POURQUOI, POURQUOI… POURQUOI ?

Lise-Anne-Marsal9

C’est inévitable. Le « pourquoi » est lancinant. Il revient de façon permanente.

Pourquoi me fait-il / elle tout ça ?
Pourquoi me fait-il / elle ça, à moi ?
Pourquoi je ne m’en suis pas rendu(e) compte plus tôt ?

Nous avons besoin de comprendre, de savoir, car rien n’est plus terrifiant que d’avancer dans le noir. Donner un sens aux évènements qui se produisent dans notre vie est plus que légitime. Et quand ces évènements sont destructeurs, quand ils entraînent vers la maladie, la dépression, la perte de l’estime de soi, la perte de ses repères, la question se répète de plus en plus, et le besoin de savoir avec.

Le discours de la personnalité toxique nous plonge dans la plus complète confusion. Ai-je dit cela ? Ai-je fait cela ? Ai-je le doit de penser ainsi, d’agir ainsi ? Et, n’ayant pas de réponse évidente, on en trouve, pour se soulager, ou tout du moins, pour ne pas rester dans le vide.
Apparaît alors le : « Parce que… ». Or, il n’y a pas de parce que à chercher ou à donner. C’est ainsi. Et s’essayer aux « parce que » entraîne d’autant plus de confusion.

Commencer à ne plus chercher ni donner de raison est un premier pas pour sortir de la confusion. Il faut donc absolument ce sortir de ce cercle vicieux du « pourquoi… parce que ». Il faut indiscutablement ne plus chercher de raisons. Il n’y en a qu’une : la personnalité toxique a un objectif : détruire sa victime. Pourquoi ? Il est fait ainsi. Point. Il n’y a pas à aller chercher plus loin.

Dans le même temps, il faut apprendre à chasser la culpabilité – inévitable. N’ayant pas de réponse à nos « pourquoi », nous nous demandons si les torts ne sont pas les nôtres, ni ce que nous sommes n’a pas induit chez l’autre son attitude. C’est, consciemment ou non, ce que recherche la personnalité toxique. Car qui dit culpabilité, dit affaiblissement. Et la victime sera d’autant plus enclin à se soumettre.

Il n’y a pas de parce que à donner. Il n’y a pas de culpabilité à avoir. La personnalité toxique est ainsi faite. Comme certains sont blonds ou bruns, petits ou grands, elle est toxique. Vous n’y êtes pour rien. Vous n’avez rien fait. Même si elle est douée pour vous faire croire le contraire.

©Anne-Laure Buffet

MORT VIVANTE – EXTRAIT 4 – À PARAÎTRE

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Il m’a dit le contraire. Ce matin même. J’en suis certaine.

Il m’a dit qu’il voulait que je prévois ce dîner. Que c’est important pour lui. Que je dois comprendre.

Il m’a dit que je sais faire. Que je sais organiser. Que j’ai le temps pour le faire. Que ce n’est pas un reproche, c’est juste ainsi. Il m’a dit que lui travaille. Lui travaille, mais pas pour lui. Pour nous.

Il m’a dit que je devais le faire. Il m’a dit que ça lui ferait plaisir. Et il est parti.

Je l’ai fait. Comme il me l’a dit. Comme il me l’a demandé. Je l’ai fait pour lui. Je l’aime.

Je lui suis reconnaissante. J’ai une belle vie.  Grâce à lui. Je n’ai pas besoin de travailler. Je dois lui dire merci. Je sais ce que je lui dois. Je lui dois tout.

Il m’a dit que c’était important. Très important.

Je ne veux pas le décevoir.

Je ne dois jamais le décevoir.

Je ne serais pas grand chose sans lui.

Je sais que je ne serais pas sans lui.

Je sais qu’il sait. Je sais que je ne sais pas.

Ce matin il m’a dit le contraire. À moins que je me trompe. À moins que je n’ai pas compris. C’est cela, je n’ai pas écouté. Je faisais autre chose, peut-être. Peut-être ne faisais-je rien. Peut-être ne faisais-je pas assez attention à lui.

J’ai prévu le dîner.

Ce n’est pas ce qu’il voulait.

Il me l’avait dit.

Je suis allée trop vite.

Je lui ai manqué de respect. J’ai tout prévu sans lui en parler.

C’est une erreur.

J’ai commis une erreur.

Il ne dit rien.

Il me regarde. Je ne bouge pas. J’ai mal au cou. Ma tête penche vers l’avant. Mes yeux se baissent. J’ai honte. Je ne sais toujours pas l’écouter.

Je ne dois pas savoir aimer.