AU MOIS D’OCTOBRE…

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Demain, mardi 29 septembre, Anne-Laure Buffet sera en direct sud Sud Radio (99.9 à Paris), avec Isabelle Bres, de 16h à 17h, pour parler de la parentification.

Et deux formations à venir en octobre :
– le mardi 6 octobre, de 14h à 18h :  » Confiance en soi, estime de soi, amour de soi »
– le mardi 13 octobre, de 14h à 18h : « Communiquer avec l’autre »

un groupe de parole, le samedi 10 octobre : Les enfants victimes de violence psychologique

un petit-déjeuner, le mercredi 21 octobre,« Mon enfant est manipulé »

Ainsi qu’une intervention le vendredi 16 octobre, aux côtés de M. André BITTON, Président du Cercle de Réflexion et de Proposition d’Action sur la Psychiatrie (CRPA), intervention portant sur les internements abusifs et l’affaire Valérie Dubois.

Pour toute information : associationcvp@gmail.com

Ci-dessous, deux messages encourageants de victimes. Le premier fait suite à une formation. Le deuxième à une rencontre petit-déjeuner. Quelles que soient les circonstances, voir des personnes redevenir ce qu’elles sont, apprendre de nouveaux schémas, et prendre un vrai départ est toujours émouvant. Merci à elles pour leurs témoignages.
« Ce travail que nous avons fait ensemble sur mes comportements m’a ouvert des horizons d’affirmation de moi et je compte bien les mettre en pratique dès que l’occasion se présentera.
Grâce aux outils que vous avez mis à ma disposition, j’ai pu avancer dans la découverte de l’autonomie, mise en arrière plan de ma culpabilité et tout un tas de « casseroles que je traîne depuis mon enfance ».
Vous faites un travail qui redonne confiance à des âmes qui doivent se retrouver, je vous en remercie et vous souhaite de conserver l’énergie de le faire le plus longtemps possible. »

« Merci de nous avoir accueillies hier pour un petit déjeuner. Les différents témoignages et vos conseils m’ont été utiles et me font déjà avancer…Sincères salutations »

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UNE MÈRE PRIVÉE DE SA FILLE PENDANT TROIS ANS

Sa fille avait 18 mois quand elle s’est séparé de son père fin 1998. N’étant pas mariés, et pensant que la séparation se passerait bien, Patricia décide d’un accord mutuel pour les droits de visite. « Au début, tout se passait bien. Ma fille vivait avec moi, son père la voyait ». Et puis le père a entamé une procédure devant le juge aux affaires familiales pour formaliser le droit de visite et d’hébergement. Face à l’état d’esprit « procédurier », Patricia a réclamé une pension alimentaire. L’étape suivante a été la demande du père de faire adjoindre son nom de famille à l’identité de sa fille. Puis, parti vivre à Rouen, il a demandé une garde alternée. Ces dernières demandes ont été refusées par la justice. « Il a cherché à manipuler son monde, adressé une lettre anonyme aux services sociaux pour dénoncer une maltraitance psychologique que je faisais vivre à ma fille ! Ce qui me dérangeait le plus, c’est que je savais que sa compagne du moment avait pris ma fille sous son aile, comme si c’était la sienne. Quand ma fille était en week-end là bas, elle lui montait la tête. Elle lui disait que j’étais une mauvaise mère. »
À l’été 2010, Marie part normalement chez son père, qui a entre temps emménagé près de Lille avec sa compagne. « Ma fille n’est jamais rentrée. Non seulement je ne l’avais pas vu venir, mais je me suis également rendue compte, a posteriori, que c’était prémédité. Ma fille avait pris tout son argent de poche, on n’avait pas parlé, contrairement aux autres années, des professeurs qu’elle aurait à la rentrée… Alors en faisant le film à l’envers, j’en ai déduit que tout avait été prévu à peu près depuis les vacances de Pâques précédentes. »
Faire appel à la gendarmerie, Patricia l’a évidemment envisagé. Mais ces derniers ne pouvaient « rien faire » ; Marie menaçait de se suicider, selon les déclarations du père, si elle était amenée à revenir vivre avec sa mère. Plus de nouvelles. Jusqu’à ce que le père de Marie demande à la justice d’établir sa résidence chez lui, à Lille. Marie a alors 13 ans, et son avis compte. Patricia Coradel ne pouvait rien faire. « Je n’ai pas voulu faire de forcing, je me suis dit que ma fille se rendrait compte de son erreur et allait revenir toute seule. Au téléphone, j’avais droit à des « je ne veux pas te parler ». Après, les liens ont été véritablement rompus. Plus rien, on n’a plus eu aucune communication. »
Ce n’est finalement qu’en janvier dernier, donc, que Patricia obtient le droit de voir sa fille dans les conditions décrites plus haut. « Différents sujets étaient bannis, je ne pouvais pas parler du décès de son grand-père, mon père, survenu peu avant… Une distance de sécurité de 4 m, et un quart d’heure seulement. C’est son père qui avait réclamé ça. Finalement, elle m’a parlé elle-même de son grand-père, et on est resté ensemble une demi-heure. » Arrivée au centre spécialisé, Patricia a trouvé « des psychologues contre moi, elles avaient seulement la version du père. On m’a même dit, une fois : « Vous savez, votre fille, elle est très bien, sa belle-mère aussi, il n’y a pas vraiment de raisons qu’elle revienne ». J’ai donc fait un courrier à la juge pour expliquer que je n’appréciais pas une telle attitude. Maintenant, c’est une nouvelle équipe, plus professionnelle, plus neutre. L’intérêt n’est pas de prendre parti pour l’un ou l’autre. Dans tous les cas où les enfants deviennent l’enjeu d’une séparation qui se passe mal, c’est l’enfant et l’enfant seul qui doit être pris en compte. Lors du deuxième rendez-vous (en juin, ndlr), Marie est arrivée souriante. J’ai évoqué quelques souvenirs communs, ça n’avait pas l’air de lui déplaire. »
Et le comble, c’est que Patricia est persuadée que sa fille ne vit même pas avec son père, mais chez sa belle-mère. En refaisant l’histoire du père de Marie, bien avant qu’elle ne le rencontre, Patricia a trouvé des éléments qui tendraient à prouver sa capacité à abandonner ses propres enfants à d’autres. Mais aujourd’hui, Patricia, qui cherche à faire entendre aussi le fait que dans l’exclusion parentale, il n’y a pas que les hommes qui soient concernés, a senti que quelque chose avait changé en voyant sa fille il y a quelques semaines. « C’est vrai, ça c’est mieux passé. Mais on m’a quand même volé une partie de ma vie, on m’a volé l’amour de ma fille, on m’a volé trois ans. Notre relation est un peu fichue quelque part, je ne pourrai jamais retrouver de lien véritable avec ma fille car il y aura toujours cette cassure, irrattrapable. Maintenant, tout repose sur elle. Mais quelque part, elle a été bien trop manipulée pour avoir une vision claire. » Pendant trois ans, Patricia avait un objectif : revoir sa fille. Elle y est parvenue, mais quelque chose s’est envolé en même temps.

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COUPÉ EN DEUX

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Voyant deux femmes se battre et se déchirer un enfant, le Roi Salomon mit un terme à cette querelle en proposant de couper l’enfant en deux. L’une des deux accepta, lorsque l’autre refusa, préférant abandonner son bébé que le voir mourir.

Le PN est comparable à cette femme qui coûte que coûte voulait l’enfant, quitte à n’en avoir qu’une moitié, quitte à ce qu’il meure. Son intérêt n’est pas l’enfant. Son intérêt est de posséder ce que l’autre n’a pas, ce qu’il jalouse, ce qu’il considère lui revenir de droit. Il fait passer l’intégrité physique et morale de l’enfant au second, pour ne pas dire au dernier, plan. Sa seule obsession : avoir, pour empêcher l’autre d’avoir.

Dans les cas de séparation d’avec un PN, les conjoints, victimes, se retrouvent parfois dans cette situation. Pas tous – certains mènent un combat pour sortir des griffes du vampire leur progéniture, et le combat est rude – mais il arrive que trop écrasées par le Pn, trop affaiblies ou apeurées, elles préfèrent laisser leurs enfants au bourreau, pensant qu’ainsi eux au moins seront protégés.
C’est un choix légitime et qu’il ne faut ni blâmer, ni critiquer, ni contester.
Le pervers narcissique a su tendre tant de pièges et a tellement amenuisé les forces de sa victime qu’elle ne peut plus réfléchir, elle ne peut plus savoir ce qui est bien, de ce qui ne l’est pas, voir de ce qui est dangereux.

Ainsi, certains enfants se retrouvent chahutés entre un père et une mère, l’un des deux étant prêt à tout pour avoir leur garde, quel que soit les coups à donner.

Plaçons-nous maintenant du côté de l’enfant.
Il sait au fond de lui qu’il est la source de pressions, de chantages, de violences. Il porte ce poids. Il s’en sent responsable, et ce sentiment est dû à l’amour naturel qu’il porte à chacun de ses parents. Il ne veut blesser ni l’un ni l’autre. Il n’est pas assez solide ni assez construit pour arriver à se protéger. Et la protection normale que les parents doivent apporter à leurs enfants, il ne la reçoit plus.

Il va alors entrer dans un schéma paradoxal. Il va vouloir se protéger et protéger dans le même temps ses deux parents. Ce qu’il va vivre chez l’un, il le taira chez l’autre, non pour faire des secrets, mais en pensant éviter à ses parents des souffrances supplémentaires. Il va apprendre à se taire. Ce n’est pas une volonté de dissimulation, c’est une nécessité de se créer une bulle qu’il pense infaillible, dans laquelle ses parents n’entrent pas et à l’intérieur de laquelle rien ne pourrait l’atteindre.

Or, et particulièrement lorsqu’un des ex conjoints est PN, la communication est totalement rompue entre les deux parents. Il devient impossible de savoir ce qui est décidé, choisi, voulu, pour les enfants. Le parent déjà victime se retrouve à découvrir, mais une fois que la chose est faite, un déménagement, un changement d’école, une activité extra-scolaire, un choix de médecin, une destination de vacances… Il lui reste alors soit à se soumettre, soit à se battre si la décision prise ne lui convient pas. Spontanément, il va demander à son enfant de l’informer, parfois va lui reprocher de ne pas l’avoir fait. Il transforme alors l’enfant en porteur de messages, ce qui n’est pas son rôle et lui crée une charge supplémentaire à affronter.
Pire encore, ce peut être le PN qui dira à son enfant de faire passer les messages, lui laissant entendre que, d’une part, toute communication est impossible avec l’autre parent qualifié d' »obtus », de « borné », de « destructeur ». D’autre part, le parent qui recevra de cette manière un message devra contenir sa colère devant son enfant, qui n’a pas à la supporter – colère que le Pn espère car elle justifie ses propos accusateurs de folie ou d’hystérie.

Au milieu de cela, quel modèle reçoit l’enfant ? Comment se construit-il ? Quelle confiance peut-il avoir en lui, et en ses parents ? Quel sens prennent les mots « vérité », « mensonge », « adulte », « communication » à ses yeux ?
L’enfant, enjeu d’une séparation, en devient également la première victime.

Voir aussi : le déni parental, et la parentalisation de l’enfant.

©Anne-Laure Buffet