PRÉSERVEZ NOTRE PETITE VIE DE VOTRE VIE DE COUPLE – TÉMOIGNAGE

shutterstock_54899620

Elle a 12 ans. Elle subit le divorce de ses parents. Un divorce très conflictuel. Violent.
Elle, elle demande simplement une chose : avoir le droit de vivre et d’aimer ses deux parents.

« Bonjour Je m’appelle XXX et j’ai 12 ans.
Mes parents se sont séparés il y a 3 ans. Ma famillle s’est déchirée et mes 5 frères et sœurs ont pris partie pour un de mes parents. Pour moi LE cauchemar a commencé parce que sur 6 enfants j’étais la seule à dire que je voulais voir autant mon papa que ma maman que je voulais avoir le droit d’aimer mes 2 parents sans avoir plein de reproches ….. Mes frères et sœur ma Grand mère personne ne comprenait ma position et ma souffrance.Ils ont tenté de me faire changer d’avis 5 interrogatoires où ils m’ont dit que j’allais avoir une mauvaise éducation que j’allais regretté ma décision que je trahissais mon père que je les abandonnais.
C’était si difficile qu un soir à bout de force j’ai pris une lame et je me suis entaillée l avant bras . Rien à changer pour autant je me suis confiée à la CPE du collège qui à téléphoné à mes parents et ça a été encore pire en pression plus LE temps avançait plus c’était compliqué… J’ai écrit au juge j’ai demandé à lui parler J’ai pris un avocat….mais rien ne changeait …..Bien au contraire
Je sais que du haut de mes 12 ans j’ai fait le bon choix Jaime mes parents de tout mon cœur …même si je ne comprends pas toujours leur réaction …Après ma lettre au juge J’ai été obligé d’aller chez ma grand mère qui M à reprochée pendant 15 jours ma décision disant que par ma faute mon père souffrait ….que je devais prendre un partie .. C’était si difficile qu’il y a un mois j’ai DE nouveau pris une lame et à nouveau j’ai entaillé mon avant bras …

J’ai envie DE hurler n’y a t il aucun adulte dans ce monde en capacité de protéger les enfants pour qu’ils aient le droit d’aimer leur 2 parents aucune loi qui puisse nous protéger parce qu’un enfant ne divorce jamais de ses parents pourquoi est ce si compliqué d’avoir LE droit d aimer ses 2 parents ?

Parents ne nous mêlée pas à votre séparation

Préservez notre petite vie de votre vie de couple ….

Madame Buffet j’espère qu’un jour les enfants comme moi n’auront plus à se battre pour avoir le droit d’aimer ses 2 parents s est si difficile qu’il m’est arrivée DE regretter d avoir fait ce choix d’aimer mes deux parents … »

LA PRISE DE CONSCIENCE ET LA RUPTURE

82581558_o

Samedi 30 avril 2016 se réunissait un groupe de discussion proposé par l’association CVP[1] dont le thème était : «La prise de conscience et la rupture», un sujet difficile car il invite à une remise une question, une introspection, et une confrontation à la réalité.

Nous avons reçu beaucoup de nouveaux participants lors de ce groupe, et je les remercie de leur confiance en l’association. Je remercie également les fidèles, nombreux, qui apportent chaque fois leur témoignage et leur soutien mutuel. Et comme ces groupes ont lieu à Boulogne Billancourt, et qu’il est difficile de se rendre régulièrement en province, c’est elle qui est venue à nous, cette fois, d’Alsace, et du Vaucluse.

A la pause, nous avons écouté l’intervention d’Anne Lorient, venue nous apporter son témoignage, récit que vous pouvez retrouver dans ce livre co-écrit avec Minou Azoulay : Mes années barbares, La Martinière. Moment très fort et qui a ému tous les participants au groupe, véritable immersion dans l’enfer de la rue. Anne a également présenté une association : Mobil’douche, qui œuvre sur le terrain en proposant aux SDF un moyen d’accéder à l’hygiène, et au partage, ce qui leur fait cruellement défaut.

Rappel bibliographique en préambule :

J’ai choisi trois livres parmi tant d’autres pouvant éclairer sur la question de la prise de conscience et de la rupture :

  • , Marie-France Hirigoyen, Pocket
  • , Boris Cyrulnik, Odile Jacob
  • , Sandor Ferenczi, Petite bibliothèque Payot

LIRE LA NOTE COMPLÈTE SUITE À CE GROUPE :
LA PRISE DE CONSCIENCE
ET LA RUPTURE

LE PÈRE NOËL PEUT ENCORE PASSER

miracle-on-34th-street

En pleine période des trêve des confiseurs, il semble impossible, et même impensable, qu’un manipulateur, ou une manipulatrice, digne de ce nom – j’entends pas « digne de ce nom » celle ou celui dont l’objectif est de posséder l’autre et de détruire – mette un terme à ces agissements.
Il semblerait même que la période des fêtes, avec Noël en point d’orgue, exerce chez les personnalités toxiques l’effet d’un accélérateur. Comment mieux nuire, mieux faire mal, mieux mettre à terre, mieux abîmer ? Priver la personne devenue victime de tout contact avec ses enfants, de toute capacité matérielle ou financière, de tout lien… L’isoler, un peu plus encore, en l’ignorant ou en s’en moquant, en la méprisant ouvertement… Grand nombre de victimes disent avoir reçu un tel « cadeau » au moment des fêtes (sans oublier les périodes d’anniversaire, qui elles aussi ont un impact affectif important). Pas d’enfant, pas de moyens de parler avec eux, pas de possibilité de les câliner, de les gâter, de passer un moment de joie simple.
La période des fêtes exacerbe la colère, le besoin d’écraser, de faire mal, de nuire, d’ignorer. Et la douleur ressentie est d’autant plus violente que les émotions sont poussées à leur extrême. Refuser à un parent de lui répondre, refuser qu’il puisse communiquer avec ses enfants, c’est le nier en tant que parent, et plus encore lorsque tout est fait pour rappeler que ces quelques jours sont jours de joie, de partage, de retrouvailles, de sourires…

J’ai reçu ces derniers jours un nombre de demandes d’aide, de soutien et d’accompagnement particulièrement important. Avec, toujours, en ligne directrice, la souffrance émanant de l’impossibilité de voir, de toucher, de communiquer avec ses enfants. Et je ne parle pas que d’enfants petits. Je parle d’enfants, quel que soit leur âge. Le parent toxique les éloigne et les manipule. Et le parent victime de cette toxicité a peu de moyens de se défendre. « Mais c’est Noël ! »… Oui, c’est Noël…mais la convention de divorce attribue cette période, cette semaine, au père (à la mère). S’il ne veut pas que vous les voyez, vous ne pouvez rien faire… »
S’il est désormais classique de lire dans des jugements de divorce que le jour de la fête des mère sera chez la mère et de même pour la fête des pères (quel que soit le rythme de garde), répartir ainsi la fête de Noël qui n’est pas à un jour fixe de la semaine mais à date fixe semble presque inconcevable dans des cas de séparation conflictuelle.

Aussi… aussi le mieux est d’aller, en tant qu’adulte, au-delà de sa peine et de ses ressentiments. Autant que possible. Je dis bien ‘autant que possible ». Et dans la difficultés de ces cas liés à des relations toxiques, j’imagine ici ceux où le parent victime n’est pas encore privé totalement de ses enfants, où les enfants ne se sont pas totalement détournés de lui.
C’est entre autres à ce moment qu’un travail sur soi, sur l’estime de soi, sur la reconstruction, est indispensable. Vous n’avez pas eu vos enfants à Noël ? Vous n’avez pas pu leur parler ? Posez vous la question : qui en souffre le plus ? Eux, ou vous ? Quelle blessure se réveille lorsque vous êtes face au silence ?
« Je n’aurai pas mes enfants à Noël…
C’est dégueulasse de te faire ça ! »
Oui, c’est « dégueulasse ». Mais c’est ainsi. Dépenser son énergie à entretenir inconsciemment ce lien toxique en se demandant comment il est possible de vous faire ça ne fait que nourrir un peu plus la personnalité toxique, et lui donner une importance supplémentaire et néfaste dans votre vie.
Vous n’avez pas eu vos enfants à Noël ? Fêtez Noël tout de même. Si ce n’est le jour même, fêtez Noël avec eux. Ce sera le 31 décembre, le 1er janvier, le 2, le 3… Ce sera votre fête. À vous, et à eux. Ce n’est plus la date fatidique du 25 décembre qui compte. C’est ce que vous allez faire de cette fête, avec eux.

Des plus jeunes aux plus âgés, ils attendent Noël, ils attendent une fête, c’est à vous de leur offrir. Pas par vengeance, ou par dépit. Par bonheur de les voir.

Faites de ce dont vous vous sentez privé(e) pour un instant unique, à un autre instant, bien plus unique. Les enfants attendent de la magie, cette fameuse « magie de Noël ». Donnez-leur.

©Anne-Laure Buffet

LE MANQUE EST LÉGITIME

ffb52edef755de070f30969_877c-300x485

– Je ne sais pas. Peut-être que je me suis trompée…
– Je pleure tout le temps. Je me sens mal. Il me manque. Peut-être que j’exagère.
– Je ne veux plus parler d’elle. Si je dis que je la regrette, on me répond que je suis dingue ; que je n’ai qu’à y retourner, et que je ne vienne pas me plaindre…
– Personne ne me comprend. Je sais qui il est. Mais j’angoisse sans lui…

Angoisse. Anxiété. Peur. Culpabilité. Doute…
Il y a eu séparation. De votre fait. Un jour pas fait comme un autre, vous êtes parti(e). Vous avez pris vos cliques et vos claques, ou encore la poudre d’escampette… Appelons ça comme vous voulez. Vous êtes parti(e) parce que la situation n’était plus tolérable. Parce que vous vous sentiez en danger. Psychologique. Physique. Un danger parfois mortel. Les intentions suicidaires, les TS (tentatives de suicide), les maladies d’origine somatique, parfois invalidantes, sont la conséquence de ces mois, de ces années passés au contact d’une personne toxique.

– Mais je l’aimais… Et parfois tout allait bien…

Oui, parfois tout allait bien. Parfois. Le toxique séduit. Mais sous contrôle, et le fait au début sans contrainte. Sans violence; Il (elle) charme, promet, enjolive, flatte. Il (elle) endort la vigilance, imite vos qualités, s’appuie sur ce que vous détestez, le conflit, et fait en sorte de ne pas en provoquer. Il est si tendre, elle est si attentive... Bien sûr parfois il (elle) s’emballe, s’énerve… Mais tout le monde est ainsi, n’est-ce pas ?

Oui, tout le monde. Mais chez le toxique, le parfois devient souvent. La norme est dans le contrôle, et le sentiment de malaise qui en découle. Je ne sais pas comment expliquer, il n’y a rien de tangible, c’est un sentiment, c’était son regard, je savais que je ne devais pas aller plus loin, je préférais me taire…
Le toxique anesthésie, d’abord en douceur, puis de manière encore plus insidieuse, en laissant planer le doute du possible conflit si vous n’étiez pas d’accord avec lui. Et si vous n’êtes pas d’accord avec cette personne si parfaite, c’est que vous avez tort, il faut vous remettre à votre place. Vous gronder. Vous punir.

Un jour, le conflit est inévitable. Un jour qui peut être suivi de tant d’autres. Les critiques pleuvent. Le dénigrement suit, les moqueries, les accusations. La diffamation. Le geste brutal, le ton acerbe, le regard glaçant. La main qui se lève et retombe sur vous. Plusieurs fois.

Vous partez.

Et pourtant, quelques temps après, il (elle) vous manque. Vous ne pardonnez pas, mais vous cherchez à l’excuser. À justifier ses gestes. Ses paroles. En bon samaritain, vous voulez encore croire que le changement est possible. Il (elle) vous a appris à croire que vous avez tort. Et ce message contraignant vous poursuit, malgré la séparation, et la distance. Vous avez tort… alors vous regrettez. Vous occultez le pire, cherchant à sauver le meilleur. Vous hésitez… À vouloir recommencer, essayer, encore…

Vous entamez la période de deuil. La nécessité de l’acceptation d’une fin. D’une fin sans retour possible. L’obligation de mettre un terme à tout espoir – vous, l’optimiste le (la) bienveillant(e), vous devez vous interdire de l’être. C’est le deuil d’une histoire sentimentale dans laquelle vous avez été instrumentalisé(e), une histoire d’amour dans laquelle vous vous êtes investi(e), épuisé(e), sans partage.
Le deuil est angoissant, il plonge dans l’abîme, dans la réflexion, dans l’obligation d’être seul(e) avec soi. Il fait naître ou développe les doutes et la culpabilité. Il accroit la honte… Comment raconter tout cela, qui peut l’entendre, qui peut le comprendre ?

Le deuil est nécessaire. Il permet de mettre un terme complet au sentiment qui retient et excuse le toxique. Pas à ses actes, qui peuvent continuer. Mais au sentiment d’amour, d’affection, de dépendance.

Il faut accepter le deuil. Il faut admettre de passer par cette étape douloureuse. Le deuil permet d’avancer, de se reconstruire. Il n’excuse pas le toxique. Il est la conclusion de cette relation.

©Anne-Laure Buffet