CYCLE DE CONFÉRENCES DU 27 AU 29 SEPTEMBRE – LA RÉUNION

Anne-Laure Buffet, coach et thérapeute, Présidente de l’association CVP, est invitée par Les amis de la Réunion pour un cycle de conférences, du 24 au 30 septembre. 

Le Tampon : mardi 27 septembre, campus sud de l’université amphi Olympe de Gouges : La violence psychologique : un processus de destruction intime et indicible

Saint-Paul : mercredi 28 septembre, village Corail de saint-gilles : Les enfants victimes de violence psychologique : quelle prévention, quel avenir ?

Saint-Denis : jeudi 29 septembre, campus nord de l’université amphi Lacaussade : Victimes de violence psychologique : rompre le lien et se reconstruire


Horaires : 18 h 15 min – 20 h 00 min
Contact : Les amis de la Réunion

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ETRE THERAPEUTE AUPRÈS DES VICTIMES DE VIOLENCE INTRAFAMILIALE

Au mois d’août 2016, deux articles parus dans Maxi, dans la colonne « L’avis de l’expert ». 

Thérapeute spécialisée en violences intra familiales, il faut bien sûr accompagner les victimes pour leur permettre de trouver les clés pour lutter contre ces violences, mais également pour reconstruire ce qui est le plus abîmé, voir détruit : la confiance en soi, sujet très particulier des attaques des personnalités toxiques.
En effet la confiance en soi est un atout, une arme contre la toxicité. L’atteindre, lui nuire, la réduire à néant, empêche le combat de la victime qui se retrouve démunie et se croit interdite de toute réaction.
Il est donc indispensable non seulement de permettre cette lutte contre les violences intrafamiliales, mais aussi d’être présent, à l’écoute, et dans l’aide, lors de la reconstruction des victimes.
Anne-Laure Buffet – Coach et Thérapeute – Présidente de l’association CVP

Comment vivre sereinement après la violence ? 

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Comment retrouver l’estime de soi ? 

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CYCLE DE CONFÉRENCES DU 27 AU 29 SEPTEMBRE – LA RÉUNION

Anne-Laure Buffet, coach et thérapeute, Présidente de l’association CVP, est invitée par Les amis de la Réunion pour un cycle de conférences, du 24 au 30 septembre. 

Le Tampon : mardi 27 septembre, campus sud de l’université amphi Olympe de Gouges : La violence psychologique : un processus de destruction intime et indicible

Saint-Paul : mercredi 28 septembre, village Corail de saint-gilles : Les enfants victimes de violence psychologique : quelle prévention, quel avenir ?

Saint-Denis : jeudi 29 septembre, campus nord de l’université amphi Lacaussade : Victimes de violence psychologique : rompre le lien et se reconstruire


Horaires : 18 h 15 min – 20 h 00 min
Contact : Les amis de la Réunion

RÉSUMÉ DES CONFÉRENCES

1/ La violence psychologique : un processus de destruction intime et indicible: 

La violence psychologique est un processus de destruction psychique, permettant à celui ou celle qui acte cette violence d’avoir une emprise sur sa victime (emprise psychologique, physique, matérielle, économique, sexuelle …).

Elle est insidieuse, invisible pour l’entourage, permanente. Elle se construit toujours sur le même schéma : tension, crises, justification, lune de miel… jusqu’aux nouvelles tensions. Elle repose sur une relation disproportionnée dans laquelle un individu toxique va s’accaparer la personnalité de sa victime, tout en « l’objetisant » et la culpabilisant.

La victime se sent fautive de tout, se retrouve isolée, mutique, redoute le présent et n’imagine aucun avenir.

  • Qui sont ces victimes de violence psychologique ?
  • Comment se construit-elle ?
  • Quels en sont les effets à terme ?

 

2/ Les enfants victimes de violence psychologique : quelle prévention, quel avenir ?

Les enfants victimes de violence psychologique subissent une fracture psychique dans leur construction. Ils ne sont pas reconnus comme des êtres humains, et des enfants, à part entière ; ils sont la possession, et sous la domination, d’une autorité parentale et familiale dysfonctionnante, leur interdisant un développement et des réussites personnelles et individuelles.

  • Conséquences sur la santé, le développement physique, psychique, affectif et émotionnel ;
  • Conséquences scolaires (difficultés scolaires à déscolarisation, proies faciles au harcèlement …), sociales…
  • Notion de conflit de loyauté et de double contrainte : quand la rupture psychique et affective se met en place, quels sont les mécanismes de défense de l’enfant ?
  • Comment repérer un enfant en souffrance, et comment l’écouter et lui parler ?

 

3/ Victimes de violence psychologique : rompre le lien et se reconstruire: 

Etre victime de violence psychologique est un état avec lequel il est possible de rompre. C’est en premier lieu à la victime de pouvoir le faire, lorsque la prise de conscience se met en place ; lorsqu’également elle reçoit une écoute adaptée et juste lui permettant de structurer ses schémas de pensées différemment et de se réapproprier ses propres schémas, ses propres mécanismes, jusqu’à découvrir une personnalité dont elle a été tenue à l’écart : elle-même.

La rupture est longue et douloureuse. Elle oblige la victime à se confronter à elle-même, à son histoire, à ses proches, aux tiers, à la justice, à la société. Le cheminement vers la reconstruction et al découverte de sa personnalité pleine et entière se fait par étapes, et chaque victime doit accepter ce temps – temps qui lui appartient et qui ne peut être défini par avance.

  • Le processus de deuil : Les cinq étapes du deuil, la rupture avec le triangle dramatique, la résilience ;
  • La nouvelle vie et le vide à combler : la place difficile du nouveau compagnon, la notion de perte, de dépendance et de rupture du lien d’attachement, le piège de la « mauvaise madeleine » ;
  • Les accompagnements : thérapies, procédures juridiques, place au sein de la société ;
  • La difficile question du pardon.

Si vous souhaitez un contact, ou un rendez-vous, lors de ce séjour réunionnais : annelaurebuffet@gmail.com

RENCONTRE AVEC SOPHIE CHAUVEAU LE 23 JUIN 2016

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Je serai le 23 juin 2016 , à 19H, à la librairie Gallimard, 15 boulevard Raspail, 75006 Paris, pour une rencontre dédicace avec Sophie Chauveau. 

Les violences psychologiques et sexuelles et particulièrement les agressions sexuelles sur mineurs, l’inceste, et les schémas familiaux destructeurs, seront au coeur de cet échange.
La discussion se poursuivra avec vous, et autour d’un verre, si vous souhaitez nous rejoindre.

Anne-Laure Buffet

 

RACONTER, CE N’EST PAS FAIRE COSETTE

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Raconter la violence est essentiel. C’est un acte qui permet de s’en libérer, de pouvoir prendre du recul. De l’observer, extérieurement, en l’analysant bribe par bribe, au fur et à mesure des souvenirs. Qui permet aussi de se faire justice – et non vengeance : se reconnaître en tant que victime, reconnaître « l’autre » comme agresseur, bourreau, toxique, autorise à dire. Tant que la victime n’est pas capable de se nommer comme telle (par refus, culpabilité, déni,…), elle ne reconnaît pas sa souffrance, elle la minimise. Elle réduit ou réfute une partie de son histoire, parfois une vie entière.

La victime se retrouve cependant, et malheureusement, souvent face à un mur. Celui de l’incompréhension, de l’incrédulité, du refus d’entendre, du rejet. Non, « untel » ne peut pas être si monstrueux, il est tellement aimable, tellement souriant. Non, « unetelle » n’est certainement pas une mauvaise mère, elle qui va à la messe et s’occupe des kermesses… Non, cet enfant n’a pas pu vivre tout ce qu’il raconte, sinon pourquoi l’avoir tu… Non, ce n’est pas une histoire de violence conjugale, c’est simplement un conflit de couple, et une médiation devrait suffire à rétablir une saine communication dans l’intérêt majeur des enfants…

Aussi, elle commence à dire, puis se retient, de peur d’être rejetée ou critiquée. De peur de subir la double peine : celle de se savoir victime, et de ne recevoir non seulement aucun soutien mais uniquement des critiques et des reproches, à nouveau.

De plus, la victime est dans un système de comparaison. Elle a tellement entendu de la part de « l’autre », la personnalité toxique, qu’elle est moins que telle personne, qu’elle vaut moins que telle autre, qu’elle sait moins que telle encore, qu’elle ne sait réellement faire qu’une seule chose : taire, mettre de côté la réalité des faits, la croire « pas si grave que ça, parce qu’il y a bien pire »…
Ce qui crée une nouvelle – mauvaise – raison de se taire. D’autres ont bien plus souffert, sans doute. D’autres ont pu se faire entendre, pas elle, ce qui prouve qu’elle n’a rien du vivre de grave. D’autres ont subi des violences dès l’enfance, pas elle… alors de quoi se plaint-elle ?
« Je suis désolée, je me plains tout le temps »… « Excusez-moi, je ne vais pas faire ma Cosette… »

Raconter, se raconter, que ce soit en consultation thérapeutique, en groupe de parole, ou simplement à un tiers membre de la famille, du cercle relationnel ou amical, n’est pas « faire sa Cosette ». C’est non seulement se rendre une forme de justice nécessaire, par la prise de parole si souvent interdite, mais c’est aussi apprendre à se situer, à se faire une place, à être juste et honnête vis-à-vis de soi-même et de son histoire.
Aucune histoire n’est comparable, comme aucun individu, aucune personnalité n’est comparable.
Aucune histoire ne peut être dite « pire » qu’une autre. Chaque histoire étant personnelle, elle est la pire pour celui ou celle qui la vit. A ceux qui refusent d’entendre de se remettre en cause, et non aux victimes de minimiser, pour ne pas gêner ou déranger leurs interlocuteurs.

Aussi, se retenir de parler, de peur d’être jugé(e) comme « faisant sa Cosette », ne crée du tort qu’à une personne : la victime.

©Anne-Laure Buffet
annelaurebuffet@gmail.com

LA VIOLENCE ECONOMIQUE

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La violence psychologique s’accompagne très souvent de violence économique. Le bourreau va s’employer à couper les vivres de la victime, à la déposséder, à l’obliger à des dépenses considérables et des investissements disproportionnés. Il va exercer un chantage à l’argent, tenir les cordons de la bourse comme on tient une laisse, tirant dessus régulièrement pour mieux retenir sa proie. Et il ne supporte pas de devoir quoi que ce soit, à qui que ce soit – que lui soit condamné à payer, il en perd tout contrôle et cherche encore plus à détruire. Il ira jusqu’à renoncer à ses enfants plutôt que de verser un centime, si cela lui est possible.
Et c’est à la victime de régler tous les frais.
L’addition est extrêmement lourde.

La société, qui n’entend pas, n’accompagne pas, ne prend pas en charge ces victimes ou ne propose que peu d’aides, devient complice par défaut des bourreaux. Elle peut bien souvent et par refus de voir, d’entendre et de s’impliquer, aggraver des situations déjà dramatiques.
Les victimes se retrouvent perdues, sans savoir à qui s’adresser. On leur conseille de lancer une procédure. Mais une procédure coûte cher. Très cher. Et dure très longtemps. Qui va payer, pendant combien de temps, et comment ? 2000, 3000, 10.000 €, parfois bien plus. Il faut hypothéquer sa maison, vendre sa voiture, prendre plusieurs « petits boulots », courir, toujours plus, pratiquer le système solidaire encore mal encouragé – et souvent mal connu ou mal perçu.
On dit à ces victimes de se faire aider. Par qui ? A quel prix ? Et dans combien de temps ?
On leur conseille de (re)trouver un emploi. On leur dit RSA, CMU, CAF. On les abreuve d’informations incomplètes.
Et elles se retrouvent à nouveau blâmées, jugées comme « incapables de s’en sortir ».
Il est urgent que la société se réveille. Il est urgent d’aider ces victimes de terrorisme « ordinaire » et à huis-clos, de les considérer réellement comme des victimes, de mettre en place un moyen de les indemniser.
Comme pour la prise en charge des arrêts maladie suite à un burn out / dépression dû au harcèlement au travail, comme pour les victimes de terrorisme, qui peuvent être indemnisées par le FGTI, il faudrait inventer une indemnisation pour ces victimes de violence psychologique dans la sphère privée.

C’est la démarche de l’association CVP de contribuer à faire reconnaître et admettre cette urgence sociale et économique.

Si vous souhaitez adresser un témoignage : associationcvp@gmail.com

La violence sociale prend également un aspect économique. Beaucoup de victimes se retrouvent sans emploi, sans revenu. Ou elles travaillent avec leur bourreau, pour leur bourreau. Sans être déclarées. Sans reconnaissance sociale et fiscale, sans déclaration à fournir, alors qu’il va leur être demandé un salaire, des revenus, des cautions bancaires… Dépendantes financièrement de leur persécuteur, elles n’ont pas la possibilité de quitter le logement familial. Ce logement peut également être un bien commun, mais elles savent qu’elles vont devoir se battre juridiquement pour obtenir la part qui leur revient. Isolées, elles n’ont pas toujours la possibilité de se réfugier dans leur famille ou chez des amis. Si elles le font, c’est pour un temps très court. Déjà contraintes par la peur de partir, elles se sentent d’autant plus prisonnières qu’elles n’ont pas les moyens de partir.

Il s’agit de femmes, mais aussi d’hommes qui ont perdu leur emploi, qui travaillent en collaboration avec leur épouse, qui se retrouvent écrasés. Qui ont fait confiance, qui ont cru en l’amour que semblait leur donner leur compagne. Biens immobiliers communs, parts de sociétés… Ils ont investi l’argent qu’ils avaient et se retrouvent coincés dans des imbrogliolos bancaires et financiers. Ces victimes restent pour les enfants. Pour ne pas définitivement tout perdre.

Il s’agit encore d’enfants, la plupart du temps adolescents, jeunes adultes, étudiants, qui n’ont pas les moyens de se loger, de régler le coût de leurs études, de leur quotidien. Qui restent sous l’emprise d’un père – ou d’une mère – manipulateur, en espérant que « ça va s’arranger » quand ils auront enfin un travail. Un travail qui ne leur plaira pas, s’ils en trouvent un, mais qu’ils accepteront pour un salaire aussi maigre soit-il, pour fuir.

Il s’agit enfin de ces enfants devenus adultes, encore pris dans un schéma violent où se mêlent culpabilité face à un parent âgé et honte d’une enfance maltraitante, et se retrouvent spoliés, déshérités.

Extrait de Victimes de violences psychologiques : de la résistance à la reconstruction – Anne-Laure Buffet – Le Passeur éditeur

TÉMOIGNAGE : MADAME, IL NE FAUT PAS LUI DIRE QUE VOUS L’AIMEZ

Woman standing behind cloth sheet, silhouette (B&W)

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Demain, samedi 9 avril, groupe de discussion : « Les mots qui font mal ».
Avant ce groupe, un témoignage :

« C’est très récent, car ma petite XXX est suivie depuis quelques mois pour des troubles du sommeil dans un CMP par une infirmière psychologue.
J’avais rencontré cette infirmière afin qu’elle connaisse mon histoire, notre histoire… Comme la situation n’évoluait pas et je me sentais exclue du suivi de XXX, j’ai envoyé un courrier dans lequel je souhaitais pouvoir rencontrer le pédopsychiatre.
Après quelques semaines d’attente, j’ai enfin obtenu un rendez-vous mais il fallait que ce docteur voit Monsieur avant moi !!!
Je suis donc arrivée au RDV, confiante car je n’avais rien à me reprocher jusque là.
Elle m’a tout de suite dit qu’elle ne comprenait pas pourquoi je n’avais pas demandé la garde principale de XXX. Je lui ai donc expliqué la situation (vécue pendant 20 ans avec un PN qui me battait…). Elle m’a alors dit que je n’étais pas logique dans mon raisonnement et qu’elle ne comprenait pas ce que je disais.
Ensuite nous avons parlé des relations que j’avais avec ma mère, des relations que j’ai décrites comme fusionnelles. Elle me répond qu’elle ne comprend pas que si j’avais de telles relations, pourquoi je ne lui ai pas dit que j’étais battue, je lui dis que c’est parce que je voulais la préserver mais selon elle, on ne préserve pas les gens qu’on aime !!!!
Elle me parle de l’éducation que j’ai eue, est-ce que ma mère était autoritaire, je lui dis que non car j’étais une enfant facile, sans problème. Elle me répond que non, c’est parce que ma mère cédait à tous mes caprices que j’étais facile !!! Comment peut-elle juger sans connaître ?
– Un jour, XXX m’a dessinée dans un cercueil, je l’explique à ce docteur et voilà son retour :

« Vous êtes une personne toxique, si j’étais juge je vous empêcherais de voir la petite, elle aura de graves problèmes de comportement plus tard … ».
Voici quelques charmantes citations de sa part :
– Si vous étiez battue, pourquoi avez-vous eu un enfant ?

– Je ne comprends pourquoi vous êtes restée 20 ans avec quelqu’un qui vous traitait mal ?

J’explique que je dis à XXX à chaque fois que je la voit que je l’aime et que je ne l’ai pas abandonnée. « Madame il ne faut pas lui dire que vous l’aimer, de l’amour tout le monde en a revendre. XXX n’attend pas ça de vous !!!
« Vous êtes une bonne maman mais une mauvaise mère , il faut vous faire soigner, suivre une thérapie pour apprendre à être une bonne mère. XXX est une poupée pour vous !!!!
Cet entretien a duré 2 heures, j’avais tort sur tout.
C’était affreux, je me suis revue quelques années en arrière, à baisser la tête et à lui dire qu’elle avait raison et que j’allais me soigner. Le mécanisme, après 3 longues années de reconstruction, s’est réenclenché rapidement : c’est moi la coupable, c’est moi le problème !!!
Ce médecin a écouté la version de mon ex mari et ne m’a pas laissé m’exprimer.
Aujourd’hui, elle m’a détruite à nouveau, je vais me relever pour continuer de me battre pour XXX. Mais quand et comment, je n’en sais rien. »