L’ESPT ET LE SYNDROME D’ÉVITEMENT

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ESPT. État de stress post traumatique. Une des conséquences pour les victimes d’avoir vécu en étant soumises à un comportement toxique. L’état de stress post traumatique, connu pour les victimes d’attentats, de guerre, de prises d’otages, de catastrophes naturelles, aériennes… commence à être pris en compte pour les victimes de personnalités toxiques et de pervers narcissiques.

L’État de stress post-traumatique (ÉSPT) est un trouble anxieux se caractérisant principalement par le développement de symptômes spécifiques faisant suite à l’exposition à un événement particulièrement stressant ou à un événement traumatique extrême qui a impliqué la mort, une menace de mort, des blessures graves et/ou une menace à l’intégrité physique de la personne et/ou à celle d’autrui.

L’état de stress post traumatique, en fait, c’est l’impossibilité de contrôler des sentiments, des comportements, des réactions. C’est ce que provoque, entre autres, la « mauvaise madeleine ». Les victimes souffrant d’ESPT sont en souffrance. Elles peuvent être victimes pour avoir directement vécu le trauma ou pour en avoir été témoin.

Niveaux d’état de stress post traumatique ESPT aigu = symptômes persistant moins de 3 mois ESPT chronique = symptôme persistant 3 mois et plus ESPT avec survenue différée = au moins 6 mois se sont écoulés entre l’événement traumatique et le début des symptômes .

Noter que les symptômes et l’importance relative de la reviviscence ou réexpérience (revivre l’événement traumatisant), de l’évitement, de l’hyperactivité neurologique et de la détresse peuvent varier dans le temps. La durée des symptômes est variable avec une guérison complète survenant en trois mois dans environ la moitié des cas alors que de nombreuses autres personnes ont des symptômes qui persistent plus de douze mois après le traumatisme, voir même, durant plusieurs années. Tant et aussi longtemps que la personne ne prendra pas la décision de se prendre charge et aller consulter pour recevoir l’aide nécessaire à son rétablissement.

Le syndrome d’évitement est consécutif de l’ESPT. Syndrome d’évitement : Comportement qui consiste à éviter la confrontation avec l’objet, la situation, la personne ou l’animal phobogène, la simple anticipation déclenchant une réaction anxieuse importante.

Ces comportements, qui font partie intégrante de la névrose phobique, peuvent devenir très invalidants, le patient refusant de sortir de chez lui de peur d’être confronté à sa phobie. Ils permettent de lutter contre l’angoisse, mais celle-ci est susceptible de réapparaitre à la simple idée d’avoir à affronter la situation phobogène. À un degré moindre, chez les personnalités anxieuses ou évitantes (dites classiquement phobiques), l’évitement de toute relation propre à impliquer des engagements d’ordre affectif, sexuel ou agressif, se traduit par des comportements de timidité, d’inhibition et de trac. Un traitement psychothérapique est indiqué.

Le syndrome d’évitement constitue une sorte de « zapping » des pensées, images, sensations et des situations rappelant ou symbolisant les circonstances du traumatisme initial. Parfois, le traumatisé lutte contre le sommeil pour éviter les cauchemars. Cela peut devenir un réel handicap social Les conduites d’évitement ne sont pas des phobies, car là aussi il s’agit d’éviter une situation bien précise en rapport avec un événement récent bien identifié. (1) La conduite d’évitement dissimule souvent le refus du conflit, fréquent pour les victimes souffrant d’ESPT.

Pour exemple, ces témoignages :  » Je sursaute pour un rien, je suis très solitaire, souvent sur mes gardes, je suis toujours très anxieuse, j’évite d’aller faire mes courses aux heures de pointe, je n’ai pas de vie sociale ou si peu… »  » Je pleure pour un rien, j’ai peur d’aller me coucher, je suis comme une enfant, il me faut de la lumière. Et un doudou… »  » Dès que l’on me fait une remarque, je la prends comme un reproche, je me renferme et ne sais jamais quoi dire ou comment réagir… »  » Je ne supporte pas qu’on me demande mon avis. Il va être jugé ; je vais être jugée. »

Pour les personnes qui n’ont pas été soumises à un trauma, il est difficile de comprendre l’ESPT. Pourquoi un évènement anodin, pourquoi quelque chose d’aussi simple que d’aller ou acheter du pain ou répondre au téléphone, entraîne des blocages, de l’anxiété, cette « paralysie » du mouvement et de la pensée ? Les victimes, confrontées au trauma puis à la souffrance, sont en plus exposées au jugement extérieur et aux difficultés à se faire entendre et comprendre. Déjà confrontées à l’isolement, elles s’enferment de plus en plus sans savoir comment se sortir de cette impasse complète.

Guérir de l’ESPT est heureusement possible, en se faisant accompagner par des thérapies adaptées et des professionnels formés à la victimologie ou / et à la souffrance des victimes. Il faut en premier lieu identifier le trauma. Or le trauma tel qu’exprimé par la victime ne sera pas toujours le trauma ayant causé l’ESPT. Identifier la cause permet d’évaluer la conséquence. Pour pouvoir identifier cette cause et de ce fait travailler en thérapie sur le comportement d’évitement et le trouble anxieux, il est indispensable que la victime se sente en confiance, écoutée et comprise, sans jugement extérieur. « Le travail que j’ai fait avec vous m’a aussi beaucoup aidée ces derniers temps, peut-être parce que vous vous êtes spécialisée dans le suivi des victimes et il me semble (mais je demande rarement à un psychanalyste son CV… ) que c’est la formation qui manque souvent aux psy traditionnels qui ne sont pas des « victimologues »… »

 annelaurebuffet@gmail.com

(1) Institut de Victimologie

©Anne-Laure Buffet

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UN PROFIL PARTICULIER DE MANIPULATEUR(TRICE) : L’ANXIEUX(SE)

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Il faut avant tout savoir distinguer l’anxieux(se) de l’angoissé(e), et de l’individu souffrant de trouble anxieux généralisé (TAG). Entre anxiété et angoisse, seule change l’intensité de la manifestation. L’angoisse, plus intense, va être accompagnée de troubles physiques. Ces troubles sont le reflet d’un conflit inconscient. L’attaque de panique est le point culminant de cette angoisse. Épisode aigu survenant à l’improviste, il donne l’impression que le sujet devient « fou ». L’attaque de panique peut entraîner un trouble anxieux généralisé… par peur de voir revenir cette attaque de panique. Le TAG met dans une situation d’anxiété permanente. L’entourage en subit alors les conséquences : la personne anxieuse oblige les autres à penser comme elle, à craindre les mêmes choses. Elle empêche également l’accomplissement de nombreux actes ou initiatives. Les proches et en particulier les enfants vont perdre peu à peu confiance en eux. Il y a alors manipulation indirecte ou induite : la personne souffrant de TAG ne cherche ni à nuire ni à détruire ; elle est tout simplement incapable de réagir et de raisonner différemment et transmet son angoisse à ses proches.

Pour certains, ce TAG devient presque un trait de caractère et ils seront ainsi définis.

La personne souffrant de TAG n’est pas forcément une personne déprimée ; ce peut être quelqu’un d’actif et dynamique qui va ainsi dissimuler son anxiété invalidante.

En déchargeant son anxiété sur les autres, l’anxieux(se) va induire ce sentiment chez eux. En réaction, l’entourage va à son tour devenir anxieux, ou en protection et donc en contraire, indolent.
C’est une personne que l’on ne peut rassurer, alors qu’elle est en attente et en demande de ré-assurance permanente.
Elle alerte inutilement ; c’est celui ou celle qui « crie au loup »… avec le risque qui en découle… à trop crier, le loup peut venir, sans que personne ne soit plus là pour l’accueillir…
Elle est souvent hypocondriaque. Elle instaure un climat de tension et de pessimisme. De ce fait, elle décourage les autres à l’action, elle dissuade d’agir, et s’étonne parallèlement de l’immobilisme de ses proches, qu’elle va leur reprocher. Elle va empêcher son conjoint(e) de s’épanouir en le freinant, elle sera « parent poule ».
Elle ne sait pas profiter ; elle anticipe en permanence, guettant les pièges et les risques.

Pourtant, elle n’agit que par bienveillance. Mais cette bienveillance trop portée et prégnante sur l’entourage ne fait que le contraindre et l’étouffer, l’empêchant tant à l’action qu’à la pensée libre et consciente.

RÉPÉTITION DE LA VIOLENCE PAR L’ENFANT TÉMOIN OU VICTIME

POURQUOI L’ENFANT RÉPÈTE T-IL LE COMPORTEMENT VIOLENT DE SES PARENTS ?

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Un enfant victime ou témoin de la violence parentale peut développer une psychopathologie de répétition. Basiquement, on dira que « c’est inévitable ». Pourtant tous les enfants victimes ou témoins ne deviennent pas violents. D’après Winnicott, une des répercussions majeure de l’exposition de l’enfant aux violences conjugales est le sentiment « d’effondrement dans l’aire de la confiance, sui retentit sur l’organisation du moi ». L’attachement primaire n’est pas fiable, ce qui fait naître un sentiment de désespoir, d’insécurité profonde, et la crainte permanente d’un effondrement. La mère battue peut parfois apparaître comme une mère absente, car incapable d’assurer pour l’enfant sa fonction de moi auxiliaire.

Les enfants victimes ou témoins de la violence parentale, conjugale, peuvent se distancier de ces figures violentes. Une rencontre avec un adulte bienveillant aura un rôle fondamental dans le processus de résilience. La résilience se situe dans le désengagement. Il est probable que plus un enfant pourra se désengager vis-à-vis de ses parents et moins il répètera la violence subie. Cependant plus l’enfant sera exposé jeune et moins il pourra se désengager. Le mal, et la culpabilité, introjectés par l’enfant, devenant partie de lui, provoquent un processus de pensée : l’enfant se voit dès lors comme mauvais et coupable. Certains enfants vont dès lors s’identifier au parent agresseur, en devenant à leur tour agresseur du parent victime; D’autres vont entrer dans un schéma victimaire, convaincus de ne pas pouvoir échapper au fait d’être victime.

Pour d’autres enfants, le schéma familial reçu induit que la violence est la seule façon de résoudre les conflits.
Wallon indique que l’imitation est au coeur des apprentissages. C’est un acte constitutif de l’identité. L’enfant se perçoit dans la peau de l’adulte.
L’imitation est au coeur de l’empathie et du système d’attachement, l’enfant cherchant à se mettre à la place de l’adulte et à le comprendre. Elle ne peut se faire qu’avec les personnes qui exercent une profonde influence sur l’enfant : « À la racine de l’imitation, il y a amour, admiration et aussi rivalité. »

La détresse absolue, selon Ferenczi, peut activer deux mécanismes primitifs : le clivage, qui vise à maintenir une partie saine dans le moi, et la projection, permettant au sujet de ne plus ressentir l’état de chaos qui l’habite. De manière paradoxale, il pourrait y avoir identification. La victime se met alors dans la peau du bourreau pour comprendre ses intention. Ce serait alors un vecteur à la répétition traumatique.

VAMPIRE QUOTIDIEN

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On peut comparer métaphoriquement les stratégies d’emprise psychologique au vampirisme au quotidien :

– L’agresseur est un embrouiller, habile à oeuvrer dans l’ombre, le visage masqué : « Il se déplace comme un nuage de brouillard que lui-même suscite » comme le comte Dracula

– « vertueux », membre d’honneur d’une honorable institution, il reporte systématiquement la responsabilité de son acte criminel sur la victime, prétendument vicieuse et séductrice

– il promeut le secret au rang de la politique familiale (ou institutionnelle)

– il ne signe jamais ses forfaits

– il ne donne jamais la moindre explication

– il se trouve toujours « d’excellentes justifications »

– il est passé maître dans l’art de la rhétorique perverse et manie avec maestria l’art du « double lien » face auquel il est impossible de se décider : « Si je te bats c’est pour ton bien… » ; « Mais tu as raison ma chérie, écoute ton copain, porte plainte contre moi et surtout n’oublie pas d’acheter des fleurs pour enterrer ta mère… » ; « Si tu me dénonces, on ne te croira pas… » ; « J’irai en prison et toi à la DDASS… »

– il parvient constamment à culpabiliser subtilement la victime

– il sait admirablement faire alterner les périodes d’accalmie et de violences psychologiques ou physiques

– il utilise l’isolement, stratégie idéale pour porter sans risque une attaque

– il est expert pour monter les membres de la famille les uns contre les autres, attiser les antagonismes, colporter les rumeurs, divulguer  des faux secrets, faire et défaire les alliances

– il ne tient jamais compte des faits. « Les faits dépendent entièrement du pouvoir de celui qui peut les fabriquer »

– il pratique une surenchère permanente, condition de survie de son emprise totalitaire : le moindre arrêt de mouvement pourrait stimuler la réflexion, permettre une remise en question

La relation d’emprise peut parfois sembler être une totale réussite, la victime prenant alors totalement le parti de l’agresseur.

Le renversement des accusations est le redoutable corollaire de la relation d’emprise : il constitue la signature du processus vampirique. Les victimes qui percent les intentions criminelles des agresseurs les plus pervers ont le plus grand mal à être entendues, reconnues. Elles passent régulièrement pour folles, menteuses, paranoïaques, à tort persécutées. Car il n’est pas anodin d’être confronté à la violence impensable. Personne ne peut aisément concevoir le Mal absolu, surtout lorsqu’un être cher est directement impliqué. Comment admettre sans difficulté qu’un membre de sa famille est un criminel ? Les « braves gens » pensent qu’il n’y a pas de fumée sans feu… car ils ignorent que le comte Dracula se déplace avec un nuage de fumée que lui-même suscite, selon l’intuition poétique de Bram Stoker.

L’inversion des accusations est favorisée par l’agressivité que génèrent les victimes de violence répétées et par le déni généralisé de la violence impensable.

 

La relation d’emprise a les mêmes conséquences psychodramatiques que les situations traumatiques répétées (dites de type 2). Elle s’accompagne en général d’un processus d’inversion, les victimes passant pour les bourreaux en raison du déni de la violence impensable et des contre attitudes de rejet qu’elles génèrent. 

 

Gérard Lopez, in Enfants violés et violentés – Le scandale ignoré, ed. Dunod

PATHOLOGIE DE L’ATTACHEMENT

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Dans le cadre de la famille, la pathologie de l’attachement peut se éclisser sous trois formes : l’absence d’attachement, les défaillances de l’attachement et l’excès d’attachement. Dans ces trois situations, la fonction parentale (exercice du rôle maternel ou paternel) est pervertie. On parle alors de dysparentalité et l’enfant est victimisé, subissant diverses formes de violence de la part de l’adulte supposé le protéger et l’autonomiser.

L’absence d’attachement peut prendre la forme extrême de l’infanticide, l’enfant étant tué à la naissance ou juste après, assez souvent dans le contexte d’une maternité précoce, non désirée, cachée (mère adolescente, frustre ou isolée), éventuellement dans le cas d’une dépression puerpérale, d’une psychose du post-partum (entre le cinquième et le vingt-cinquième jour après l’accouchement). Elle peut se manifester par l’abandon, la négligence ou la carence de soins.

La maltraitance à enfants s’inscrit généralement dans le cadre de perturbations familiales transgénérationnelles (comme le montre l’approche systémique, l’utilisation du génogramme, la psychogénéalogie) ; les violences qui en résultent peuvent être aigües, chroniques ou cycliques, elles peuvent être physiques, psychiques ou sexuelles, peuvent cibler un enfant (statut de « bouc émissaire ») ou s’étendre à toute la descendance.

L’excès d’attachement peut être préjudiciable à l’épanouissement d’un enfant; Le surdosage affectif, la surproduction parentale, les attitudes maternelles « castratrices » entraînent des symptomatologies réactionnelles ; les pathologies observées sont parfois proches de celles résultant de carences affectives. L’amour inhérent à l’attachement maternel peut s’avérer captatif, « étouffant » dans certaines situations : mères ayant été privées d’affection dans leur enfance, mères seules abandonnées, mères n’assumant pas leur féminité… surinvestissant leur enfant et lui empêchant toute autonomie.

Le lien d’attachement peut prendre des aspects passionnels qui mènent éventuellement à des actes délictuels ou criminels générant, chez les victimes, suicide ou maladie mentale (nécrose ou psychose).

Lorsque le lien d’attachement s’érotise, se sexualise comme dans le cas de l’inceste, la confusion, voir l’inversion des rôles s’installe dans le système familial. L’enfant agressé sexuellement subit une atteinte profonde et durable de son intégrité corporelle et psychique et de son identité, ce qui va jouer sur sa vie d’adulte et peut rendre difficile pour lui l’instauration du lien d’attachement avec ses propres enfants.

Un lien d’attachement solide et stable est une ressource inestimable, un facteur d’apaisement du stress, de dépassement du trauma, de résilience dans une situation de victimisation. La victime bénéficiera de l’attachement de ses proches pour se reconstruire psychologiquement.
C’est également ce lien qui est mobilisé dans la mise en place d’une alliance thérapeutique e qualité : une attitude peu participative du thérapeute peut renvoyer le patient maltraité ou victime de négligences à ses carences affectives et altérer la qualité de la relation patient/psy.

Source : Jean-Loup Roche

ÉTAT DE STRESS POST TRAUMATIQUE

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Qu’appelle-t-on état de stress post-traumatique ?

L’état de stress post-traumatique (ESPT, également appelé syndrome de stress post-traumatique) est un ensemble de symptômes qui se développent lorsqu’une personne a été exposée à un événement traumatisant générateur d’une détresse importante et soudaine. Face à ce type d’événement, il est normal de ressentir un choc : c’est la réaction dite de « stress aigu », qui dure habituellement moins d’un mois. Chez certaines personnes, cette période de stress persiste de manière anormalement longue, de plusieurs semaines à plusieurs mois. On parle alors d’ESPT.

Comment se manifeste l’état de stress post-traumatique ?

La personne traumatisée revit en permanence l’événement à travers des souvenirs, des rêves ou des flash-backs qui la saisissent par surprise. Parfois, les sensations physiques ressenties au moment du traumatisme resurgissent à l’improviste. Ces symptômes s’accompagnent d’une tendance à fuir tout ce qui pourrait rappeler le traumatisme. Cette attitude d’évitement peut aboutir à l’amnésie partielle ou totale des événements.

La personne atteinte d’ESPT a également l’impression d’avoir perdu le contact avec son environnement, le sentiment d’évoluer en permanence dans le brouillard, anormalement froide et distante.

D’autres symptômes peuvent survenir : troubles du sommeil, irritabilité, détresse, difficultés à se concentrer ou hypervigilance (peur exagérée du monde extérieur). Des complications peuvent survenir, tels des troubles du comportement alimentaire ou des toxicomanies (alcool, drogues, médicaments). Dans 25 à 30 % des cas, on assiste à l’apparition de symptômes dépressifs.

Quelles sont les causes de l’état de stress post-traumatique ?

La personne qui souffre d’ESPT peut être la victime, ou simplement le témoin de la scène traumatisante. Ces événements ont provoqué une réaction intense mêlant peur, détresse et horreur. Ils varient de l’agression sexuelle ou de l’accident des transports, à la guerre, la prise d’otages, la violence physique ou psychique, la catastrophe naturelle ou l’attentat.

Plus que la gravité réelle des événements traumatiques, c’est la gravité perçue qui semble décider de l’apparition d’un ESPT.

Peut-on éviter l’apparition d’un état de stress post-traumatique ?

Pendant la période de stress qui suit un événement traumatique, certaines mesures semblent contribuer à prévenir l’évolution vers le mode chronique.

En cas de besoin, il est essentiel de parler de l’événement avec des amis, sa famille, son médecin généraliste, un psychothérapeute ou d’autres personnes ayant vécu la même expérience, etc. Mais certaines personnes préfèrent ne pas parler de ce qu’elles ont vécu. Dans ce cas, il est préférable de ne pas les contraindre à décrire leur expérience.

Mieux vaut laisser le temps faire son office, sans être trop impatient de recouvrer son bien-être et sans se formaliser de l’incompréhension des membres de son entourage face aux sentiments exprimés. Prendre soin de soi, pratiquer des activités de relaxation et de détente, sont autant d‘éléments qui contribueront à la guérison.

Enfin, il est préférable de ne pas consommer d’alcool, de drogues ou de médicaments anxiolytiques (tranquillisants) ou de médicaments hypnotiques (somnifères), en dehors de ceux éventuellement prescrits par le médecin traitant.

Comment aider les personnes souffrant de stress aigu ?

Lorsqu’un proche a récemment subi un traumatisme, il est possible de l’aider à se rétablir sans évoluer vers un ESPT.

  • Conseillez-lui de consulter rapidement un médecin, qui l’aidera à passer le cap et interviendra précocement s’il y a un risque d’évolution vers un mode chronique.
  • Soyez à l’écoute sans jamais juger. Posez-lui des questions ouvertes pour l’aider à s’exprimer. Ne le forcez pas à revivre le traumatisme, mais encouragez-le à exprimer ce qu’il ressent au moment de la discussion.
  • Si vous vous en sentez capable, discutez avec lui de la façon dont il pourra essayer d’intégrer le traumatisme et ses conséquences dans ses croyances, ses valeurs et sa manière de considérer la vie en général.
  • Conseillez-lui de s’informer sur le stress aigu et l’ESPT. Comprendre les symptômes que l’on éprouve constitue un premier pas vers la guérison.
  • Aidez-le à se détendre, à se relaxer et à se changer les idées. Assurez-vous qu’il se sente en sécurité à tout moment.

Comment soigne-t-on l’état de stress post-traumatique ?

Les traitements de l’ESPT sont plus efficaces s’ils sont mis en place rapidement, c’est-à-dire dès que le stress devient anormalement persistant (plus d’un mois après l’événement traumatisant). En général, leurs effets positifs se font ressentir au bout de trois à quatre mois.

La prise en charge psychothérapeutique fait appel aux thérapies comportementales et cognitives, à l’hypnothérapie ou à la sophrologie qui ont toutes montré une certaine efficacité dans le traitement de l’ESPT. Certains médicaments antidépresseurs ont également une action bénéfique, démontrée dans le cadre d’études cliniques, et cela même si la personne n’est pas déprimée.

PARANOÏAQUE, VOUS AVEZ DIT PARANOÏAQUE ?

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La paranoïa se révèle essentiellement par un discours argumenté, d’apparence logique, mais cependant délirant, puisque étayé par un réseau d’illusions. Le délire de persécution en donne un exemple typique.

La personne qui en souffre se croit la victime d’une personne ou d’une organisation qui lui veulent du mal. Elle voit dans le moindre fait la preuve de cette malveillance, dont le sentiment envahit sa vie, la pousse à des manœuvres absurdes, qui peuvent aller jusqu’à des pulsions meurtrières.
Mais les délires de jalousie, de grandeur, de puissance, d’érotomanie (certitude d’être aimé par une personne étrangère à cette passion), de mysticisme, entrent aussi dans cette forme de pathologie.

À la personnalité perverse et narcissique peut parfois se superposer une composante paranoïaque.
À force de duper les gens, le pervers se doit d’être de plus en plus secret et d’être de plus en plus sur ses gardes. Il se confie de moins en moins. Il peut se révéler d’une hyper-susceptibilité maladive. Il vit dans une suspicion constante et une prudence extrême, qu’il dissimule profondément.
Sa paranoïa semble décupler son intelligence, lui fournissant alors un extraordinaire regain d’énergie combative.

Alors dans sa haine, son désir de vengeance, il est obligé d’utiliser publiquement les traits de personnalité paranoïaque inscrits en lui pour continuer à contrôler , avoir le pouvoir sur les autres.

Ces traits sont définis par le DSM IV:

La personnalité paranoïaque implique la présence d’au moins quatre des sept symptômes suivants :

  • Le sujet s’attend, sans raison suffisante, à ce que les autres se servent de lui, lui nuisent ou le trompent ;
  • Il est préoccupé par des doutes injustifiés concernant la loyauté ou la fidélité de ses amis et collègues, d’une façon plus générale de son entourage ;
  • Il est réticent à se confier à autrui car il craint que sa confidence ne soit utilisée contre lui ;
  • Il discerne des significations cachées, humiliantes ou menaçantes, dans des événements anodins ;
  • Il est rancunier, ne pardonne pas d’être blessé, insulté ou dédaigné ;
  • Il s’imagine des attaques contre sa personne ou sa réputation, auxquelles il va réagir par la colère ou la rétorsion ;
  • Il met en doute de manière répétée et sans justification la fidélité de son conjoint.

Plus généralement, on retiendra comme critères pour déterminer une personnalité paranoïaque les éléments suivants :

– surestimation de soi : il veut toujours avoir raison sinon il y a affrontement et colère. Il y a hypertrophie du moi.

– méfiance : il ne va jamais enfreindre la loi. Il se dit victime des autres et pense qu’ils complotent contre lui et cherchent à le nuire.

– fausseté du jugement : il travestit la vérité et projette sur les autres ses défauts et ses tares.

– susceptibilité démesurée : dans sa toute puissance il ne peut accepter de perdre.

– rigidité : il a un côté obsessionnel afin d’atteindre la perfection, pour se montrer lisse sans défaut.

Le paranoïaque se sent persécuté. Tout ce qu’il peut imaginer, inventer, trouver, pour empêcher les agissements qui, selon lui, lui causent du tort, sera mis en place. Il perd tout contact avec la réalité ; sa compréhension des règlements, loi, droit… se fera en fonction de son discernement perturbé. Convaincu d’avoir raison, il reportera sur autrui toutes les erreurs, les fautes, et les manquements auxquels il sera confronté.

@Anne-Laure Buffet
annelaurebuffet@gmail.com