MANIPULER NE VEUT PAS TOUJOURS DIRE : DANGER

Le terme « manipulateur » revient comme un refrain dès qu’on traite de violence psychologique. Avec de manière sous-jacente l’image d’un marionnettiste aux dents tout aussi longues que cruelles, prêt à vous entraîner dans les pires émois, les pires effrois, et vers les pires tortures.
Pourtant, tous les manipulateurs ne sont pas des êtres sadiques, toutes les manipulations n’ont pas pour objectif de s’accaparer tout autant que de détruire…

Outre le fait que les ouvrages, les plus divers et variés, des plus sérieux aux plus fantaisistes, apparaissent sans discontinuer sur le sujet, allant jusqu’à tromper leurs lecteurs quant aux interprétations et conclusions possibles, la manipulation suscite de multiples travaux académiques. Aux États-Unis, il existe des cours ayant pour visée d’apprendre les techniques les plus efficaces de manipulation ; et ces cours arrivent en France. Selon Nicolas Guéguen, chercheur en Sciences du comportement, « les structures classiques d’influence comme le respect de l’autorité (…) paraissent en déclin. (…) Il faut bien que les managers, les éducateurs, les parents trouvent d’autres techniques que la contrainte pour modifier les comportements. »

Une manipulation digne de ce nom doit marteler au manipulé qu’il est libre, sauf à provoquer ce que les psys appellent une réactance : le manipulé va se soumettre, mais en renâclant, et à la première occasion, en profitera pour contrarier l’ordre ou l’injonction reçus.

La manipulation peut passer par de petits stratagèmes, en semblant accorder de la liberté : « Bien sûr, c’est comme vous voulez, c’est vous qui décidez… », ou encore en proposant quelque chose d’inacceptable, puis en proposant ce qui est vraiment désiré. Le manipulé n’y verra qu’une concession. C’est la technique qui correspond au marchandage.

N’oublions pas, par ailleurs, que nous sommes tous sujets et objets de manipulations quotidiennes. La publicité en premier lieu manipule en conditionnant l’esprit vers des achats, des comportements, des réactions bien particuliers. Les « effets de mode », que ce soit vestimentaire, musical, en décoration, vont de pair avec une manipulation, forgeant des désirs, des goûts, des jugements et des critiques. Sans entraîner une disparition de la personnalité, on peut constater facilement chez les adolescents cette tentation – aux raisons multiples – de se fondre « dans la masse » en arborant un code vestimentaire, une coupe de cheveux, un « style ».

L’autre question qui se pose est de savoir si l’on peut manipuler quelqu’un pour son bien, tant le terme de « manipulation » est source d’angoisses.
La question, selon Robert-Vincent Joule, professeur à l’université d’Aix-Marseille, est de « savoir comment amener les gens à faire librement ce qu’ils doivent faire ». Nicolas Guéguen explique que la manipulation devient bonne  en fonction de l’objet même qu’elle vise. Christophe Carré, consultant, va jusqu’à conseiller l’utilisation positive de la manipulation aux parents dans un cadre éducatif, préférant induire un changement objectif et responsable que d’appliquer le principe de la carotte et du bâton, qui ne demande aucun engagement. « On parle de développement durable, mais jamais de développement durable de l’individu. »

En fait, la meilleure manipulation « positive », sans danger pour la personnalité mais l’incitant à un comportement positif et constructif, ne serait-elle pas celle du nudge, ou « coup de pouce », prôné par Richard Thaler, professeur d’économie à Chicago ? On ne contraint pas l’individu, mais on lui évite de trop réfléchir. L’intention n’est pas de s’accaparer ce qu’il est, ni de le vampiriser, a contrario des PN ou de toute personnalité toxique. Bien au contraire, le nudge serait le cadre idéal créant les conditions nécessaires pour passer des bonnes idées aux bons comportements.

Ainsi de ces marches de métro peintes en touches de piano, pour amener à emprunter l’escalier…

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ENTRE DOUTE ET DIAGNOSTIC

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Depuis la création de ce blog, fin janvier 2013, les témoignages et les demandes d’aide sont de plus en plus nombreux.
Du – malheureusement – classique : « Comment s’en sortir ? », ou encore « Mon (ma) conjoint(e) est-il(elle) PN  « , au bien plus violent… Descriptions de violences psychologiques, de harcèlement, de violences physiques.
Dans le cas de violences physiques, je note qu’une forme revient assez régulièrement : la strangulation, ou les coups donnés au niveau de la gorge, comme si le harceleur avait la volonté de faire taire, physiquement et définitivement, sa victime.

Le sujet de la perversion narcissique inquiète, interroge. Entraîne souvent des assimilations. Ainsi, une compagne ou un compagnon jaloux de manière pathologique sera qualifié de PN. Un conjoint, ou un père, « macho » et poussant loin son machisme sera soupçonné lui aussi d’être PN. Et tant d’autres assimilations sont possibles.

Une fois de plus, je rappelle que la perversion narcissique est une déviance. Une déviance particulière, dangereuse, destructrice pour celui ou celle qui la subit. Elle est invisible, indicible aux yeux des autres. Elle se manifeste entre quatre murs. Mais lorsque la porte est ouverte, rien ne transparaît. Entre le silence de la « proie », terrorisée, et les sourires du « bourreau », personne ne peut se douter de la violence permanente et dissimulée qui ronge les trop nombreuses victimes.

Les médias informent de plus en plus sur la perversion narcissique. Ils dressent des portraits tant du harceleur que de la victime. Ils utilisent le terme « harceleur » à qui mieux-mieux, accentuant encore le phénomène d’assimilation. Les références tant à de vrais professionnels qu’à des témoignages concrets sur le déroulement du processus de destruction ne sont pourtant pas légion. On passe trop facilement de la mesquinerie quotidienne à la plus grande violence physique. Sont oubliées toutes les étapes qui mènent à la mort – psychologique – de la victime.
Des tests voient le jour dans les magazines féminins. Il devient courant de les faire, sur la plage, au soleil, ou au fond de son lit avant de s’endormir. Ainsi, chacun reconnait ou croit reconnaître en l’autre un PN, ou une victime, ou les deux, ne sachant plus quoi croire et que comprendre.

Ce n’est pas en répondant à un test pour obtenir le maximum de ronds, de carrés ou de triangles que l’on peut être informé. À peine quelques indices, rien de plus. Le risque majeur étant de classer dans une catégorie telle ou telle personne, sans autre forme de procès, sans aucune connaissance réelle de la situation, et sans aide et confirmation psychiatrique.
Ce n’est pas non plus en lisant quelques articles que l’on peut être à même de juger, ou de comprendre.
Quand aux nombreux ouvrages de qualité sur le sujet, ils sont malheureusement souvent parcourus en diagonale, le lecteur cherchant simplement le paragraphe, le passage qui va lui apporter confirmation de ce qu’il croit déjà savoir. Son analyse n’ira pas plus loin que cela. Et même s’il cherche à s’informer pour aider, ce n’est pas quelques lignes qui sont suffisantes pour l’informer complètement. Elles sont un indice, un guide, mais rien ne vaut l’échange avec des spécialistes de la question.

Les spécialistes, qui sont-ils ? Des psychiatres, des psychothérapeutes, confrontés quotidiennement à ces situations de manipulation et de destruction psychique d’une personne. Des victimologues, ayant mené des études afin de comprendre les rouages de ce mécanisme psychiquement et physiquement mortel. Des juristes et des magistrats qui se sont informés et formés pour apporter la meilleure défense aux victimes.
Et les victimes elles-mêmes qui ont pu s’en sortir. Qui ont réussi à sortir de l’emprise. Qui n’oublient ni les faits, ni les actes, ni les paroles. Qui sont capables de déceler les signaux d’alertes dans un comportement décrit, dans un discours.

Il ne suffit pas de quelques gestes ou de quelques paroles pour qualifier quelqu’un de PN. Il faut observer sur le long terme, car c’est sur le long terme, s’appuyant sur sa patience et son objectif dont il ne dévie pas, que le PN travaille. La manipulation ne s’opère pas en quelques semaines. Elle est insidieuse comme la gangrène et prend des mois, des années parfois, pour être repérable.

Aussi, en cas de doute, d’interrogation, de volonté d’apporter de l’aide à une victime supposée, IL EST INDISPENSABLE DE S’INFORMER SÉRIEUSEMENT EN S’ADRESSANT À DES SPÉCIALISTES, DES PROFESSIONNELS RECONNUS.
S’inquiéter, alerter, voir mener un combat, n’est utile, profitable et judicieux qu’en étant certain des arguments à avancer.

COUPÉ EN DEUX

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Voyant deux femmes se battre et se déchirer un enfant, le Roi Salomon mit un terme à cette querelle en proposant de couper l’enfant en deux. L’une des deux accepta, lorsque l’autre refusa, préférant abandonner son bébé que le voir mourir.

Le PN est comparable à cette femme qui coûte que coûte voulait l’enfant, quitte à n’en avoir qu’une moitié, quitte à ce qu’il meure. Son intérêt n’est pas l’enfant. Son intérêt est de posséder ce que l’autre n’a pas, ce qu’il jalouse, ce qu’il considère lui revenir de droit. Il fait passer l’intégrité physique et morale de l’enfant au second, pour ne pas dire au dernier, plan. Sa seule obsession : avoir, pour empêcher l’autre d’avoir.

Dans les cas de séparation d’avec un PN, les conjoints, victimes, se retrouvent parfois dans cette situation. Pas tous – certains mènent un combat pour sortir des griffes du vampire leur progéniture, et le combat est rude – mais il arrive que trop écrasées par le Pn, trop affaiblies ou apeurées, elles préfèrent laisser leurs enfants au bourreau, pensant qu’ainsi eux au moins seront protégés.
C’est un choix légitime et qu’il ne faut ni blâmer, ni critiquer, ni contester.
Le pervers narcissique a su tendre tant de pièges et a tellement amenuisé les forces de sa victime qu’elle ne peut plus réfléchir, elle ne peut plus savoir ce qui est bien, de ce qui ne l’est pas, voir de ce qui est dangereux.

Ainsi, certains enfants se retrouvent chahutés entre un père et une mère, l’un des deux étant prêt à tout pour avoir leur garde, quel que soit les coups à donner.

Plaçons-nous maintenant du côté de l’enfant.
Il sait au fond de lui qu’il est la source de pressions, de chantages, de violences. Il porte ce poids. Il s’en sent responsable, et ce sentiment est dû à l’amour naturel qu’il porte à chacun de ses parents. Il ne veut blesser ni l’un ni l’autre. Il n’est pas assez solide ni assez construit pour arriver à se protéger. Et la protection normale que les parents doivent apporter à leurs enfants, il ne la reçoit plus.

Il va alors entrer dans un schéma paradoxal. Il va vouloir se protéger et protéger dans le même temps ses deux parents. Ce qu’il va vivre chez l’un, il le taira chez l’autre, non pour faire des secrets, mais en pensant éviter à ses parents des souffrances supplémentaires. Il va apprendre à se taire. Ce n’est pas une volonté de dissimulation, c’est une nécessité de se créer une bulle qu’il pense infaillible, dans laquelle ses parents n’entrent pas et à l’intérieur de laquelle rien ne pourrait l’atteindre.

Or, et particulièrement lorsqu’un des ex conjoints est PN, la communication est totalement rompue entre les deux parents. Il devient impossible de savoir ce qui est décidé, choisi, voulu, pour les enfants. Le parent déjà victime se retrouve à découvrir, mais une fois que la chose est faite, un déménagement, un changement d’école, une activité extra-scolaire, un choix de médecin, une destination de vacances… Il lui reste alors soit à se soumettre, soit à se battre si la décision prise ne lui convient pas. Spontanément, il va demander à son enfant de l’informer, parfois va lui reprocher de ne pas l’avoir fait. Il transforme alors l’enfant en porteur de messages, ce qui n’est pas son rôle et lui crée une charge supplémentaire à affronter.
Pire encore, ce peut être le PN qui dira à son enfant de faire passer les messages, lui laissant entendre que, d’une part, toute communication est impossible avec l’autre parent qualifié d' »obtus », de « borné », de « destructeur ». D’autre part, le parent qui recevra de cette manière un message devra contenir sa colère devant son enfant, qui n’a pas à la supporter – colère que le Pn espère car elle justifie ses propos accusateurs de folie ou d’hystérie.

Au milieu de cela, quel modèle reçoit l’enfant ? Comment se construit-il ? Quelle confiance peut-il avoir en lui, et en ses parents ? Quel sens prennent les mots « vérité », « mensonge », « adulte », « communication » à ses yeux ?
L’enfant, enjeu d’une séparation, en devient également la première victime.

Voir aussi : le déni parental, et la parentalisation de l’enfant.

©Anne-Laure Buffet

FAUTE N°6

Vous avez peur. Peur de ce qu’il peut dire. Peur de ce qu’il peut faire. Peur de ce qu’il peut inventer. Peur des pièges qu’il peut vous tendre. Vous redoutez ses colères et ses silences. Vous finissez par décortiquer la moindre phrase, même la plus anodine, y cherchant le détail qui pourrait être contre vous. Vous doutez de tout.
Vous lui accordez de la puissance, de l’intelligence, du pouvoir, qu’il met au service de sa cruauté et de sa volonté de vous détruire.
Vous vous sentez faible.
Vous lui permettez d’accroître encore cette emprise en entretenant cette peur que vous ne pouvez contrôler.

Vous oubliez une chose. Il est lâche. Les coups, tous les coups, même les plus bas, il fera en sorte de toujours les dissimuler. Que personne ne sache.

C’est sa lâcheté qui le perd. C’est être dévoilé qui le tue. Cherchez le biais, la faille. Ils ont tous un talon d’Achille. Appuyez dessus. C’est ce qui lui fait le plus mal. C’est ce qui le met à terre.

ATTENTION AUX MOTS…

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Les lettres  : « Mon » très cher PN que vous pouvez trouver sur le blog sont pure fiction. 
Elles ne sont n’y à reproduire n’y à copier pour être adressées à un ou une PN. 

Le pervers narcissique ne supporte ni l’ironie, ni l’humour, ni la critique, ni les reproches.
Lui en adresser se retournera contre celui qui le fait. Lui adresser par écrit lui servira toujours, un jour ou l’autre. Le pervers narcissique n’oublie rien. Le pervers narcissique garde tout. Le pervers narcissique engrange, fouine, décortique, cherche et accumule tout ce qu’il pourra utiliser contre vous. Dans sa folie destructrice, il est patient. Il peut ressortir des écrits bien des années plus tard. Vous ne savez plus de quoi il est question. Les propos sont sortis du contexte, mais vous n’avez rien pour vous défendre, pour le prouver, pour vous justifier.

N’oubliez pas : la perversion a pour sens de détourner le bien et l’emmener vers le mal. Et le pervers dans sa volonté farouche de vous dominer et vous écraser pervertira tout ce qui vient de vous, jusqu’à la dernière virgule.

C’EST PAS MOI, C’EST L’AUTRE

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La perversion narcissique est une déviance, et non une pathologie.

Ainsi que le dit Jean-Charles Bouchoux en parlant du pervers narcissique, « il ne connaît ni souffrance, ni remords. Il n’est pas malade. Rapidement, c’est son entourage qui devient malade ». Le narcissisme est censé apaiser et protéger le pervers. Il développe une tendance à la mythomanie et à la paranoïa, un pouvoir de conviction et un acharnement s’apparentant au jusqu’au-boutisme.
Il se présente comme victime, martyr de la personne que, justement, il cherche à éliminer. Et l’élimination est sur toutes les scènes, sociale, personnelle, familiale, professionnelle…

Sa confusion entre lui et l’autre lui fait incorporer les qualités qu’il peut trouver chez l’autre. Son « soi » grandiose est conforté ; son « moi » déstructuré compense ses faiblesses. Son arme principale ? La séduction.

Il est porteur d’un poison inodore, incolore. Il n’en est même pas conscient ; il se dédouane par projection sur l’autre. Échappant ainsi à toute souffrance, il ne se remet pas en question. En revanche, il cherche en permanence chez « l’autre », considéré comme ennemi, les causes de son malaise – mal-être. « L’autre » devient son miroir. Le PN y voit son reflet qu’il veut détruire ; et en cherchant à le détruire, il détruit « l’autre ».
« Le pervers, par ses actes, sème une confusion telle que sa victime, bien souvent, ne peut plus agir intelligemment. Injonctions paradoxales, agressions violentes, dévalorisation puis séduction ne permettent plus à la victime de pouvoir réagir sainement. La paradoxalité est telle que la victime ne sait plus si elle doit croire ce que lui indiquent ses sens, ce qu’elle voit ou ce qu’elle entend. Toute logique devient caduque. »

Le pervers narcissique pratique la confusion des limites entre soi et l’autre. Il incorpore les qualités de l’autre, les attribue à son soi grandiose, pour pallier à sa faiblesse du Moi. Ces qualités appropriées, il les dénie à leur véritable possesseur. La séduction est un aspect crucial de cette stratégie. (Hubert Houdoy). Le PN s’appuie sur l’instinct protecteur qui lui est proposé. Il incorpore, pour mieux détruire.

Il utilise tous les stratagèmes possibles pour atteindre son objectif, quitte à déployer une énergie démesurée, à transgresser les terres de sa victime, à spolier ses jardins secrets, à semer les graines de la discorde, de la suspicion dans son entourage, à pratiquer la politique de la terre brûlée, pour sortir indemne et victorieux. (Martiale O’Brien)

UNE HISTOIRE DE GRENOUILLE

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CE TERRIBLE (ET SAISISSANT) EXEMPLE d’OLIVIER CLERC EXPLIQUE BIEN DES ENFERMEMENTS/IMMOBILISMES :

Imaginez une marmite remplie d’eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille…
Et puis :
– Le feu est allumé sous la marmite, l’eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède.
La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue à nager.
– La température continue à grimper.
L’eau est maintenant chaude, et c’est un peu plus que n’apprécie la grenouille.
Elle se fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant.
– L’eau est cette fois vraiment chaude, et la grenouille commence à trouver celà désagréable.
Mais elle s’est affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien.
– La température continue à monter, et la grenouille finit tout simplement par cuire.
La grenouille est morte.

Si la même grenouille avait été plongée directement dans l’eau à 50°, elle aurait
immédiatement donné le coup de patte adéquat qui l’aurait éjectée de la marmite.
Cette expérience montre que lorsqu’un changement s’effectue d’une manière suffisamment
lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps aucune réaction, aucune
opposition, aucune révolte.

 

Olivier Clerc est un écrivain franco-suisse, traducteur de formation, qui exerce également les activités de directeur de collection et de formateur.