RÉAGIR FACE AU PERVERS NARCISSIQUE

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Face à une personne perverse narcissique, il est difficile de rester soi-même. Le pervers se comporte comme un prédateur. « Le désir d’être aimé » n’existe pas. En revanche « le besoin de dominer » est omniprésent. Pour obtenir cette domination, le pervers narcissique va tout entreprendre, pouvant aller jusqu’à détruire l’identité de sa victime en la manipulant et en la harcelant.

Le pervers ne voit pas les autres comme des « sujets », mais comme des « objets » qui ne sont là que pour valoriser son égo. Vous êtes « chosifié », instrumentalisé, selon ses désirs, ses besoins, et son bon vouloir.

Pour sortir de cette spirale infernale, la victime n’a que peu de ressources et de moyens. D’autant que le plus souvent, elle prend conscience de la personnalité perverse narcissique de son « bourreau » que lorsqu’elle est déjà tellement à terre que ses forces manquent pour se battre.

1) retrouver la confiance en soi :

Pour se confronter a un pervers narcissique, il faut absoluement avoir repris confiance en soi, et entrepris un travail personnel menant à une indépendance affective. Il est tout aussi important de retrouver une indépendance financière et de renouer des liens forts avec la famille, ou s’entourer d’un cercle d’amis de confiance. Si l’isolement est vraiment total, il est absolument urgent de contacter la police. Déposer une main courante n’engage pas. La deuxième main courante, pour les mêmes faits, se transforment en dépôt de plainte.
La honte, le plus souvent, retient les victimes. Il faut apprendre à la combattre, à la dominer. À l’empêcher d’être un frein. 

2) Cesser de vouloir « le » changer mais faites tout pour « vous » changer

Il faut cesser de vouloir a tout pris « changer » le pervers, tenter de lui montrer son dysfonctionnement et son comportement. Cela ne lui permet que de renforcer son emprise. Il est impossible de raisonner ou de soigner un pervers narcissique car il ne se reconnait pas lui-même comme « malade ». Il empoisonne l’existence de ses proches dans des rapports de destruction. Souvent, le pervers narcissique finit ses jours seuls et retourne sa destruction contre lui-même, en devenant hypochondriaque, en développant des maladies psycho-somatiques, ou en devenant le plus souvent paranoïaque.

Concentrez donc votre énergie sur vous-même, et ne lui donnez aucun moyen de savoir « où vous en êtes » dans votre méfiance et connaissance de ce « qui il est ».

Cessez de le prévenir de vos actions, agissez. Mettez tout en place pour le quitter et vous reconstruire une nouvelle vie, mais ne l’informez pas de vos actions, même sous la menace. On pourrait aller jusqu’à dire… Cessez d’être bien élevé, d’être l’enfant obéissant qui dit à ses parents où il se trouve, pourquoi, et quand il pense rentrer.
Le PN retient chaque détail, et s’en sert systématiquement contre vous, à court ou moyen terme. N’oubliez pas… le PN est patient.

Prenez soin de vous. Passez du temps seul(e) pour faire le point, vous poser les bonnes questions, faire vos choix, méditer, et vous ressourcer.
Protégez-vous. Prenez de la distance, voire soyez indifférent(e) psychologiquement si vous ne pouvez pas prendre de la distance physiquement dans un premier temps.
N’hésitez pas à demander de l’aide à vos proches, votre entourage, à un thérapeute, un coach. Tous les moyens pour prendre cette distance sont bons, tant qu’ils ne vous isolent pas plus.

Par exemple :

 a – Sortir de la triade « victime, bourreau, sauveur », ou « père, mère, enfant » qui consiste à cesser de vous justifier systématiquement et de répondre aux attaques par une attitude de victime, ne pas culpabiliser lorsque le pervers tente de vous faire passer pour le bourreau, et cesser de voler à son secours lorsqu’il vous mène dans un chantage affectif.

b – La protection neutre consiste a répondre à une question par une autre question, en revoyant systématiquement l’autre sur sa propre sensation ici et maintenant. Par exemple lors d’une attaque lui répondre en demandant : « qu’est-ce que ça te fais de me dire cela? », ou encore face a un reproche « en quoi ça te dérange exactement? ». Il s’agit de sortir du jeu et de ne plus y rentrer. Toutes vos façon d’agir et de faire avec le pervers doivent radicalement changer. Ne lui donnez aucune piste ni aucun espoir de retour. L’affirmation positive est un autre moyen de défense. À ses attaques, ses critiques, ses remarques, lui répondre « C’est ton opinion. », « Tu as ton point de vue, je l’entends mais ne le partage pas. »… déstabilise le PN et … le fait taire, pour un temps.

c – L’autodéfense se résume a quelques règles de base :

– Cessez de vous justifier : vous faites ce que vous devez faire pour votre propre survie, quoiqu’il vous en coûte. Et c’est VOUS qui avez raison, pas votre prédateur ! Et ne soyez plus dans la réaction, mais dans l’action !

– Devenez « opaque ». Dissimulez systématiquement vote vie, vos proches, vos affaires. Cessez de dire toujours ce que vous faites, où, avec qui, comment, pourquoi… Brouillez les pistes, ne laissez pas vos traces de passage… Pensez que vous êtres une proie en train d’être traquée ! Adoptez la technique du siou, qui consiste à effacer systématiquement les traces qu’on laisse derrière nous !

Évitez la bonne humeur, la spontanéité, l’impulsivité, faites des phrases courtes, utilisez le « on » et non plus le « je », parlez avec des phrases toutes faites, des proverbes etc…

– N’entrez jamais dans les conflits de front. Faites des pirouettes si il le faut sur le ton de l’humour, ou bien jouez l’indifférence.

– Entrainez-vous à garder votre sang-froid en travaillant votre concentration, respiration, en pratiquant la méditation, en vous inscrivant à des cours de Yoga ou d’arts martiaux…

– Créez vous des « bulles de temps pour vous ». Non pas pour « fuir ce calvaire », mais pour nourrir votre esprit avec de bonnes lectures enrichissantes, faire ce que vous aimez, prendre soins de votre corps. Chaque instant pris pour vous est un moyen de se ressourcer et de trouver une nouvelle énergie.

Bien sûr, tout cela semble facile à dire, ou à écrire. Rien ne change en un jour. Tout comme le travail de destruction du PN est lent, la reconstruction l’est aussi, demande de la patience, de l’énergie. Et avant tout de posséder une certitude : vous n’êtes pas fou, vous n’êtes pas malade, vous n’êtes pas « rien ». Ses paroles sont le miroir de ce qu’il est, lui.

Vous pouvez vous faire accompagner. Ne pas se sentir seul(e) permet lors des moments de doute, d’épuisement… de conserver et d’accroître un équilibre.

Retrouver cet article sur Web Thérapies : http://web-therapie.fr/articles?id=7

©Anne-Laure Buffet
associationcvp@gmail.com

ÉTAT LIMITE – PERVERS

( une question de BibliObs à Dominique Barbier, expert-psychiatre) 

BibliObs.- A quoi reconnaît-on un état-limite ? Un pervers ?


Dominique Barbier.– « Pour résumer, la frontière entre lui et l’autre n’est pas clairement définie. Il a besoin de «prolonger son moi» dans l’autre pour un renforcement d’identité, qui constitue sa dépendance. C’est dans ce besoin consommatoire de l’autre qu’il présente un cousinage avec la perversion, mais qui elle est une structure constituée. Le non-sevrage de la personne en état-limite, la non-défusion à l’égard de la mère fait que sa personnalité d’adulte n’est pas autonome, sa place n’est pas définie. Il est «addicte» de l’autre.

« Il faut opposer la perversité à la perversion. La première constitue un trait de personnalité, la seconde une structure, c’est-à-dire un mécanisme constant de fonctionnement psychique. Le pervers s’insinue dans le fantasme de l’autre, dont il a une connaissance intuitive bien meilleure que l’intéressé : il fait croire à l’autre, même en dehors des mots, qu’il lui est indispensable et qu’enfin il y a quelqu’un qui le comprend, dans un fantasme de complétude totale. Il s’agit d’une effraction dans l’autre et d’un rapt d’identité, à l’insu de sa proie.

« Ce prédateur, qui évoque l’image du vampire, va de mieux en mieux au fur et à mesure qu’il anémie sa victime ; c’est un destructeur, il a une indifférence à la souffrance de l’autre dont il peut abuser.

« Le pervers a une compétence extraordinaire à déstabiliser l’autre avec de petites phrases faussement insignifiantes mais qui s’accrochent à l’inconscient qu’elles parasitent à notre insu en continuant leur travail de sape. C’est ce que j’appelle les plasmides. Comme l’état-limite est influençable et manque de repères et d’assurance, du fait d’une personnalité fluctuante, il est la cible privilégiée du pervers, avec lequel ils forment un bon tandem, le conducteur étant bien sûr le pervers. »

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CONTRE L’ALIÉNATION PARENTALE

C’EST AUSSI MON ENFANT – OLGA ODINETZ

Paul Bensussan (expert psychiatre auprès de la cour de cassation) :

C’est le plus éprouvant de ce qui nous est donné à voir en matière d’expertise : c’est une sorte de massacre avec les meilleures intentions du monde ! Chaque parent se dit désireux de tout faire pour leur enfant. Avec l’enfant que l’on dit vouloir protéger et qui est réellement esquinté.

Cette pathologie redoutable et encore méconnue ne menace pas que le parent rejeté : elle sape le fondement même de l’identité et de la personnalité de l’enfant, compromettant même, lorsque le stade de sévérité va jusqu’à la rupture durable, son « droit élémentaire d’entretenir régulièrement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents », droit qui lui est normalement garanti par l’article 9 de la Convention internationale des Droits de l’Enfant, entrée en vigueur le 2 septembre 1990.(source :paulbensussan.fr )

Source : AFFAIRES FAMILIALES ET DROITS DES ENFANTS

PERVERS NARCISSIQUE OU PSYCHOPATHE ?

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Qu’en est-il du concept de pervers narcissique au regard de celui de psychopathe ? 

Si l’appellation « pervers narcissique » est une notion psychanalytique récente (Racamier, 1985), celle de « psychopathe » suit l’évolution de la psychiatrie clinique depuis le début du XIXe siècle, et on en trouve différentes descriptions sous une profusion de dénominations. Pour le grand public, c’est un terme qui semble plus facile à appréhender. Les romans, le cinéma, les séries télévisées se nourrissent de cette fascination du public pour la maladie mentale, et les scénaristes débordent d’imagination pour inventer des histoires toujours plus haletantes (American psycho, Seven, Le silence des agneaux, Esprits criminels, Dexter, pour ne citer que ceux-là).

Le terme « psychopathie » (ou manie sans délire, selon le psychiatre français Philippe Pinel) fut introduit par un psychiatre philosophe allemand, Julius-Ludwig Koch, qui évoqua une « infériorité psychopathique ». Il existe une autre terminologie que nous devons au psychiatre Karl Birnbaum, à savoir le « sociopathe ».
La prolifération de noms sèment plus le trouble et la confusion qu’elle n’apporte de réponse à cette problématique.

De nombreuses approches ont été « expérimentées » pour approfondir nos connaissances de la psychopathie, et le développement de sa compréhension suit d’une manière empirique et heuristique, les progrès réalisés grâce aux évolutions des appareils permettant de « voir » l’activité biologique et physique d’un être humain soumis à différentes tâches ou à diverses contraintes. C’est dans ce cadre-là qu’il faut situer les données actuelles disponibles sur la psychopathie telles que résumées dans les conclusions de la Haute Autorité de Santé (HAS), dans son rapport d’audition publique publié en 2006 et intitulé : « Prise en charge de la psychopathie ».

Ainsi, en conclusion de ce rapport « cette discipline est schématiquement partagée:
• entre un courant biologisant, qui diagnostique des troubles sans lien avec l’histoire du sujet, qui privilégie les thérapies comportementales (qui s’appuient sur les théories de l’apprentissage et du conditionnement) ;
• et un courant psychodynamique qui reconnaît les apports de la psychanalyse et les utilise pour aborder les soins ainsi que les modalités de ses pratiques et qui envisage chaque sujet dans son histoire et sa singularité. Il est probable que les expertises psychiatriques demandées par la justice diffèrent sur le fond en fonction de la formation et de l’orientation du psychiatre. En fait, La trajectoire du psychopathe est faite d’une « histoire sans passé », sans début et sans fin ; le temps, pour lui, ne présente pas de scansions, il n’a pu s’y inscrire… C’est une problématique qui dépasse le seul champ de la psychiatrie. Il conviendrait de s’en préoccuper sous peine de voir s’étendre le terrain de la psychopathie ».

Définitions :

Le mot psychopathie désigne un trouble permanent de la personnalité caractérisé par un sévère manque de considération pour autrui, découlant d’une absence de sentiment de culpabilité, de remords et d’empathie envers les autres. Affichant une apparente normalité en matière de moralité et d’expression émotionnelle, le psychopathe se révèle incapable d’éprouver au plus profond de lui-même des émotions sociales. Sérieusement carencé sur le plan émotionnel, le psychopathe parvient, par mimétisme, à exprimer, verbalement ou physiquement, de tels sentiments sans toutefois les ressentir. Pareille dislocation entre la forme et la substance d’un message émotionnel serait, selon bon nombre d’études neurologiques, générée par une connexion défectueuse entre les réseaux cognitifs et émotionnels du cerveau du psychopathe.

« La psychopathie est un trouble (au sens psychiatrique du terme) qui trouve son origine dans une déviation du développement et qui se caractérise par un excès d’agressivité pulsionnelle ainsi que par une incapacité à nouer des relations aux autres. Le terme de psychopathie représente à la fois une catégorie diagnostique, et un continuum de perturbations psychologiques, dont l’intensité et la nature sont variables d’un individu à l’autre en termes de traitement ».

Cette dernière définition met en évidence deux notions essentielles présentes dans la psychopathie : le trouble et le processus, de manière semblable à la perversion narcissique qui est un mouvement et son aboutissement. Paul-Claude Racamier affirma lui-même que : « des rapports existent sans doute entre perversion narcissique et psychopathie, mais ils sont complexes ».

Il est inutile de procéder à une comparaison point par point des similitudes entre le concept de « pervers narcissique » et celui de « psychopathe » : ils sont identiques en tout à l’exception d’un seul aspect qui permettrait de les spécifier : le psychopathe est « supposé » être plus impulsif que le pervers narcissique.

L’impulsivité se définit en psychologie comme étant une « disposition à agir par impulsion, due à une insuffisance constitutionnelle ou acquise des fonctions d’inhibition et de contrôle ». Autrement dit, l’impulsivité du psychopathe se caractérise par une faible inhibition et des pertes de contrôle qui favorisent le passage à l’acte (ou « l’agir » dont parle Paul-Claude Racamier), ce que la victimologie nomme la « clinique du passage à l’acte » étudiant l’agressivité du sujet évalué. Étant donné les apports importants de cette discipline, c’est désormais chez elle qu’on puisera les explications les plus « fouillées » permettant de comprendre cette agressivité chez les psychopathes et les pervers narcissiques et voir en quoi elle diffère chez les uns ou autres.

Ce point est d’autant plus important que « l’intolérance à la frustration et l’imminence du passage à l’acte auto – ou hétéro – agressif restent cependant deux maîtres symptômes de tout comportement psychopathique ».

L’agressivité

Depuis Konrad Lorenz (1903 – 1989) et son traité sur « l’agression, une histoire naturelle du mal » généralisant le concept anthropologique de « bouc émissaire », les études portant sur cet instinct ont dégagé une typologie consensuelle des comportements agressifs qui peuvent « revêtir des formes très diverses allant de l’homicide à la simple remarque sarcastique…
Arnold Buss a défini trois dimensions caractérisant l’agression :
1) physique-verbale : l’agression est exprimée par des gestes ou des paroles ;
2) active-passive : elle correspond à une action positive que l’individu omet volontairement de réaliser ;
3) directe-indirecte : la victime est physiquement présente ou absente. La combinaison de ces trois dimensions permet de définir 8 types d’agression différents ».

Outre cette typologie de l’agression, de nombreux auteurs ont pu en déterminer deux principales modalités selon que les actes agressifs soient provoqués ou non. Ceci inclut la prise en compte du facteur intentionnel dans l’évaluation de la psychopathie. Dans le cas d’actes agressifs non provoqués, l’agression sera dîte proactive et relève d’une prédation, et lors d’actes agressifs répondant à une provocation, l’agression sera dîtes réactive et aura une fonction de préservation.

Lorsqu’un conflit s’origine dans l’agression proactive, il se perpétue grâce à l’agression réactive et lorsque la situation conflictuelle tend à s’enkyster, notamment lors des « conflits larvés », son origine n’est plus déterminable.

Là où les choses tendent à se compliquer, c’est le fait que l’agression proactive peut être plus ou moins consciente ou inconsciente. Il arrive parfois que l’agresseur passant à l’acte soit totalement inconscient de sa propre agressivité qu’il n’aura alors de cesse de reporter sur « l’autre » réagissant alors sur un mode ambivalent proactif/réactif. Dans cette configuration, il justifira ses propres comportements agressifs en rejetant sa responsabilité dans le conflit sur celui qui aura commis « l’outrage » de le renvoyer à son agression originelle déclencheur du processus. Ce canevas d’enchevêtrement interrelationnel est à l’origine de nombreux dysfonctionnements dans les échanges interindividuels ou intergroupes, mais à l’origine de ces conflits, il y a un ou des individus qui dénient avoir commis un acte agressif proactif et c’est à ce niveau là qu’on peut discerner le normal du pathologique.

Il va de soit qu’agressivité et violence ont des rapports contingents très étroitement liés. Mais si toutes violences supposent un comportement agressif, toutes les agressions ne sont pas nécessairement des violences bien qu’une grande confusion règne à ce propos y compris dans nos textes de loi. Yves Prigent, neuropsychiatre spécialisé dans l’étude de la dépression et des suicides, auteur d’une importante étude sur « La cruauté ordinaire, où est le mal ? », effectue très bien cette distinction-là.

En quoi pervers narcissiques versus psychopathes diffèrent-ils alors ?

Cette différence est uniquement contextuelle, c’est-à-dire que la notion de psychopathie a principalement été étudiée dans le cadre des injonctions de soins prononcées par des tribunaux en matière pénale et la perversion narcissique a été découverte grâce aux recherches effectuées en thérapie des groupes et des familles.

En résumé, un pervers narcissique est un psychopathe qui ne s’est pas fait prendre la main dans le sac.

Cependant, la recherche psychiatrique distingue désormais ce qu’elle nomme les psychopathes « successful » (ou psychopathie primaire, « nos » pervers narcissiques) des psychopathes « unsuccessful » (ou psychopathie secondaire, un peu moins « rusé » que les premiers puisqu’ils se font arrêter en raison de leur « impulsivité »).

 

Alors pour conclure, psychopathe ou pervers narcissique ?

Pour la HAS, le terme préconisé est celui « d’organisation de la personnalité à expression psychopathique » (qui donne l’acronyme OPEP), ou celui plus communément admis de « personnalité limite à expression psychopathique ». Mais si l’on tient compte de l’historique des études portant sur ce trouble de la personnalité, il faut croire que tant qu’il ne nous apparaîtra pas plus « clairement », sa dénomination évoluera encore. Cependant, ce n’est pas parce que le « signifiant » psychopathe, ou pervers narcissique, soulève l’indignation de par la stigmatisation qu’il induit, que le « signifié » (et le trouble qu’il génère) n’est pas valide et doit être ignoré ou, plus grave, nié.

Source : http://lesimbecilesontprislepouvoir.com/2013/02/28/la-fabrique-du-pervers/

ATTENTION : Cha…

ATTENTION : Chaque pervers narcissique possède son propre langage, ses mots, ses gestes, adaptés et évoluant selon les victimes.
Ne vous attachez pas à la forme, mais au fond.
Analysez, écoutez, observez.
Trop de gentillesse, de bienveillance, de séduction peuvent être un signal.
La vigilance est nécessaire. Des victimes de pervers narcissiques ayant pu fuir sont tout de même retombées dans d’autres pièges.

La séduction nimplique pas la perversité. Mais demandez-vous toujours si elle n’est pas trop présente…

DIRE NON À LA HONTE

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Afin de sortir, et de sortir au mieux, des griffes du pervers narcissique, il est fondamental de commencer par chasser la honte.

La honte est un sentiment partagé par l’ensemble des victimes. Il n’est donc pas honteux… d’avoir honte. Et c’est un sentiment profondément ancré. Il se cache derrière du rire, de la dérision, du cynisme. La victime entendra dire d’elle qu’elle est caustique, acerbe, qu’elle rit aux éclats, trop vite, trop facilement. C’est uniquement une façade, et cette façade ne devrait tromper personne. Ni l’entourage, ni, et principalement, la victime, qui se sent plus forte en adoptant de tels comportements.

Elle n’est pas plus forte. Elle protège. Elle se ment. Elle se trompe. Elle tait une vérité qui doit être énoncée.

Ce qui retient de parler ? Ce qui provoque la honte ? La peur du jugement, la peur du regard de l’autre. La peur de la sanction. La crainte de le dire comme un aveu de faiblesse, là où la faiblesse n’a pas lieu d’être et d’être citée.

La peur de la sanction également qui se traduit par « tu ne vaux rien ».

La victime confond deux notions : être victime et être coupable. La honte vient du sentiment de cécité de la victime, qu’elle doit verbaliser, avouer. Se dire soumis, c’est avouer une faiblesse, alors qu’encore une fois il n’y a ni faiblesse ni lâcheté. Le PN sait à qui il s’en prend, et encore une fois, le PN s’en prend à celui qui est plus fort que lui, plus fort et bienveillant.

La honte dissimule une colère aussi sourde que sournoise, qui retourne contre la victime le sentiment de cim-lpabilité mêlé à la prise de conscience du manque de lucidité. La victime aurait dû être lucide. Elle oublie, ou elle ne sait pas, qu’elle ne pouvait pas l’être.

La victime doit savoir se pardonner. Et pour se pardonner, elle doit retrouver confiance en elle, elle doit apprivoiser à nouveau l’estime d’elle-même, mis à mal, voire à terre, par le PN.

MORT VIVANTE – EXTRAIT 4 – À PARAÎTRE

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Il m’a dit le contraire. Ce matin même. J’en suis certaine.

Il m’a dit qu’il voulait que je prévois ce dîner. Que c’est important pour lui. Que je dois comprendre.

Il m’a dit que je sais faire. Que je sais organiser. Que j’ai le temps pour le faire. Que ce n’est pas un reproche, c’est juste ainsi. Il m’a dit que lui travaille. Lui travaille, mais pas pour lui. Pour nous.

Il m’a dit que je devais le faire. Il m’a dit que ça lui ferait plaisir. Et il est parti.

Je l’ai fait. Comme il me l’a dit. Comme il me l’a demandé. Je l’ai fait pour lui. Je l’aime.

Je lui suis reconnaissante. J’ai une belle vie.  Grâce à lui. Je n’ai pas besoin de travailler. Je dois lui dire merci. Je sais ce que je lui dois. Je lui dois tout.

Il m’a dit que c’était important. Très important.

Je ne veux pas le décevoir.

Je ne dois jamais le décevoir.

Je ne serais pas grand chose sans lui.

Je sais que je ne serais pas sans lui.

Je sais qu’il sait. Je sais que je ne sais pas.

Ce matin il m’a dit le contraire. À moins que je me trompe. À moins que je n’ai pas compris. C’est cela, je n’ai pas écouté. Je faisais autre chose, peut-être. Peut-être ne faisais-je rien. Peut-être ne faisais-je pas assez attention à lui.

J’ai prévu le dîner.

Ce n’est pas ce qu’il voulait.

Il me l’avait dit.

Je suis allée trop vite.

Je lui ai manqué de respect. J’ai tout prévu sans lui en parler.

C’est une erreur.

J’ai commis une erreur.

Il ne dit rien.

Il me regarde. Je ne bouge pas. J’ai mal au cou. Ma tête penche vers l’avant. Mes yeux se baissent. J’ai honte. Je ne sais toujours pas l’écouter.

Je ne dois pas savoir aimer.