ai mis en doute l’intégrité de mon frère on m’a traité de folle et si je n’avais pas construit une famille « bis » autour de moi je n’aurai pas supporter le traumatisme du rejet.

 

Emma, le 21 avril 2014.

INVISIBLE VIOLENCE

Il y a quelques semaines je vous présentais Eglantine Lhernault, auteur de Invisible violence, témoignage et parcours d’une jeune fille pour sortir de l’emprise et de la toxicité de son père.

Je vous invite à la rencontrer le samedi 17 mai au salon du livre « Guerre et Paix » de la ville d’Eu, en Seine Maritime.
Le livre d’Eglantine est également sélectionné pour le prix du premier roman de Draveil.

CVP – Contre la Violence Psychologique soutient Eglantine et l’encourage.

PRENONS SOIN DE NOUS… MÊME SI C’EST UN DÉBUT À 67 ANS

TÉMOIGNAGE – IL N’EST JAMAIS TROP TARD POUR RÉALISER, ET POUR PARTIR

Lorsque le harcèlement est effectué par un groupe, il s’agit de MOBBING et le mode STALKING est présent : email, verbal, menaçant, espionnage des faits et gestes.

Au début, c’était le harcèlement prodigué par un mari toxique. Il menaçait : « je ferai en sorte que les enfants ne te parlent plus. Elève-les, je complèterai leur éducation ». Ils ont grandi sous le toit parental et je me suis consacrée à eux. Je m’informais beaucoup pour qu’un jour ils ne souffrent pas du choix cornélien, maman ou papa ? C’est alors que le CIDFF m’a parlé du conflit de loyauté. J’évitais de tomber dans les provocations de « l’humanoïde » – c’est ainsi que je le surnommais.

Les enfants, devenus des hommes, diplômés, installés professionnellement, entourés de leur femme et de leurs enfants … je suis partie du foyer conjugal … ou diabolique (?). J’ai tout laissé : biens, liquidités … je suis partie.

Alors, le complément de l’éducation promis s’est poursuivi et amplifié. Mes enfants avaient sûrement de l’amour pour moi mais ils se sont dirigés vers le bel aspect du toxique, suivant ainsi leurs épouses ravies (dans les deux sens du terme) par le séducteur. Et du harcèlement au mobbing, il n’y a eu qu’un pas.

Conséquence du stress provoqué par ces appels téléphoniques venant de toutes parts, du toxiques et des manipulés intoxiqués : la perte d’un oeil pour thrombose maculaire et la perte du mécanisme de la marche – cerveau trop encombré par ces appels divers et variés fusant de toutes parts. La fréquence hebdomadaire était dense et ralayée par des agressions verbales à mon nouveau domicile.

Alors, entre-temps, j’ai eu la bonne idée de rencontrer le psychologue qui m’avait accompagnée dans la décision de divorcer. Hélas ! Quelque intoxiqué s’y était rendu aussi avant moi. Et lorsque j’ai commencé à parler, il m’a dit que je n’étais qu’un affabulatrice, citation qui faisait l’objet du harcèlement pour accompagner d’autre diagnostic incertain. Puis, prenant partie pour les harceleurs, et sachant que je souffrais du décès de ma mère, ce psychologue déclare :« Votre mère a préféré mourir que de vous revoir ». J’étais en overdose. J’ai cherché une association qui s’occupe des dérives psychothérapiques. Cela m’a soulagée de savoir que de tels incidents avaient lieu.

Mais oui, quelques « psy » dérivent, délirent, détruisent …

Comment dépasser tous ces méfaits qui peuvent venir de la famille, de l’entourage, de certains soignants ? En échangeant notre expérience, comme CVP nous le permet, en recevant des informations, des conseils de ceux qui savent vraiment.

 Merci à cette association d’exister.

Bravo à Eglantine Lhernaut pour son ouvrage, pour son témoignage. Merci d’avoir écrIt et parlé.

Petit Nota bene : si la famille, l’entourage, certains soignants se permettent de nous égratigner si fort c’est que notre apparence de victime a pu encourager ces faibles. Aussi, prenons soin de nous … même si c’est un début à 67 ans.

J’AI COMPRIS QUE JE NE VEUX PAS ME SUPPRIMER

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Témoignage reçu en consultation, porteur d’espoir et de « hâte de vivre »…
Je lis et relis votre article posté le 16.02.2014 « dites-moi, c’est bien un PN? » et m’y retrouve bien. J’ai lu également l’ouvrage « Les pervers narcissiques » de Jean-Charles Bouchoux. Plus encore que la compréhension (si possible soit-elle un jour) du comportement de cette personne qui m’a fait souffrir et qui m’a conduite à cette nécessité d’être à ce jour aidée, je suis dans la démarche de chercher à comprendre ce qui m’a conduite à accepter cette relation pendant ces quatre années …
Le témoignage publié sur le blog le 19.02.14. (1) est saisissant de réalité et de similitudes avec ce que j’ai pu vivre.
Je comprends à ce jour beaucoup de choses non pas sur lui, mais sur moi. A la question redondante « pourquoi moi, pourquoi ai-je permis cela, pourquoi suis-je dans une grande difficulté de reconstruction », je commence, grâce à vous, grâce à mes proches, grâce à la « violence » que je me fais chaque jour pour mettre une pierre après l’autre … je commence à comprendre …
Je pense avoir un degré de tolérance trop élevé à la violence quelle qu’elle soit. Mon côté « rebelle » et téméraire  vient du climat de violence dans lequel j’ai évolué plus petite. Les gifles de ma mère, les coups de mon père, les griffures et tirages de tignasse de ma soeur m’ont forgés une carapace extérieure qui m’a permis de montrer une femme qui n’a pas peur, voire qui, pour tenter de déstabiliser mes « agresseurs », est allée jusqu’à tendre avec arrogance l’autre joue quand je venais de m’en prendre une.
Quand je disais lors d’un entretien téléphonique « j’aurais préféré (si on peut préférer cela) les coups physiques de cette homme, j’en reste convaincue. Je n’avais pas pris à ce jour la mesure de ma ‘pseudo » capacité à gérer cette violence… car la violence des mots et des comportements que Mr a eu m’ont en fait « lobotomisée ». J’en conclue peut-être un peu rapidement je suis suis plus costaud face aux coups physiques car on y met de la glace, un pansement on peut « matérialiser » la « guérison » contrairement aux maux psychologiques.
Je connais pourtant mes limites, chaque fois que je tentais de les exprimer ou les faire respecter, tout le processus de culpabilisation et autres subterfuges m’ont été renvoyés tel un boomrang en plein visage. Je n’ai pas réalisé … Une baffe, un poing aurait été plus claires.
Je sais que une des tactiques adorées des MPN (si Mr en est un (politesse) … mais je n’ai plus de doute à ce jour) est l’identification projective … et donc … aujourd’hui j’essaie de me débarrasser de ces comportements qu’il m’a attribués : – tu es dépressive (mais aujourd’hui je le suis oui en effet)
– tu te victimise (oui …)
– tu n’es jamais satisfaite (oui en effet je ne peux l’être actuellement)
– tu es manipulatrice (oui je m’y suis essayée face à lui)
– tu es vindicative (oui, j’ai souvent une opinion et la revendique)
– tu utilises ton fils comme moyen de me faire souffrir (oui sans doute doit-il souffrir de l’absence de mon fils, mais il n’a pas su apprécié à sa juste valeur NOTRE présence dans sa vie (je dis NOTRE car à ce jour mon fils est indissociable de ma personne dans cette situation : j’estime qu’il est mauvais pour moi, il l’est davantage pour mon petit de x ans incapable de se prémunir des comportements de cette personne.)
J’ai coupé tout contact, avec cet homme, et chaque jour est une victoire, mais comment peut il être compliqué de couper avec un homme qui m’a fait tant de mal??? Une part de moi est masochiste? Le binôme névrosée que je suis et MPN qu’il est s’auto-alimente … mais pourtant je me bats, m’agite dans tous les sens, pleure, me mets dans des états d’une incroyable violence envers moi même … non pas parce qu’il me manque, mais pour me débarrasser de ce costume qu’il m’a fait porter … je sais que je ne suis pas tout cela et pourtant je dois me battre pour enlever cela de moi.
J’ai compris que je ne veux pas me supprimer, je veux que cette souffrance cesse et dans des moments de crise (doute, angoisse, etc) je me dis que vite vite vite pour arrêter d’avoir ces ressentis il me faudrait disparaître… et paradoxalement … j’ai hâte, mais hâte de VIVRE ou revivre loin de lui, loin de sa famille, loin des mensonges, loin des ses amis tous englués aussi dans ses délires … j’ai beaucoup d’amour et de tendresse à offrir et plus que d’en recevoir, j’ai envie d’en donner, d’une à mon enfant mais aussi à un homme qui appréciera de recevoir.
La vérité, ma vérité, c’est que dans cette relation j’ai donné, donné, donné … et non pas que je n’ai rien eu en retour (car il a su me couvrir de tendresse à certains moments) … lui n’a rien pris… je comprends que je ne pouvais me satisfaire d’une relation où je donne mon affection et mon amour à une personne qui ne peut pas l’accepter. Il en demandait toujours plus et plus j’essayais de donner, plus je m’épuisais car cela ne suffisait jamais.
Le plus beau dans une relation amoureuse, je crois, c’est de partager ces sentiments et savoir que sa moitié s’en ressent d’autant plus épanoui.
Plus je me suis engagée dans la relation, plus son comportement à dégénéré là où normalement le couple doit se solidifier et être épanoui.
Je réalise que DE TOUTE MANIÈRE tout ceci était voué à l’échec … juste je me disais que je n’aurais sans doute pas mieux?! Mieux que rien de sincère? Pas mieux que des tiraillements quotidiens entre mes valeurs, mes limites et les siennes?! Pffff quelle idiote ! Peut-être ai-je besoin de me dire cela mais question sentiments, sincérité et affectif il ne m’arrive pas à la cheville et même je vais être arrogante … c’est de la confiture donnée aux cochons … à un cochon!
Mais je suis aussi consciente qu’il est en souffrance et lui, le pape ou le voisin je ne supporte pas d’assister les bras ballants à la souffrance d’autrui… mais je rends mes armes… pour pouvoir être guidé, soutenu, aidé … d’abord faudrait-il le vouloir et ne pas dire « je vais bien tout va bien … c’est toi ma chère qui est malade ».
Je le laisse finalement face à sa vie, sa réalité telle qu’il a envie de se la dessiner … tout en ayant conscience qu’il refera du mal et que s’il ne trouve pas preneur rapidement il retournera ce mal contre lui même. Dans tous les cas loin de moi cet homme que je n’ai même jamais trouvé beau, qui semblait juste charismatique et qui ne l’est pas pour un sous… j’associe cette relation à un mirage…j’ai vu en lui ce que je voulais y voir et non pas ce qu’il était…
Là est un de mes point faible … ne plus manquer de lucidité et de voir en quelqu’un ce qu’on a envie d’y voir … mais ouvrir simplement les yeux… avant d’envisager quoi que ce soit…
À mercredi.
(1) Je crois être issue du premier cas : absence d’attachement.
Résultat, lutter depuis la petite enfance pour montrer et démontrer qu’on existe.
Rechercher à se faire remarquer pour se faire aimer ou apprécier.
Devenir perfectionniste en tous domaines pour y arriver.
Rechercher l’affection dans l’animal, parce que du côté humain, c’est plus difficile.
Et tout ça ? toujours ce manque d’amour qui nous fait passer pour un être éternellement insatisfait aux yeux des autres. Cette recherche d’amour et cette fragilité qui m’a fait tomber pieds et poings liés, la tête la première, dans les filets d’un PN.

QUI TÉMOIGNERA À MA PLACE SI JE NE LE FAIS PAS ?

Bonjour,

Je voulais juste vous envoyer un message de reconnaissance pour les comptes rendus (compte-rendus adressés suite aux groupes de parole). Cela fait beaucoup progresser et l’on se sent moins seul, même sans avoir pu y participer. C’est courageux de votre part je trouve. Bien sûr, tout est à lire avec grande prudence, et à cet égard, vous avez une rédaction juste : non édulcorée dans le politiquement correct / non dramatisée.

Les émotions, si nombreuses, parasites et difficiles à canaliser, vous en tenez compte, mais sans les nourrir: c’est libérateur! On se sent entendu et compris, mais pas identifié à sa souffrance.
Évidemment, tout cela est pour vous un pensum, mais pour moi une nouveauté!
Il y a des réflexions de bon sens et vous n’imaginez pas comme cela soulage! Par exemple sur le déni parental et les prétendus syndromes en vogue. Le bon sens n’est pas commun, pas forcément l’apanage des JAF non plus…

Quand on est enfermé dans la toile que l’autre a tissée pendant des années, une toile bien reluisante et d’apparence sociale irréprochable; qu’il faut lutter pour démontrer que tout ceci est du vent, que c’est vous qui avez joué le rôle de fusible pour que l’univers des enfants soit intact, qu’il faut se ravaler sa propre bêtise (vis à vis de soi, vis à vis de ceux à qui l’on veut démontrer tout cela) quand on prend conscience qu’avec cette stratégie, c’est VOUS-MêMES qui lui avez fourni les moyens de sa brillante et indémontable image!! Quelle crédibilité peut-on avoir quand on explique cela? Qui peut croire que vous avez sciemment choisi de vous écraser pendant des années, par amour au début (ou culpabilité d’ailleurs…), puis devoir conjugal, puis devoir familial, toujours dans l’espoir d’une prise de conscience, puis par protection, pour attendre ad minima que les enfants grandissent, et gagner ainsi en sécurité pour « après la séparation » (car plus ils sont grands, pense-t-on, plus ils seront capables de se défendre, d’alerter en cas de problème etc…).

Quand on est enfermé dans ce système, on a besoin de savoir que des gens comprennent de quoi l’on parle, que le bon sens existe et que c’est lui qui guide pour agir dans l’intérêt des enfants.

Et cela donne du courage, pour faire ce que l’on aurait dû faire des années avant : le laisser agir seul, même si l’on sait que les enfants en pâtiront, pour qu’enfin tout se voit! Ainsi, sacrifier des intérêts immédiats des enfants, pour obtenir une décision judiciaire qui impose un cadre (ma fille cadette a 8 ans, j’ai 10 ans à protéger!) que l’on a pas été soi-même capable de maintenir vaille que vaille, qui impose des limites à quelqu’un qui n’en connaît aucune, sauf celles imposées par l’image qu’il a de lui-même et qu’il veut étaler (car donner n’est pas un terme approprié). Un cadre qui impose des devoirs minimums de père, avant d’accorder aveuglement des droits. (Qui aujourd’hui dit que l’on doit être digne des droits que l’on prétend avoir? Qui comprend la subtilité entre dénier ses droits à un père et alerter sur son incapacité à les assumer vraiment?)

Bien sûr, je le précise, pour le moment, aucune violence physique n’a été mise en jeu. Je parle de protection psychologique pour mes enfants. La différence n’est pas dans la gravité des souffrances et des conséquences, mais dans le déploiement éminemment insidieux du mal dans le temps.
Le mal physique est soudain, même s’il est réitéré, descriptible car matérialisé, c’est un acte. Il peut être refoulé mais par nature, il est tout de même mémorisable (je ne sais trop comment exprimer cela sans caricaturer).
Le mal psychologique s’installe dans la durée, car il y a tout un travail de sape diffuse qui précède la mise à mort; il est extrêmement difficile à détecter, à décrire, à caractériser. On ne peut pas croire qu’on est dans le vrai en trouvant l’autre inhumain. On croit qu’on se trompe, qu’on est pas assez affectivement autonome etc… Et les paroles et les petits évènements ou non évènements souvent s’effacent de la mémoire. C’est une influence, un fléchissement insensible de la volonté et de la conscience. C’est comme une musique, morcelée note par note, dont on diffuse chaque note avec de longs silences, puis on commence à se dire que ces notes-là, on les a déjà entendues; au fil des années on finit par comprendre que c’est une partition, et quand on tente de se révolter la partition est jouée de plus en plus vite jusqu’à assourdir. (moralité : CVP devrait être sponsorisé par Quillès; un peu de sarcasme, c’est ma distance à moi…)

Ce n’est qu’une fois le fil complètement déroulé que j’ai obtenu la certitude (chancelante) que oui, c’était bien cela pendant toutes ces années, je n’avais pas fabulé, ce n’est pas moi qu’il fallait remettre en cause toujours et toujours (en tous cas pas de cette façon!)… Qu’il ne s’agissait pas d’un manque de compassion et de compréhension de ma part, il ne s’agissait pas de prendre de la distance entre gens rationnels, vis à vis de comportements, plus ou moins excusables, plus au moins « curables », mais que j’avais bien affaires à une structure, irrémédiable, inhumaine et qui me dépassait totalement. Car je lui avait donné toutes les clés pour me détruire et que, oui, il les avait sciemment utilisées (…ce que sans aucun doute ma névrose réclamait inconsciemment!! ça, je n’en ai pris conscience que très tard, trop tard).

Mais je n’arrive toujours pas à vraiment concevoir ce qu’est une personne sans affect, sans conscience morale de ce fait. C’est en réalisant que j’avais fini par être d’accord avec ma propre mise à mort, la tenant pour méritée et pour seule issue, et en constatant in extremis (l’intérêt des enfants joue indéniablement) que tout est totalement incohérent avec ce que je voulais au fond de moi (vivre et faire vivre), que j’ai accepté. Je ne voulais pas (j’étais empêchée?) accepter l’inacceptable: d’avoir raté ma vie et celle de mes filles. Il y a de l’orgueil là-dedans n’est-ce pas? Car personne ne m’a mis un fusil sur la tempe pour me marier avec ce type. C’est bien moi qui ai choisi de ne pas tout faire exploser. Je me sentais piégée, sincèrement, mais l’esclave choisit d’obéir… Ma vraie responsabilité et culpabilité était là, de m’être obstinée à croire que ce pouvait être remédié, ne pas avoir sorti la tête de l’eau en disant obstinément que je n’avais aucun point d’appui pour cela, vouloir à tout prix que ce mariage soit ce que je voulais qu’il soit, et que mon point d’appui, c’était mon mari, vouloir contre toute évidence que ce mari idéal soit ce type.

Il est difficile de faire le tri des solutions qu’on a rationnellement adoptées de celles influencées par un inconscient malade (car franchment pour tenir autant d’années avec un type pareil, il faut avoir de grosses failles…).
La lecture des comptes rendu aide énormément, par la diversité de points de vue et d’expériences, par la description du cheminement des participants. Ce partage, car là c’est du partage, aide énormément à une saine prise de distance, la plus objective possible, la plus déculpabilisée possible. C’est une petite bulle de bienveillance dans un univers de brutalité.

Je voulais juste vous dire merci et je vous ponds un roman! Mais c’est un témoignage du bien fondé de votre démarche. Bien sûr, vous ne l’auriez pas entamée, si vous n’en aviez été persuadé! Ce n’est pas de l’ordre de l’encouragement, ou alors en direction de gens comme moi. C’est bon en soi de dire les choses. Personne ne peut faire votre travail à votre place, mais qui témoignera à ma place si je ne le fais pas?

Merci.

Merci à vous pour ce témoignage…

©Anne-Laure Buffet

VIOLENCES PSYCHOLOGIQUES DANS LE COUPLE, LE MAL INSIDIEUX ET INVISIBLE

Merci à Lily pour sa contribution que CVP partage avec vous

violence verbale

J’ai longtemps hésité à sortir ma plume pour aborder le sujet. Parce que cela m’oblige à me mettre à nu. Mais il y a trop de femmes, d’enfants et même d’hommes parfois, qui souffrent de ce mal silencieux, invisible, incompris et impossible à prouver.

Il y a trop de douleur et de détresse derrière ces agissements qui détruisent doucement mais sûrement ceux qui en sont victimes.

Il y a trop de honte et de culpabilité.

Alors je vais témoigner. Pour me libérer. Pour être comprise. En espérant que peut-être, en lisant ces lignes, d’autres comprendront ce que vivent leurs proches, victimes de ces violences. Qu’une victime se reconnaîtra et qu’elle pourra elle aussi faire un pas vers la sortie de ce cauchemar.

C’est d’abord un être charmant que vous rencontrez. Il séduit tout son entourage, parle bien, se vend bien.

Peu à peu dans la sphère privée les choses changent. Insultes, paroles dégradantes, critiques incessantes.

Chaque jour, pendant des années.

Mais ce n’est pas de sa faute. C’est vous le problème.

Si vous faisiez un effort il ne vous parlerait pas aussi mal. Il ne serait pas obligé de vous faire des remarques.

Vous êtes entre les mains de ce que les psys appellent un pervers narcissique.

Vous cuisinez mal, vous habillez mal, vous occupez mal de vos enfants, vous occupez mal de votre maison, vous occupez mal de lui.

Vous travaillez mal, trop, pas assez.

C’est vous la cause de votre malheur.

Peu à peu vous en êtes convaincue. Vous ne valez rien, jamais rien de ce que vous faites ne trouve grâce à ses yeux.

C’est de votre faute, vous n’avez qu’à changer.

Vous essayez de changer, de comprendre. Mais rien ne bouge. Chaque jour vous entendez les mêmes paroles, chaque jour vous êtes un peu plus persuadée que vous êtes une sous-personne, qu’il est bien bon de rester avec vous, qui ne valez rien.

Vous ne le méritez pas.

Rassurez-vous, il ne partira pas. Il a trouvé une victime.

Il a besoin de vous dominer, de vous placer en sujet inférieur pour se sentir exister.

Il souffle le chaud pour mieux souffler le froid. Il alterne les paroles humiliantes, rabaissantes, avec les grandes déclarations. Ne voyez-vous pas qu’il vous aime puisqu’il reste avec vous malgré tout ?

Si vous avez des enfants c’est pire, si vous partez vous le détruirez et détruirez votre famille.

Tout est de votre faute et tout sera de votre faute.

Vous avez l’impression d’avancer à tâtons dans un tunnel sombre. Jamais vous ne voyez la sortie. Vous ne contrôlez plus rien, votre vie vous échappe. Vous vous enfoncez peu à peu dans la dépression. Voyez, vous ne faites aucun effort, vous devriez arrêter de pleurnicher et vous prendre en main… Votre mal-être le nourrit.

Vous ne comprenez pas d’où vient le mal. On vous a dit que cela venait de vous. Mais malgré tous vos efforts rien ne change.

Votre corps commence à vous parler. Vous somatisez votre douleur.

Partir ? Pourquoi ? Le problème vient de vous, il vous suivra. Et puis il sera tellement malheureux si vous le quittez. Il vous aime il vous l’a dit.

Chaque matin vous vous levez avec l’idée de plus en plus présente que votre seule chance d’en sortir est de choisir une fin radicale. Seuls vos enfants vous maintiennent en vie.

Vous n’en parlez pas. Qui pourrait comprendre ? Vous-même vous ne comprenez pas. Vous avez fondé une famille, vous devez montrer que vous êtes heureuse. Et puis de toute façon vous l’avez bien cherché. Vous êtes la cause du mal qui vous ronge. Il vous l’a dit, répété.

Vous avez perdu la plupart de vos amis, votre dignité, l’estime de vous-même. Vous perdez votre santé, votre force, votre volonté de survivre.

Et puis un jour, peut-être, vous ouvrez les yeux. La sortie est là, devant, éblouissante de lumière. Vous devez fuir. Mettre le plus de distance possible entre vous et celui qui est devenu votre bourreau.

Ne réfléchissez pas. Partez. Si vous avez des enfants ce sera d’autant plus dur mais aussi d’autant plus facile. Vos enfants vous donnent des ailes, ils ont besoin de vous, pas de la serpillère que vous êtes devenue. Ils vous lieront à tout jamais à cet être que vous devez fuir, mais vous deviendrez plus forte.

Vous comprendrez peu à peu que vous n’êtes pas une mauvaise mère, une mauvaise femme. Que toutes les  paroles que vous avez entendues, qui vous ont hachée menue durant toutes ces années n’ont pas de réalité. Elles n’engagent que lui, elles ne vous concernent pas. Il ne s’agit pas de vous, mais de la personne qu’il a voulu que vous deveniez pour le faire exister.

Soyez prêtes, la bataille pour retrouver votre liberté ne fait que commencer.

Il tentera de vous récupérer. Il ne peut pas vivre sans vous. Fuyez !

Il continuera les critiques, les reproches et les insultes. Vous avez détruit sa vie. Fuyez !

Il utilisera vos enfants pour vous culpabiliser. N’écoutez pas, protégez vos enfants. Fuyez !

Et parlez. Parlez à ceux qui veulent bien entendre. Parlez à ceux qui vous font du bien. Parlez à ceux qui vous valorisent.

Il vous a pris de nombreuses années de votre vie. Laissez-les derrières vous. Seul compte votre avenir. Vous allez refaire connaissance avec vous-même.

Vous ne le méritez pas, vous méritez mieux ! Vous méritez d’être heureuse, vos larmes ont assez coulé pour toute une vie. Vos enfants méritent que vous soyez heureuse.

Je remercie infiniment tous ceux qui m’ont soutenue et me soutiennent encore. Je ne citerai pas vos noms afin de ne pas vous exposer. Vous êtes mon roc, ma bouée de sauvetage.

Si en me dévoilant je réussis à aider ne serait-ce qu’une personne j’aurai le sentiment d’avoir fait mon devoir.

Si vous vous reconnaissez dans ce récit, ne restez pas seule, vous pouvez m’écrire, je répondrai.

©lesbavardagesdelily