NOUVEAU TÉMOIGNAGE

Un nouveau témoignage d’une victime de pervers narcissique. Encore une fois… ne pas confondre PN et personnalité difficile. Ce témoignage le souligne.

Il m a fallu 17 ans pour prendre conscience que j’étais mariée a un PN et l’avis de divers psychiatres. Je suis séparée depuis 8 ans et malgré de nombreuses therapies, je suis toujours sous emprise car la devalorisation qu il a mis en place est tres profonde. Il continue d’avoir un controle sur ma vie par le biais de nos enfants qu il n’hesite pas à detruire pour m’atteindre. J’ai refais ma vie avec un autre homme depuis 6 ans, nous avons eu un enfant, lui a egalement une compagne depuis des années avec laquelle il refait la meme chose, mais il ne lache pas l’affaire. Comme il le dit, je suis la femme de sa vie jusqu’à ce que la mort nous separe. Il m’a egalement menacée : les nuisibles, moi, je les elimine…c est ce qu il essaie de faire. Ah bien sur, pas en me tuant directement, mais a l usure, en utilisant tout ce(ux) qu il a sous la main et a sa disposition. Un PN est machiavélique, c est une enveloppe vide ( il n a pas d âme mais a une apparence parfaite), on lui donnerai le bon dieu sans confession. Rien a voir avec des personnes jalouses ou egocentriques, l acharnement d un PN envers sa proie, dépasse le harcelement. A bout, une proie peut en venir a avoir des idées radicales car le PN arrive a mettre tout le monde dans sa poche, de son coté, la justice, les travailleurs sociaux, tout le monde se laisse embobiner…il arrive a inverser les rôles, il presente sa victime comme étant le bourreau et lui se fait passer pour une victime. La vie devient un véritable enfer. C est une lutte de tous les jours pour se faire entendre et faire ouvrir les yeux au monde sur ce qui se passe reellement. On en arrive a se demander si on est pas paranoiaque…croyez moi ! Etre la proie d un PN n a rien a voir avec un « simple » harcelement. Ne diagnostiquez pas une personne avec une personnalité spéciale en PN…

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LE REPAS DE L’OGRE

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Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le pervers narcissique n’a pas la tête d’un diable. Il n’utilise ni vulgarité, ni grossièreté, en tout cas pas en public. Il ne se donne pas en spectacle. Il est souriant et même joyeux. Il n’est pas particulièrement exubérant ou dispendieux dans sa façon de s’exprimer. Il peut se montrer discret.
Les femmes perverses narcissiques savent séduire, mais ne sont pas provocatrices, ou « allumeuses ». Elles dégagent un charme qu’elles entretiennent.
Le ton de la voix est souvent posé. Le (la) PN ne crie pas, ne menace pas, ne s’énerve pas. EN PUBLIC.

Et puis, la porte se referme.

Vous êtes face à lui (elle) ; et vous êtes seul. L’air est subitement plus froid. La lumière plus crue, ou au contraire plus opaque. Pas tamisée. Opaque. Chaque seconde de silence a le poids d’une enclume. Chacun de vos gestes semble lié. Est épié. Chacune de vos paroles est décortiquée.

Imaginez. Vous êtes une pince de crabe. Il est le casse-noix. Il est la pique, la petite fourchette. Il vous casse, il vous émiette, il vous brise. Vous volez en multiples et minuscules éclats. Qui est capable de reconstituer une pince une fois qu’elle est cassée ? Il retire votre chair. Il s’en délecter. Et lorsqu’il aura fini les plus gros morceaux, il ira encore creuser, chercher, fouiller, pour ramasser ces petits filaments, ces petites fibres encore intactes, dissimulées dans les parties les plus fines et les plus fragiles de la pince.

Il va le faire tel un gourmand, un goinfre. Il va bâfrer. Et son plat unique, c’est vous.
Il va le faire en prenant son temps. Chaque bouchée, il va la déguster. Il déglutira avec application et plaisir. Se nourrir de vous est une réelle jouissance.

Lorqu’enfin le gueuleton prend fin, il ne reste rien de vous. Ou si peu, qu’il s’empresse de repousser l’assiette et de mettre les derniers débris à la poubelle. Il referme le couvercle. Il jette le sac. Et il commande un autre plat.

J’ACCUSE

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Jean Gabin dans Le Président de Henri Verneuil

J’accuse « mon » pervers narcissique d’avoir attenté à ma vie.

Je l’accuse d’être ça, ou autre chose ; quoiqu’il soit,  je l’accuse de ne pas être ce qu’il prétend. 

Je l’accuse de s’être servi de moi, d’avoir désiré ce que je suis, ce que j’ai, ce qu’il ne peut posséder.

Je l’accuse d’avoir envié, d’avoir détruit ce qu’il voulait obtenir, d’avoir nié et menti, de s’être tu quand il fallait parler, et d’avoir trop parlé jusqu’à ce que je ne sois plus.
Je l’accuse d’avoir ligoté ma langue, mon cerveau, mon cœur, de les avoir mis en miettes, et de les avoir piétinés jusqu’à ce qu’il n’en reste rien.

Je l’accuse de m’avoir ignorée quand je me trouvais face à lui, de m’avoir évincée de toute discussion, de toute conversation, de m’avoir éjectée de toute vie.

Je l’accuse de lâcheté, masquée sous des sourires et de la moquerie. Je l’accuse de n’avoir comme langage pour communiquer que l’ironie et la cruauté. Je l’accuse de se vouloir maître et de devenir chien ; je l’accuse de n’être que vide et de ne supporter que les ombres.

Je l’accuse de duplicité, de bassesse, de paresse, déguisées par nécessité en discrétion, et, par intérêt, en condamnation.

Je l’accuse de dissimulation, incapable de dire qui il est, incapable d’assumer ses pensées, pleurant comme un enfant loin des jupons de sa mères, ne pleurant jamais trop, s’attirant des amitiés où se mêlent envie et pitié.

Je l’accuse de trembler devant le miroir, d’avoir peur de s’y reconnaître à défaut de s’y voir, préférant y chercher l’image de ce qu’il ne peut être.

Je l’accuse d’avoir réduit le temps en une ligne unique où le jour et la nuit se mélangent, faisant disparaître peu à peu le sommeil et le repos.

Je l’accuse d’avoir dressé des murs invisibles, plus hauts et plus épais que les remparts d’une forteresse, me tenant prisonnière sans que je le sache, empêchant l’air d’entrer, empêchant les rêves d’y naître et de s’y installer.

Je l’accuse de prendre comme armes pour me blesser les enfants que je lui ai donnés.

Je l’accuse de m’avoir pris pour un jouet.

Je l’accuse de brandir en étendard de ses fausses vertus les soi-disant peines dont il aime à parler. Je l’accuse de n’avoir de larmes que pour lui, sans en mériter aucune, si ce n’est celles d’une honte qu’il ne peut ressentir.

Je l’accuse d’avoir mis ses mains autour de mon cou quand il m’a vue partir. Je l’accuse d’avoir voulu me voir mourir. Je l’accuse d’avoir voulu mettre fin à mes jours.

Je l’accuse de ne pas aimer.

Je l’accuse d’être né sans amour et d’en accuser les autres.

Je l’accuse de jalousie, d’hypocrisie, de duperie, d’escroquerie aux sentiments, au temps, au don du cœur et du corps.

Je l’accuse de ne pas mériter le nom d’Homme.

J’accuse « mon » pervers narcissique et l’accusation ne peut avoir de défense. On ne défend pas les monstres. 

©Anne-Laure Buffet

LE HARCÈLEMENT SCOLAIRE M’A DÉTRUIT À PETIT FEU

Alexandre, étudiant de 19 ans, a voulu témoigner d’une époque de sa vie qui l’obsède chaque jour, « bien qu’[il] souhaite par-dessus tout l’oublier ».

Il est question d’un phénomène courant, souvent nié par l’institution : le harcèlement scolaire.


Scène du documentaire « Bully » sur le harcèlement scolaire (Capture d’&eacute ; cran YouTube)

Je veux parler pour que les lecteurs ne voient plus cette violence comme un simple jeu entre enfants.

Mes années en primaire et ma sixième (en collège classé ZEP) se sont très bien passées. Durant mon adolescence, j’ai beaucoup déménagé et c’est en atterrissant dans un nouveau collège (privé) en cinquième que les autres m’ont très vite fait comprendre que j’étais différent : chétif, avec un strabisme et des sujets d’intérêt peu communs – ces choses-là n’avaient pas posé de problème auparavant.

Dès lors se sont enchaînés quotidiennement coups et insultes : j’étais devenu le souffre-douleur, impuissant et presque isolé (j’avais quand même quelques amis), non pas de la classe, mais de l’école toute entière. Les témoins neutres, quant à eux, se contentaient de me dévisager avec pitié.

Les faits

Quand on parle du harcèlement à l’école, on pense souvent à la violence physique, mais pour ma part ça restait surtout verbal. En fait, j’avais un strabisme très voyant et ça a posé un problème dès mon entrée au collège.

Les autres élèves me disaient quotidiennement « Eh, tu me regardes ? » avec pour objectif clair de se moquer, me fixaient du regard en pouffant de rire… Je me souviens, en quatrième, être passé devant un groupe de filles inconnues qui m’ont dévisagé et j’ai pu alors entendre : « Cette tête ! C’est horrible ! ». Uneautre personne m’a dit en face, sérieusement : « Toi… t’es bizarre ! ».

J’ai eu aussi droit aux fausses déclarations d’amour. Ainsi, en cinquième, une fille de ma classe me « harcelait », en me disant qu’elle m’aimait. Elle ne me plaisait pas mais je la croyais vraiment (j’ai toujours été très naïf) et quand je lui expliqué que ce n’était « pas possible » entre nous, elle a répondu :

« Non mais tu voyais pas qu’on se foutait un peu de ta gueule ? »

Moqueries sur le Net

En quatrième et troisième, je n’étais plus « Alexandre », mais j’étais appelé par un surnom (le nom d’un handicapé mental dans une histoire drôle). Personne ne m’appelait par mon nom et ça a été un peu bizarre, quand le harcèlement s’est fini, de redevenir Alexandre au yeux des autres.

M’appeler par ce surnom était quelque chose d’habituel, de quotidien : tout le monde, même les rares élèves qui demeuraient extérieurs aux brimades, et même un professeur une fois, le faisait – parfois sans vouloir être méchant, c’est ça le pire.

Les moqueries se sont poursuivies sur le Net durant ces deux années. Lors d’une excursion scolaire, un harceleur (l’un des « chefs ») m’avait pris en photo. Je l’ai laissé faire (cette dernière allait sûrement être utilisée à mauvais escient mais j’étais naïf, trop pacifiste, et à ce moment je désirais ignorer les brimades).

Résultat : mon portrait s’est retrouvé sur un blog avec comme titre mon surnom, avec des commentaires monstrueux : « Vaut-il mieux en rire ou en pleurer ? » ou « Des personnes comme ça on devrait pas les laisser sortir dans la rue ! »

Le harcèlement restait principalement verbal, mais il m’est arrivé de me faire bousculer ou frapper. En cinquième, trois filles de troisième se moquaient de mon défaut à l’œil. C’était régulier, j’en avais marre, j’ai explosé : suite à une vexation de trop, j’ai craché à la figure de l’une d’entre elles. Je me suis fait alors ruer de coups de poing, jusqu’à ce que je m’excuse ; à la fin, je ne saignais pas mais j’étais très étourdi, fatigué et en pleurs.

Mes parents

Contrairement à d’autres enfants qui restent silencieux, je racontais ce que je subissais à mes parents, mais en restant vague, du genre : « On m’a encore emmerdé aujourd’hui » – j’avais quand même honte de tout ça.

Mes parents sont divorcés : je vivais avec ma mère, qui avait beaucoup à faire, et mon père travaillait (et la première année de brimades, il était à 600 km de chez nous). Il leur était donc difficile de réagir et, comme ils le disaient :

« On ne sait pas quoi faire face à une situation de ce genre. »

Cependant, ma mère est plusieurs fois allée chez le Conseiller principal d’éducation (CPE), et ça n’a servi à rien (j’avoue par ailleurs n’être venu qu’une fois chez lui, mais quel est l’intérêt de se plaindre tous les jours ?). Je reproche une chose à mes parents : de ne pas m’avoir pris au sérieux certaines fois :

« Alexandre, là t’es un peu parano, tu crois pas ? Ils peuvent faire ça pour s’amuser, c’est tout… »

Ils avaient un peu raison : on devient forcément suspicieux envers tout le monde avec des brimades quotidiennes, mais je peux déterminer quand les autres se moquent de moi ou non. Sinon, globalement, ils m’ont assez soutenu.

Les conséquences sur ma vie

Le harcèlement détruit à petit feu : quand, chaque jour, à chaque heure et à chaque minute, on vous dit que vous êtes un moins que rien, vous finissez par le croire.

Ce fut mon cas, et j’ai encore à ce jour un manque de confiance en moi. Durant cette période noire, je ne pensais qu’à ma condition, je ne travaillais quasiment plus à l’école, jusqu’à avoir quelques problèmes avec certains professeurs – mais les bonnes notes étaient au rendez-vous, j’ai toujours eu de grandes facilités à l’école. Je vivais dans un monde imaginaire où j’étais un héros : mes pensées constituaient donc un refuge.

J’ai développé une phobie sociale à cette époque, qui m’a poursuivi, et aujourd’hui encore ces années m’obsèdent, les questions se bousculent dans mon esprit : pourquoi harceler quelqu’un gratuitement ? Mes bourreaux regrettent-ils leurs actes ?

Pourquoi je témoigne

En premier lieu, je veux dénoncer l’indifférence des autorités scolaires. Les professeurs, les pions, le CPE, si prompts à punir pour un bavardage ou une mauvaise note, deviennent étonnamment aveugles ou laxistes lorsqu’il s’agit de violence, un problème objectivement plus grave que ceux énoncés précédemment.

D’autre part, je veux dire l’inexactitude du stéréotype du cancre harceleur et issu des quartiers défavorisés. C’est de cette manière que les médias dépeignent le caïd des cours de récréation. Or, il y a des souffre-douleurs et des bourreaux dans chaque établissement scolaire, qu’il soit huppé ou mal famé.

Pour ma part, les petites terreurs que j’ai côtoyées étaient toutes de bons élèves, et avaient d’ailleurs en horreur les « racailles ». Mes bourreaux assistaient aux messes occasionnelles avec gaité…

DESTRUCTION – NÉGATION

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L’autre est l’ennemi tout autant que l’objet de l’envie. L’autre est la proie. L’autre devient victime. L’autre ne doit plus être.
D’où la sensation qu’ont les victimes d’être niées dans leur individualité et leurs qualités.

Le pervers narcissique cherche constamment à rehausser l’image qu’il a de lui-même. Il lui est pour cela nécessaire de trouver un être qui l’admire et lui renvoie de lui-même une image prestigieuse. Mais, refusant d’admettre ce besoin de se sentir perpétuellement valorisé, il dénie l’attachement à son faire-valoir que pareil besoin induit, faire-valoir qu’il n’aura de cesse de détruire.

Le pervers ne peut établir une relation fondée sur la symétrie ; il lui faut dominer l’autre et le mettre dans l’impossibilité de réagir et d’arrêter ce combat. C’est à ce titre que l’on est fondé à parler d’une réelle agression sur l’autre, et non d’un jeu pervers-complice. Il n’y a pas de négociation possible avec le pervers, tout est imposé, dès le départ, à la victime à qui a été retiré le pouvoir de dire non et qui, même si elle essayait d’utiliser à son tour des défenses perverses, ne pourrait jamais atteindre à la virtuosité « dans le mal » de son bourreau.

Pour parvenir à la destruction de sa victime, le pervers procède souvent de la façon suivante : – Il aborde sa victime en affichant une certaine « chaleur » externe. – Il s’insinue de plus en plus dans la vie de cette personne. – Il la vampirise par des moyens directs (reproches, insultes, humiliation…) ou indirects. – Finalement la victime tombe dans la dépression, la mélancolie, les comportements addictifs, voire l’automutilation. Elle est ainsi totalement à sa merci ou détruite.

Le pervers est dans un jeu de séduction – destruction. Dès que le poisson est « ferré », il le maintient tout simplement « accroché » tant qu’il en a besoin. Il joue avec sa victime comme un chat avec une souris. Celle-ci peut mettre des années avant de se rendre compte du processus de destruction mis en place. Il faut un incident pour déclencher la crise qui amène l’agresseur à dévoiler son piège ou sa tactique.

En règle générale, c’est la prise de conscience de la victime, et ses sursauts de révolte, qui vont provoquer le processus de mise à mort. Car l’on assiste bien à de véritables mises à mort psychiques où l’agresseur n’hésite pas à employer tous les moyens pour atteindre son but : anéantir sa proie. De fait toute remise en question de la domination du pervers sur sa victime ne peut qu’entraîner chez lui une réaction de fureur destructrice.

Le pervers peut chercher par exemple à éteindre toute libido en refusant soudainement une relation sexuelle avec son partenaire, tout en le culpabilisant pour cela. Il cherche ce faisant à éteindre, chez sa victime, toute trace de vie, tout désir y compris celui de réagir.

Il refuse toute critique, toute discussion ouverte et constructive avec sa victime. Il la bafoue ouvertement, n’hésitant pas à la dénigrer, à l’insulter, autant que possible sans témoin. Sinon il procède plus subtilement par allusions, tout aussi destructrices, mais invisibles aux yeux non avertis. La victime, elle, donne énormément, mais ce n’est jamais assez. N’étant jamais content, le pervers narcissique prend toujours la position de la victime d’une frustration dont il rend sa propre victime responsable.
Il dévore sa victime en se persuadant que c’est elle qui sollicite la sujétion. Il refuse de voir ou de reconnaître les difficultés qu’il crée dans la relation, car cela l’amènerait à une perception négative de sa propre image. Il en rejette la responsabilité sur son partenaire pour peu que celui-ci fasse preuve de bienveillance ou s’applique à jouer un rôle réparateur. Mais si ce dernier refuse d’accepter les torts imaginaires qui lui sont injustement imputés, il est immédiatement accusé d’être hostile et rejetant.

Il ne mesure pas à la même aune son comportement, toujours irréprochable selon lui, et celui des autres, toujours en faute. Il ne voit jamais la disproportion entre le peu qu’il « donne » et ce qu’il reçoit. C’est toujours l’autre, et jamais lui, qui fait preuve d’ingratitude et de mesquinerie.