UN REDOUTABLE ORATEUR

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Comme tous les tyrans, il {l’enfant} est le roi de l’argumentation, il sait manoeuvrer avec les mots et il profite du faible potentiel des autres et parfois même d’un de ses parents ou des parents tout court pour les avilir un peu plus. Que l’adulte tente de le responsabiliser ou tout du moins essaie de le remettre en cause s’il est pris dans ses dysfonctionnements ou ses transgressions, il sait utiliser les parades. Il en est de même s’il se heurte au refus d’une de ses exigences. Je reprends avec J.Peeters deux des stratégies les plus courantes : il sait faire des études comparatives : « Les autres, c’est encore pire ! ». L’argumentation est simple : il dramatise pour faire peur et obtenir ce qui devient une banalité : « Tu sais, il y en a qui volent, qui se droguent, qui fuguent et moi je ne veux que dix euros pour sortir ! ». Et puis pas question de le critiquer s’il a commis une bêtise, le comportement des autres est bien plus problématique : « Ils sont allés au commissariat… il est allé devant le juge ! ». Ces argumentations sont des menaces à peine masquées : « Si tu ne cèdes pas, cela pourrait m’arriver ! ». Cela devient une sorte de chantage à l’escalade.

Il existe aussi la stratégie dite du partage de responsabilité : c’est le : « Tout le monde le fait ! ». Le parent crédule, déjà conditionné par les médias dans « ce que tout ado pense, vit ou fait », va vite rentrer dans les comparaisons proposées et plaidera même pour lui si l’autre parent n’est pas dupe. Les parents deviennent victimes de la propagande des médias mais surtout de leur premier avocat à domicile : leur enfant tyran.

Le cocktail société de consommation – enfant tyran rend ce dernier encore plus tyrannique alors que le mariage voulu société de consommation – adolescent adapté n’a que peu d’impact. Mais comme par hasard, dans ces familles non dominées par un enfant tyran, l’éducation reste prégnante avec certes le respect de la singularité de l’enfant, de sa richesse propre et de l’actualisation de son potentiel, mais aussi avec les exigences de la réciprocité, de respect mutuel et d’acceptation du principe de réalité, mais ce sont sûrement des valeurs rigides !

Didier Pleux, in , ed. Odile Jacob

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