30 MAI 2015 – HARCÈLEMENT MORAL AU TRAVAIL ET BURN OUT – GROUPE DE DISCUSSION

Le 30 mai 2015 un groupe de discussion consacré au harcèlement moral au travail et au burn out se réunira à Boulogne (92), afin de partager et comprendre cette problématique et ce harcèlement particulier.

Il sera question d’évoquer cette forme d’emprise, de destruction psychologique d’un individu (ou parfois d’un groupe d’individus), d’en évaluer les conséquences sur la santé, sur la vie privée, sur l’équilibre et le sentiment de sécurité d’une personne au sein d’une entreprise.

Ce groupe de discussion sera co-animé par Michel Goussu, auteur de « Le poisson pourrit par la tête – Burn-out », ed.Castor Astral.

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Michel Goussu a travaillé plusieurs années dans la gestion du risque bancaire. Cette fiction se nourrit de son expérience et de celle de toute une génération de salariés du tertiaire.

« Ce n’est pas la quantité de travail qui fait craquer. Ce n’est pas la difficulté technique ou conceptuelle de ce que l’on doit faire. Ce n’est même pas la pression, ni les délais. C’est la soumission permanente. Non, même pas. C’est de voir chaque jour que ceux à qui l’on est contraint de se soumettre sont si médiocres. Et que la peur que ça se voit les rend paranoïaques. {…}

Le poisson pourrit par la tête. Toujours. »

BULLETIN D’INSCRIPTION AU GROUPE DE DISCUSSION

Le harcèlement moral au travail se définit par une conduite abusive (des gestes, des paroles, des attitudes, des comportements…) qui porte atteinte, par sa répétition et sa systématisation, à la dignité, ou à l’intégrité physique ou psychique d’une personne. Une conduite qui va dès lors mettre en péril l’emploi de cette personne ou dégrader le climat de travail.

Il est important de différencier le harcèlement moral du stress, ou de l’agression ponctuelle, ou bien encore de mauvaises conditions de travail générales à l’entreprise.

Le harcèlement moral comporte des caractéristiques bien précises :
– les attaques sont le plus souvent individualisées. Elles visent une personne en particulier, et toujours la même.
– ces attaques se répètent sans cesse.
– elles ne concernent généralement pas la qualité du travail de la personne harcelée, mais son intimité : c’est l’être qui est pris à partie, pas son savoir-faire.
– enfin, le propre du harcèlement moral, c’est qu’il n’y a pas deux interlocuteurs divisés par un conflit, il y a un dominant et un dominé, et surtout aucune raison objective à ce soudain déferlement de mépris, voire de haine.

Le “harceleur” ne dit jamais à sa victime ce qu’il lui reproche, pour la bonne raison que ces reproches sont la plupart du temps indicibles. Le harcèlement naît le plus souvent de problème de jalousie, de rivalité, ou de secrets cachés dans une entreprise (détournements, malversations…) que certains ont le malheur d’approcher d’un peu trop près.

Le harcèlement moral peut conduire à l’épuisement professionnel, surtout connu sous l’appellation anglaise burnout. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il se caractérise par « un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail »

Le burnout est un ensemble de réactions consécutives à des situations de stress professionnel chronique dans lesquelles la dimension de l’engagement est prédominante. Il se caractérise par 3 dimensions :

  • l’épuisement émotionnel : sentiment d’être vidé de ses ressources émotionnelles,
  • la dépersonnalisation ou le cynisme : insensibilité au monde environnant, déshumanisation de la relation à l’autre (les usagers, clients ou patients deviennent des objets), vision négative des autres et du travail,
  • le sentiment de non-accomplissement personnel au travail : sentiment de ne pas parvenir à répondre correctement aux attentes de l’entourage, dépréciation de ses résultats, sentiment de gâchis…

À l’issue du groupe, Michel Goussu dédicacera son livre.

Anne-Laure Buffet
associationcvp@gmail.com

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LE HARCÈLEMENT ET LA VIOLENCE MORALE : DIAGNOSTIC LÉGAL

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Depuis quelques années, le harcèlement est devenu un terme de plus en plus usité, voire à la mode.

Il s’utilise dans tous les contextes, de l’environnement professionnel bien sûr jusqu’au cercle familial et même au jardin d’enfants.

Revers de la médaille, le recours banalisé et vulgarisé d’un phénomène pourtant ancestral entraine une méfiance des personnes chargées de sa qualification, tels les magistrats.

Il faut donc s’appliquer systématiquement, lors de la découverte d’une situation pouvant s’apparenter à du harcèlement, à revenir à une application stricte des critères légaux et jurisprudentiels.

Ce diagnostic est le préalable indispensable pour permettre à la victime harcelée et à ses proches, de trouver les moyens d’action adaptés pour y mettre fin et surmonter cet épisode parfois dévastateur.

1. Reconnaître et identifier une situation de harcèlement

a. La définition légale

Depuis la loi relative aux violences faites aux femmes du 9 juillet 2010, la définition du harcèlement moral a été harmonisée en droit social et en droit pénal.

Ainsi, le harcèlement moral se caractérise par des : « agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. » (art. L.1152-1 du Code du Travail et 222-33-2 du Code Pénal)

Cette définition légale est complétée par celle apportée par l’Accord National Interprofessionnel sur le harcèlement et la violence au travail, signé le 26 mars 2010, lequel, sans différencier harcèlement sexuel et moral précise que : « Le harcèlement survient lorsqu’un ou plusieurs salariés font l’objet d’abus, de menaces et/ou d’humiliations répétés et délibérés dans des circonstances liées au travail, soit sur les lieux de travail, soit dans les situations liées au travail  ».

Cet Accord étend son champ à la violence au travail en indiquant qu’elle « se produit lorsqu’un ou plusieurs salariés sont agressés dans des circonstances liées au travail. Elle va du manque de respect à la manifestation de la volonté de nuire, de détruire, de l’incivilité à l’agression physique. La violence au travail peut prendre la forme d’agression verbale, d’agression comportementale, notamment sexiste, d’agression physique, …  »

Ces définitions légales, ajoutées aux critères imposés par la jurisprudence, permettent d’établir avec précision les éléments caractéristiques d’une situation de harcèlement.

b. Les éléments constitutifs d’une situation de harcèlement

Trois éléments sont nécessaires pour caractériser des faits de harcèlement moral :
-  le caractère répétitif des actes de harcèlement (Cass. soc., 4 octobre 2007, n°06-42.908). Ce critère s’applique uniquement aux cas de harcèlement moral et non sexuel.
-  des agissements ayant pour objet ou pour effet la dégradation des conditions de travail. Depuis un arrêt du 10 novembre 2009, l’intention malveillante n’a pas à être caractérisée (Cass. soc., 10 novembre 2009, n°08-41.497)
-  une dégradation ayant porté atteinte aux droits de la victime, compromettant son avenir professionnel ou altérant sa santé physique ou mentale. Étant précisé que ces trois conséquences de la dégradation (atteinte aux droits et à la dignité du salarié, altération de sa santé physique ou mentale, compromission de son avenir professionnel) sont envisagées de manière alternative et non cumulative.

Dès lors que ces trois critères sont remplis, peu importe que les faits se soient déroulés sur une brève période (Cass. soc., 26 mai 2010, n°08-43.152).

De même, les actes n’ont pas à intervenir à des intervalles rapprochés (Cass. soc., 24 janvier 2006, n°03-44.889).